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Alcatraz Festival 2017 -Courtrai- Jour 2 -12 Aout 2017

LIVE REPORT - HEAVY METAL - NOISE - 07.09.2017
Deuxième jour pour le festival Alcatraz avec un programme bien chargé et de sacrés grands noms à l'affiche !
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Ce samedi s’annonce très fort mais la météo est capricieuse et une pluie fine s’est invitée à Courtrai en ce 12 Aout. Elle ne va pas générer trop de boue mais sera gênante une bonne partie de la matinée.

C’est sous ce temps maussade que Rage débarque dès 10h45. C’est tôt et on se dit que le groupe allemand mériterait un meilleur horaire, mais cela incite les gens à venir sur la pleine de l’Alcatraz. Rage va envoyer la sauce sans s’en soucier, la cohésion de ce line-up est évidente, la complicité se sent entre les musiciens. En 40 minutes ils vont réussir à faire le tour de la carrière du groupe. Niveau vieilleries ‘Don’t Fear The Winter’ et Higher Than The Sky’ font un carton. Avec ‘From The Cradle To The Grave’, Rage nous rappelle qu’il était un pionnier du mélange heavy et classique et ce titre donne toujours le frisson. Enfin les titres récents comme ‘Blackened Karma’, ‘Seasons Of The Black’ et ‘Spirit of The Night’ montrent la belle forme du groupe avec un heavy rapide et mélodique. Musicalement Marcos Rodriguez est parfait à la guitare et Peavy a gardé ce ton équilibré entre puissance et mélodie. Rage à fait une belle prestation, la journée est très bien lancée.

Retour dans la Swamp avec un groupe belge, King Hiss. Le groupe a deux albums à son actif et saisit lui aussi la chance de jouer dans un festival reconnu. Il œuvre dans un stoner rock costaud avec une bonne dose de sludge. D’entrée il va envoyer la sauce sans se poser de questions avec un gros son et un Jan au timbre éraillé typique avec un gros feeling 70’s. King Hiss nous aura proposé en ce midi un bon concentré de hard rock avec des titres nerveux et efficaces, faisant notamment penser à ‘Killer Hand’. Le genre est encombré mais King Hiss semble être taillé pour grimper les échelons, avec un concert brulant bien apprécié du public.

Sur la scène principale c’est un nom prestigieux qui arrive, un peu oublié mais qui a compté au sein de la NWOBHM. Sweet Savage a connu un bon début de carrière avec des singles prometteurs avant de sombrer et ressortir de temps à autre à la fin des années 90 et depuis 2008. Il est connu pour avoir été le groupe de Vivian Campbell de Def Leppard et pour avoir composé ‘Killing Time’ repris par Metallica. En 2017 Ray Haller mène toujours le groupe et il nous plonge dans un pur heavy 80’s avec un rythme qui fait taper du pied. ‘Warbird’, ‘Vengeance’ ou Eye Of The Storm’ nous rappellent la qualité de son répertoire. Hallen est en voix avec untimbre typiquement heavy et en fin de concert le fameux ‘Killing Time’ fait son effet. La reprise de ‘Whiskey In The Jar’ fait un tabac. Sweet Savage est un vestige du passé qui nous a proposé un voyage sympathique dans la tradition heavy metal.

Avec Monkey3 nous partons en Suisse ; le groupe est reconnu dans le stoner avec sa musique instrumentale et planante. Car pour ce concert le groupe revient à ses racines en interprétant son classique,’39 Laps’, un pur moment psychédélique. Après une introduction digne de Blade Runner nous entrons dans une autre galaxie. Ce concert va être un moment loin dans les nuages, on ressent du desert rock, du rock aérien mais avec une puissance impressionnante. Ce set hors du temps et des modes aura pu en surprendre quelques uns. Mais l’essentiel du public aura voyagé avec des musiciens talentueux nous faisant partager l’amour d’un rock intemporel dans un esprit que le Floyd et Led Zeppelin auraient adoré.

Après ce bond dans le passé un gros morceau s’annonce sur la Prison. Le soleil est revenu et chacun est prêt à se prendre une dose de thrash avec Death Angel. Les Américains achèvent à Courtrai leur tournée Européenne et vont mettre le feu. Les musiciens sont en forme, le son est parfait et l’ambiance est énorme dans la fosse avec des slams. On apprécie toujours ce thrash qui sait être mélodique et puissant. ‘The Ultra Violence’ va d’entrée mettre les points sur les i puis ‘Father Of Lies’ ou Thrown To The Wolves’ vont montrer la santé du groupe. Mark Osegueda offre une prestation vocale impeccable avec son timbre si particulier et  ses compères nous régalent de riffs et soli. La fin de ce court concert achève tout le monde avec un énorme ‘Kill As One’ et ‘The Moth’. Death Angel reste un formidable groupe de scène servi par des musiciens sympathiques, eta proposé une prestation étincelante qui restera dans les mémoires.

Dans la Swamp on reste dans le planant teinté de stoner et de doom avec High On Fire. C’est l’occasion de voir une première fois Matt Pike avant de le revoir avec Sleep. Depuis près de 20 ans, High Of Fire porte la bonne parole sludge avec une force incomparable ; le public ne va pas être déçu du concert des Américains tant ils vont exceller avec des titres gras et lourds, un son brut de décoffrage empruntant autant à Crowbar qu’à Black Sabbath. Pachydermique est le bon terme pour caractériser cela, s’y ajoute une voix éraillée parfaite. Des titres comme ‘Carcosa’, ‘Fertile Green’ ou Blood From Zion’ auront ravi les amateurs de ce son hypnotique en forme de claque dans la tronche. Ce concert confirme clairement la bonne programmation sludge stoner de cette scène... et le meilleur reste à venir !

En attendant, retour vers la Prison avec Last In Line. Fondé en 2012 comme un tribute à Dio par Vivian Campbell, Vinny Appice et Jimmy Bain le groupe a proposé un album original en 2016 et malgré la disparition de Bain il continue sa route. L’ensemble peut certes paraître opportuniste et mercantile, mais c’est l’occasion d’écouter des standards et personne ne va bouder son plaisir. Au chant Andreew Freeman est parfait et avec ‘Stand Up And Shout’ et ‘Straight Through The Heart’, Last In Line se montre excellent, notamment un Campbell souriant et parfait sur les soli. Par la suite ‘Devil In Me’, ‘Martyr’ et ‘Starmaker’, en hommage à Bain pour cette dernière, prouvent la qualité du répertoire du groupe. Enfin on retiendra des prestations brulantes de ‘We Rock’ et ‘Holy Diver’. Last In Line a rendu un bel hommage à Dio, certes on l’aurait plus vu démarrer la journée mais il a fait honneur à sa place sur l’affiche.

Kyuss, Fu Manchu, les Desert Sessions, ces noms sont évocateurs pour les amateurs et derrière on retrouve Brant Bjork. Avec ses lunettes et sa barbe il semble toujours aussi habité et devant des fans pressés devant la scène il va nous délivrer une prestation digne de sa réputation dans un pur esprit Desert Rock. Il y a une âme dans cette musique, un charme qui vous entraine loin dans un monde planant et psychédélique. En une heure Bjork et ses hommes vont nous faire voyager avec une force rare.’Dave’s War’ et ‘’Biker N°2’ sont des modèles de desert rock et ‘Buddha Time’ est un pur moment de plaisir. Loin des standards et dans une ambiance pure, digne de Kyuss et de cette grande époque, Brant Bjork a frappé un joli coup et aura marqué par mal d’esprits avec un concert possédé.

Sur la Prison on revient vers le heavy metal avec Iced Earth. L’arrivée de Stu Block a redynamisé le groupe, le dernier album "Incorruptible" est une réussite. Ainsi chacun s’attend à se prendre une bonne dose de heavy metal porté par la voix claire et puissante de Stu. La set list s’équilibre bien entre le passé et le présent. Grâce à ‘Great Heathen Army’ et ‘Seven Headed Whore’ chacun est convaincu de la force du nouvel album. A la guitare Jon est en retrait mais rayonne par son jeu. De même ‘Dystopia’ et ‘Cthulhu’ confirment la qualité du répertoire récent. Et à côté on plonge dans le temps avec pas moins de 7 extraits des classiques, "The Dark Saga" et "Something Wicked This Way Comes". Dans un registre couillu ‘Burning Times’, ‘Dark Saga’ ou ‘Vengeance Is Mine’ mettent le feu. Puis dans un ton plus posé et mélancolique ‘I Died For You’ et le classique ‘Watching Over Me’ donnent le frisson. Iced Earth confirme en live sa pleine santé actuelle, et le voir si frais et enjoué est un plaisir que pas mal de fans ont partagé.

Dans la Swamp c’est une guerre qui s’annonce. La tente est vite saturée tant Obituary est attendu et on se dit que la légende death metal aurait largement pu jouer sur la scène principale. Dans le genre gras qui tache et qui fait mal ce concert va être le plus féroce du week-end. Malgré des pauses longues entre les titres Tardy et ses hommes ne sont pas là pour s’amuser et tabassent le public avec un death groovy typique. Cette heure va passer à toute allure, enchaînant les morceaux de bravoure, entre autres le cultisme ‘Slowy We Rot’ ou ‘Visions In My Head’. L’ensemble est carré, le show est énorme et la tente explose plus d’une fois. Obituary a fait forte impression et confirme une insolente santé retrouvée.

Après cette tornade, une autre s’annonce avec l’arrivée de Testament. Les Américains sont en forme ("Brotherhood Of The Snake" en a été la preuve) et sont portés par un Chuck Billy toujours aussi charismatique et par des musiciens hors normes, Alex Scolnick en tête. La set-list va être agencée autour du dernier album et sur la carrière de Testament avec des choix très heureux. Un peu moyen d’entrée, le son ne va cesser de s’améliorer pour être rapidement idéal. Fier de son petit dernier, Testament en balance trois extraits cash, et rien qu’avec le titre éponyme et ‘The Pale King’ il fait l’unanimité et les slams s’enchainent dans une fosse en furie. Ensuite c’est un sacré florilège que nous savourons : ‘Into The Pit’, ‘Dark Roots Of The Earth’, ‘Low’, ‘Practice What You Preach’ font un effet bœuf en parfait représentants thrash. La boucherie s’achève sur un énorme ‘The Formation Of Damnation’ qui confirme la parfaite santé d’un Testament au panthéon des grandes formations thrash.

Culte, c’est le mot pour Sleep qui arrive sur la Swamp. Matt Pike est de retour avec ce pionnier légendaire du doom reformé en 2009 avec derrière les futs Jason Roeder de Neurosis. Chacun s’attend à planer pour l’apothéose d’une programmation stoner doom, et cela ne va pas rater. Il faut certes pénétrer cet univers gras, lourd et puissant - et certains renonceront - mais le voyage vaut la peine. Chaque personne présente aura l’impression de se faire marcher dessus par ce trio apocalyptique. En 6 titres ils vont donner une leçon dans le genre, les extraits de ‘Sleep’s Holy Moutain’ faisant forte impression dans un esprit psychédélique et hypnotique porté par des musiciens comme possédés et pénétrés par leur art. Sleep est un groupe culte et ce soir il a confirmé ce statut avec classe.

Culte c’est aussi le terme pour Venom. Depuis la sortie de "From The Very Depths" le groupe anglais a repris du poil de la bête avec un thrash punk qui dépote autant qu’à ses débuts. Et comme pour prouver qu’il est actuel Venom va prendre un risque en balançant 6 extraits de cet album dont pas mal en début de concert, auxquels s’ajoutent d’autres titres de ‘Fallen Angel’ ou ‘Cast In Stone’. Les classiques seront là mais surtout à la fin dans un enchainement de feu, ce qui va surprendre mais fonctionner. Il faut dire que Cronos dégage toujours un charisme certain et que le côté crade est au rendez-vous. Soyons honnête, ‘The Death Of Rock’n’Roll’ ainsi que ‘From The Very Depths’ sont de sacrés bombes. Par la suite donc le groupe va proposer du classique comme ‘Buried Alive’ ou ‘Bloodlust’ mais surtout piocher sur les disques des années 2000, amenant  un léger coup de mou, même si ‘Long Haired Punks’, ‘The Evil One’ ou ‘Fallen Angels’ restent efficaces. Mais la fin va mettre tout le monde d’accord : Venom envoie ‘Welcome To Hell’, ‘Countess Bathory’ et ‘Black Metal’ et ‘In League With Satan’. Le pari était clairement risqué avec un tel ordonnancement mais Venom s’en est bien tiré et a prouvé à ses détracteurs qu’il était crédible.

Avec Abbath la Swamp est prête à exploser, l’ex Immortal a réussi ses débuts sous son nom et est attendu des amateurs de ce black metal teinté de heavy. Abbath va mettre l’ambiance : il crache du feu et garde un côté glacial. Preuve de la confiance qu’il a en son album il va en balancer trois titres d’entrée, faisant apprécier ce black cru joué dans la quasi pénombre et surtout savourer sur ‘Winterbane’ un passage calme donnant un supplément d’âme qui nous plonge en pleine forêt du Nord de l’Europe. Ensuite Abbath va dérouler le best of "Immortal" avec ‘Tyrants’, ‘In My Kingdom Cold’ ainsi que ‘All Shall Fall’ et ‘Solarfall’ et va marquer les esprits. L’esprit d’Immortal règne dans la salle et Abbath l’incarne à merveille avec un sourire carnassier et cette voix inimitable. Avant le grand final Abbath a signé un concert froid et brulant, comme l’enfer en quelque sorte.

Le final c’est Saxon, les vétérans ont la peau dure et sortent toujours des albums de qualité, dont le dernier "Battering Ram". Ce soir , Byff et sa bande vont faire honneur à leur statut avec un concert best-of d’une rare efficacité. En effet après un début dédié aux titres récents - pas mal seront scotchés pas la puissance d’un ‘Let Me Feel Your Power’ ou de ‘Battering Ram’ - , le groupe va dérouler le meilleur d’une carrière exceptionnelle. Les moments de bravoure vont s’enchainer, ‘Motorcycle Man’, ‘And The Band Played On’ ainsi que ‘Power And The Glory’ et ’20.000 Ft’, tous des glorieux titres d’un passé où Saxon était au sommet du heavy metal. Byff est bavard, certes son discours est convenu, déchirer la set list et promettre un set très long fait sourire mais il semble apprécier d'être là. La dernière partie va confirmer ce côté best of efficace.Toute cette partie de concert (‘Dallas 1 PM’, ‘747’, ‘Strong Arm Of The Law’, ‘Heavy Metal Thunder’ et ‘Princess Of The Night’) est tubesque et rencontre un franc succès, malgré une fatigue que l’on sent présente. En rappel, rien de neuf mais du bon, car avec ‘Wheels Of Steel’, l’épique ‘Crusader’ et ‘Denim And Leather’ Saxon fait le taf. Saxon était ce soir-là en pilote automatique mais il a de la bouteille et de sacrés musiciens, la paire Scaratt-Quinn restant un modèle, et il est resté convaincant et à fait plaisir à plus d’un.

La journée a été riche et le moment du départ est arrivé, malgré un after sur la Swamp, le dimanche commence aussi fort tôt et il s’agit d’être en forme !



Plus d'informations sur http://www.saxon747.com/en/is/
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