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ORION (20 NOVEMBRE 2015)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
30 ans après sa création, un des espoirs de la scène progressive hexagonale est de retour avec son troisième album, "La Face Visible", marqué du sceau de la sagesse progressive...
STRUCK - 25.11.2015

Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Patrick Wyrembski : Tu veux dire dans les années 70 (Rires) ? Après toutes ces années en "stand-by" avec Orion, on démarre la "promo" de ce troisième album. Pour l'instant, chaque média essaie d'être le plus original possible et les questions sont très variées.
Et comme nous n'avons pas fait de tube avec Orion (en tout cas à l'heure où je te parle) ni de frasques susceptibles de faire le buzz, nous ne sommes pas vraiment saturés par les mêmes questions.





Orion est un groupe créé en 1974 qui a remporté le tremplin d’or du Golf Drouot en 1976 et a sorti son premier album en 1979 mais finalement se sépare en 1980. Cette séparation fait suite à la sortie de cet album qui n’aurait pas trouvé son public ?

Janusz Tokarz : Non, non pas du tout. Nous avons vendu environ 10.000 exemplaires de notre premier 45 tours et 3.000 du premier album (qui est devenu un collector) avec un petit label. Et du coup une major s'est intéressée à nous (alors que nous nous sommes fait jeter quelques mois plus tôt) en nous faisant signer un contrat d'essai de 6 mois et une promesse d'un gros contrat à la clé.
Nous avons commencé à enregistrer notre deuxième album et l'histoire s'est arrêtée là. La maison de disques nous a "baladés", l'album est resté dans les tiroirs. A force, le groupe en a eu marre d'attendre et nous avons préféré nous séparer.


Pensez-vous que faire du rock prog en France est voué à l’échec tant cette musique n’est pas adapté aux "goûts" hexagonaux ?

Patrick : Je pense qu'il existe un public pour tous les styles de musique.
Les groupes qui ont une personnalité, un style, un son, qui ont quelque chose à dire et qui se produisent en concerts y arrivent petit à petit. Avec un peu de temps, ils trouvent leur public sans matraquage télé, internet, etc. Regarde les groupes comme Magma ou Ange, il y a toujours du monde à leurs concerts. King Crimson vient de faire 3 jours à l'Olympia.


Nous ne pensions pas qu'il y avait encore autant de passionnés et amoureux du rock progressif dans le monde


Votre actu est la sortie de ce "La Face Visible" qui fait suite à "Mémoires du temps" sorti en 2013 qui était une collection de titres composés en 1980. En clair, il semblerait que "Mémoires du temps" était un test pour savoir si le public était toujours présent et si "La Face Visible" sort aujourd’hui, c’est que c’est le cas : êtes-vous fiers de ce retour ?


Janusz : Disons surpris, nous ne pensions pas qu'il y avait encore autant de passionnés et amoureux du rock progressif dans le monde. C'est internet qui a contribué à fédérer tous ces blogs, sites, magazines, webzines, labels …
Oui nous sommes assez fiers de vendre des albums au Japon, en Russie, au Canada et dans toute l'Europe même si ce n'est pas beaucoup pour l'instant.





"La face Visible" sont les premières compos que vous sortez 35 ans après. Comment s’est passé le processus de création ?


Patrick : Après ce bel accueil pour "Mémoires du Temps", nous avons pensé dans un premier temps nous ressourcer en faisant appel à de nouveaux musiciens plus jeunes. Mais nous n'avons pas réussi à réunir tout le monde au bon moment, l'agenda professionnel (tournées, enregistrements studio) de chacun était compliqué à gérer.
Du coup, nous nous sommes retroussés les manches et on s'est mis au boulot. Nous avons fait un super travail collectif et avons invité Pierre-Jean Horville comme guitariste lead. Pierre-Jean est un musicien hors-pair, de la génération des musiciens comme Steve Vai et Joe Satriani et il a apporté sa touche personnelle plus actuelle tout en respectant l'esprit de nos compos.


Est-ce que tout ce processus a été comme une cure de jouvence comme un retour dans vos années 1970 ?

Patrick : Oui une cure de jouvence par rapport au travail de compositions.
Ces 20 dernières années, nous étions pris par divers projets artistiques. Janusz par du théâtre, un spectacle musical entre autres. Et moi, j'ai enchaîné quelques 2.000 concerts avec mon groupe de "covers".
En 2010, j 'ai décidé d'arrêter les concerts, de me poser et de revenir à la composition et à la musique de nos débuts. Janusz était dans le même état d'esprit et m'a dit "banco, on fonce!"


Malgré tout, êtes-vous nostalgique de cette période ?

Janusz : Pas de nostalgie mais  de bons souvenirs. C’est vrai que c'était une décennie inventive et créatrice avec des groupes comme Pink Floyd, Yes, Magma, King Crimson, Gentle  Giant, Genesis, Camel, Caravan, ELP, Supertramp, Deep Purple, Led Zeppelin et bien d'autres ….


Nous avons la chance d'avoir un public de passionnés qui achète encore des livres, des vinyls et des cds



Que pensez-vous de notre époque actuelle de la surconsommation en général et de la musique en particulier, à l’ère d’Internet où tout va vite et un groupe est oublié aussi rapidement qu’un album est sorti ? Pensez-vous qu’Orion soit "armé" pour survivre dans cette jungle musicale et si oui, quels sont vos arguments pour l’affronter ?

Janusz : C'est vrai que l'ère d'internet et du numérique ont complétement bouleversé et bouleversent encore l'industrie de la musique.
Avec l'apparition des "home-studio", l'autoproduction s'est développée à grande vitesse et il y a énormément de groupes et d'albums qui sortent tous les jours ce qui est une bonne chose.
Le problème vient d'une certaine consommation comme le streaming par exemple qui n'est pas du tout régulée. L'industrie musicale rafle tout au détriment des artistes et de la création artistique. Alors pour s'en sortir il faut faire plus de concerts. J'avoue que c'est plus facile pour un groupe qui a au moins un passé et une petite notoriété. De plus, nous avons la chance d'avoir un public de passionnés qui achète encore des livres, des vinyls et des cds.





Même si les compos sont originales, le thème n’est pas nouveau. En effet, le fil conducteur est la chute du mur de Berlin datant du 9 novembre 1989. Ne craignez-vous pas avec un tel thème et une musique finalement ancrée dans le rock prog des années 1970 d’être considérés comme un groupe passéiste ?

Patrick : Même si le thème n'est pas nouveau, cet événement fait partie de notre vie et nous avons voulu l'exprimer en musique. Nous avons privilégié la mélodie et l'émotion ce qui explique aussi que cet album est différent des autres .


Dans ces conditions, est-ce que le titre hommage à Charlie Hebdo est une façon de rappeler que Orion est bel et bien un groupe des années 2010 (Résistance, Nous Sommes Charlie') ?

Janusz : Exactement. Malheureusement notre message qui se terminait par "combattre la barbarie et de casser cette fois-ci le Mur de l'intégrisme" est plus que jamais d'actualité.


On n'a rien calculé et justement notre objectif premier était de faire passer l'émotion.


Cet album est plus instrumental que chanté finalement. Est-ce un choix naturel d’autant que ce choix s’avère payant tant votre musique réussit à faire passer son propos avec émotion… ?

Patrick : Oui ça s'est fait naturellement. On n'a rien calculé et justement notre objectif premier était de faire passer l'émotion. Si le public le reçoit de cette façon, alors nous sommes comblés.


Le titre introductif contient un passage très Camel : est-ce une référence, une influence pour vous ?

Janusz : Camel avec des groupes comme Pink Floyd, Magma, Gentle Giant, Yes, King Crimson, Caravan, Genesis font partie des groupes que nous avons beaucoup écoutés et été voir en concerts et qui nous ont influencés.


Quelles sont vos attentes pour cet album ?

Patrick :  Le jouer en "live": nous allons tenter d'organiser une tournée à partir de mi-2016.


Quelle est la prochaine étape ?

Janusz : Concerts et la sortie de notre quatrième album avec une nouvelle génération de musiciens.


Question traditionnelle de Music Waves, quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Janusz : Franchement il y a en beaucoup, c'est trop difficile de choisir.


Au contraire le pire ?

Patrick : Aaahh !!!  Là c'est plus facile, il y a eu moins, heureusement.
J'hésite parce que c'est la honte ...j'ai peur que ça nous reste. Allez, je me lance, tant pis, il y a prescription maintenant.
A nos débuts, nous étions fiers de jouer à la fête de l'Humanité à la Courneuve, d'autant plus que Genesis était au programme sur la grande scène avec 100.000 spectateurs.
Le présentateur qui a dû abuser des apéros sans doute, monte sur scène pour nous annoncer, il commence son "speech" et là, le "trou noir", il ne se rappelait plus du nom du groupe, il se retourne vers le batteur et essaye de lire le nom écrit sur une banderole accrochée juste au-dessus de sa tête. Ce qui était une bonne idée si il n'avait pas lu le nom à l'envers. C'est ainsi que désormais nous nous appelons Noiro (Rires) !





On a commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?


Patrick : Est-ce que ce genre de musique (rock progressif) est aidé en France ?
Oui c'est possible ! Notre album est soutenu par l'ADAMI. J'en profite pour les remercier et pour faire un peu de communication qui pourra intéresser et aider les musiciens de tous les styles de musiques (rock, jazz, classique, musique du monde) ainsi que les organisateurs de festivals pour leurs projets artistiques.
Pour toutes les informations utiles voici le lien de cet organisme : Adami


Le mot de la fin aux lecteurs de Music Waves ?


Orion : A bientôt en concert. Et au plaisir d'une prochaine interview pour notre quatrième album en 2016.



Plus d'informations sur http://groupeorion.fr
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