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VACUUM ROAD (16 SEPTEMBRE 2016)

INTERVIEW - METAL ALTERNATIF - STRUCK - 27.09.2016
Music Waves a rencontré les Réunionnais de Vacuum Road, auteurs d'un premier album de metal alternatif "Rear Views" étonnant de maturité.
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Pourquoi ne trouve-t-on aucune trace de musique traditionnelle de la Réunion dans votre musique ?


Les titres de "RearViews" ont un format proche de ceux du metalprog et un contenu plutôt alter ou atmo. Comment décrirais-tu la musique de Vacuum Road à nos lecteurs qui n'ont pas encore écouté l'album ?

La question fatidique - mais néanmoins essentielle - de l'étiquette… Le terme metal alternatif atmosphérique est adéquat, je trouve. Maintenant, c’est vrai que le terme alternatif est devenu plutôt galvaudé, une fois qu’on l’a dit, on n'en sait pas plus. C’est un album avec des chansons longues, des tempos lents, des atmosphères éthérées, c’est un album qu’on a voulu empreint d’émotions avant-tout. Si vous aimez bien les structures du prog, mais que vous êtes un peu lassé par l’esbroufe technique, venez jeter une oreille !





On devine des influences comme Tool, Archive ou Anathema dans votre musique. Es-tu d’accord ? Y en a t-il d'autres dont vous vous sentez porteurs ?

Tool, en premier évidemment : parce qu’on aime prendre notre temps, la transe qui peut naître des patterns répétitifs, les ambiances mystiques... Deftones, parce que c’est un chanteur qui a su apporter de la fragilité dans le metal, je respecte ça.
Pour ma part au niveau du chant, mes références sont assez peu à chercher au niveau du metal : je pense à Björk, à qui j’ai dû emprunter quelques gimmicks.


Le line-up semblait assez stable depuis quelque temps mais vous avez de changé de batteur pendant la conception de l'album ; pourquoi, et est-ce que cela a eu une incidence sur le processus de création ?

Emilie, la batteuse avec qui nous avons enregistré l’intégralité de l’album, a dû nous quitter pour poursuivre son projet professionnel en métropole.(Je pense que c’est la raison n°1 des splits de groupes  à la Réunion.) Avant elle, la composition  de l’album, avait commencé avec Thierry (lui aussi exilé depuis en métropole). Ca pose tout un tas de problèmes, comme tu l’imagines. Les chansons qu’on a écrites avec le précédent batteur ont probablement bénéficié d’une approche plus radio-friendly.


Pourquoi avoir choisi "The Sandlord" pour votre clip ? C'est peut-être le titre le plus pop de l'album, ne craignez-vous pas qu'il diffuse une image biaisée du groupe ?

On ne veut pas renier notre côté pop et ce qu’on espère avec ce clip, c’est que des personnes qui n’ont pas d’affinités particulières avec le metal ou le rock puissent avoir envie d’écouter l’album. En terme d’ambiance, il est du reste assez fidèle à ce qu’on peut proposer sur le CD.


Par contre il reflète bien le côté ambigu de votre musique, entre douceur et fureur. Cette dualité est-elle un moteur lors de l'écriture et la composition ?

Absolument ! J’aime la tension qui se crée quand on les espace, puis qu’on les met côte-à-côte brutalement.





Justement, les compos sont très travaillées. Quel travail cela a-t-il représenté entre enregistrement et post-production ?


Pour la composition, on ne s’est pas mis la pression. On a composé sans avoir l’objectif de l’album en tête. Certaines chansons ont 10 ans, et ont beaucoup évolué au gré des bassistes et batteurs successifs.
L’enregistrement de l’album lui, s’est fait plutôt dans la douleur sur deux ans. Pour la guitare, il y a eu beaucoup de tâtonnements, au moment du mix, on s’est rendu compte que les prises guitares n’étaient pas satisfaisantes, le son était trop froid. Yann a  du recommencer tous les enregistrements depuis le début 3 fois.
On a pu compter sur la disponibilité de Samuel notre ingé son et des locaux de Nawar Productions, sur un nombre incalculable d’heures.


La production de l'album est bourrée d'arrangements très intéressants mais certainement difficiles à reproduire sur scène, est-ce un problème pour vous ?

Pour les arrangements tout a été décidé au moment de la post-prod. On voulait ajouter un petit plus par rapport à nos prestations live.
Nous n’avions pas anticipé que les arrangements finiraient par prendre autant de place. Une fois l’album terminé, on a essayé d’inclure les samples dans les lives. Mais c’était assez peu concluant : on devait jouer sur des rails et je trouve que ça enlevait beaucoup de spontanéité à nos concerts. On a gardé un côté plus brut en live, je trouve que ça marche mieux.
C’est deux aspects de notre musique, une partie live, plus brute, directe et un peu plus brutale, et la version CD avec un ensemble compact et enrichi d’autres éléments sonores.


J'ai lu que tu considères que les textes et leur signification n'avaient qu'une importance secondaire dans la musique ? Ils sont pourtant assez "poétiques" sur l'album. Plus qu'un réel concept, l'album semble être l'expression de différentes émotions sans véritable lien. Tu n'as jamais eu envie de t'en servir pour exprimer des idées ? des émotions ? des coups de gueule ?

Effectivement, je trouve ça secondaire. Je suppose que si je voulais vraiment être compris, je chanterais en Français. Mais j’aime la perspective de laisser un flou sur les paroles et leur interprétation. Je ne veux pas raconter d’histoire, je vois les chansons comme des paysages fait de sons. Un paysage, ça n’a pas d’opinion, il se suffit à lui-même.  Les coups de gueule c’est trop terre-à-terre, ça ne m’intéresse pas.





Dans le reportage sur LINFO.re, on voit le groupe quelques instants sur scène et le monteur a choisi un passage en screamo, pas forcément représentatif et plutôt caricatural de la vision du metal par les médias. Regrettes-tu cette posture ?

Je me souviens de ce qui s’est passé ce soir-là, on était booké avec Planck pour un concert en extérieur. C’était la première fois que ce bar organisait un concert rock/metal. Les voisins sont immédiatement venus faire chier, et ont appelé les flics.  Le temps que les flics arrivent, on a décidé de faire le plus de bruit possible pour faire chier tout le monde. C’était pile le soir où la chaîne locale, avait décidé de faire un reportage sur le metal Réunionnais, ils sont arrivés en retard, c’était le dernier morceau avant qu’on coupe tout, pas de bol…


Percer en métropole est déjà très difficile, alors à la Réunion ce doit être le parcours du combattant, non ?

Si par percer, tu entends vendre des albums et vivre de ses concerts, alors un groupe qui veut percer n’a rien à faire à Réunion. Même si on trouve toujours quelques passionnés pour faire vivre la scène, ça ne suffit pas.


La promo est souvent chronophage et coûteuse pour les groupes auto-produits. Des groupes comme Warfield ou Planck peinent également à franchir les frontières de l'île. Comment espérez-vous y parvenir ?

On espère pouvoir faire une petite tournée en 2017, essentiellement des premières parties dans des cafés-concert. Pour l’exportation, les groupes d’ici s’appuient essentiellement sur les groupes nationaux qui font un concert à la Réunion de temps en temps. L’occasion de prendre des contacts, c’est également notre stratégie.


Qu’attendez-vous de la sortie de cet album ?

Je vois la scène metal Réunionnaise comme quelque chose qui reste encore à construire. Peu de groupes de metal d’ici arrivent à franchir l’étape de l’album, donc chaque album qui sort est important. Cet album doit servir à affirmer que la scène Réunionnaise se donne les moyens d’exister, que le metal existe ici dans des formes aussi variées qu’ailleurs.


Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?


C’était nos premières scènes au feu-Cyclone-Café, c’était minuscule, il faisait une chaleur à crever et c’était un bordel sans nom.





Au contraire le pire ?

Un concert sur un bord de mer à Saint-Leu, c’était un public en grande partie familial qui n’a pas trop compris ce qui se passait.


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?

Avez vous des groupes Réunionnais à recommander ? Oui !
Planck, Les Showdus, Warfield


Un dernier mot aux lecteurs de Music Waves ?

Emilie, la batteuse qui a enregistré sur l’album, a un nouveau projet en métropole. C’est “Poumon”, c’est du trip-hop et ils ont été remarqués par  Krakatoa. C’est vachement bien.

Merci à ProgRacer pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/vacuumroad
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