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KALLE VILPUU (FEVRIER 2015)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
Interview de Kalle Vilpuu, le guitariste estonien, contacté par Musicwaves par mail. Une interview dans laquelle on aborde la guitare, les pyramides et les extra-terrestres.
ADRIANSTORK - 25.03.2015
Quelle est la question qu´on t´ a trop souvent posée?

On m´a souvent demandé la raison pour laquelle j´avais longtemps attendu avant d´enregistrer mon premier album solo.


Pas de chance, c´était ma prochaine question...

En fait, j´ai beaucoup enregistré en studio, mais seulement avec les groupes dans lesquels je jouais. J´ai aussi participé à de nombreux projets, en m´occupant d´arrangements, ou en jouant un solo de guitare. La raison pour laquelle mon premier album n´a été enregistré que maintenant s´explique tout simplement par mon manque de temps. J´ai terminé la construction de mon petit home studio il y a dix ans. Pendant cinq ans, j´ai appris les techniques de studio en dirigeant d´intensives sessions d´enregistrement (​avec Ulthima Thule, House of Games entre autres). Les cinq années suivantes ont été réservées à la réalisation de mon premier album parmi d´autres projets. C´est très difficile et cher de créer de la musique sans son propre home studio.​





​Peux-tu nous parler de ton parcours en Estonie?  Comment as-tu découvert les principaux genres que l´on peut retrouver dans ton album?

Plus jeune, j´écoutais beaucoup de rock progressif, Yes, Genesis, Camel, mais aussi Pink Floyd, Led Zeppelin, Black Sabbath, Van Halen.  Plus tard, j´ai écouté les anciens groupes de grunge de Seattle qui ont évolué vers le métal, Slayer, Pantera, Sepultura, aussi The Finn´s Havana Black, HIM etc.  Sans aucun doute, cette liste de groupe a influencé mon style. Récemment, j´ai beaucoup écouté de musique classique et symphonique. Mes gouts ne cessent d´évoluer...


Comment as-tu appris à jouer de la guitare?

J´ai appris la guitare sur le tard, quand j´avais dix-sept ans (ce que j´ai fait avant ne peut pas être qualifié de ´´jouer de la guitare´´).

Après avoir terminé le lycée, j´ai travaillé un an au théâtre de Pärnu, en prenant en même temps des cours privés de guitare auprès de Igor Klimenkov. C´est ce dernier qui m´a suggéré d´aller étudier à l´école de musique Georg Ots. J'y ai étudié la guitare classique pendant deux ans et les deux années suivantes, le jazz et la pop music. J´ai eu la chance de jouer dans certains grands groupes estoniens et d´avoir pu composer le type de musique qui me plaisait.


​On pourrait considérer ''Silver lining'' comme une carte musicale du ciel regroupant différentes atmosphères. Tu lorgnes parfois vers le rock industriel (´Industrial 4´), parfois vers le folk (´Unforgiven´). On y trouve une grande débauche d´énergie (´In the back of my head´ où tu déploies tes qualités de guitariste) mais aussi de la sensibilité comme dans ´Inferno´ (avec la très belle voix de Mari Jurjens et un solo de guitare comme tu sembles les apprécier). Peut-on dire que tu es un chasseur de mélodie qui n´aurait pas de restriction de terrain musical (ndlr je n´ai pas dit braconnier) ?

C´est une bonne question doublée d´une écoute attentive. Une chose est certaine : j´ai écrit cet album en me basant sur mes sentiments, mon intuition, ma fantaisie, en essayant de créer un album qui fonctionnerait comme un tout cohérent. Je n´ai clairement pas voulu tomber dans une pure démonstration de mes qualités de guitariste et de polyvalence de styles. J´ai essayé de créer quelque chose d´intéressant à écouter. Chaque œuvre possède sa propre dynamique, et ses différents chemins qui vont la conduire jusqu´à sa destination. En utilisant ces commandes, j´étais capable de donner a mon ´´Silver Lining´´ le son qui me satisfaisait le plus. Je déteste complètement la notion de sport en musique.


Pourquoi as-tu choisi de créer un album instrumental quand la langue estonienne peut offrir de si belles sonorités? Souhaitais-tu ainsi toucher une audience plus large?

C´est beaucoup plus difficile de faire de la bonne musique instrumentale, cohérente tout au long de l´album que d´utiliser un chanteur professionnel. La musique instrumentale est complètement nue, cela veut dire que l´attention est toujours focalisée sur les thèmes, les sons, les mélodies, les solis, les nuances, les dynamiques. L´ennui guette toujours au coin de la rue. Il faut continuellement vérifier et vérifier à nouveau la direction prise par la musique. C´est pour cela que l´utilisation sans merci de la commande ´´Effacer`` est une bonne habitude. J´ai crée à peu près 30 titres, seulement onze ont été utilisés pour cet album. Les autres ne pouvaient trouver leur place dans le contexte de l´album, bien que certains fussent des pièces agréables et intéressantes. Je voulais diriger l´attention sur une guitare sphérique et industrielle plutôt que sur celle d´un célèbre chanteur, tout en donnant une chance aux musiciens de briller. J´ai aussi voulu que le chant soit en décalage. Cela dote la voix féminine d´une qualité entièrement différente, plus subtile avec une connotation plus sensible.




Que penses-tu avoir atteint avec cet album? Créer un album qui serait un reflet des 35 ans de ta carrière ou un hommage à tes groupes préférés?

Ce que j´ai essayé d´atteindre? Rien! Je vais te donner une réponse démodée : ''A travers moi, la musique cherchait une sortie depuis longtemps pour s´exprimer (bla bla bla)´´. ´´Silver Lining´´ n´est pas un hommage rendu à quiconque ni une synthèse de ma carrière. Je suis plutôt content d´avoir enregistré mon premier album solo tardivement. C´est si facile de se perdre. Une fois que tu as trouvé ton style, il n´y a rien d´autre que tu puisses faire. Si les gens aiment ça, s´ils sont reconnaissants, et si la presse donne des bonnes critiques, alors tout va bien. Ce qui est charmant, c´est qu´un album poursuit son chemin ensuite, au fil des nouvelles personnes qui vont le découvrir. La magie d´un bon album repose sur le fait qu´il peut longtemps conserver sa fraicheur, même après plusieurs écoutes. Un bon album est aussi quelque chose que l´on ose partager avec le reste du monde, partager sa vision du monde avec l´autre hémisphère. Si après avoir fait cela et que tout fonctionne, tu peux être satisfait. Cela veut dire que les gens ont compris ta vision. Je voudrais ajouter aussi qu´en ce qui concerne ´Silver lining´, c´est aussi une question de style, de signature. C´est cette sorte de synthèse de différents styles et de composantes que j´ai en tête lorsque je parle de ma musique.


On peut voir une pyramide verte sur la pochette. Cela pourrait évoquer de très loin la légendaire Table d´Emeraude. Es-tu fan de littérature ésotérique?

La pochette illustre une pyramide submergée. L´inspiration de cette pochette m´est venue lorsque j´ai entendu qu´une pyramide de glace avait été découverte sous    
l´eau dans le Triangle des Bermudes. Pourquoi se trouvait-elle là, qu´y avait-il de spécial à cet endroit, quel secret renferme-elle? Ce que je voulais dire, c´est qu´il y a trop de mystère autour de nous. La pyramide est un symbole fort elle alimente d'interminables conversations au sujet de son utilité, de sa position sur terre et en dessous des vagues. En ce qui concerne la littérature ésotérique, je préfère en fait la fiction, dans l´ésotérisme, il y a beaucoup trop de phrases vagues et parfois vides de sens. Ceci dit, la façon dont le monde fonctionne reste un gros point d´interrogation. Qui le dirige, qui détient le pouvoir, et qui influence les évènements? Les extra-terrestres? Toutes les réponses possibles restent de l´ordre de la spéculation...


​Vas-tu retourner en studio pour enregistrer un second album décrivant l´arrivée des extra-terrestres?

Les extra-terrestres n´ont rien à voir dans nos affaires. Par contre, je ne sais pas s´ils sont déjà parmi nous. Je réfléchis beaucoup au sujet du prochain album. Je commence à aimer le son moderne et de haute qualité d´un orchestre symphonique. On verra...


Nous avons commencé avec la question que l´on t´a le plus souvent posée, a contrario quelle est celle que tu voudrais que je te pose?

Je me suis souvent demandé quand j´allais enfin me ressaisir. Temps de pratique, temps d´enregistrement, temps pour écrire quelque chose de nouveau. Est-ce que cela fonctionne toujours? Je me demande aussi : quand vas-tu oublier les souvenirs désagréables de ton passé?


Que penses-tu du rock progressif en Estonie? Je connais un groupe Ruja, qui m´a l´air plus folk que prog. A moins que nous puissions considérer Arvo Pärt comme un musicien classique progressif?

Je pense que le rock progressif estonien est issu des évènements des décennies précédentes. De la musique bien composée avec un message social très fort. Le genre de musique que le pouvoir en place n´appréciait pas et qui pesaient lourd sur nos cœurs et nos esprits. Le rock progressif a souvent permis d’exprimer cela en Estonie. J´ai toujours aimè le bon rock progressif. C´était très populaire sur scène et cela faisait partie de l´Age d´or du rock estonien : Spe .(ndlr : écoutez leur album ´´In Spe´´ - 1982 ou encore Ruja, Mess, Psycho, Kaseke... ) Au sujet d´Arvo Pärt, je dirais que sa musique est divine, et qu´elle est un véritable don offert à l´humanité.


En 1994, Fish a donné un concert mythique à Tallinn lors du Summer Festival devant 100.000 personnes En étais-tu? Que penses-tu du renouveau progressif dsepuis les années 90 ?

J´y étais et je m´en souviens encore très bien, car j´en garde un très bon souvenir. Qui n´est pas sensible à la poésie de ​Fish​? Le rock progressif sera toujours une question de perspective. C´était plus populaire dans les années 70 que de nos jours. Aujourd´hui, on considère le prog comme de la musique pour homme en quête de réflexions... J´écoute parfois de nouveaux groupes. J´aime beaucoup ​Spock´s Beard. 


Quel est ton meilleur souvenir en tant que musicien?

Oh! J´en ai quelques-uns. Lorsque j´ai joué au Festival d´Eté avec Seitsmees Meel devant 10.000 personnes, au Song Festival Sounds, plein à craquer, devant une mer de bougies, au légendaire London Astoria ou nous avons partagé l´affiche avec ​House of Games​, The Hultsfred Festival en Suède avec ​Ultima Thule ​etc...


Quel est ton pire souvenir en tant que musicien?

Là où l´on trouvait des préjugés, de la malveillance, de la méchanceté.


Existe-t-il un lien entre toi et Toomas Vanem?

Je connais Toomas Vanem, qui est un guitariste exceptionnel, depuis le milieu des années 80. Nous avons tous les deux appris à jouer de la guitare dans la même école. Par pure coïncidence, nous avons tous les deux terminé notre premier album solo il y a six mois. Apparemment, la critique a apprécié notre musique et j´en suis sincèrement ravi.


Que voudrais-tu dire aux lecteurs de Musicwaves
 
 
Je voudrais les remercier de leur attention et leur dire que je crois qu´on trouvera toujours des œuvres de qualité en musique, comme dans tous les arts.




Plus d'informations sur http://www.kallevilpuu.com
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