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SHUFFLE (30 AVRIL 2015)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK ALTERNATIF
Musicwaves a rendez-vous avec Jordan et Jonathan, respectivement chanteur/guitariste et bassiste de la formation française Shuffle pour parler de la sortie de leur premier album, "Upon The Hill", qui fait suite à un EP très prometteur...
PHILX - 26.05.2015
Question traditionnelle de Musicwaves : Quelle est la question qu'on vous a trop souvent posée ?

Jordan : (Rires) Pourquoi vous ne chantez pas en français ?


D’accord. Je ne vous la poserai pas d'autant que votre anglais est bien maîtrisé. En général, ça se reconnait un groupe français qui chante en anglais, et ce n’est pas votre cas.

Jonathan : Merci, c’est ce qu’on nous dit, c'est un super compliment.





Shuffle est un jeune groupe qui émerge, on vous a découvert lors de vos premières parties de groupes tels que Shaka Ponk ou Revolver. Comment est-ce qu'avec un EP on se retrouve à jouer une centaine de dates ? On nous souffle dans l’oreillette que Sullivane a le chic pour trouver ces dates à foison. Comment fait-il ?

Jordan : Il est magique. Il appelle tout le monde tout le temps ! Il est charismatique et proche des gens. Quand on le rencontre on a tout de suite envie d'aller vers lui, toujours le sourire, il est capable d'appeler le chanteur de groupes les plus connus et même Gérard Drouot ne lui fait pas peur ! (rires)


Sur scène votre jeu est rondement mené. Quel est le rythme de répétitions pour aboutir à cela ?

Jordan : En fait, on a la chance d'habiter en coloc' et d'avoir notre propre salle de répétition ce qui fait qu'on peut répéter une heure quand on veut, tout le matos est installé. Les micros sont branchés pour enregistrer. Il nous arrive de répéter 7 jours d’affilée. On est un peu des mauvais élèves donc quand on a des dates, on s'y met au dernier moment, mais à fond (rires). Quand on a joué au café de la danse pour la première partie de Dirty Loops, on s’y est remis intensément après une longue période sans jouer.


Vous avez aussi la chance d'avoir ce studio et pas de voisins surtout ! Pour avoir cette aisance sur scène vous vous mettez dans des conditions similaires en studio ?

Jordan : Ça dépend, il faut déjà savoir passer les morceaux techniquement, régler toutes les mises en place, tous les breaks... On travaille au clic tout le temps. Une fois qu'on maîtrise le set, là on se met dans une ambiance avec les lumières...

Jonathan : C'est pas très grand non plus donc on ne peut pas faire de folies ! (rires)





De là, vous avez réuni plus de 4000 likes sur Facebook et êtes passé par un crowdfunding pour financer ce premier album. Était-ce le seul moyen pour vous, ou est-ce l'occasion de montrer que votre base de fans est solide pour rassurer d'éventuels labels ?

Jordan : On ne l’a pas forcément vu comme ça mais c'est un formidable outil de promotion qui nous a rapproché de nos fans et vu le projet qui était assez coûteux, on est partis l'enregistrer à Paris il était nécessaire de réunir un peu de sous.

Jonathan : C'était une façon aussi impliquer des gens dans notre projet et depuis, ils nous suivent beaucoup plus, discutent avec nous, ils font presque partie du groupe. C'est une vraie Street Team.


Vous avez joué avec The Morganatics à Angers (17 avril) puis une autre date est prévue le 28 mai, à Rennes. Pourquoi les avoir contactés ?

Jordan : Faudrait voir avec Sullivane pour les détails, mais ça nous correspondait assez au niveau de la musique en plus ils sont super sympa.


Vous mélangez les sonorités modernes de rock-métal alternatif avec des textures de clavier parfois vintage (cf. ‘MrBroom’ ou ‘Is It Real’). Est-ce que vous vous sentez des parentés avec le rock 70’s ?

Jordan : Deux principales influences proviennent effectivement du Rock un peu vintage avec de l’orgue. Le côté clavier est très présent donc ça passe par du Pink Floyd du Deep Purple ou encore Toto et le Rock Alternatif des années 90, mais également pour nous les meilleures périodes de la musique moderne.


C'est aussi le choix que vous avez fait pour un quatuor d'avoir une seule guitare et un clavier qui ont autant d'importance l'une que l’autre...

Jordan : Oui on le regrette un peu (Rires) !


C'est vrai ? Vous recrutez un nouveau guitariste ?

Jordan : (Rires) Non je plaisante ! C'est super d'avoir les deux influences : le côté Hard de la guitare avec une distorsion à fond et de l'autre côté l'orgue Rock.

Jonathan : Le clavier apporte les atmosphères, les ambiances grâce aux nappes qu'on n'aurait pu avoir qu'avec des samplers, ou alors en mettant plein d'effets dans la guitare. Mais vu que je chante, je ne peux pas être partout (rires) !

Jordan : Ça permet aussi d'adoucir le côté métal, on est contents de pouvoir les fusionner.


Vous étiez plutôt portés vers la pop au départ. Pour quelle raison avez-vous évolué vers plus de complexité et de variété ?

Jordan : En fait, si on était plus orienté vers la pop, je dirais qu'à l'époque on n’avait pas vraiment le niveau pour faire ce qu'on voulait. On voulait déjà faire ce qu'on fait aujourd'hui (Rires). Là, on a pris sur nous et on s’est dit qu'on allait faire le truc à fond. On a aussi dû beaucoup écouter ce qu'on nous disait. Là, on est bien décidés à faire notre truc et si les gens ne sont pas contents, ils n'ont qu'à écouter autre chose (rires) ! Par contre, je dirais qu'on a gardé le coté pop accessible même en faisant du métal ou du hip-hop, la voix reste toujours et c'est ça qu'on aime aussi.





Oui, il y a aussi quelques growls !


Jordan : Bah ouais on a voulu tripper ! Mais on aime ce côté accessible via des musiques qu'on n’aimerait pas forcément. J'ai pas mal de potes qui ne peuvent pas écouter du métal à cause de la voix, des gros Riffs, de la batterie très métallique.. et qui arrivent à nous écouter nous. C'est qu'on a réussi à ramener ce côté de la musique pour tout le monde parce que l'idée c'est de le partager le plus possible.

Jonathan : Et peut-être qu'ils finiront par écouter du métal !(Rires)


Pourquoi ? Vous avez aussi des affinités particulières avec le gros metal ?

Jordan : On a surtout une bande de potes qui en fait, plus Hardcore, et on vient de là où le Hellfest a démarré (sous Furyfest) donc on a une bonne scène métal chez nous ! On a été super influencés par tout ça, on a vraiment découvert ce style mais tout en gardant notre identité. Je pense que c'est ce qu'il nous manquait au début, ce côté pêchu !

Jonathan : Rien de mieux qu'une scène qui pogotte. Ca créée un échange particulier, ça nous aide à bouger sur scène, à créer des émotions qu'on ne pouvait pas aborder avant parce qu'on était plus pop...


De par votre maîtrise impressionnante d’un spectre déjà très large musicalement (neo metal, alternatif, atmo, pop et prog) est-il envisageable que vous vous essayiez à une création encore plus exigeante, métal prog (cf. ‘Schizophrenic Maze’) ?

Jordan : Et bien c'est un peu la question qu'on se pose pour notre prochain album. Est-ce qu'on sera plus alternatif, ou plus prog ? Pour l'instant, on ne le sait pas encore, on sort tout juste notre premier. Depuis qu'on a découvert beaucoup de groupes comme Opeth, Porcupine Tree, des groupes beaucoup plus dans la musique à image, qui se rapprochent de la musique de film. C'est des trucs qui nous font kiffer. Après, on adore le style néo métal d'un groupe qu'on adore Hed PE parce qu'ils mélangent énormément de styles. Sur un seul album on va avoir du R&B, du gros métal, du gangsta... On trouve ça super d'avoir un album hyper-diversifié et on le met comme une playlist.


Justement la grande variété musicale de l’album est une richesse pour certains (typiquement les progueux) mais demeure une difficulté pour atteindre une cible plus mainstream. Quelle est l’ambition du groupe en termes d’audience ?

Jordan : Ce n'est pas vraiment réfléchi. On a décidé de faire la musique qu'on aime et on se lance des défis aussi. Comme par exemple faire du chant saturé et des gros riffs métal, c'est plus un défi qu'autre chose.

Jonathan : Le but principal de faire de la musique sur scène c'est de la partager. Plus il y aura des gens différents mieux ce sera pour nous

Jordan : Oui, on ne s'enferme dans aucune catégorie de musique ni avec les gens qui l’écoutent. C'est l'avantage aussi de vivre en coloc', voir passer tous les potes et des gens hyper différent. Le but, c'est que notre musique leur parle.


Comme c’est souvent le cas pour beaucoup d’artistes, ce premier album est une démonstration d’une grande étendue des possibilités du groupe en termes de création. Avez-vous gardé quelques surprises pour les prochains albums ? Est-ce que vous avez ressenti (peut-être malgré vous) cette urgence à vouloir tout dire tout de suite dans Upon The Hill ?

Jordan : On a voulu dire un maximum. Et on est assez jeunes pour dire qu'on va encore évoluer et progresser; écouter de nouvelles choses

Jonathan : Tu vois moi j'aimerais faire un morceau un peu Reggae... Pourquoi pas ?

Jordan : Tu vois, on n'a pas tout dit ! Il nous reste de la réserve et l'avenir nous dira ce qu'on aura envie de dire à ce moment-là.

Jonathan : Si les retours sont bons avec cet album on ne va pas s'arrêter là.


La production est un gros atout du disque. Est-ce que vous vous êtes laissé « guider » par l’expertise du producteur ou avez-vous plutôt collaboré pour obtenir le son que vous vouliez ? Est-ce que cela n’a pas été un casse-tête de mettre en cohérence l’ensemble des titres de l’album, au vu de sa grande variété ?

Jordan : C'est surtout une surprise car on ne savait pas que ça allait si bien se passer. C'était une vraie collaboration. On a trouvé quelqu'un qui nous a compris. On a cherché le son qu'on voulait avoir avec cette personne-là, et il nous l'a fait comprendre aussi. Pour ma part je m'occupe du home studio chez moi, je fais donc pas mal de pré-prod et beaucoup de prises qui ont été faites avant pour l’album. Parce que ça nous aurait coûté 2000 fois plus. On s'est compris dès le début de la première journée qu'on a passée avec lui alors qu'on ne l’avait jamais vu avant. Pourtant il savait très bien où on voulait aller et lui aussi. Cette collaboration à distance était une super expérience et il ne s'est pas donné de limite, tout comme nous, et c'est quelque chose qu'on cherchait. On a été chiant avec lui parfois quand on lui envoyait 150 pistes pour un morceau et son délire ça a été de mixer ça. L'idée c'était de faire un album à l’américaine c'est ce qu'on a fait

Jonathan : Et ça s'est beaucoup passé au feeling sans trop réfléchir.





Pourtant, à distance, ça n'a pas dû être évident...


Jordan : En fait on lui envoyait des pré-prod qui sonnaient déjà chez nous, avec une quarantaine, cinquantaine de pistes. Au final, on n'a eu besoin de réenregistrer que la batterie et le chant, ce qui était vraiment le plus important pour le son. Le reste comme la guitare et basse, en les repassant dans les amplis en studio, ça nous a fait gagner un temps précieux. Si ça sonnait, ça passait. C'est même lui qui nous a encouragé et quand il a vu qu'on savait faire des prises, c'était genre "N’hésitez pas les gars, faites-les et on va les retravailler en studio !".

Jonathan : Par prise, il y avait aussi plusieurs versions, ça faisait ramer l’ordi, on était content ! (rires)

Jordan : Arrivés au mix, on a pu affiner, réorganiser certaines structures… En fait, on a pu travailler comme une grosse prod, comme les grands, quoi !


L’instrumentale ‘Northern Lights’ a plus le format d’un interlude mais est-ce que ce type de composition vous inspire particulièrement au point d’en proposer une/plusieurs encore plus ambitieuse(s) à l’avenir ?

Jordan : Sûrement ! On ne s'est pas vraiment posé la question. L'idée c'était d'amener le calme avant la tempête, on a trouvé ça intéressant d'avoir un morceau où ça ne chante pas, plus ambiant.

Jonathan : On aime bien l'exercice, donc sûrement.


Le disque se place sous un concept assez large et s’aborde comme une histoire. Est-ce une méthode de travail qui sera reconduite à l’avenir ?

Jordan : C'est une réflexion qui est venue quand on s'est mis à écrire les paroles. Est-ce qu'on allait aborder des thèmes différents ou est-ce qu'on gardait un fil conducteur ? On s'est rapproché de groupes comme Porcupine Tree, dans le sens où on a plusieurs titres qui s'enchaînent, formant un seul morceau. Le placement des titres a été fait comme ça. Une histoire qui commence se retrouve à un autre endroit. Le fil conducteur est un regard sur le monde un peu innocent. On a essayé de le garder sur tout l'album, on va sans doute l'affiner encore, et retravailler dans cette démarche, comme un film.


Les chœurs harmoniques sont particulièrement présents dans l’album. Est-ce un savoir-faire "naturel" des membres du groupe ou a-t-il fallu travailler spécifiquement ce point ?

Jordan : En fait, on s’est fait aider par quelqu'un qui est devenu notre ami et qui travaille dans la compagnie TDM, une association de coaching du Mans, Christophe Lebled. Il a été compositeur pour Ian Anderson de Yes. Quand on a abordé la pré-prod, on a pu collaborer avec lui, qui est aussi arrangeur. C’est lui qui nous a apporter l'idée de ces chœurs.

Jonathan : Et aussi le côté produit : « Les gars, faites plein de pistes » !

Jordan : Ca fait longtemps qu'on pensait aux chœurs symphoniques. Et lui, nous a poussés à le faire. Ce n’est pas inné, mais ça fonctionne super bien.


Peu de groupes sont capables de proposer autant de variété. Peut-être Morph dans un style assez métal et Sun Domingo dans une variante plus rock. Est-ce que vous avez en tête un groupe qui s’apparente à votre style très éclectique ou est-ce que vous synthétisez dans les morceaux les influences que vous avez glanées au fil des années ?

Jordan : Les deux si on pouvait parler de deux groupes par exemple l'un américain, l'autre anglais : ce serait Porcupine Tree et Hed PE. Dans la diversité et le côté ambiant. C'est ce mélange qu'on essaye de donner, ce côté pêchu, découpé, énergique américain, et le côté ambiant à l’anglaise.


Quel est votre meilleur souvenir d'artistes ?

Jordan : Sans doute à notre concert à la fête de la musique au Mans, qui a rassemblé dans les 15,000 personnes. C’était assez ouf sur la place de la République. Ce qui nous a fait halluciner c'était que les gens aux premiers rangs connaissaient les paroles, ce qui a été une énorme surprise parce que moi-même je ne les connais pas (rires) ! Ca date, mais c’était notre prise de conscience. Puis, toutes nos dates de tournée, l’accueil hallucinant, inespéré dans des pays qu’on ne connait pas...

Jonathan : Puis des moments d’intimité où tu te retrouve à dormir chez des patrons de bars et qui te font le petit déj' le matin.


Quel serait le pire ?

Jordan : Quand on a pris le camion pour partir sur la deuxième tournée en Allemagne. On allait à Stuttgart et notre jauge d’essence était cassée, donc arrivés à Strasbourg, on tombe en rade, en pleine nuit, il pleuvait... Heureusement qu’on s’est fait remorquer par un mec sympa, grâce à lui on a pu repartir, mais on aurait pu devoir annuler plein de dates à cause de ça.





Enfin, un dernier mot pour vos fans et lecteurs de MusicWaves ?

Jordan : On vous invite à découvrir notre univers, et nous écouter en live et parler avec nous après le concert, au merch , ce sera vraiment avec plaisir !


Merci !

Merci à toi !


Plus d'informations sur http://shuffle-musik.com/
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