MW / Accueil / Articles / Adieu, Monsieur Bowie... et merci !

Adieu, Monsieur Bowie... et merci !

AUTRE - ROCK - CORTO1809 - 14.01.2016
Music Waves venait tout juste de terminer la chronique exhaustive de la riche discographie par l'entremise de son fan ultime -Corto 1809- et c'est lui qui nous fait part de son immense tristesse à l'annonce du décès de son "héros"...
Lundi 11 janvier 2016, 7 heures du matin. L’esprit encore embrumé de sommeil, je sirote mon café en écoutant distraitement RTL2 lorsque la terrible nouvelle tombe de la bouche de l’animateur visiblement ébranlé : "David Bowie est mort ce matin des suites d’un cancer alors qu’il venait d’avoir 69 ans".

David Bowie, mort ? Ce n’est pas possible, il vient juste de sortir vendredi dernier l’un des meilleurs albums de son immense carrière. Il doit y avoir une erreur !

Je ne suis pas le seul à ne pas y croire : 5 minutes plus tard, l’animateur met la nouvelle au conditionnel, évoquant un faux bruit lancé sur le Facebook du chanteur. Je me reprends à espérer…jusqu’à ce que la triste nouvelle soit finalement confirmée de la bouche de son fils Duncan "Zowie".





A la stupeur générale, Bowie prend une dernière fois son monde par surprise, disparaissant deux jours après la parution de son vingt-sixième disque studio, "Blackstar". Car s’il est un trait remarquable de son caractère, c’est bien ce don qu’il avait de prendre régulièrement son public à contre-pied. Loin de ressasser les mêmes recettes dès lors qu’elles avaient rencontrées le succès, l’artiste londonien n’avait de cesse de se remettre perpétuellement en question, prenant le risque de déstabiliser la fan-base qu’il avait conquise.





Certes, ces prises de risque permanentes ne se firent pas sans quelques grincements de dents et il est difficile d’aimer (ou de ne pas aimer) toute son œuvre tant le chanteur caméléon a abordé de styles différents. Après des albums teintés de psychédélisme, Bowie devient l’un des chantres du glam rock (on disait alors "rock décadent" en France) endossant des personnages aussi charismatiques que Ziggy Stardust ou Aladdin Sane. Après un détour mi-figue, mi-raisin par la soul et le funk (le très médiocre "Young Americans" et le génialissime "Station To Station"), Bowie aborde la période la plus riche de sa carrière, ou du moins celle qui témoigne le mieux de son incroyable créativité, connue sous le nom de trilogie berlinoise. Berlinoise, car l’artiste a délaissé les Etats-Unis et la drogue pour se réfugier à Berlin, trilogie car il va accoucher de trois albums où rock planant et expérimentations font bon ménage ("Low", "Heroes", "Lodger") et qui, s’ils ne lui valent pas encore la reconnaissance du grand public, lui assurent au moins l’estime de la critique.

La reconnaissance mondiale du public, c’est en 1983 qu’il l’obtient. "Let’s Dance" entre dans tous les foyers grâce à des musiques taillées pour être des hits FM et des clips encore dans toutes les mémoires (‘Let’s Dance’, ‘China Girl’). Bowie avouera lui-même avoir été déstabilisé par une renommée à laquelle il ne s’attendait pas et un nouveau public dont il cernait mal les attentes. Les deux albums qui suivront, s’ils connaîtront également un succès commercial, figurent pourtant au nombre de ses disques les moins réussis et Bowie mettra provisoirement un terme à sa carrière solo en se cachant au sein du groupe de rock Tin Machine.





Mais l’homme n’est pas à bout de ressources et il renaît de ses cendres au début des années 90. D’abord timidement, avec des albums parfois hétéroclites, inégaux, mais recelant tous une part de cette créativité et de cette personnalité qui sont la marque des Grands. Puis, au tournant des années 2000, David Bowie délivre une nouvelle trilogie, moins inspirée que celle de la période berlinoise, mais d’une qualité et d’une homogénéité que l’on n’avait pas rencontrées depuis de nombreuses années.

Puis l’artiste disparaît. Dix ans. Et revient, à la surprise de tous, avec un album un peu stéréotypé, un peu lourd. Autant le dire, un peu décevant. Seule la voix, cette voix magique, reconnaissable entre toutes, capable de déchirements violents qui filent immanquablement le frisson, atteste qu’il s’agit bien de Bowie et l’on se dit que c’est peut-être l’album de trop, que l’inspiration s’est tarie. C’est mal connaître le Thin White Duke qui nous offre en ce début 2016 l’un des meilleurs albums de toute sa carrière, capable de rivaliser avec Ziggy, Aladdin, Station et la trilogie berlinoise.





Il y a quelques jours, quand j’ai découvert "Blackstar", je concluais ma chronique en disant que cet album était digne de clore la carrière de Bowie. Puis, à la réflexion, j’ai supprimé cette phrase, car pourquoi vouloir souhaiter qu’un tel génie musical mette fin à sa carrière ? Hélas, ma première idée s’avère aujourd’hui dramatiquement prophétique.

David Bowie a fait le plus beau cadeau d’adieu qu’il pouvait faire à ses fans, un disque lumineux, inspiré, digne de lui. Inclassable, inimitable, il laisse un énorme vide dans le monde musical. Aujourd’hui, nous sommes des millions à être en deuil et à le pleurer. So long, David.




Plus d'informations sur http://www.davidbowie.com/
eventuser_idarticle_comment_id
REALMEAN le 14/01/2016 20:54:59
Il n'était pas seulement un chanteur exceptionnel et un compositeur inclassable, il était aussi acteur, inventeur, et doué d'un sens visionnaire étonnant. En 2013, il s'efface volontairement sur la pochette de son album "The Nex Day". 3 ans plus tard, avec "Blackstar", on découvre son seul et unique album sans effigie aucune ni avatar, sur le frontcover. Et si vous cherchez, vous verrez que ce n'est pas le seul code.
En découvrant la voix de Bowie sur cet ultime album, je n'ai pas pu m'empêcher de songer à une voix d'outre-tombe, même si l'artiste nous avait déjà habitué à des litanies sombres et sépulcrales. Un peu comme un album posthume, comme un album dont il savait que la substance ne toucherait son public qu'en "provenance" de l'au-delà. Pour réussir sa sortie de cette manière, il faut s'appeler David Bowie.
Je ne sais guère que paraphraser les nombreux hommages qui lui ont été rendus depuis ce 11 janvier fatidique, mais encore une fois, mister strange and black Bowie star, chapeau !
2174416
EN RELATION AVEC DAVID BOWIE
DERNIERE ACTUALITE
CELEBRATING DAVID BOWIE en janvier Salle Pleyel
CONCERT

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant DAVID BOWIE
 
DERNIER ARTICLE
Music Waves revient sur une année, particulièrement terrible pour le monde de la musique, qui a vu disparaître quelques-uns des musiciens que nous suivons régulièrement

Lire l'article
Voir tous les articles concernant DAVID BOWIE
 
DERNIERE CHRONIQUE
5
Blackstar (2016)
Le disque le plus original et abouti de David Bowie depuis sa trilogie berlinoise.

Lire la chronique
Voir toutes les chroniques concernant DAVID BOWIE

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner, Metal Mind, Mascot, Spv, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn, Prophecy, F2, Frontiers, Karisma, Insideout, Nightmare, Kscope, Ear Music, Klonosphere, Progressive Promotion, Gentle Art Of Music

© Music Waves | 2003 - 2017