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BRIEG GUERVENO (12 JANVIER 2017)

INTERVIEW - ROCK PROGRESSIF - STRUCK - 30.01.2017
À l'occasion de la sortie de son dernier album "Valgori", Music Waves a rencontré Brieg Gueverno...
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Pourquoi chantez-vous en breton?


Votre actualité est la sortie de votre troisième album "Valgori" qui marque une vraie évolution à savoir l’abandon des  éléments traditionnels bretons et l'utilisation d’un son plus brute comme si il était conçu pour la scène : était-ce la volonté initiale au moment de commencer à travailler sur cet album ?

Sur le précédent album j’avais fait appel à Yohann an Nedeleg pour jouer du ueillan pipe sur le titre 'Bev Out Atav' ainsi qu’à Yann le Corre à l’accordéon pour le titre 'Dor 911'. Ces deux musiciens sont effectivement issus de la scène traditionnelle bretonne. Pour autant, leur participation sur le disque n’avait pas comme principal objectif de sonner traditionnel. Je voulais juste donner une couleur à certains morceaux. D’ailleurs il n’y a que le morceau 'Bev Out Atav' qui sonne un peu "celtique"... sinon, tous les autres morceaux naviguent plus entre le rock, la pop et le prog. Nous avions également fait appel à Etienne Tabourier et Bahia El Bacha pour les cordes sur le titre 'Skornet et a Liver' qui sonne plutôt prog metal et pop nordique. "Valgori" marque une évolution dans la façon dont nous avons conçu les morceaux et avec l’envie d’apporter quelque chose de plus rock metal et pensé pour la scène tout en gardant cet esprit crossover qui caractérise la musique du groupe.





De façon plus précise, pourquoi avoir abandonné les éléments traditionnels bretons sur "Valgori" ?


Je n’ai jamais vraiment eu d’éléments traditionnels dans ma musique. J’essaie à chaque fois de proposer des choses différentes. Pour "Valgori", l’idée de départ était d’étoffer la proposition en live et de proposer un nouvel album différent du précédent. Je souhaitais proposer quelque chose de plus ambitieux et plus abouti en laissant plus de place à la musique qu’au chant. Ma volonté était aussi de proposer un album beaucoup plus prog !


Sont-ils définitivement abandonnés ou pourront-ils revenir sur un prochain album ? En d'autres termes, ce choix reflète-t-il une volonté de se tourner vers une musique et un public différent ?


J’ai maintenant à mon actif trois albums et 1 EP et je n’ai eu qu’un titre à connotation musicale celtique…je ne vois pas vraiment en quoi j’aurai subitement abandonné la musique bretonne alors que je ne l’ai jamais pratiqué dans mon projet.
Si un jour j’incorpore de la musique traditionnelle bretonne c’est que les choix artistiques s’y prêteront, pour l’instant ce n’est pas du tout envisagé.


L'identité musicale du groupe ne s'en trouve- t-elle pas altérée ?

Aucunement…
La langue bretonne n’est qu’un vecteur dans mon projet. C’est une forme de transmission comme une autre. Ce projet porte mon nom certes, mais avec le temps  je le conçois aussi comme un collectif de musiciens portés par une envie commune de s’accomplir dans l’art et la musique.





Le chant en breton reste- t-il le dernier bastion d'appartenance à la culture bretonne ?

Je crois il n’y a pas trop de questions à se poser sur le breton et les choix artistiques qui sont les miens. Solstafir chante en islandais, Enslaved parfois en norvégien et je ne crois pas qu’on leur demande à chaque fois pourquoi ils le font…
Je suis breton, je chante en breton, c’est mon identité et j’ai toujours fait ça. C’est quelque chose de naturel.


N'est-il pas un frein à une reconnaissance plus globale ? Internationale ?


Chanter en breton n’est pas un frein, ce n’est pas la langue dans laquelle tu chantes qui détermine ton talent, ta popularité ou je ne sais quoi. Il faut déjà savoir proposer des bons albums et des bons concerts aux gens… Le reste après, c’est des rencontres, du business, des opportunités et du travail. Ce qui me freine actuellement, c’est plutôt le fait de n’avoir aucune véritable scène rock en langue bretonne. Les groupes islandais peuvent s’exporter par ce qu’ils ont des bases solides derrière. Moi, je suis un Mohican à côté. La singularité de mon projet me permet de me différencier des autres et c’est déjà plutôt pas mal par les temps qui courent !


Chanter en anglais, ou en français, n'a jamais été une option envisageable ?


C’est une option envisageable à l’avenir mais encore une fois cela dépendra de l’intérêt artistique que ça m’apportera le moment venu…


Quel a été l'accueil du public italien à Suns Europe ?


Très bon, nous avons eu de très bons retours lors de ce festival et c’était un véritable plaisir de jouer en Italie.


La chronique évoque "Le rock du trio fait penser à Spock's Beard par ces sonorités rock à la limite du metal et par ses déroulements progressifs successifs qui rendent l'ensemble intéressant au fil des écoutes. L'album évoque également Opeth pour de nombreux passages alambiqués et torturés, surtout sur la fin de l'opus, ou encore Ange pour la construction des morceaux et une tessiture vocale que Brieg partage avec Christian Décamps." Te reconnais-tu dans ces comparaisons ?


Ce n’est pas la première fois qu’on me compare à Christian Descamps au niveau du chant, c’est une comparaison qui me fait plaisir même si je ne comprends pas trop pourquoi. Musicalement, j’aime beaucoup ce que fait Opeth et je les suis depuis la sortie de l’album "Still Life". Il y a beaucoup d’autres groupes qui m’influencent dans la musique, je pourrais citer pêle-mêle, les Beatles, Radiohead, Anathema, Motorpsycho, Ulver, Enslaved, Iron Maiden, Bathory, The Cure et tant d’autres. Je me reconnais en partie dans tes comparaisons mais je dirais que mon éventail est un  peu plus large et ne se limite pas à ces deux groupes….D’ailleurs à choisir parmi les groupes que j’ai cités, je m’identifie philosophiquement plutôt à un groupe comme Ulver dans sa démarche et sa singularité qu’à Opeth..


Toujours aussi prog "Valgori" lorgne du côté seventies du genre. Quelles sont les influences qui en sont à l'origine ?


Depuis que je travaille sur ce projet avec mes actuels musiciens, nous avons opté pour des amplis vintage, un son et une tessiture assez 70’s. Tout ça est venu assez naturellement au fil des répétitions et de nos expériences sur scène et en studio, même si ses choix ont été grandement influencés par mes comparses Xavier et Joachim. Chacun dans le groupe a ses propres influences. Il y a des groupes et des artistes qui nous plaisent et nous rassemblent et d’autres qui nous divisent. Bien souvent, j’arrive avec une idée de base et nous construisons la trame du morceau ensemble, d’autres fois j’ai des choses plus abouties et nous nous concentrons essentiellement sur les arrangements. Je voulais que "Valgori" sonne plus rock et plus metal que le précédent opus.


Es-tu plus rock ou metal dans tes goûts musicaux ? D'autres styles t'inspirent-ils, ou te plaisent-ils ?

Je suis une personne ouverte et j’aime découvrir de nouvelles choses. J’écoute de moins en moins de metal à vrai dire. Quand j’en écoute c’est souvent les vieux albums que j’écoute depuis 20 ans. J’apprécie énormément la musique ambiante et atmosphérique également. Comme tout le monde j’ai des périodes ou j’écoute un style plutôt qu’un autre, du blues, du rock, du jazz, du classique, du metal... tout fait ventre, à vrai dire !





Malgré le format trio, les compos sont très riches. Y a-t-il des parties ajoutées au montage comme des guitares supplémentaires ?

Nous avons élaboré cet album dans l’optique d’être joué à quatre, il y a donc 2 guitares sur l’album ! Depuis environ 1 an, le guitariste Eric Cervera a rejoint la formation !


Est-il compliqué de reproduire ces éléments sur scène ?

Nous sommes quatre sur scène et les claviers sont reproduits sur bande et déclenchés par le batteur Joachim. Nous n’avons pas de difficulté particulière à reproduire les morceaux sur scène, heureusement pour nous !


Quels sont les thèmes abordés dans les textes de l'album ? Y a-t-il un "concept" derrière "Valgori" ?

Il n’y a pas de concept à proprement parler dans ce nouvel album. C’est un disque assez sombre et les textes sont soit des poèmes que j’ai écrits ou des histoires qui me viennent avec l’inspiration de la musique. Les textes de l’album parlent beaucoup de l’isolement, des désirs inaboutis et des frustrations.


N'est-ce pas frustrant de se dire qu'une partie du public passe à côté du contenu des textes ?

Quid des groupes qui chantent en anglais ? Vous comprenez ce qu’ils chantent ? N’est-ce pas frustrant ?


Avec son côté plus sombre et brut, l'album semble "taillé pour le live". Quels sont les projets pour 2017 en France et à l'étranger ?


Nous avons déjà fait quelques dates fin 2016 et avons partagé l’affiche avec Klone. Quelques dates nous attendent en 2017 dont la prochaine le 7 avril prochain à Quimper. Il est également question de jouer sur Paris très prochainement.


Cet album marque votre travail avec Dooweet : pourquoi ce choix plutôt qu’un Finisterian Dead End qui avec sa culture bretonne semblait plus approprié ?


Je connais Laurent du label Finisterian, il mène son projet avec beaucoup de ferveur et je suis heureux de voir que des labels bretons comme le sien se développent. C’est un label basé en Bretagne mais de là à dire que c’est un label de culture bretonne j ‘en suis moins sûr. Je ne pense pas que ce soit son unique objectif en tout cas. Il faut faire attention de ne pas confondre culture bretonne et situation géographie commune…Finisterian développe des groupes metal locaux et internationaux dans des esthétiques bien précises. Pour ce nouvel album, j’avais besoin d’un partenaire pour la distribution internationale et les relations presse, Dooweet correspondait à ce que j’attendais d’un attaché de presse.


Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Notre passage au festival des Vieilles Charrues est sans doute l’un de mes meilleurs souvenirs.





Au contraire le pire ?


Je n’ai pas de pires souvenirs….
Pour essayer de répondre à ta question, je dirais que la dernière chose de désagréable qui m’est arrivé c’est de me couper un doigt. C’était pendant la deuxième semaine d’enregistrement de "Valgori". J’ai eu des points de suture et ça a été très difficile pour moi de finir les parties guitare. Pour la petite anecdote, c’est Xavier le bassiste qui joue la guitare sur le morceau 'Hirnez' !


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?

... Je n’en sais rien !


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

N’hésitez pas à jeter une oreille sur mon dernier album "Valgori" et n’ayez pas de préjugés sur le fait de chanter en breton!


Et merci à ProgRacer pour sa contribution...



Plus d'informations sur http://www.briegguerveno.com
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