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FREDRIKA STAHL (03 DECEMBRE 2015)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
JAZZ
A l'occasion de la sortie de la BO support de "Demain", Music Waves a rencontré la belle Fredrika Stahl... Interview Reine des Neiges !
STRUCK - 13.01.2016

Music Waves a voulu briser la glace lors de cet entretien avec la belle venue du froid et ainsi connaître les raisons qui l'ont incitée à se libérer, délivrer pour la composition de cette Bande Originale...


Quelle est la question qu’on t'a trop souvent posée ?


Fredrika Stahl : Pourquoi je suis passé du jazz à la pop ? C’est la question suivante, non ? (Rires)





Et bien, non, nous ne te la poserons pas…

Ah bon ? C’est super, merci (Rires) !


Ton actu est la sortie de cette BO mais on sentait pointer cela notamment au printemps 2012, tu as participé à une version revisitée du Couronnement de Poppée de Monteverdi au Théâtre du Châtelet de Paris. Tu y as interprété le rôle d'Ottavie, la femme de Neron, pour sept représentations, partageant l'affiche avec  Benjamin Biolay et surtout  Marc Almond, du groupe Soft Cell ; qu’en as-tu retiré ?


Tout d’abord, c’était la première fois que je travaillais sur autre chose que mon projet personnel. C’était différent parce que j’ai l’habitude de tout faire moi-même et me retrouver à chanter une chanson de quelqu’un d’autre était une expérience vraiment super.
Jouer du théâtre, porter des costumes sur scène, être en troupe… étaient des premières pour moi et j’ai adoré cette vie au Théâtre du Châtelet ! C’était quand même exceptionnel d’aller au Châtelet le matin, avoir sa loge et faire plusieurs représentations…En revanche, 7 représentations, c’est bien trop peu finalement.





Comment expliques-tu cela : volonté ou semi-échec promotionnel ? Ressens-tu un goût d’inachevé?

Je trouve que c’était beaucoup trop court mais on ne peut pas parler d’échec puisque dès le début, il était prévu de ne faire que sept représentations.
Le Théâtre du Châtelet est un lieu magique qui revêt un caractère exceptionnel !


Mais vous auriez pu le décliner dans d’autres lieux ?

Nous aurions pu mais le projet a coûté énormément d’argent…


… ton cachet ?

(Rires) Oui, je les ai saignés ! Non, je ne pense pas… Mais niveau technique, il y avait énormément de moyens : il y avait trois écrans géants, les équipes techniques dédiées…
Et pour le coup, jouer dans une autre configuration aurait été moins intéressant car la partie la plus réussie –selon moi- de ce projet a été le côté conceptuel !


Après 4 albums solo, honnêtement, j’en avais un peu marre de travailler seule dans mon coin


Justement ce gout d’inachevé n’a-t-il pas terminé de te convaincre dans l’idée de faire cette BO ?


C’est vrai que j’ai pris plaisir à cela. Après 4 albums solo, honnêtement, j’en avais un peu marre de travailler seule dans mon coin. Certes, des musiciens m’accompagnent sur scène mais ils n’interviennent pas du tout dans la composition.
Et effectivement, le fait d’avoir travaillé sur des projets comme Poppée ou l’album de Christophe Willem qui n’ont rien à voir avec ce que je fais, le fait de travailler sur des choses qui m’éloignent de mes habitudes a défini plus clairement mon univers.


Ce sont des bouffés d’air frais qui te permettent de revenir plus inspirée pour ton univers ?

Exactement ! Ces projets m’ont permis de mieux comprendre qui j’étais musicalement !
Mais j’apprends également des choses, notamment en chantant des mélodies sur Poppée que je n’aurais jamais composées auparavant.





Ta popularité a explosé avec le titre « Twinkle, Twinkle Litte Star » repris par une publicité de l’album "Sweep me away" paru en 2010. Malgré tout, on pouvait s’attendre à une explosion avec l’album suivant notamment avec la réalisation de Rob Ellis (PJ Harvey, Anna Calvi, Marianne Faithfull) et la participation de Ben Christophers (Bat For Lashes), Adrian Utley (Portishead), Tom Havelock (Coldspecks) ... mais ce n’est pas le cas. Avec le recul, es-tu déçue des choix opérés sur "Off To Dance", peut-être des choix imposés par ton label ?


(Sourire) C’est l’avantage et l’inconvénient de travailler avec une grande maison de disques : ils ont essayé de me faire faire certaines choses mais j’ai toujours refusé ! Par exemple, sur le dernier album, c’est moi qui ai choisi le réalisateur, je suis parti seule en Angleterre sans qu’ils n'aient leur mot à dire…


Malgré tout, tu as évoqué les inconvénients de travailler avec une major. Cette actualité et la sortie de cette BO, était-ce l’opportunité rêvée pour toi de t’évader des diktats d’une maison de disques ?


Oui, c’est la première fois que je sors un disque sans l’appui d’une maison de disques ! J’avais envie de faire de la musique de film et je savais que tout cela était compliqué à réaliser en étant signée.
Attention, je ne regrette rien, en 10 ans d’exclusivité dans une grosse major, j’ai fait plein de choses, j’ai sorti 4 albums avec eux mais aujourd’hui, j’ai besoin d’autre chose …
Je n’étais pas du tout mûre pour commencer à réfléchir à mon prochain album : l’idée de me lancer sur un nouvel album m’angoissait énormément ! Si bien que j’ai beaucoup écrit en faisant comme si j’écrivais pour d’autres mais finalement, je me retrouve avec un album qui aurait très bien pu être mon album.


Alors que je traversais une phase de blocage concernant l’écriture pour mes propres morceaux [...], le fait d’avoir un cadre m’a énormément aidé


En effet, la composition de cette BO est particulière c’est-à-dire que outre le fait que tu as dû te plier aux exigences de la composition en fonction des images du film, j’ai appris que l’équipe du film avait écouté tes compos, et sous le charme s’est pliée à ta musique ?

Exactement ! Je ne dirais jamais que j’ai dû me plier aux exigences de qui que ce soit.
En fait, Cyril et Mélanie (NdStruck : Cyril Dion et Mélanie Laurent) m’ont vraiment laissé carte blanche musicalement. Ils m’ont uniquement donné des cadres pour composer mes chansons et souvent, je leur envoyais mes chansons et c’est ensuite qu’ils montaient leur film en fonction des chansons, ce qui est très rare ! En général, c’est l’inverse qui se passe…
Parfois, ils m’envoyaient des séquences en me disant qu’il manquait de la musique et c’est uniquement dans ces cas que je composais en fonction de l’image … Mais je n’ai jamais vécu cela comme une contrainte, au contraire : alors que je traversais une phase de blocage concernant l’écriture pour mes propres morceaux -je ne savais pas par où commencer, comment faire-, le fait d’avoir un cadre m’a énormément aidé ! Et il faut savoir que rien n’a été jeté : tout ce que j’ai envoyé a été utilisé…





Tes œuvres solo ont toujours été marquées du sceau de la mélancolie : as-tu dû te faire violence pour commencer en pensant à l’avenir plus radieux ('Tomorrow' voire 'Make a Change') ?

C’est vrai, je n’ai jamais été aussi gaie (Rires) !


Je suis naturellement mélancolique !


Mais pourquoi ?

Je suis naturellement mélancolique ! La première chanson que j’ai envoyée à Mélanie et Cyril était 'The World to Come' qui est définitivement le titre le plus mélancolique de cette BO : c’est ce que j’écris naturellement puisque je n’avais vu aucune image du film au moment de l’écrire.
Ils ont adoré la chanson en revanche, ils m’ont précisé que ce n’était pas le message qu’ils voulaient transmettre : ils ont considéré que c’était très bien pour le début du film mais pour la suite, il fallait changer le ton… Pour cela, ils m’ont proposé de voir quelques images du film et je me suis retrouvée des heures devant mon piano à queue à regarder des images très colorées avec des personnages très inspirants … Du coup, même si je ne composais pas à l’image, j’avais ces images en tête au moment d’écrire et ça m’a énormément recadré pour écrire quelque chose de plus festif !


Malgré tout, la mélancolie pointe toujours le bout de son nez comme sur le premier titre 'The World to Come' ou 'Everything' qui évoquent énormément Yodelice. A l'image de Lisa Ekdahl, Norah Jones et Tracy Chapman, tu as ajouté des connotations/ couleurs folk : était-ce une évidence ou pour coller à l’air du temps ?

Non, je pense que c’est plus par rapport aux images ! Il fallait que je reste dans quelque chose de plus acoustique. En dehors d’un titre avec des éléments plus électro pour donner un peu de pêche, j’ai cherché à faire des choses organiques comme sur le titre 'Water' où j’ai rempli des bouteilles d’eau….


Un album concept sur le thème de Natures et Découvertes ?


(Rires) Non, ce film est quand même sur le thème de l’écologie, la planète, et à cet égard je voulais des éléments organiques.





Tu termines avec 'More' dans un registre plus traditionnel : comment as-tu composé la set-list en fonction du film car personnellement, j’aurais plus mis 'Pull your Sleeves' aux caractères plus électro en dernier, en tant que titre le plus innovant, comme une porte ouverte sur le prochain album ?


C’est difficile parce que pour la bande originale complète, je n’ai quasiment pas changé l’ordre d’apparition des chansons dans le film pour suivre l’enchaînement de l’histoire du film, j’ai juste changé la place de deux chansons pour que ça soit plus fluide à écouter.
Pour l’EP, au début, j’avais effectivement choisi de mettre 'Pull your Sleeves' à la fin mais j’ai ensuite trouvé bizarre de finir sur un titre qui sort du lot et qui n’a rien à voir avec le reste…


Quelle est la prochaine étape ?

Ah ah (Rires) ! Je viens de commencer l’écriture du prochain album.


Qui sera toujours autoproduit ?

Je ne sais pas pour le moment, je n’en suis qu’au stade de la composition. Mais comme je fais toujours des maquettes très élaborées, je me demande quelle direction prendre à savoir si je continue à faire comme j’ai fait sur cette BO, c'est à dire que je réalise cet album comme je l’ai fait pour la première fois ou je fais l’inverse donc j’écris les chansons et ensuite, je retire tous les arrangements pour ne garder que le piano/ voix ou guitare/ voix pour laisser la place à quelqu’un : je ne sais pas encore (Sourire) !


Ton frère joue dans un groupe de metal…

… Vous avez du retard (Rires) : il sort un EP pop en février…


… ta famille chante sur une chanson… considères-tu ta musique comme un partage ?

(Visiblement surprise que nous soyons au courant) Oui, à la base, nous avions prévu de faire chanter tous les participants du film mais finalement, seul Cyril chante dessus, Mélanie avait un empêchement… Et pour ce titre, j’avais besoin de monde et c’était très compliqué de trouver des gens à la dernière minute capables de chanter à peu près bien en anglais. A ce moment, j’étais en vacances avec ma famille, du coup, j’ai demandé à tout le monde de chanter avec moi (Rires) !


Ta mère est peintre : n’as-tu jamais pensé à lui demander de faire un artwork et ainsi sortir du cliché de la pochette avec ton visage ou ton joli minois est un atout/ argument promotionnel obligatoire imposé ?

Effectivement, sur le dernier album, j’étais contre le fait d’avoir mon visage sur la pochette, toutes les pochettes des groupes que j’écoute n’ont quasiment jamais le visage du chanteur dessus…
Mais pour le label, ce n’était pas une option : je n’avais pas un visage assez connu pour se permettre de ne pas le mettre sur la pochette (Rires) ; ils considéraient qu’il fallait le faire pour pouvoir m’identifier…


Mais pour le prochain, tu n’auras pas cette contrainte…

Tout à fait : c’est une idée (Sourire) !





Question traditionnelle de Music Waves, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?


Il y en a plein…


J’espère...

(Rires) Mais je crois qu’un des souvenirs les plus marquants est quand j’ai entendu un orchestre symphonique jouer ma musique : c’est assez fou !


Et ça te donne des envies de live accompagné d’un tel orchestre ?

J’ai toujours eu la chance d’avoir des arrangements de cordes qui étaient à chaque fois des vraies cordes jouées, ce serait génial de faire un concert dans de telles conditions, au Châtelet par exemple…


Mais il faudrait re-signer chez Sony pour cela…

(Catégorique) Non !


Au contraire le pire ?


Le pire a été le jour où j’ai fait la première partie d’Herbie Hancock… malheureusement !

A l’époque, j’avais sorti mon premier album qui était assez jazz. Sur scène, j’étais entouré de musiciens jazz et c’était mon arrangeur qui était au piano mais la veille, son père est décédé et il a dû se rendre aux Etats-Unis. Il a été remplacé par un pianiste que je ne nommerai pas (Sourire) qui a totalement pété les plombs en jouant devant Herbie Hancock, il a voulu montrer tout ce qu’il était capable de faire sur un piano. Il n’a respecté aucune structure, il ne jouait que des solos de piano… à l’époque, je commençais à peine et surtout, je ne jouais pas sur scène et je n’ai pas pu recadrer l’ensemble ! Et je me vois regarder mon producteur en coulisse qui était tellement mal qu’il est finalement parti … C’était affreux !
Malgré tout, à l’issue du concert, j’ai croisé Herbie Hancock qui m’a lancé un "great gig" mais bon …





On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Tiens, on ne m’a jamais posé cette question (Sourire)…
C’est drôle parce que par le passé, j’ai toujours dit que je souhaiterais écrire une bande originale pour un film et malgré cela, personne ne m’a jamais proposé d’en faire une, il a fallu que j’envoie des morceaux à Mélanie et Cyril pour y arriver… J’ai adoré cette première expérience et j’espère qu’il y en aura d’autres : j’ai envie de renouveler l’expérience !


A l’écoute de cette BO, je suis convaincu que tu vas crouler sous les demandes. Merci beaucoup !

Merci

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