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THE SLAYERKING (19 MAI 2016)

INTERVIEW - DOOM - CHILDERIC THOR - 22.06.2016
Rencontre avec Efthimis K, vétéran la scène death doom et gothic hellénique, qui nous présente son nouveau projet, The Slayerking.
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Quelles est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Efthimis K : Quelles sont les nouvelles de Nightfall. 

Efthimis, on peut désormais te considérer comme un vétéran de la scène hellénique. Pourquoi lancer un nouveau projet alors que Nightfall t'occupe encore beaucoup ? Souhaitais-tu renouer avec cette part d'inconnu qui accompagne les débuts de toute formation ? Le plaisir de commencer quelque chose de neuf te manquait-il ?

Efthimis K : Tu as raison : le plaisir revitalisant de commencer quelque chose à partir de zéro est très motivant. Il y a quelques années, j'ai senti qu'il était temps de jouer de la musique avec un ami très proche. Tu sais, partager simplement des idées et de créer pour le simple plaisir. Nous n'avions pas pour but de monter un nouveau groupe. Mais les choses ont commencé à se développer et finalement The Slayerking est né.

L'avenir de Nightfall est-il pour autant compromis ?

Efthimis K : Pas du tout. J'ai fait beaucoup de choses avec Nightfall et j'en ferai certainement encore beaucoup  d'autres dans le futur. Mais The Slayerking est mon nouveau projet et qui va grandir. Nous ne pouvons rien faire pour l'arrêter, je pense. Ce qui est intéressant, c'est qu'il va devenir un groupe de plus en plus sérieux, de jour en jour. The Slayering a du potentiel et nous allons travailler dur pour le prouver. 

The Slayerking doit-il être considéré comme un groupe à part entière ou comme un simple side-project ?

Efthimis K : Il s'agit d'un vrai groupe. 





Ce nouveau groupe a été fondé en 2013. Pourquoi avoir attendu presque trois ans avant de publier un premier essai ?

Efthimis K : Nous ne souhaitions pas nous précipiter. Nous voulions prendre le plus de plaisir possible à enregistrer l'album. J'ai passé deux ans à réécouter chaque jour les démos que nous avions faites. J'étais véritablement obsédé par cet album. 

Basés en Grèce, vous avez pourtant signé avec un label français ? Pour quelle raison ?

Efthimis K : Parce que j'aime la France. Le public français respecte et soutient les groupes grecs comme aucun autre. Il suffit de voir tous les albums, les groupes et les labels qui ont suivi notre première alliance avec la France, à l'époque de "Parade Into Centuries" de Nightfall chez le légendaire et précurseur Holy Records. C'est une vieille histoire d'amour qui nous inspire beaucoup. 

Peut-on voir dans ce choix justement un clin d'œil au début de Nightfall sous l'égide de Holy Records, label français également, qui vous a longtemps accompagné ?

Efthimis K : Oui, mais c'était une autre époque. Il n'y avait pas Internet et les communications et les échanges étaient moins rapides, et les distances semblaient énormes. Et l'Europe était encore morcelée par des frontières. Quand nous avons reçu nos exemplaires de "Parade Into Centuries", on nous a demandé de payer des taxes comme si nous les avions importés. C'est un truc dingue. Etablir une relation en dehors de la Grèce était alors impossible. Mais je comprends ce que tu veux dire et je suis d'accord. Le feeling est le même et j'aime ça. Laurent de Finisterian Dead End est un jeune homme remarquable qui possède le talent pour s'imposer au sein de la scène metal. 

Pourtant, Nightfall et The Slayerking n'ont-ils pas les mêmes racines, ce gothic doom à la old Paradise Lost ?

Efthimis K : Nightfall fait partie de la scène gothic death des années 90 dont Paradise Lost étaient les leaders absolus Aux côtés d'autres groupes, principalement européens, nous avons contribué au développement du genre, ce qui a certainement joué un rôle de catalyseur dans mon style de jeu et dans ma façon de composer de la musique. C'est mon style, ma marque et il est normal qu'il existe des liens entre Nightfall et The Slayerking. Je n'ai jamais essayé de le cacher ou l'éliminer. Ce serait comme une trahison si je le faisais, pour moi et pour les gens qui  me connaissent et me suivent  depuis des années. Les années 90 ont été une période magnifique pour toute cette scène.

Tu restes d'ailleurs toujours attaché à une forme de dureté dans le son, une âpreté qui donne à l'album un côté sombre et sévère. Qu'en dis-tu ?

Efthimis K : Le son est certainement sombre. Sombre et chaud. Comme le ventre de nos mères. Si notre son avait un sexe serait une femme. Il ne vous frappe pas le visage, non, il vient au contraire  lentement sur vous, pour vous étreindre et poser sur vous un baiser mortel.





Ce premier album se nomme "Sanatana Dharma". Sa pochette est très belle et révèle toute l'ambivalence de votre musique, à la fois lourde, menaçante et pourtant colorée de teintes psychédéliques....


Efthimis K : J'ai demandé à  Costin Chioreanu de faire quelque chose dans la veine de l'Art Nouveau, qui est un mouvement artistique dont je suis particulièrement fan et qui correspond à notre état d'esprit actuel, cette nouveauté qu'incarne The Slayerking. Le visage de la femme est beau et clair et représente la valeur incontestable de nos racines, notre nid, la terre-mère, tandis que près d'elle est la figure de la pitié d'un homme endommagé qui cherche le pardon et la tranquillité après une période de changements dramatiques et de lutte. Le but de notre art est d'inspirer les gens à trouver leurs moyens d'échapper à la réalité. "Sanatana Dharma" n'est est pas une musique festive. Il est votre compagnon dans les moments de solitude et d'introspection.

Comment définirais-tu la musique de The Slayerking ?

Efthimis K : Progressive Doom Metal avec des éléments Dark Rock. Est-ce correct? Parce que je ne sais pas. Je suis mauvais quand il faut étiqueter la musique. Il n'y a pas de plus grand paradoxe que d'essayer de décrire sa propre musique avec des mots.

Quels sont ces éléments progressifs ?

Efthimis K : L'album est progressif  non pas pour des parties spécifiques mais d'une manière plus générale. Les arrangements des compositions, le fait que ce soient de vraies chansons avec des intros, des ponts, des chœurs, des ambiances, des growls et sons étranges, tout ça est progressif. Il repousse les limites du genre un peu plus loin mais nul ne sait s'il réussira commercialement ou non, mais  artistiquement et esthétiquement, cela fonctionne très bien.

La religion t'a toujours intéressé. Ce sujet t'a-t- il inspiré pour les textes de Sanatana Dharma ?

Efthimis K : Les religions sont une source massive d'informations sur la civilisation humaine. La peur de l'inconnu et la volonté de durer éternellement sont deux choses que l'homme a bien enraciné dans sa psyché et consciemment ou inconsciemment il lutte avec ou contre eux tout au long de la vie. La volonté d'expliquer, de communiquer et de contrôler notre destin joue un très grand rôle dans notre civilisation. La religion fait partie d'un processus pour expliquer les choses dont nous ne comprenons pas la logique. Il est un contrat artificiel que nous avons inventé pour nous servir. La religion n'est nulle part dans la nature, elle est d'origine humaine. Et bien sûr, comme avec toutes les choses que l'homme fabrique, il en a perdu le contrôle. La religion se retourne contre lui. Mais ceci est une autre histoire. Personnellement, je suis fasciné par le concept de la mort et la façon dont tout s'arrête et disparaît.

De manière générale, quels sont les thèmes que tu abordes dans cet album ?
 
Les paroles sont une sorte d'oxymore sur la nature humaine. C'est la grandeur de notre esprit qui marche main dans la main avec vacuité, comme une malédiction. J'ai abordé cette relation avec une combinaison d'événements réels et de paraboles. Récemment, j'ai relu l'ouvrage de Wilhelm Reich, "Ecoute, petit homme !' et je crois cela m'a beaucoup stimulé pour écrire mes textes. 

"She Is My Lazarus" évoque le contrôle absolu d'une personne ou d'une situation sur nous-mêmes, comme la religion par exemple. C'est une chanson d'amour effrayante.

"Black Mother Of The Lord Of Light", parle de la capacité d'un cerveau humain pour créer littéralement des situations à partir de zéro. Black Mother est l'esprit et The Lord Of Light est le dieu qu'elle a créé pour le plaisir de donner des réponses aux questions existentielles.

"Sargon Of Akkad" est une parabole à propos de notre lutte primitive pour vaincre le temps et la mort et devenir éternel. Si cela ne se fait par nous-mêmes, cela peut se faire à travers notre art, nos créations. Mais comme le dit la chanson "Le temps est une bête, il est divin, et ce que l'homme crée, il le méprise".

 
"Magnificent Desolation" est l'expression employée  par Edwin «Buzz» Aldrin alors qu'il regardait l'immensité de l'espace là-bas au milieu de nulle part où il était avec le reste de l'équipage d'Apollo 11. Un moment épique dans l'histoire de l'humanité. La partie médiane de la chanson avec les signaux en morse exécutés par la guitare vise à retranscrire chez l'auditeur l'état de stress et de crainte qu'il se ressentait. 

"We Are the End" est un bref aperçu du monde occidental, depuis les temps heureux de jadis, l'argent pas cher et "l'orgasme du néant" à ce qui se passe aujourd'hui, les politiques agressives de défense et la suspicion croissante. "Vous voulez la vengeance, mais nous ne vivons pas pour toujours."

"My Lai" est nommé ainsi d'après un massacre réel qui a eu lieu dans les années 70 et parle des mensonges que nous sommes capables de prononcer pour nous faire pardonner nos actes les plus détestables. Je l'utilise comme une parabole, la même espèce qui a envoyé des hommes sur la lune est capable des pires atrocités sur la terre. Grotesque.
 
"The Man That Never Was" est encore une autre histoire vraie durant la Seconde Guerre mondiale. Ce fut une opération baptisée Operation Mincemeat, qui a fait appel au cadavre d'un mec anonyme pour changer le cours de la guerre. Vous devez lire cette histoire qui montre jusqu'où l'homme peut aller pour atteindre son objectif.

"Southern Gate Of The Sun" vient comme une conclusion pour nous rappeler, sur un ton épique, que le plus grand ennemi de notre monde est  la stupidité. C'est encore une histoire vraie, sur la mort massive de quelques milliers de croyants dans une église de Brescia, en Italie, après un coup de foudre. La tragédie aurait pu être évitée si les clercs de l'église avaient seulement utilisé le paratonnerre alors récemment  inventé. Mais ils l'ont rejeté au nom de Dieu. Ils le considéraient comme un instrument opposé à la volonté de Dieu. Drôle, n'est-ce pas ? 

 



Des concerts sont-ils prévus ? Qui t'accompagne actuellement ? D'après de récentes photos, il semble que Anna, votre batteur, ne fasse plus partie du groupe : qu'en est-il ?

Efthimis K : Dans les photos que vous avez vu, c'est notre ex-ingénieur de son qui a joué la batterie  pour les spectacles avec Rotting Christ. Notre nouveau batteur est un mec qui a obtenu son diplôme de Berkeley et qui fait une combinaison très intéressante. Et il ressemble à Franck Ribéry, ce qui est totalement cool. Néanmoins, ce n'est pas quelque chose de nouveau pour nous. Si tu regardes les crédits de l'album il y avait un autre gars qui a enregistré la batterie dans l'album avant Anna. Mais nous l'avons changé parce qu'en concert, ça ne le faisait pas. Même avec elle. Nous donnons le temps aux gens, mais si ceux-ci ne conviennent pas à notre vision de la musique, alors le groupe mérite que nous nous séparions. Les choses sont simples avec nous. Soit tu repousses tes limites et va à fond soit tu tires la poignée de la porte et tu pars. Nous ne faisons aucun compromis et aucun rabais. The Slayerking est destiné à jouer en live, il est même taillé pour cela. 

Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Efthimis K : J'en ai beaucoup. Celui qui me vient à l'esprit en ce moment est un concert en France avec Nightfall quand un mec dans un fauteuil-roulant était parmi le public. Je suis très ému, je dois l'admettre. Surtout quand on m'a dit l'énorme effort qu'il avait fait pour venir à notre spectacle. Espérons qu'il est bien là où il est maintenant. Total respect pour ce mec !
 
Au contraire le pire ?

Efthimis K : Toute la période "I Am Jesus" et "Lyssa" de Nightfall, a été particulièrement stressante pour moi. Je me sentais un peu déconnecté de la musique en général, du groupe et de la scène.

On a commencé cette interview par la question qu’on vous avait trop posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Efthimis K : J'aime quand on me parle de ce que notre musique évoque dans l'esprit de chacun et quand on me demande ce que je ressentais au moment de composer ou si nous avons les mêmes modèles. Ceci est intéressant car nous interprétons la musique et les mots en fonction de nos besoins et nos expériences. Ces questions conduisent toujours à la nourrir la pensée et finalement, nous apprenons à mieux nous connaître en nous voyant dans le regard des autres.

Un dernier mot aux Lecteurs de Music Waves ?

Je te remercie toi et les membres de Music Waves pour nous permettre de faire découvrir The Slayerking. Merci. Les lecteurs, je vous remercie aussi. Soyez tous bénis et nous espérons vous voir bientôt en tournée ! 
 


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/the-slayerking-209354502592656
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