MW / Accueil / Articles / INTERCEPTOR FEST (05 SEPTEMBRE 2017)

INTERCEPTOR FEST (05 SEPTEMBRE 2017)

INTERVIEW - AUTRES EXTREME - STRUCK - 13.09.2017
Exactement un mois avant le début de sa première édition, nous avions rendez-vous avec le programmateur de l'Interceptor Fest...
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    
Première question évidente, quelle est la signification du nom du festival (Interceptor Fest) avec le visuel ? Faut-il voir un lien/ un hommage à Mad Max ?

A la voiture précisément… Cette caisse est géniale, c’est l’Interceptor ! Mais bien sûr Mad Max 2 et 1, mais pas le 3 qui est vraiment pourri… Mais ce film est un peu le seul dénominateur commun que nous avions tous…


Pas la musique ?

(Rires) Tu aimes plaisanter, toi…  Ce projet sort un peu de nulle part, on vient de l’underground, on s’est réunis et six-huit mois après, on fait un festival !

 
Sur notre "territoire", ce type de festival manquait et donc pourquoi ne pas le faire ?


Ce festival va se tenir les 5-6 et 7 Octobre à Bordeaux, quelle est l’ambition de ce festival à une époque où les entreprises de ce style se multiplient ?

Notre ambition est de se faire plaisir, ne pas trop se planter… Sur notre "territoire", ce type de festival manquait et donc pourquoi ne pas le faire ?


Avec la programmation que nous avons faite, nous avons la possibilité de faire venir des groupes qui d’habitude ne viennent pas dans le Sud.



A propos de territoire, penses-tu que la région bordelaise soit adaptée à ce type de festival ?

Oui, je pense et ce n’est pas seulement Bordeaux, c’est toute la région du Sud de la France. Avec la programmation que nous avons faite, nous avons la possibilité de faire venir des groupes qui d’habitude ne viennent pas dans le Sud. En général, quand tu deales avec des gens, les groupes ne viennent pas dans le Sud parce que ça coûte trop cher. Et pour des économies de tournée, les groupes ne préfèrent pas venir… Et pour ces musiques-là, je trouve ça dommage alors qu’il y a une demande. Bref, on essaie de centraliser un peu la chose.


L’Interceptor fest est un festival dédié aux musiques extrêmes, en revanche les groupes programmés le premier jour - Swans et Baby Dee- ne le sont pas trop…

Oui, mais Baby Dee dans son délire est bien extrême. Par "extrême", on n’entend pas seulement musique, il y a également des valeurs, des vécus, des histoires… "Extrême" ne veut pas seulement dire qu’on balance du gros riff et c’est bon… Baby Dee est un peu un extra-terrestre dans cette programmation, mais un festival extrême sans des freaks ou quelque chose qui sortirait un peu du lot, ça serait dommage, on se couperait de plein de choses.
Et les Swans est un groupe que quasiment tout le monde a écouté ou écoute. Leur côté extrême, c’est leur longévité…


C’est une programmation essentiellement basée sur le plaisir !





Extrême ne veut pas forcément dire marginal comme en témoigne la popularité d’un Gojira, en revanche, sur l’affiche de cette édition seuls deux groupes ont été chroniqués sur Music Waves - Tsjuder et Ravencult -  : comment l’expliques-tu ?

C’est plutôt à toi de m’expliquer pourquoi ces groupes n’ont pas été chroniqués (Rires) ! Non mais c’est vrai, tu as vu le nombre de groupes qu’il y a aujourd’hui, sans compter les séparations et les reformations comme Venom, Venom Inc. C’est normal que vous ne puissiez pas tout couvrir, c’est impossible !
Pour la programmation, notre choix s’est porté sur des groupes coup de cœur ou des potes. C’est une programmation essentiellement basée sur le plaisir !


Le handicap est d’organiser un festival de metal, de musique extrême.



Malgré tout, ne penses-tu pas que cette programmation réunissant des groupes confidentiels puisse être un handicap ?

Le handicap est d’organiser un festival de metal de musique extrême.


Malgré tout, ne penses-tu pas avec cette affiche avoir multiplié les handicaps ?

Peut-être. Peut-être avons-nous craqué sur notre prog en voulant monter une affiche élitiste avec des groupes underground parce que c’est true… mais à côté, tu as les Swans, tu as Tsjuder, Angel Witch… qui sont des musiques dédiées aux initiés et concernant les groupes confidentiels -comme tu disais- que nous avons programmés, certains jouent depuis plus de 15 ans dans l’underground, des groupes qui gardent toujours ce côté « dégueu » de la rue, même dans leur son.


A aucun moment, vous n'avez essayé de démarcher une grosse tête d’affiche ?

Bien sûr que si, j’ai demandé mais notre jauge n’est que de 600 places. Ce n’est qu’une première édition, ça ne fait que six à huit mois que nous bossons dessus… et sur les grosses têtes d’affiche, on verra sur les prochaines éditions ce que nous pouvons nous permettre.


Vous avez d’ores et déjà des ambitions pour de prochaines éditions ?


Bien sûr !


Sur ce format de festival, tu peux voir tous les groupes programmés.



Et ça dépendra de quoi ?


De mon patron (Rires) ! En fait ce festival est la réunion de deux salles - RockSchool Barbey et Void - qui se sont réunies pour bosser sur le festival. Et moi, la salle dans laquelle je bosse - RockSchool Barbey - je n’y bosse que depuis même pas un an.
Lors des interviews, on me demande souvent quel est mon coup de cœur. Je n’ai pas de coup de cœur. Je veux voir tous les groupes. Et sur ce format de festival, tu peux voir tous les groupes programmés.


Mais concrètement qu’est-ce qui pourrait empêcher qu’une édition de l’Interceptor Fest se monte ?

Aujourd’hui, je ne peux pas te répondre. Mais à moins d’une guerre nucléaire, un raz de marée… c’est bien acté !


Il y a toujours un risque financier mais nous avons pensé notre montage sur plusieurs années.



Mais n’y-a-t-il pas de risque financier lié à une première édition déficitaire ?

Bien sûr que si, sur une première édition, il y a toujours un risque financier mais nous avons pensé notre montage sur plusieurs années. Nous sommes dans un processus de dynamisation, de construction artistique…
Mais nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve : peut-être qu’un jour on se dira que notre délire est complètement foireux et on arrêtera tout… mais au moins, on l’aura fait !


Tu as dit que vous aviez une capacité de 600 personnes, quel seuil de remplissage vous êtes-vous fixés dans votre montage ?


Oh, j’aimerais qu’on remplisse ! On a déjà quelques pré-réservations et comme on n’a que 600 places, je dis qu’il faut faire gaffe car prendre sa place au dernier moment peut être trop tard !


Dans ces conditions, pourquoi faire cette promo ici à Paris un mois jour pour jour avant le début du festival alors que tu sembles très confiant sur la capacité d'être complet ?

Je ne suis pas confiant mais optimiste. Je n’ai pas envie d’être pessimiste en pensant qu’on se lance dans un truc et qu’on va se planter.
Comme tout projet, il y a un risque que nous nous plantions… Après cette édition, on va un peu laisser reposer les choses, on lira les critiques constructives - celles de merde, on les laissera de côté - et on en tirera les enseignements pour corriger les choses qui seront éventuellement à revoir.


Et concrètement quel est le but de cette journée promo ?

C’est une journée marathon mais vu que nous avons fait les bourrins au début, on le fait jusqu’au bout en faisant cette journée promo un mois avant le début du festival (Sourire)… L’occasion pour nous est de faire parler du festival, des groupes… Nous montons et portons ce projet mais ce n’est pas un délire d’ego : ce projet fait partie de la dynamique du paysage des musiques extrême en France.


La santé du metal en France est l’affaire de tout le monde et pas seulement les programmateurs de festival, les groupes, le public, les médias…





Justement n’est-ce pas était un frein de voir certains festivals galérer ou tout simplement arrêter ?

Oui, ça peut l’être, mais ce festival a vocation à se faire sur plusieurs éditions car nous savions déjà que la première allait être difficile.
De façon générale, j’entends souvent les gens se plaindre mais en même temps, c’est toujours la faute des autres. Avec ce projet qui est un peu « court », on se dit que c’est un peu l’affaire de tout le monde et tous vont devoir se bouger un peu le cul. La santé du metal en France est l’affaire de tout le monde et pas seulement les programmateurs de festival, les groupes, le public, les médias…


Handicap supplémentaire : la date. Ce festival se tient en Octobre lorsque tous les autres sont déjà passés…


Je suis dégoûté, ils ont piqué toutes les thunes des festivaliers qui n’ont plus rond (Rires)…
Mais concrètement, si j’avais programmé le festival le week-end prochain par exemple : j’étais dans la merde, il y a le Fall of Summer.
Si je l’avais programmé en août : j’étais dans la merde, il y a le Motorcultor.
Et je peux te faire tous les mois ainsi… A un moment donné, il faut choisir une date….


Mais cela n’aurait pas été mieux de l’organiser avant ?

Organiser un tel projet en six mois est un pari… en deux mois, on organisait un concert (Rires)


Si nous avions attendu 2018, peut-être que nous n’aurions peut-être pas eu toute cette énergie et du coup, perdu un peu ce côté Interceptor spontané.



Bien sûr, je voulais dire l’organiser au printemps mais 2018…

Non, parce qu’il fallait que les choses aillent vite. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais dans ma tête, il fallait que les choses aillent vite. Si nous avions attendu 2018, peut-être que nous n’aurions peut-être pas eu toute cette énergie et du coup, perdu un peu ce côté Interceptor spontané.
Mais pour en revenir à la date, l’automne, c’est bien : il pleut, il commence à faire froid… quoique à Bordeaux non, puisqu’on a l’été indien (Sourire). Non mais c’est un week-end où il n’y avait personne en face pour nous faire de l’ombre.


Qu’attends-tu de la première édition de ce festival ?

En termes de fréquentation, on attend vraiment que les gens répondent présent malgré tous nos handicaps.
J’ai vraiment envie que les groupes soient contents. En tant que programmateur, j’ai envie que les groupes jouent le jeu et ne fassent pas de caprice.
De façon générale, j’ai envie de prendre du plaisir et que les gens ne soient pas dans le jugement en cherchant la petite bête.


Justement on l’a un peu évoqué tout à l’heure, tu as tenté d’avoir une tête d’affiche malgré tout, tu es satisfait de l’affiche proposé pour cette édition ?


Tout à fait !


Et que pouvons-nous espérer pour l’année prochaine ?


Aucun nom… Pas forcément de la plus grosse tête d’affiche…


Le but est de proposer des groupes que nous n’avons jamais vus à Bordeaux ou en France… des trucs qui viennent de loin, très loin !






A défaut de tête d’affiche comme vous aurez plus de têtes qu’y aura-t-il de plus pour cette édition ?

On aura plus temps pour avoir tel ou tel groupe car cette année, c’était un peu court. A ce titre, je tiens encore à remercier tous les groupes qui ont accepté dans un laps de temps si court.
A ce jour, j’échange avec quelques groupes et le but est de proposer des groupes que nous n’avons jamais vus à Bordeaux ou en France… des trucs qui viennent de loin, très loin (Sourire) !


La programmation 2018 est déjà bien entamée j’ai l’impression ?

On peut se dire que la moitié est programmée. Mais il y a tellement de groupes bien et on a une petite salle, ce que de gros festivals vont faire en une journée, nous on a trois ans pour le faire (Rires) !

A propos de petite salle, est-ce que cela ne limite pas votre ambition pour le futur ?

J’en ai parlé avec les gens avec qui je travaille : nous avons des plans B, Bordeaux est grand et puis si un jour, il faut le faire à l’extérieur à une autre date parce que ça marche et que les gens répondent présents : on le fera !


Vous avez paré à toutes les éventualités…


Oui mais c’est très fantasmagorique ! Mais ce projet n’est pas seulement de l’onanisme. Il faut que les gens soient contents de venir, soient bien accueillis…


Et tu évoquais un festival outdoor. A quel horizon avez-vous programmé cela dans vos prévisions ?


A partir de la cinquième édition peut-être… Le métier que nous faisons est fait de haut et de bas mais les personnes qui travaillent sur ce projet, même si ils ne sont pas du tout dans le délire extrême ,sont très motivés et il y a une vraie dynamique de travail commun.





Et concrètement, un mois exactement avant le début de ce festival comment vas-tu ?

Je ne sais même pas si je suis stressé ou pas : j’ai trop de taf notamment à côté…
Je reste positif mais je suis assez angoissé, un peu flippé mais après on est lancé et on se soutient tous, mon régisseur m’a dit : "On est à l’arrache mais on s’en sort toujours avec panache !". C’est beau (Rires) !


C’est une belle conclusion, merci !

Merci à vous, c’était vraiment sympa !


Plus d'informations sur http://younggodrecords.com/
EN RELATION AVEC SWANS
DERNIERE ACTUALITE
INTERCEPTOR FEST SUR MUSIC WAVES!
INTERVIEW

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant SWANS
 
DERNIER ARTICLE
Exactement un mois avant le début de sa première édition, nous avions rendez-vous avec le programmateur de l'Interceptor Fest...

Lire l'article
Voir tous les articles concernant SWANS

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner, Metal Mind, Mascot, Spv, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn, Prophecy, F2, Frontiers, Karisma, Insideout, Nightmare, Kscope, Ear Music, Klonosphere, Progressive Promotion, Gentle Art Of Music

© Music Waves | 2003 - 2017