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ACCEPT (14 JUIN 2017)

INTERVIEW - HEAVY METAL - STRUCK - 09.08.2017
De passage éclair sur Paris, nous avons rencontré Wolf Hoffman qui nous parle du dernier Accept...
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Une interview dans laquelle nous reviendrons sur les multiples changements de line-ups, le creux de la vague qu'a connu le groupe et le retour aux sommets portés par un Wolf Hoffman dernier capitaine du navire Accept...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

“Comment le groupe s’est formé?” (Rires)… mais j’ai également une autre question que je déteste, c’est “raconte-nous un peu l’histoire de chaque titre de ce nouvel album”… Ce sont des interviews inintéressantes au possible!


Et je ne te les poserai pas… Cela fait 7 ans que le groupe a sorti "Blood Of The Nations" et avec l’arrivée d’un quatrième album avec Mark on peut considérer que le pari de son intégration est une réussite complète…

… C’est vrai !


… aviez-vous des doutes à la base sur cette réussite sachant qu’après tout Iron Maiden ou Judas Priest ont échoué à remplacer leurs chanteurs emblématiques…

.. C’est encore vrai !





Mark a quelque chose en plus qui lui a permis de faire oublier son prédécesseur ?

Oui, je le crois parce qu’il a plein de qualités qui contribuent au fait que ça marche. Premièrement, il peut chanter différents types de chansons aussi différentes les unes que les autres et surtout chanter nos anciens titres tout en restant fidèle à l’original parce qu’il a une voix similaire au chanteur original. Mais il est bien plus que ça, il peut chanter dans un registre très large. En fait, il peut chanter tout ce que tu peux lui demander de chanter ce qui est extraordinaire. Et en plus, il peut émettre ces hurlements de folie… Il est vraiment incroyable !


Il est si bien intégré qu’il écrit les paroles des titres, ce changement n’était pas évident à la base tant dans le passé Gaby se chargeait de cette tache avec talent…

… C’est tout à fait exact !


Avez-vous hésité avant de lui confier les textes ? Quatre albums plus tard il est évident que Mark est le prolongement parfait du travail de Gaby, vous devez être satisfaits de cette situation ?

C’est correct ! Absolument! Ce fut un vrai soulagement pour Gaby de ne plus avoir à écrire nos textes - pas qu’elle n’aimait pas le faire à l’époque mais c’est tellement mieux aujourd’hui que nous avons Mark qui peut s’y atteler.
Gaby continue de nous donner parfois des idées de contenu mais honnêtement, c’est super de savoir qu’aujourd’hui, il suffit de dire “Mark, nous avons une chanson qui s’intitule 'The Rise of Chaos', qu’est-ce qui te vient à l’esprit ? Que pourrais-tu faire avec cela ?”.


Et qu’est-ce que ça change concrètement pour toi ? Travailles-tu de la même façon avec lui qu’avec ton épouse ?

C’est assez proche, oui…


Si tu venais à te séparer de ton épouse actuelle, Mark serait donc la prochaine compagne ?

(Rires) Non plus sérieusement, Mark écrit les textes tout seul et nous n’avons pas à nous impliquer. C’est un vrai travail d’équipe : avec Peter, nous proposons la musique et quelques fois, nous proposons des idées de noms de titres. Par exemple, pour “Koolaid”, j’avais en tête la phrase “Don’t drink the Kool-Aid” (ndlr : proverbe américain proche de “suivre comme des moutons”), je suis allé sur Google et c’est ainsi que j’ai découverte l’histoire hallucinante de ce proverbe (ndlr : en 1978, 918 personnes appartenant à une secte sont mortes après avoir suivi l’exemple de son gourou qui avait ingurgité un poison dérivé de la boisson Kool-Aid). Je lui ai soumis cette histoire et il a écrit les paroles de sa perspective car cette histoire aurait pu être interprété de plusieurs façons différentes.


Et est-ce que sa perspective colle à la tienne ?

Pas toujours! Je vais te donner un exemple, sur le titre ‘Fall of the Empire’ du précédent album, selon moi, cela devait traiter de la probable chute de l’empire américain, sachant que chaque empire a eu son époque et son sommet que ce soit l’empire grec, l’empire romain… et je me disais qu’aujourd’hui, c’était peut-être au tour de l’empire américain de tomber. Etant Américain de souche, cela n’a jamais traversé l’esprit de Mark qui est fier d’être Américain…


Et il est toujours fier d’être américain après tout ce qui se passe notamment avec l’arrivée de Trump au pouvoir ?

Toujours autant oui! C’est un Américain pur sang et il croit dur comme fer à tout ce que propose l’Amérique!


N’y-a-t-il pas parfois de la friture entre un Américain pur sang et l’Européen plus modéré que tu es ?

Je suis dans une position différente de la sienne. Comme je le disais, c’est un Américain pur sang avec des valeurs et une vision très différentes des nôtres, de mon côté, je suis un Allemand qui vit aux Etats-Unis qui a une opinion différente de tous ces sujets. Nous essayons de ne pas aborder ces sujets politiques. Selon moi, si tu veux ne pas avoir de problème, il ne faut pas aborder les sujets religieux et politiques (Sourire). Mais cela ne nous empêche pas de traiter certaines parties dans nos textes…


C’est malgré amusant car le titre “The Rise of Chaos”, le visuel apocalyptique auraient tendance à nous faire penser à une chute de notre société à commencer par son leader, les Etats-Unis…

C’est ton interprétation personnelle! De notre côté, ce n’est pas la signification que nous voulons en donner : tout ce que nous disons est que notre monde devient de plus en plus chaotique, c’est tout ! C’est à vous ensuite de l’aborder selon l’angle que vous souhaitez : d’un point de vue écologique et les changements climatiques… En clair, les Etats-Unis ne sont pas responsables de toutes les crises qui ont lieu dans le monde : les Etats-Unis sont juste un facteur parmi d’autres, il suffit de regarder ce qu’il se passe en France où une sorte de chaos règne aussi…


Nous sommes un groupe de metal et nous devons traiter des sujets sombres comme l’Apocalypse


Dans ces conditions, es-tu optimiste pour notre avenir ?

Je le suis personnellement… Mais en même temps, nous sommes un groupe de metal et nous devons traiter des sujets sombres comme l’Apocalypse (Sourire).


Enfin peu après la sortie de “Blind Rage”, Herman Frank et Stefan Schwarzmann ont déserté le groupe et quasi en simultané, aviez-vous senti ces départs arriver au vu de l’implication de Herman dans Panzer et de sa volonté d’écrire et de plus seulement jouer ?

C’était un peu une surprise. Nous nous sommes quittés dans de très bons termes. Chaque membre a toujours été libre de quitter le groupe quand il le souhaitait. Ils ont eu une carrière avant Accept… Au moment de notre reformation en 2008, nous n’avons pas dit à qui que ce soit qu’il fallait impérativement rester dans le groupe… Si certains estiment qu’ils ont de meilleures opportunités, que leur carrière sera meilleure ailleurs ou tout simplement qu’ils veulent être les leaders de leur propre groupe : nous ne pouvons que les féliciter en leur souhaitant bonne chance…





En fait Accept c’est le trio de base que j’évoquais auparavant et à côté les musiciens sont plus ou moins interchangeables ? Pensez vous que cela puisse changer avec l’arrivée un Uwe Lulis qui a une riche carrière derrière lui ?

Je ne peux pas te répondre aujourd’hui. Nous devons attendre et voir ce qui va se passer. J’ai envie de dire que ce n’est pas votre problème. Ne t’y méprends pas, c’est génial que le public s’intéresse ainsi à nous mais j’ai cette analogie : ce qu’il se passe à l’intérieur d’un groupe est comme une saucisse (Rires)… Ce n’est pas le problème du consommateur de savoir comment la saucisse a été faite tant qu’elle est bonne!


J’adore les deux nouveaux membres mais je ne peux pas te dire combien de temps ils vont rester avec nous.



Tu es malgré tout conscient que de nos jours, le consommateur est de plus en plus curieux et ne veut plus consommer n’importe quelle saucisse expliquant que certains deviennent végétariens…

(Rires) C’est vrai et ça confirme ce que je dis à savoir que moins tu en sais, plus la saucisse est bonne (Rires)!
Dans notre cas, je veux juste dire que le public ne devrait se soucier que de profiter de la musique et ne pas prêter attention aux commentaires de Pierre, Paul ou Jacques… La seule chose qui compte est de savoir si l’album est bon et si c’est le cas, nous pourrons continuer à monter sur scène pour jouer notre musique.
Aujourd’hui, j’adore les deux nouveaux membres mais je ne peux pas te dire combien de temps ils vont rester avec nous.


Nous avons également décidé de [...] donner une chance à Sabaton.


Récemment vous avez ouvert pour Sabaton, j’avoue avoir été surpris de cette décision pour un groupe comme le votre, si ancien et si important et influent pour le heavy metal ? Vous avez saisi une opportunité de toucher un public jeune qui ne vous connait peut être que de nom ou par leurs parents ?

Oui et nous avons également décidé de le faire pour donner une chance à Sabaton. Je sais que c’est assez inhabituel de faire ce que nous avons fait mais il y a plein d’aspects qui expliquent cette décision.
Premièrement, nous respectons Sabaton parce que leur carrière est menée de main de maître, ils savent ce qu’ils veulent. D’une certaine manière, c’est un groupe qui est sur la bonne voie. Il y a quelques années, nous les avions déjà rencontrés lorsqu’ils jouaient en première partie de nos concerts aux Etats-Unis et nous avions tout de suite vu qu’ils étaient différents des autres. Ils étaient très intelligents sur la façon de gérer leur business, ils avaient un but et ils savaient comment y arriver et aujourd’hui, ils y sont! Si bien qu’ils sont désormais en position de nous demander si nous voulons jouer en première partie de leurs concerts. Nous avons accepter parce qu’ils méritent le respect.

Et le deuxième aspect est que nous étions enfermés dans nos studios depuis plusieurs mois et nous pensions que c’était une bonne idée de sortir un peu nous rafraîchir l’esprit ce qui aurait des conséquences bénéfiques sur l’écriture de nos morceaux.
Nous avons pris énormément de plaisir sur scène et nous n’avions rien à gérer, aucun album à promouvoir… C’était leur tournée et pas la nôtre, nous avions aucune responsabilité : nous n’avions juste qu’à monter sur scène, jouer et prendre du plaisir… et comme tu l’as dit, nous avons joué devant un public plus jeune.


Cela vous a-t-il rappelé vos débuts ?

Bien sûr! Je me souviens très bien quand nous faisions la première partie de groupes comme Iron Maiden dans les années 1980. Nous avons toujours apprécié de jouer en première partie parce que tu prends plus de plaisir : tu montes sur scène, tu joues et tu repars…
En tant que tête d’affiche, certes tu récoltes les lauriers de la gloire, mais tu as des maux de tête liés aux responsabilités, les soucis… Quand tu joues en première partie, tu ne les as pas, d’une certaine façon, tu es plus libre…


Votre actualité est ce nouvel album “Rise Of Chaos”, la première chose qu’on constate au bout de quelques secondes de ‘Die By Sword c’est qu’on a à faire à du Accept pur jus que l’on reconnaît instantanément tant votre patte, votre marque est inimitable. Je suppose que pour vous c’est naturel après tout ce temps mais vous rendez vous compte de la rareté de la chose dans un monde musical si aseptisé ?

Je ne saurais pas te répondre. Je peux juste te dire que ce titre est parfait pour ouvrir l’album, probablement en raison de son intro. Je déteste ses intros terriblement longues et qui ne semblent jamais s’arrêter. L’intro de ce titre est parfaite, que ce soit au niveau de la durée, des émotions… et c’est pourquoi on s’est dit que ce titre serait parfait pour ouvrir l’album.


Malgré tout, tu es conscient que ce titre a ce son Accept ?

Oui, oui… Je peux juste dire que ce titre sonne bien mais je ne peux pas en dire plus, je n’ai pas encore analysé tout cela en profondeur.
Tout ce que nous avons fait a été décidé sur la base de nos ressentis - ce n’est pas plus réfléchi que ça : nous avons fait en sorte que les choses sonnent bien!


Parfois Andy Sneap nous dit n’être plus Allemand et je n’ai strictement aucune idée de ce que cela signifie


Vous parlez de Metal Teutonique pour qualifier le son de Accept et cela depuis le formidable ‘Teutonic Terror’ sur l’album de votre retour, que doit-on voir dans ce terme, le fait qu’Accept est la parfaite combinaison de mélodies imparables à la guitare et au chant et d’une puissance heavy toujours aussi impressionnante ?

Hum, je n’ai aucune idée. Je vais te dire, parfois Andy Sneap nous dit n’être plus Allemand et je n’ai strictement aucune idée de ce que cela signifie (Sourire)… Je ne fais qu’écrire les mélodies et les riffs qui sont naturels pour moi mais je serais bien incapable de définir ce qu’ils sont…
Je ne saurais même pas te dire d’où ces choses me viennent ? Et c’est la chose la plus intéressante et surprenante selon moi : quelques fois, je prends ma guitare et 10 minutes plus tard, j’ai enregistré quelque chose sur cassette…
D’où me viennent les choses ? Est-ce que cela vient du ciel ? Est-ce que cela est inscrit dans mon ADN ? Je n’en ai strictement aucune idée…
Pour toutes ces raisons, je ne saurais répondre à ta question de définir  le metal allemand, ne sachant même pas moi-même d’où cela me vient…


Entre 1993 et 1996, nous étions découragés : nous avions le sentiment que nous ne pourrions faire que ce que nous avions déjà fait alors que nous avions le sentiment qu’il fallait changer.



Depuis votre reformation vous avez retrouvé la formule magique que vous aviez un peu perdu entre 1993 et 1996 lors de votre précédente reformation, comment expliquez vous cela, c’est l’apport de Mark qui a aidé à retrouver la formule magique ?

Peut-être qu’entre 1993 et 1996, nous étions découragés : nous avions le sentiment que nous ne pourrions faire que ce que nous avions déjà fait alors que nous avions le sentiment qu’il fallait changer. Peut-être n’étions-nous pas assez forts dans nos convictions ?
Avec le recul, c’est facile mais à l’époque, nous avions le sentiment que si nous continuions à faire les choses que nous avons toujours faites, le public allait nous détester… A l’époque, nous n’avions pas d’autre solution dans notre esprit que de changer. Nous nous disions qu’il fallait changer avec l’époque qui changeait.





Et penses-tu que l’arrivée de Mark a été providentielle pour retrouver ces convictions ?

Bien sûr qu’il nous a aidé parce qu’il nous a permis d’écrire des chansons typiques du genre.
Une autre réflexion intéressante est de se demander quel accueil aurait reçu “Blood of the Nations” si nous l’avions écrit en 1982 ou 1983 ? Aurait-il rencontré le succès ? Personne ne le saura jamais… Chaque album appartient à son époque. La question du temps est un paramètre très important : si tu sors un album 3 ans avant ou après, il ne rencontrera pas le même succès. Et dans le cas de “Blood of the Nations”, je dirais qu’en 2009, le monde était prêt pour écouter cet album d’Accept…


Sur ce disque il y a plusieurs titres qui ont des allures de classiques comme ‘Die By The Sword’ que j’évoquais avant, ‘Koolaid’ ou encore ‘ No Regets’ et ‘The Rise Of Chaos’. Quand vous composez vous arrivez à vous rendre compte quel titre va sortir du lot au sein de l’album ?

Non, je n’en ai strictement aucune idée…


Avec le recul, en as-tu conscience ?

Non toujours pas… Nous devons attendre. En fait, tu fais partie des premières personnes avec qui je parle de ce nouvel album. A ce jour, hormis quelques journalistes et moi-même, personne ne l’a écouté.
Les premiers retours que j’ai de journalistes comme toi commencent à me donner une première image de l’accueil que pourra avoir cet album lorsqu’il sortira.


Notre ambition était d’écrire un album dans lequel chaque titre serait de niveau égal


C’est donc trop frais pour en parler ?

Oui. En revanche, dans quelques mois, nous serons en mesure de connaître les titres qui nous suivront pendant les concerts des années à venir.
Aujourd’hui, c’est un album totalement nouveau et c’est un sentiment plutôt agréable parce que notre ambition était d’écrire un album dans lequel chaque titre serait de niveau égal. Nous savons que c’est impossible, il y aura toujours des titres plus marquants que d’autres… Nous savons que c’est rêve, tu ne peux pas avoir 10 tubes issus du même album : seul Michael Jackson l’a fait (Sourire) ou Def Leppard…


‘Koolaid’ ainsi que ‘World Colliding’ sortent du lot pour l’orgie de guitares présentes dessus, l’alchimie avec Uwe semble déjà assez forte, comment cela se passe quand on change de partenaire après tant d’années passées avec Herman, c’est comme dans un couple, il y a une complicité à refonder ?

(Rires) Je suis désolé de te décevoir mais il faut que tu saches que toutes les parties de guitares ont été enregistrées par moi en studio… Mais c’est quelque chose que tu ne devrais pas savoir : comme je te l’ai dit tout à l’heure, tu devrais juste te contenter de manger ta saucisse sans te demander comment elle a été faite (Sourire) !
Depuis 1982, j’ai toujours été le seul qui enregistrait les parties de guitares en studio. Dans le cas présent, Uwe ne joue pas sur cet album : cela ne signifie pas pour autant qu’il ne jouera pas sur scène avec nous, cela ne signifie pas qu’il n’est pas un membre valable du groupe… c’est juste que nous avons toujours travaillé ainsi.


Sur ‘Koolaid’, les chœurs typiques sont aussi bien présents, ces chœurs sont aussi une grande part de votre identité et contribuent à définir le son Accept ?

Bien sûr ! En revanche, nous n’essayons pas d’en rajouter et parfois, il faut que nous nous retenions…


Pourquoi ?

Nous ne voulons pas sonner cliché en donnant l’impression de forcer des passages que la chanson ne justifierait pas. Nous sommes au service des chansons et nous intégrons des refrains s'ils permettent à la chanson d’être meilleure, d’être plus expressive, plus puissante…
Mais ce serait une mauvaise approche que d’en mettre parce que nous l’avons fait par le passé ou parce que nous savons que le public attend que nous en mettions.
A titre d’exemple, un titre comme 'Hole in the Head' ne contient pas ce type de chant… et il y a d’autres exemples de chansons dans lequel ça n’aurait pas collé et nous n’en avons pas mis.


Dans ‘Analog Man’ je ressens ce petit côté AC/DC…

Absolument…


Nous avons toujours eu un grand amour pour les chansons ou le style AC/DC



Ce petit côté AC/DC que vous avez souvent eu à vos débuts, ce titre est une manière de ne pas vous couper de vos racines ?

Non parce que nous avons toujours eu un grand amour pour les chansons ou le style AC/DC… 'Balls to the Wall' par exemple est le meilleur exemple de ces titres au style très marqué que nous avons toujours emprunté et que nous continuerons d’emprunter.
'Analog Man' est selon moi la meilleure idée de cet album et devait absolument figurer sur cet album. 'Koolaid' est également un peu dans cette veine : ce côté groovy avec cette basse groovy et une guitare plus lente, plus blues aussi… décris-le comme tu veux mais à son contact, tu sais de quoi il retourne : c’est clairement influencé par AC/DC mais c’est une partie de ce que nous sommes !


Ce côté Old School on le ressent aussi dans ‘Carry The Weight’, en règle générale quel regard portez-vous sur vos compères d’aventure, on sent qu’un chapitre va se fermer bientôt, AC/DC est en fin de course, Motörhead n’est plus là et les autres grands anciens commencent doucement à parler de retraite, de Deep Purple à Aerosmith en passant par Sabbath qui a rendu les gants récemment, comment vivez-vous cela ?

C’est clair, c’est triste…


Quelle est la place d’Accept dans ce tableau entre les précurseurs légendaires et la nouvelle vague qu’est Sabaton ?

Nous avons écrit un titre à ce sujet dans notre précédent album ‘Dying Breed’. C’était notre façon d’exprimer notre respect pour ces groupes qui sont les derniers de la première vague des légendes de ce genre musical. C’est plutôt intéressant de constater qu’ils sont tous nés au même moment à 5 ans près : plein de ces supers groupes que ce soit Judas Priest, AC/DC, Scorpions, Deep Purple, Led Zeppelin… ont tous plus ou moins le même âge. Ils ont tous eu leur moment de gloire et aujourd’hui, c’est triste de constater que nous arrivons au point où ils meurent les uns après les autres… C’est un constat brutal mais c’est la vérité sachant qu’ils n’allaient pas jouer éternellement.
Et aujourd’hui qu’ils quittent la scène les uns après les autres, nous nous demandons qui va prendre leur place ? Personnellement, je n’ai pas la réponse. Je peux seulement dire que dans le cas d’Accept, je dirais que nous ne faisons pas partie de cette première vague, nous sommes la deuxième génération qui est arrivée 10 ou 15 ans après les précurseurs légendaires : nous sommes plus de la génération des Iron Maiden, Def Leppard… qui est coincée entre cette première vague et la nouvelle génération (Sourire) !


Est-ce que cela explique la certaine mélancolie qui règne sur cet album ?

C’est vrai. Je crois également qu’il y a une certaine forme de mélancolie dans certaines de nos chansons : une humeur liée à nos influences classiques avec des notes mineures et cela amène une certaine tristesse dans certaines mélodies que j’aime tout particulièrement…


C’est votre quatrième album avec Mark, construire une set list devient de plus en plus délicat, avez-vous déjà songé à proposer un concert basé uniquement sur la carrière du groupe en sa compagnie ?

C’est une très bonne question. Aujourd’hui, nos set-lists sont composées à 50% de morceaux des années 1980 et 50% de nouveaux titres…


Cela monterait que vous vous vivez dans le présent quand d’autres se plaisent à faire jouer la carte nostalgie encore et encore ?

C’est vrai, tu as tout à fait raison… Je pense que nos nouveaux morceaux sont assez solides pour que nous puissions envisager une telle éventualité. Il faudrait prendre une décision forte mais je ne sais pas, je m’imagine mal faire un concert sans jouer ‘Princess of the Dawn’ ou certains soli… mais c’est vraiment une réflexion très intéressante que tu me soumets…


Ou alors jouer ces classiques uniquement lors des rappels ?

Pourquoi pas… Mais imaginez faire un concert sans jouer ‘Metal Heart’ serait étrange mais cela ne veut pas dire que c’est infaisable au contraire, ce serait une expérience vraiment intéressante.


Prévoyez-vous déjà une tournée pour promouvoir cet album ?

Bien sûr ! Un énorme concert se profile cette année au Wacken : nous allons donner une partie de ce nouvel album mais également « Headbangers Symphony » mon album solo que je vais jouer pour la première fois. Nous allons également jouer pour la première fois certains titres d’Accept avec un orchestre. C’est donc une année particulièrement chargée pour nous avec la sortie de cet album.
Ensuite, nous devrions tourner au Japon, en Australie, en Amérique du Sud… ce qui va nous prendre un certain temps…


Une tournée européenne est également prévue ?

Bien sûr mais ce sera le printemps prochain avec des dates françaises…


Quelles sont tes attentes pour cet album ?

Je n’en ai aucune… Pour être honnête, c’est une question qui ne m’a pas traversé l’esprit, parce que quand le dernier album a été numéro un des ventes en Allemagne, j’ai été sidéré que cela puisse encore arriver mais je ne m’y attendais pas…


Et comment expliques-tu cela ?

C’est incroyable et quelque chose qui je n’explique pas : j’en étais le premier surpris…





Cela signifie donc que tu seras à nouveau surpris dans quelques semaines quand ce nouvel album atteindra le top des charts allemands ?

Je ne le pense pas. C’est arrivé une fois parce que l’alignement des astres, l’atmosphère… étaient propice à cela. Je ne pense pas que cela puisse à nouveau se réaliser mais si jamais cela arrive, je serais le premier ravi.


Sans transition, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Je n’ai pas un seul souvenir, un moment inoubliable sur scène… C’est une très bonne question qu’on ne m’a jamais posée… Mon meilleur souvenir ? Wahou…
Bien sûr, quand le disque fut numéro un des ventes a également été un très bon moment pour nous…
J’ai eu tellement de super bons souvenirs comme jouer avec AC/DC : c’était extraordinaire pour les énormes fans que nous étions…


Quand nous avons fait notre première tournée en première partie de Judas Priest : nous étions comme des gamins dans un magasin de bonbons…


Et aujourd’hui es-tu fier de constater que ce sont désormais les groupes qui font vos premières parties qui ont la même lueur dans les yeux que vous aviez quand vous ouvriez pour AC/DC ?

Bien sûr que je le suis quand je vois cette étincelle dans les yeux : je sais à quel point c’est quelque chose d’important pour eux de faire une grande tournée à travers le monde pour la première fois.
C’est clair que ça me parle particulièrement car je me revois à leur âge quand nous avons fait notre première tournée en première partie de Judas Priest : nous étions comme des gamins dans un magasin de bonbons…
Mais pour en revenir à ta question du meilleur souvenir, je dirais que le meilleur reste encore à venir et d’ailleurs, peut-être que le concert au Wacken sera celui-ci (Sourire)…


Pendant les années 1990, j’avais l’impression d’être le dernier à bord du navire Accept quand les membres ont quitté le groupe les uns après les autres et ensuite quand le groupe s’est séparé : tout le monde avait quitté le groupe sauf moi !


On a évoqué ton meilleur souvenir, au contraire le pire ?

Pendant les années 1990, j’avais l’impression d’être le dernier à bord du navire Accept quand les membres ont quitté le groupe les uns après les autres et ensuite quand le groupe s’est séparé : tout le monde avait quitté le groupe sauf moi !


Et as-tu envisagé toi-même d’abandonner ?

Non, cela ne m’a pas traversé l’esprit une seule seconde : j’ai continué à ramer en essayant de faire avancer le bateau pendant que les autres quittaient le navire.


Tu dois être sacrément fier d’être à nouveau ici à présenter le nouvel album d’Accept ?

C’est clair, le navire est à nouveau à flot et j’en suis très fier (Rires) !


On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu te souhaiterais que je te pose ?

Oh mec, je ne sais pas, tu m’as posé de bonnes questions et honnêtement, si j’avais quelque chose en particulier à dire, je le dirais (Rires) !





Alors je vais te poser une question : tu es allé vivre aux Etats-Unis pour surfer sur la popularité de ton frère Bruce Willis ?

(Rires) D’ailleurs, j’ai rencontré ce mec une fois : mon petit frère mais plus âge frère Bruce Willis (Rires) !


Merci beaucoup

(En français) Merci beaucoup mon ami (Sourire)… C’était une interview très intéressante : merci !


Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.acceptworldwide.com/
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