MW / Accueil / Articles / MADJIVE (01 JUIN 2017)

MADJIVE (01 JUIN 2017)

INTERVIEW - ROCK - STRUCK - 15.06.2017
Music Waves a rencontré le groupe déjanté Madjive responsable du bluffant "Business First"...

Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Ça dépend, dans la vie de tous les jours c’est "Alors, ce week-end tu vas faire  du hardrock comme Geonny" ?

Sinon en général, la plus basique de toutes : “Quelles sont vos influences ?”

 

Pourquoi avoir attendu 4 ans avant de sortir un nouvel album?

Pas mal de dates en Europe, de changements de line-up mais toujours une actu omniprésente, après 2 EP et un split vinyle on voulait sortir quelque chose de plus construit et fourni, avec des morceaux assez variés. Un album permet de développer tout un univers, un EP c’est plutôt un short stories, tu le lis dans les chiottes, ça t’a fait plaisir entre 5 et 25 minutes puis tu tires la chasse d’eau…

Quel était votre état d'esprit lors de la réalisation de ces EP, était-ce pour tâter le terrain ou pour retrouver l'inspiration?

C’était pour tester divers sons effectivement et ça nous a permis de savoir ce qu’on voulait exactement pour l’album prochain... Sinon, on est un peu hyperactifs, quand on a des morceaux on veut les enregistrer sinon on se sent pas bien, on fait des crises d’angoisse, on transpire des pieds... Une certaine addiction au recording... On est rarement en manque d’inspiration, on sort presque une production  par an en moyenne.

 

''Business First'' est votre troisième album, qui met en avant un groupe garage avec de fortes influences punk et rock. Est-ce que vous êtes fâchés contre toutes ces étiquettes, qui réduisent un peu votre style?

Non, on vit avec (Rires) ! Après pour définir le style d’un groupe les meilleurs “ étiqueteurs” sont sans doute les mélomanes (des gens chiants) mais on est obligé de faire court pour que les gens fassent le tri rapidement, on pourrait mettre rock alternatif, gérontorock, grabarock, clodorock  ou rock tout court, on s’en fout un peu... Quand sur ton album il y a du rock’n’roll, du punk, du garage, de la bossa, de la pop, du groovy, du voodoo rock etc... regrouper tout ça en deux mots devient compliqué...

 

Justement Avec 'Ignition Program', vous avez mis les points sur les « i » en utilisant différentes sources radio qui tentaient de vous classifier en tant que groupe. Le fait que vous couvriez ces extraits audio en jouant fort, est-ce une manière de montrer que tout débat est stérile et que le mieux est de jouer la musique plutôt que d'essayer de la définir?

C’est pas faux comme dirait Perceval, même si j’ai compris la question... Mais en fait cette intro d’album est surtout un hommage ou plutôt un clin d’œil en remerciement à tous ces animateurs radios de tous pays, comme Enrico, qui nous diffusent et qui sont de vrai passionnés de la musique, des acteurs culturels qui se font plaisir, comme nous quoi... Quand on leur a envoyé l’album ils étaient plutôt touchés par le geste, un animateur radio qui a sa voix sur un album de Madjive c’est un peu comme si nous faisions  la première partie de Johnny Cadillac Halyday, la consécration ultime quoi...

 

Par ailleurs, est-ce que la phrase ''chaque morceau est une décharge d'énergie dans ta gueule'' est de votre cru ou est-ce vraiment un animateur radio qui l'a prononcée?

Oui, c’est un animateur de Rx3 Radio, un grand barbu élevé dans le Mordor, que l’on avait rencontré lors d’un concert sur Paris et qui a sorti ça lors d’un live report. Tout est vrai dans les phrases posées sur ce morceau, il y a même Nagui qui parle de nous avec la maman du bassiste, la vidéo est sur Youtube pour le fun (tape : Madjive vs Nagui, tu verras...). Parce qu’on est fun. Oui.

 

Votre nouvel album s'apparente à un concept-album sur le monde de la finance. Est-ce qu'en accord avec les paroles nous suivons le parcours d'un businessman qui traverse ce monde fait de chausse-trappes et de compromis et qui ne manque pas de  chuter.

(Rires) Tu n’étais pas loin de la vérité sur ce coup. Mais non. En gros, l’album est conçu comme un recueil de poèmes vulgaires et pauvres en rimes qui traite du thème du business avec différents personnages, différentes époques et contextes, pour faire bref... Parce que tu le sais déjà, dans ce monde de merde, l’argent est fil conducteur et excuse propice à commettre n’importe quelle  ignominie du moment que le profit prime.


Comment vous est venue l'inspiration? Est-ce que pendant ces quatre ans entre deux albums, l'un de vous  a été tenté par la finance et en est revenu aigri?

L’inspiration vient en partie de l'expérience personnelle et musicale en effet. Toutes ces années, nous avons pu rencontrer des gens appartenant au monde des musiques actuelles en qui nous avons cru et fait confiance pour nous soutenir. Ne voyant pas un produit viable selon la conjoncture actuelle, face à notre groupe ils se sont vite révélés être des beaux-parleurs, des menteurs voire des profiteurs. Nous ne sommes pas aigris, nous le savions déjà plus ou moins, mais on grandit avec (les voyages forment la jeunesse) et beaucoup de groupes n’osent pas balancer cette vérité de peur d’être évincés d’une pseudo scène musicale française. La musique est un business comme un autre, plein de faux-culs. On le sait, on le dit et on ne s’en cache pas, on assume notre parcours tout simplement...

 

Est-ce que pour vous les paroles ont beaucoup d'importance pour comprendre votre musique?

Ça aide forcément de comprendre les paroles pour apprécier le degré ironico-sarcastique et caustique de notre humour, évidemment, mais on fait toujours en sorte de faire passer l’énergie et l’appréciation musicale du groupe en premier. Pas besoin d’être bilingue pour apprécier Madjive, un brevet des collèges ou une première année en segpa fera le job tout aussi bien.

 

L'enregistrement de cet album a t'il été enregistré en condition live pour garder l'urgence de ce son?

Non, seule “I can’t complain” a été enregistrée en live pour ajouter un coté kitsch, tout le reste c’est du montage, notre talentueux ingéson fait sonner n’importe quel morceau du feu de Dieu. En fait c’est lui qui a joué les morceaux. Il chante bien aussi.

 

Ou est-ce que la pratique assidue d'un sport vous a permis de garder une performance énergique?

On commence à vieillir c’est indéniable, mais grâce à un régime quotidien raisin secs / rhum ananas / saucisse pamplemousse, on arrive à garder cette patate d’enfer que tant de quadragénaires nous envient. On reçoit des mails chaque jour à ce sujet. Voir également notre interview réalisée lors du championnat de bras de fer senior de Frottey-les-Vesoul en 2016.

 

Le son de voix du chanteur est assez proche de celui de Gentle Giant (Derek Shulman), est-ce qu'un miracle est possible ou c'est un hasard total?

Attends je vais sur Youtube… Ah ouais c’est un vieux truc, waouh je suis flatté merci, bon, instrumentalement on est loin du niveau mais pour le chant on s’en rapproche c’est certain : classieux, précis, émotionnel, charismatique... Oui, c’est ça. Je vais hacker leur vinyle ce soir... Merci !

 

Malgré la violence, vous n'oubliez pas d'être aguicheurs, comme sur la piste 'I Can't Complain', qui mérite de devenir un tube. Etes-vous en fait des faux durs ou des vrais gentils?

On est un peu les Chuck Norris de la musique morte (ndlr : le rock), tu sais, derrière cette tonsure pubescente et sauvage se cache un cœur tannique et délicat, un croisement entre le cristal de Bohème et un bon côte du Rhône 2017 à 3€80.

 

Vous aimez quand même surprendre votre lecteur. Arrêtez-moi si je me trompe, mais 'Desert Peddler' suggèrerait la retraite anticipée de notre financier en herbe, résolu à la manière d'une chanson Jean-Patrick Capdevielle à aller se cacher. Vous avez choisi de traiter cette chanson d'un thème western. Est-ce que si par exemple, le financier s'était marié à La Nouvelle Orléans, vous auriez fait un gospel?

Personnellement je n’ai aucune lim'ite dans le style, du moment qu’on s’éclate à jouer les morceaux et que les gens dansent ou secouent la tête sur notre musique, va bene comme disent les Portugais ! Pour 'Desert Peddler,  je voulais siffloter  (j’ai fait partie de la guilde des persifleurs du Jura dès mon plus jeune âge) et me faire un trip western sur fond d’orage et de canyons, c’est fait... Un gospel tu dis... Hum, je vais passer deux, trois coups de fil, ça peut être cool en effet !

 

L'album dure vingt-neuf minutes. Est-ce dû en raison de son aspect addictif, l'auditeur écoutant une première fois ne peut plus s'arrêter d'écouter, ou parce que Madjive se savoure intensivement l'espace d'une demi-heure?

En fait on ne choisit pas vraiment la durée des morceaux, on est sorti du délire “ça se fait pas, on rajoute un refrain ou un couplet, faut que le morceau dure 3 minutes pour passer à la radio ou que l’auditeur ne soit pas sorti de son petit confort auditif"...OSEF ! Le morceau nous plait, il est cohérent, il est bien ficelé, bien arrangé, aucun chrono. Ce qui est assez drôle c’est que lorsqu’on a fini de structurer un morceau et qu’il est terminé, on est crevés de l’avoir joué et on se rend compte qu’en fait  il dure...1 minute 40... ouais.

 

Qu’attendez-vous de cet album ?

Rien. Faut attendre qui ?

 

Est-ce que vous travaillez déjà sur le prochain album?

Oui. Enfin, on travaille sur de nouveaux morceaux en tout cas, quel format, ça, seul notre prochain banquier le saura. Il y aura de l’indie rock, du funk et une chanson en japonais...Pour le gospel je suis en ce moment même au téléphone...Je te tiens au jus...


Qu’est-ce que nous pouvons attendre après cet album ?

Comme le précédent, la même ligne directrice : du plaisir, des surprises, de la variété et des chips.

 

Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Pas facile sur nos quelques 300 dates d’en garder un seul.... Les meilleurs moments sont fait de partage, de générosité et de rigolade, c’est ça le rock’n’roll et pas “sex, drugs etc…” comme on voudrait te le faire croire…Désolé mais un rail de coke ça vaut pas un bon Schnitzel allemand ou un verre de goutte du Jeannot avec le Jeannot chez le Jeannot. On vous ment. 

 

Au contraire le pire ?

J’hésite entre une histoire de transexuel suédois et une autre, avec un mexicain nu, des chatons et des pommes... Your choice ?

 

Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?

“Que pensez-vous de Serge Gainsbourg ?”

 

Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Si vous êtes arrivé jusque-là, vous adorerez certainement nous écouter et nous rencontrer. See you on road, amigos ! Ah oui, et achetez notre album, les affaires d’abord, encore et toujours, business first, j’avais oublié...Et merci à toi et toute ta famille qui es déjà en train de commander l’album...


Merci à AdrianStork pour sa contribution...



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/madjive/
EN RELATION AVEC MADJIVE
DERNIER ARTICLE
Music Waves a rencontré le groupe déjanté Madjive responsable du bluffant "Business First"...

Lire l'article
Voir tous les articles concernant MADJIVE
 
DERNIERE CHRONIQUE
5
Business First (2017)
Business First est le troisième album d'un groupe déjanté et survitaminé qui a décidé de jouer plus vite que la musique !

Lire la chronique
Voir toutes les chroniques concernant MADJIVE

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner, Metal Mind, Mascot, Spv, Afm, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn, Prophecy, F2, Frontiers, Karisma, Insideout, Nightmare, K-scope, Ear Music, Klonosphere, Progressive Promotion, Gentle Art Of Music

© Music Waves | 2003 - 2017