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ELYOSE (23 JUILLET 2015)

INTERVIEW - METAL GOTHIQUE - STRUCK - 29.07.2015
A l'occasion de la sortie de son nouvel album "Ipso Facto", Music Waves a eu la chance d'échanger avec la belle frontman du groupe, Justine Daaé...
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Quelle est la question qu'on t'a trop souvent posée ?

Justine Daaé : "Pouvez-vous nous retracer l’histoire du groupe ?"





Votre musique comporte beaucoup de passages ou d’influences electro, mais ces influences restent un habillage, pourquoi ne pas avoir rendu cet élément plus présent ?


Parce que nous ne sommes pas des DJ mais bel et bien un groupe de metal avec basse/batterie/guitare/chant, et sans claviériste ! Donc peu de possibilité de faire de l’electro sur scène ! On a voulu faire de la musique de groupe tout simplement.


Votre musique est sensuelle voire sexuelle, est-ce que c’est un musique réservée aux hommes ? Ou comme on dit : à un public averti ?


Pour "réservée aux hommes" : ah, nan, du tout ! Je suis la première à écouter et apprécier de la musique avec des paroles sensuelles ou sexuelles. J’adorais Christina Aguilera par exemple quand j’étais jeune, ceci expliquera peut-être certaines choses !

Pour "à un public averti" : la chanson 'Pour un écu' , oui !


Est-ce que la musique c’est aussi, en quelque sorte, charmer l’auditoire ?

Oui bien sûr, avec le bon dosage entre émotion et agressivité dans le style de metal que nous faisons.


Avec cet élément charme - ta beauté affichée sur la pochette notamment -, est-ce que vous n’avez pas peur que votre musique soit appréciée simplement pour ces éléments de surface et non son contenu profond ?

Il faut plus qu’une image pour devenir adepte ou fan d’un groupe de musique, on joue un petit peu là-dessus mais personne ne s’en contentera, et je ne suis pas inquiète sur la qualité de ce que nous proposons.


Quels sont les thèmes abordés dans cet opus ?

Dans "Ipso Facto" sont abordés tous les thèmes du moment avec, pour une fois, de solides vérités incontestables et des solutions claires pour résoudre rapidement tous les problèmes de la planète (sous-développement, faim dans le monde, crises économiques systémiques, domination de l'homme par la finance, pollution, disparition des espèces, réchauffement climatique, retour de la Chine sur la scène internationale, repli américain sur soi, cavalier seul russe, terrorisme islamique....) Euuuuhhh, ben non, en fait... car ce n'est pas vraiment ce qui est attendu d'un groupe de metal, qui plus est au siècle de l'information sur-triomphante.
Alors chez Elyose, on ne se prend pas la tête avec autant d'ambition. il suffit que les mots sonnent, que les lyrics riment avec quelques jeux de mots plus ou moins subtils, le tout plutôt orienté vers les centres d'intérêt possibles d'une jeune femme de ce siècle. Donc ça peut donner les relations avec le sexe opposé ('Rédemption'), la cause animale ('L’animal-aimé'), l'affection que je leur porte ('Mon charme'), le dépassement des hommes par les machines ('Plus qu’humain'), la "tyrannie de l'immédiateté" ('Chronocide'), le monde qui part un peu en vrille ('De guerre lasse'), etc. Mais vraiment, très peu de prétention en termes de "message" à porter au monde... D'autres s'en chargent d'ailleurs très bien...


On a l’impression que les paroles sont féministes ou tout du moins qu'elles présentent une image de la femme moderne. Est-ce ton cas ?

"Féministe", c'est un bien grand mot ... Disons juste que les lyrics d'Elyose se doivent forcément de refléter une (petite) partie de l'âme de l'interprète féminine qui les chante et qu'a contrario je ne me vois pas chanter "je suis sur le chemin de l'enfer et j’m'en fous car j'vais m'taper une bière..." ; le tout en lyrique... Je laisse ça à d'autres qui le font très bien... Non ?

Peut-être suis-je une femme moderne dans le sens où je n’ai pas peur des responsabilités, j’ai un fort caractère, je suis indépendante et préserve ma liberté. Celui qui me dit ce que je dois faire il est pas né !


Comment s’est passée la rencontre avec Florent de Arkan ? Pourquoi avoir décidé d’ajouter du chant grunt sur vos compositions ? Pour les dynamiser ?

Notre rencontre s’est très bien passée ! Entre musiciens d’une même famille, on avait beaucoup à échanger sur les expériences de nos groupes respectifs (Arkan et Elyose ont fait pas mal de tour support notamment) ; ensuite il a été très appliqué pendant l’enregistrement, un vrai pro !

Le grunt j’avoue que c’est plus moi que les gars qui en avais envie (je suis la seule du groupe à écouter du metal extrême), pour apporter une touche metal supplémentaire et de l’agressivité. On était tous pour l’idée d’un duo mais eux n’avaient pas de pré-requis. Finalement le Elyose boosté aux hormones a plu à tout le groupe, même Patrick qui habituellement n’apprécie pas tellement ce type de "chant".


Si je vous dis que votre musique est du metal electro pop, est-ce que ces appellations vous conviennent ?


Tu peux enlever le "pop" et ça me convient parfaitement !


On sent chez toi une influence de Tarja ; est-ce une référence pour le groupe ? Quelles sont les autres sources d’inspiration de la musique ?

Je n’ai jamais été influencée par Tarja. En revanche, il est vrai que j'ai écouté les premiers albums de Nightwish où elle n’était en fait qu’interprète, beaucoup des lignes de chant étant amenées par les autres membres du groupe. Elle a ensuite composé de la musique en solo, qui n'est pas d'une grande originalité. Ni les gars ni moi ne l’avons comme inspiration ou référence. Eux aiment beaucoup Nightwish ; moi seulement celui des tout premiers albums. Mais nos inspirations au moment de composer se sont portées principalement vers du metal moderne comme Lacuna Coil, In This Moment, Korn…





A l'écoute de cet album, on a l’impression que la musique est principalement ton œuvre, et donc presque un projet solo. Quelle est la place réservée aux autres musiciens ?

Je ne vois absolument pas ce qui pourrait laisser supposer que j’aie plus participé à la composition. Ça a été plus que jamais un travail de groupe entre Marc, Ghis et moi pour la musique et moi et les auteurs (principalement notre batteur Patrick mais aussi Anne-Emmanuelle Fournier la chanteuse d’Unseelie) pour les textes.

En revanche, il est vrai que nous avons pas mal communiqué avec mon image. Concernant la pochette de l’album, notre distributeur avait refusé notre premier artwork jugé "pas assez vendeur" sur lequel je ne figurais pas. Nous avons ensuite dû faire plusieurs autres propositions (avec et sans moi) et c’est cette pochette qui a été choisie à l’unanimité. Ce n’est pas du tout ce à quoi nous avions pensé au début mais je pense qu’ils connaissent leur métier et elle nous plait aussi finalement beaucoup.

Pour le clip, nous trouvions très old school de filmer un groupe en train de jouer et surtout ça a été déjà fait 50 000 fois. Nous avons tenté l’idée un court métrage et fait le choix que j'en soit l'interprète principal plutôt que de faire appel à une actrice lambda. Ca nous semblait davantage "raccord" avec la musique. Peut-être essaierons-nous autre chose la prochaine fois.


Est-il difficile de se faire une place en tant que femme, dans le metal qui est un monde très masculin, voire machiste ?


J'ai souvent le sentiment de me sentir seule dans un milieu effectivement très masculin, qu'il s'agisse des musiciens ou de tous les métiers qui gravitent autour de la musique. Je ne croise là pratiquement que des hommes. Ça ne pose pas de problème en soi, parce que j’ai rarement affaire à des comportements machistes ; c’est juste étonnant. Là en revanche où il y a beaucoup de travail à faire pour une chanteuse plutôt qu’un chanteur dans le metal, c’est pour casser les préjugés du « metal à chanteuse » guimauve, avec violons gnan-gnan, paroles sirupeuses et robes à jabot… Arriver à se fondre et être acceptée véritablement parce qu’on est loin de tout ça, c’est relativement délicat et c’est un travail.


Que penses-tu de la place réservée aux femmes, notamment avec la montée des intégrismes de tous poils ? "La femme est-elle l'avenir de l'homme", comme disait Aragon et la femme est-elle l’avenir du metal ?

Je pense que l’avenir du metal est surtout de ne pas faire de distinction entre les sexes des chanteurs, qui ne donne au final pas vraiment d'indications sur le genre musical. Avec une femme ou un homme, on peut passer des styles les plus extrêmes au plus pop. Prenez par exemple Arch Ennemy et Within Temptation.


Pour le metal symphonique ou metal dit gothique doit-il nécessairement avoir une femme comme frontman ? Quelle est la différence entre metal masculin et féminin ?

Je reste cohérente avec mes propos précédents et vous donne l’exemple de My Dying Bride ou Paradise Lost, qui est du metal gothique avec un chanteur. Il y a aussi du metal symphonique avec du growl, je pense à Septic Flesh donc, non, aucune catégorie de metal ne requiert un chant d’un certain sexe.

Ceci posé, oui la voix d’un homme ou d’une femme confère une touche masculine ou féminine, mais masculin ne veut pas forcément dire agressif et féminin sensuel ou lyrique. Je ne saurais pas trop expliquer la différence en fait, c’est juste différent. En fonction des sensibilités on peut aimer plus l’un ou l’autre.


Comment expliques-tu la rareté des groupe de metal gothique avec chanteuse en France ? Est-ce qu'en France la chanteuse n’est pas vue comme un chanteuse / réaliste à texte du type Edith Piaf, empêchant ainsi les femmes d’explorer autre chose ?

Je pense au contraire qu’il y en a des tonnes mais qu’il n’y a aucune demande pour ce style musical en France. D’où le fait qu’ils ne sortent pas de l’underground. Après, pourquoi n’y a-t-il pas de demande ? Je pense que c’est une question de culture et de génération, et non que les Français sont moins réceptifs à ce style, plutôt qu’ils le connaissent mal.


Par ailleurs votre univers s’éloigne des univers oniriques ou heroic fantasy largement déployés dans cette musique. Était-ce une volonté de votre part, pour imprimer votre touche personnelle ?

Ça n’était pas une volonté. Nous ne reconnaissons absolument pas là-dedans tout simplement, ni nous ni notre musique.


Est-ce que c’était indispensable de chanter en français ?

Ça ne l’était pas, non, mais c’est ce qui nous a paru le plus naturel, surtout après les retours de notre premier album "Théogyne" soulignant à l’unanimité que la langue de Molière conférait un charme supplémentaire à la musique. Surtout pour les étrangers !


On sent le travail sur cet album plus mature, plus préoccupé par le monde, est-ce votre impression ?


Nous avons beaucoup "grandi", appris, entre les deux albums, notamment sur la composition et notamment au contact des groupes avec lesquels nous avons tourné. J’ai moi-même fait un atelier de composition chez Universal au cours duquel j’ai encore appris beaucoup sur la composition. Marc a pris des cours de songwriting sur Berkley online et est musicien de profession. Je pense que c’est surtout l’expérience qui a rendu notre travail plus mature. Par ailleurs, ces trois années nous ont sans doute laissé un peu plus de temps pour les lyrics et mettre ainsi en avant quelques idées, très modestes, que nous partageons tous les quatre. Et il faut dire que le "monde", avec les médias actuels, n'a jamais été aussi présent dans nos vie qu'actuellement, qu'on le veuille ou non.


Comment s’est passée votre rencontre avec Dooweet ? Est-ce que vous êtes fiers de faire partie de cette écurie ? Et quel est son apport dans votre carrière actuelle et future ?

J’ai rencontré le boss Christophe à l’époque où il démarrait (et nous aussi). Donc j’ai eu l’occasion de voir comment il travaillait avant de signer un contrat chez eux. Ils proposaient leurs services gratuitement pour faire leurs preuves et aujourd’hui les gens satisfaits, comme nous, reviennent vers eux.

J’ai particulièrement apprécié qu’il prenne le temps de bien me connaître avant de travailler avec nous. Et c'est un poids en moins de pouvoir déléguer la promotion ; ils sont très professionnels et je peux toujours compter sur leurs bons conseils.





Qu’attendez-vous de cet album ?

Qu’il apporte un peu de bonheur au plus de gens possible, qu’il nous permette de séduire de nouvelles personnes – parce que la musique a pris un tournant plus metal - et d’être reconnus comme musiciens dans cette scène.


Quelle est la prochaine étape ?

Les concerts, pour que ce nouvel album soit (re-)découvert en live ! C’est une toute autre expérience !


Question traditionnelle de Music Waves, quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Je pense, et là je parle pour nous trois, Ghis, Pat et moi, parce que Marc ne faisait pas encore partie du groupe, qu’il s’agit de notre première date en headliner à Paris en novembre 2013 au Zèbre. On garde un excellent souvenir de ce premier rendez-vous avec "notre" public francilien !


Au contraire le pire ?


Moi ça a été l’après d’un concert en France lors de la tournée en première partie de Tarja en 2014. Les concerts se sont tous très bien passés mais les conditions derrière étaient rudes et ça, ajouté à l’exposition quotidienne, au stress, à la fatigue, à mon hyper sensibilité et à la prise de béta-bloquants ce jour-là pour diminuer mes pulsations cardiaques et garder du souffle pour chanter, j’ai fait une grosse "descente" (ces médicaments sont connus pour ça) et une crise de larmes qui a inquiété tout le monde dans le tour bus. Heureusement ça ne s’est produit qu’une seule fois.


On a commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

J’en ai déjà eu pas mal là et ne reste pas vraiment sur ma faim ! Merci pour cette occasion de m’exprimer.


Le mot de la fin pour les lecteurs de Music Waves ?

Je salue votre curiosité si vous nous avez découvert par ici, et remercie les fidèles et le webzine pour votre précieux soutien à un groupe émergent !
Notre album "Ipso Facto" est en streaming sur Deezer, Spotify, Google Play… N’hésitez pas à jeter une oreille et parler de nous autour de vous !


Et merci à Thibautk pour sa contribution..



Plus d'informations sur http://www.facebook.com/pages/elyose/137497369644417
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