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AANOD (12 DECEMBRE 2016)

INTERVIEW - - - STRUCK - 19.12.2016
Deux années de pause, puis 2 EP en à peine un an ! Music Waves fait le point sur l'activité du groupe Aanod...

Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Ah bon ? Tu fais du metal, mais pourquoi ?


Votre groupe est jeune mais il me semble que votre histoire est déjà mouvementée, vous avez vu deux fois le jour, une fois en 2009 et une autre fois en 2013. Quel regard portez-vous sur la période qui a vu la création de ‘Oxidation’ ? C’était une autre époque et vous n’y prêtez plus guère d’attention ou bien gardez-vous un regard bienveillant sur ces débuts ?

C’était une période enrichissante. Il y avait la motivation de lancer un nouveau projet avec des musiciens qui étaient des amis et qui avaient appris à bien se connaître musicalement. C’est aussi la seule marque qu’il reste du premier line up, mais à part cela nous n’en retiendrons rien car on ne pensait pas que cet EP serait un jour vraiment écouté par des oreilles extérieures - même si nous l’espérions un peu.





Avec ces soucis de line-up qui ont mis le groupe en pause pendant deux ans, avez-vous douté pouvoir revenir ? Et de fait avez-vous pensé changer le nom du groupe suite aux changements de personnel ?

Non, on n’a pas douté pouvoir revenir, on savait que le nouveau départ nous permettrait de réorienter notre musique avec un son plus moderne qui n’aurait pas collé aux anciens membres. Nous savions quelles erreurs ne plus faire quand tu démarres un projet et la question du changement de nom a été à peine évoquée car nous n’avions pas honte de ce que nous avions fait et on voulait que ça fasse partie de notre histoire, que les gens puissent constater l’évolution. Nous avions fait l’expérience des changements de nom dans le passé pour d’autres groupes et avec du recul ce n’était pas une bonne idée pour ancrer ton nom sur cette scène metal où beaucoup de groupes naissent chaque jour.


Depuis 2015 vous êtes de retour en force avec deux EP en à peine 1 an ! Vous auriez pu attendre et balancer un album complet, pourquoi ce choix de faire des EP ? Cela vous permet de ne pas perdre de temps je suppose et de rattraper un peu le temps perdu en restant dans l’actualité ? De plus un EP plus court permet peut être de garder une grosse énergie là où certains groupes se perdent parfois dans des disques trop longs ?


Il y a un peu de ça c’est vrai. Il s’agit d’un parti-pris que de se lancer dans des EP plutôt qu’un album pour l’instant. Pour "Dawn" il fallait qu’on le sorte car ça faisait trois ans au moins qu’on attendait ça, une partie a été écrite à l’époque de l’ancien line up ! Et avec "Yesterday Comes Tomorrow" on avait envie de rattraper le temps perdu, si bien qu’on l’a écrit en quatre jours avant même que "Dawn" ne soit sorti. Puis il faut souligner que nous nous auto-produisons et avons un budget limité qui fait que si on consacre le même budget à un album on ne pourra pas bien le faire. Mais si nous faisons quelque chose de plus ramassé sur lequel nous pouvons bien concentrer tous nos efforts, cela nous permet de sortir un EP où on n’a rien délaissé et où on peut envoyer une énergie forte et constante sans lasser l’auditeur.


Votre style a aussi évolué, vous avez débuté sous la bannière d’un death mélodique technique pour arriver vers un metalcore qui m’a évoqué à la fois Trivium, Atreyu avec quand même une touche suédoise à la Soilwork et At The Gates. Comment expliquez-vous cette évolution, les changements de line-up et l’arrivée de nouvelles personnes en sont à l’origine ? Ce faisant vous prenez un risque, le metalcore a perdu un peu de sa superbe et nombreux sont ceux à facilement taxer sans même les avoir écoutées les formations de ce style d’opportunistes ?


Oui, c’est clair que les changements de line up ont aidé à aller dans ce sens mais les nouveaux membres ont été choisis aussi pour ça. Quant au qualificatif de metalcore, j’imagine que c’est pour la connotation mélodique qu’il nous est attribué donc nous nous en satisferons. Mais effectivement il y a beaucoup de formations dans ce style qu’on peut sans doute qualifier d’opportunistes mais c’est le cas dans tous les styles de metal et il n’y a que les gens très naïfs qui ne s’en rendent pas compte. Comme nous ne prenons pas les auditeurs pour des cons on sait qu’ils ne pourront douter de la sincérité de notre démarche.


Ce qui fait votre force c’est que vous variez les plaisirs dans le genre mais sans jamais tomber dans le mièvre, cette scène a surtout été plombée par les côtés trop mélodiques et plaintifs, c’était important de garder sur vos chansons une puissance certaine ?


C’est exactement ça. Le style a trop souvent été puiser dans les clichés que ça soit dans la lourdeur des riffs ou les mélodies trop proprettes. C’était important pour nous de montrer qu’on pouvait lier les deux sans tomber dans le n’importe quoi d’un côté ou de l’autre. Mais on peut encore progresser sur chacun de ces points et réussir à mêler les plaisirs avec encore plus de finesse.


Dans cette optique de mélange des styles et des influences ‘Gambler’ et ‘D.N.A.’ sont scotchants. A l’écoute j’entends du death mélodique mais aussi du gros hardcore bien costaud et même un poil de chant clair, au final ce faisant vous parvenez à mixer le meilleur, c’était important de savoir se démarquer du reste de la scène avec ces titres diversifiés ?

Oui, c’est important, mais on n’y a pas pensé en l’écrivant. Je crois que c’est surtout un résumé de tout ce qu’on a ingurgité ces derniers temps en terme de metal. On a là deux morceaux qui ne sont pas du tout structurés de la même manière mais qui réunissent diverses facettes de ce qu’on veut faire. Le death mélodique fait partie de nous, même si nous n’en écoutons plus trop aujourd’hui, quant au hardcore et au chant clair ils paraissent antinomiques mais il y a du très bon à puiser dans les deux et c’est ce qu’on a tenté de faire.


Bien sûr à côté vous proposez du métalcore que je qualifierai de typique mais de grande qualité. En fait vous semblez déjà avoir tout compris à ce qu’il faut faire et ne pas faire dans le genre ! Je parlais de Trivium, le groupe a su évoluer et avancer, c’est un exemple pour vous dans cette idée de refus de stagner ?


Pas forcément pour cet aspect-là. En fait nos références sont ailleurs quand il s’agit de se réinventer. Bien sûr si on doit rester dans le metal on va citer Meshuggah, Gojira, voire Architects, qui dans des registres différents savent éviter la stagnation voir la régression. Mais pour ça il faut ingurgiter beaucoup de musique et pas forcément dans un seul style et il faut t’ouvrir à tout ce qui se fait de nouveau. Si tu gardes tes acquis, tes références vieillottes etc … tu stagnes car autour de nous musicalement ça bouge très vite et parfois en bien, et c’est important de ne pas passer à côté de tout ça.





Avec ‘Pariah’ ou ‘Cubes’ et ‘Resource’ je trouve cette force métalcore dans l’idée du style aux origines quand il avait bien l’idée d’être puissant en suivant les traces du In Flames des débuts et d’At The Gates avec cette importance de la mélodie dans les riffs, ces groupes sont des exemples je suppose ?

Clairement, ils l’ont été au tout début. L’intro d’un des morceaux d’"Oxidation" ('Common hatred') avait été faite en hommage à un morceau d’In Flames ('Ordinary Story'). On vient du death mélo scandinave et pour nous le metalcore en est la descendance : In Flames ou At The gates en sont les parents. « Slaughter of the soul » ou  « Colony » ou « A Predator’s portrait » de Soilwork ont tellement envahi nos oreilles pendant des années que c’est pour ça que je te disais qu’on ne peut pas se défaire de ces influences même si nous n’écoutons plus ça aujourd’hui. Mais j’avoue en te répondant tu m’as donné envie de réécouter « Grand failure anthem » de Soilwork (Rires)


Mais que pensez-vous de l’évolution d’un In Flames qui a largement tourné le dos à ses origines alors qu’At The Gates a lui réussi à revenir sans se renier ?

Je pense que c’est surtout une histoire de cheminement personnel et musical. In Flames n’a cessé de tourner et sortir des albums tous les deux ans depuis 20 ans au moins ce qui a sans doute altéré leur volonté d’envoyer comme à leurs débuts. At the gates a cessé toute activité pendant longtemps si je ne me trompe pas et cela leur a permis d’avoir une certaine fraîcheur pour leur dernier album. Par conséquent tu ne peux plus avoir la même approche de ta musique dans un cas comme dans l’autre. Gojira l’explique très bien, eux qui ne cessent de jouer et d’enregistrer, en sortant leur dernier album ils ont tourné le dos entre guillemets à ce qu’ils ont fait dans le passé, parce que leur évolution passe par autre chose musicalement et parce que leur âge fait que ce qu’ils ont à dire ne passent plus par la même dépense de violence qu’à l’époque. Je crois que ces propos font sens quand tu écoutes des groupes qui commencent à avoir une certaine longévité.


Enfin je parlais de Trivium et j’y retrouve leur trace, ainsi que celle de Linkin Park, dans deux chansons plus accrocheuses mais jamais trop mièvres ou sirupeuses. ‘Starvation’ d’abord est vraiment efficace dans ce genre, le chant clair un peu émo apporte une belle force à la chanson, je retrouve ce mélange également dans ‘Crafting’. Proposer ce genre de titres c’est aussi important pour varier les plaisirs ?

Oui, c’est totalement ce qui nous a plu au moment où on a composé ces morceaux, le fait qu’ils apportaient une couleur un peu différente des autres. En plus ils ont laissé la place pour que Jay s’exprime avec des chants pertinents qui se fondent bien aux instrus pour former un tout très cohérent. On a douté que ça puisse s’intégrer dans l’EP correctement, en particulier pour 'Crafting' et puis finalement aujourd’hui on ne peut envisager de faire sans même en live.


Et votre démarche est tellement cohérente que votre sincérité est clairement établie et que l’on sent que proposer des chansons plus mélodiques est une démarche naturelle, c’est important de bien faire ressentir cela à l’auditeur ?

Disons qu’on ne se renie pas et par conséquent on n’hésite pas à être mélodique parce que c’est en nous et que c’est comme ça qu’on envisage notre musique. Il n’y a pas plus sincère que ça dans la mesure où nous ne calculons jamais la dose de mélodie que nous mettons dans un morceau, si ça doit venir ça vient, sinon tant pis.


Enfin ce titre me semble bien peu optimiste comme s'il signifiait que nous sommes condamnés à revivre nos erreurs passé en permanence sans jamais avoir rien appris, je suppose que l’actualité récente a dû renforcer ce sentiment amer envers nos compatriotes mais aussi envers nous-mêmes car avant de juger nous devrions tous nous regarder dans la glace pour trouver des coupables ?


Oui, faire son autocritique est tellement compliqué qu’on préfère toujours reporter la faute sur quelqu’un d’autre. Au final on s’aveugle et on ne prend pas le recul qu’il faut pour analyser les situations qu’on vit et qui sont souvent la résultante des mêmes erreurs. L’histoire n’est pas toujours mise en valeur et pourtant elle permet de comprendre le présent et anticiper le futur, c’en est troublant.


Qu’attendez-vous de cet album ?

Pouvoir faire tourner des petits groupes comme Metallica en première partie de nos concerts (Rires)


Quelles sont les prochaines étapes pour le groupe ?

Jouer en live. Nous en avons envie, nous voulons progresser là-dessus et on a envie d’aller rencontrer les gens qui nous écouteront, et partager un moment avec eux.





Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Quand on a composé 'Bleed' pour Meshuggah mais qu’on leur a donné car on n’arrivait pas à la rejouer (Rires)


Au contraire le pire ?

Quand on a décuvé et constaté qu’on n’avait jamais écrit 'Bleed'.


Quelle est la question que vous souhaiteriez qu’on vous pose ?


Pas trop anxieux d’attaquer une seconde tournée mondiale après la première qui a été un franc succès ?


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Ouvrez-vous à tout, même si ça va à l’encontre de vos aspirations et de vos goûts, soyez curieux et continuez à lire Music Waves !


Merci à Noise pour sa contribution...



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/aanodofficial
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