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INTERGALACTIC LOVERS (19 SEPTEMBRE 2017)

INTERVIEW - POP - STRUCK - 02.10.2017
A l'occasion de le sortie d' "Exhale", nous avons rencontré les sympathiques belges de Intergalactic Lovers...
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Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Lara Chedraoui : D’où vient le nom du groupe ? Nous avons sorti notre premier album 2011, nous faisons des interviews depuis 2011 dans lesquelles nous expliquons pourquoi nous avons choisi ce nom. A chaque fois, je suis étonnée qu’on continue à nous la poser alors qu’il suffit d’aller sur Google pour trouver la réponse (Sourire)…

Raf De Mey : … tout ça pour dire que c’est une bêtise en plus ! (Rires)


Et on ne vous la posera pas. Que de chemin parcouru depuis vos victoires au Oost-Vlaams Rockconcours et au Rock Rally de Beloften en 2009, vous en êtes à votre troisième album, commencez-vous à ressentir la reconnaissance grandissante du groupe et comment l’appréhendez-vous ?

Raf : C’est ces concours qui ont lancé notre nom dans le circuit, c’est grâce à eux qu’on a trouvé un label EMI pour ne pas le citer. Et sept ans après, on réalise que c’était vraiment une année incroyable avec notamment la promo d’un grand label qui a fait vraiment la différence et nous a lancés. Même aujourd’hui au moment de sortir notre troisième album, les médias belges nous parlent encore de cette année 2009.





Si cela n’avait pas eu lieu, pensez-vous que vous seriez là ?

Maarten Huygens : On ne sait pas.


Notre ambition est de tourner à travers le monde avec notre musique


Vous êtes relativement jeunes et vous avez créé le groupe très vite en 2008, en revanche, comment expliquez-vous que "Exhale" ne soit que le troisième album en près de 10 ans de carrière ?

Lara : On a décidé que la Belgique était un très beau pays mais petit. Notre ambition est de tourner à travers le monde avec notre musique si bien qu’à la sortie d’un album, nous entamons une tournée intensive de deux ans. Cela explique que nous prenons du temps pour écrire un nouvel album.


Vous n’écrivez pas en tournée ?

Maarten : Non, nous écrivons ensemble.





Ce n’est pas le cas en tournée ?

Maarten : Bien sûr que si, mais j’entendais ensemble avec nos instruments dans notre local de répétition.

Lara : Et puis, une tournée chez Intergalactic Lovers, ce ne sont pas de grands bus : nous conduisions notre propre camionnette. Quand nous arrivons, nous faisons la mise en place, le merchandising… il ne nous reste plus beaucoup de temps pour composer. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin d’une période de décompression et ensuite, nous nous revoyons et commençons à écrire.

Raf : Notre processus d’écriture tous ensemble est assez élaboré à savoir que nous commençons par une idée que nous développons au fur et à mesure.


Certains labels nous ont fait la remarque qu’il fallait que nous sortions nos albums plus rapidement mais nous ne fonctionnons pas comme les autres


A l’époque d’Internet où tout va vite, sortir un album tous les trois ans n’est pas handicapant ?

Lara : Justement certains labels nous ont fait la remarque qu’il fallait que nous sortions nos albums plus rapidement mais nous ne fonctionnons pas comme les autres. J’ai besoin d’avoir un album avec un concept et pas des chansons sans liens : il faut qu’il y ait une histoire. Si ce n’est pas le cas, je n’ai le cœur d’écrire, nous sommes très old-school de ce point de vue.

Maarten : Par concept, nous entendons que nous aimons les albums qui ont une atmosphère…

Raf : … et non pas un album qui serait une collection de singles !

Lara : Mais c’est une collection de singles (Rires) !

Raf : Je pense aussi que c’est également une bonne chose de pouvoir reculer pour mieux sauter. Le public en a parfois un peu marre de certains groupes…


Pensez-vous malgré tout que cette conception de la musique old-school est adaptée au mode de consommation actuel ?

Raf : Tu as raison mais on se bat pour ces tendances… on va voir qui va gagner (Rires) !


Les labels n’ont jamais interféré dans notre musique et heureusement, parce que c’est déjà difficile d’écrire un album à quatre mais si en plus, tu dois ajouter les conditions d’un label : ça ne marcherait pas !



Et vous n’avez pas eu de difficulté à faire accepter cette vision de la musique à votre nouveau label ?

Lara : Nous avons toujours eu beaucoup de chance parce que quand nous avons terminé notre premier album, nous avons fait le tour des labels et certains voulaient nous faire changer certaines choses mais nous avons refusé. Et nous avons eu beaucoup de chance avec EMI parce qu’ils ont vraiment cru dans notre produit. Pour le deuxième et troisième album, nous avons eu la même démarche. Les labels n’ont jamais interféré dans notre musique et heureusement, parce que c’est déjà difficile d’écrire un album à quatre mais si en plus, tu dois ajouter les conditions d’un label : ça ne marcherait pas !

Maarten : Les deux premiers albums ont été albums d’or en Belgique mais le marché du disque a changé et peut-être devons-nous changer nos ambitions ? Car aujourd’hui, la tendance n’est plus de vendre des disques mais télécharger de la musique…





Tu as parlé de faire de la musique entre amis. Les garçons, comment arrivez-vous à canaliser une chanteuse aussi déjantée au sein de votre groupe ?


Lara : Ils me payent (Rires) !

Raf : Ce n’est pas facile (Sourire) !


On en a un peu parlé mais concrètement, comment composez-vous ?

Maarten : Nous composons d’abord la musique, chacun apporte ses idées et c’est ensuite qu’on pose le chant.


Nous jouons souvent des choses que nous n’aurions jamais jouées seuls, nous le jouons parce que nous sommes influencés par les trois autres membres


Votre musique rappelle quelque peu Feist ou PJ Harvey. Quels sont les groupes qui ont nourri votre culture musicale ?

Lara : Nous adorons la musique et quand tu vois la collection d’albums de Maarten qui passe par des artistes bulgares… Nous avons des goûts vraiment larges et c’est difficile d’être influencé. Aujourd’hui, si tu me demandes mes groupes préférés, je vais te donner trois groupes mais dès que nous aurons terminé l’interview, je t’enverrais un message pour te dire que finalement, j’ai oublié d’autres tout aussi importants (Rires) ! C’est très difficile de choisir un groupe en particulier parce que nous écoutons des groupes des années 1960, 1970, 1980 mais également des musiques techno ou électro actuelles que nous pouvons associer.

Raf : Notre musique est composée de plusieurs influences parce que nous sommes quatre individus. Par exemple, il y a dix ans d’écart entre notre batteur et moi si bien que nos goûts sont différents : ils écoutent des choses plus récentes que je n’ai jamais entendues.

Maarten : Beaucoup de choses pendant le processus de composition et nous jouons souvent des choses que nous n’aurions jamais jouées seuls, nous le jouons parce que nous sommes influencés par les trois autres membres.


Pour ce nouvel album, "Exhale", vous vous êtes offert les services de Gil Norton (Pixies, Foo Fgihters, Patti Smith…) et de Ted Jensen (Arcade Fire…) quel a été leur apport et que tirez-vous de cette expérience ?

Raf : Il faut préparer (Rires) !


Ce n’était pas le cas avant ?

Lara : Si mais c’était différent. Travailler avec quelqu’un comme Gil Norton qui a plus d’expérience que Thomas Harsem. Chez Gil Norton, la préparation est la moitié du travail. Si la préparation est bonne, tout va bien se passer. Il avait trois règles : pas d’ego dans le studio, être préparé quand tu rentres en studio et quand quelque chose ne te plaît pas, tu dois le dire immédiatement car après c’est trop tard. Nous avons suivi ses règles et tout s’est très bien passé.
En plus, nous avons tous été très étonnés très par sa capacité à lire les gens. Nous pensions que Gil Norton allait avoir un ego démesuré parce qu’il avait travaillé avec les Foo Fighters. Mais pas du tout, il était très simple : il est resté chez la mère de Maarten, il a dîné chez les parents de Raf, il est resté chez nous pendant trois semaines… il était très, très aimable !





Malgré votre jeunesse, vos compositions sont très matures avec de magnifiques arrangements, et dans lesquels parfois une mélancolie semble sous-jacente (‘Talk ! Talk !’). Avec le recul, comment voyez-vous l’évolution de votre écriture par rapport à vos premières compositions ? Est-ce que le fait de travailler avec un producteur comme Gil Norton a changé quelque chose ?

Maarten : Non. Les chansons du troisième album étaient déjà plus ou moins prêtes avant l’arrivée de Gil. En fait, il nous a aidés à finaliser les derniers détails.
Je crois que d’une certaine façon, on devient toujours plus mature en travaillant ensemble. De plus, retourner en studio ensemble pour de nouveau écrire ensemble, après une tournée de deux ans, c’est comme si nous repartions de zéro, il faut recommencer à se connaître d’une manière différente du live.


L’actualité sombre de ces dernières années est-elle un thème qui vous sert de sources à vos textes, certains mots sont forts comme ‘Fears’, ‘Ego Wars’ ?

Lara : Nous n’avons pas commencé l’écriture en nous disant que nous allions faire un album de mariachis (Rires) ! Les deux premiers albums traitaient de la douleur amoureuse mais ce n’est pas le cas de ce dernier.
J’ai vu de telles dépressions autour de moi avec des personnes qui avaient peur de respirer, peur de vivre… à cause du terrorisme, tout le monde est stressé… même si je suis un peu naïve car je pense que l’Homme est bon.
Et puis, c’est également compliqué de vivre dans une société quand tu es différente des autres : quand tu as 32 ans, tu ne sais pas ce que tu vas faire de ta vie, tu n’as pas d’enfant, tu n’as toujours pas acheté de maison… Parfois, tu as peur mais il faut savoir relativiser en te disant que c’est un choix que tu as fait…
Quand je ne me sens pas totalement heureuse, je regarde ce que font les autres : je n’ai pas d’enfant, de maison, de voiture, de diplôme… je me dis "Merde, j’ai loupé ma vie !".


Quand tu ne sens pas bien, tu n’arrives pas à relativiser et puis, on dit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs…


Certes mais aujourd’hui, tu viens à Paris et plein de gens viennent te voir pour parler de ce que tu as réussi…

Lara : Bien sûr, mais quand tu ne sens pas bien, tu n’arrives pas à relativiser et puis, on dit toujours que l’herbe est plus verte ailleurs…


Et dans quel état es-tu quand tu composes ?

Lara : Ça me rend très heureuse.


Est-ce qu’écrire tes douleurs est cathartique ?

Lara : Absolument ! Quand j’étais petite, j’avais peur du noir et ma mère me disait de dire très fort que tu as peur de telle ou telle chose. Donner un nom à tes peurs te permet d’un peu la canaliser. Avec cet album, nous voulions donner l’espoir à certaines personnes qui sont mal pour leur dire qu’ils ne sont pas tout seuls. Je trouve que c’est triste de dire quand ça ne va pas. Nous vivons dans une société où tu dois être parfait mais la perfection n’existe pas, c’est comme la sécurité, elle n’existe pas…

Maarten : Il faut faire semblant…


Nous avions l’objectif de faire un album positif, c’est la raison pour laquelle la pochette de l’album est si colorée.


La Belgique, comme de nombreux pays, est meurtrie par le terrorisme, même la musique a été visée notamment en France. Avez-vous une certaine appréhension à monter sur scène, ou bien arrivez-vous à faire abstraction et à vous dire que la vie continue ?

Lara : Dans cet album, il y a la chanson ‘Give it Up’ que Raf a écrite et qui traite des attaques qui ont eu lieu au Bataclan. Le 13 novembre, nous étions tous ensemble, c’était son anniversaire, on avait invité tous les managers de l’Allemagne, de la Belgique pour faire la fête. On avait évoqué de la domination du monde musical par les Intergalactic Lovers (Rires), je me souviens également que c’était un match de football des Red Devils de Belgique et notre batteur Brendan (NdStruck : Brendan Corbey) suivait le résultat sur son téléphone et à un moment, il nous a dit qu’il y avait un accident au Bataclan… Une semaine plus tard, Raf est entré dans notre salle de répétition pour écrire une chanson : nous nous sentions concernés car c’est notre monde qui était touché. Même si nous n’avons pas joué au Bataclan, nous avons joué dans des scènes comme le Bataclan et nous allons beaucoup voir de concerts… Bob Dylan et Neil Young ont écrit de la musique pour lutter contre les guerres et la musique est contre le mal !

Raf : Non seulement les paroles évoquent ce soir, mais la musique aussi. Nous avions besoin d’exorciser les choses qui font mal qui étaient au fond de nous. Nous avions l’objectif de faire un album positif, c’est la raison pour laquelle la pochette de l’album est si colorée.





En clair, le sujet est négatif mais votre message est positif…

Raf : Tout à fait ! Nous voulons délivrer un message de consolation.

Lara : Nous voulons que les gens relativisent un peu plus et lâchent un peu prise car la haine ronge.


Es-tu bien placée pour demander aux autres de relativiser quand toi-même tu n’y arrives pas ?

Lara : J’y arrive mais pas toujours (Sourire). C’est très difficile de trouver un équilibre entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Et parfois, je rigole de tout ça en me disant que c’est une grande blague : c’est ma manière de survivre !


On l’a dit vous êtes connus en Belgique mais c’est plus compliqué ici en France…

Maarten : On a déjà joué quelques fois ici en France, c’était très chouette mais aujourd’hui, c’est difficile de trouver un partenaire pour faire quelque chose.

Raf : Mais aujourd’hui, nous l’avons trouvé : c’est Verycords et des dates vont très prochainement arriver l’année prochaine et nous sommes impatients.


Vous avez fait des shows en Allemagne, au Japon, aux Etats-Unis, en 2008, lorsque vous avez commencez, vous attendiez vous à ça ?


Raf : Non !

Maarten : Non mais c’étaient de belles aventures.

Lara : Et dans deux semaines, nous allons en Afrique du Sud.


Quelles sont vos attentes pour cet album ?

Raf : Eh bien, nous espérons pouvoir être plus connus ici en France et donc avoir plus de dates dans votre pays.


Question traditionnelle du site avant de se quitter, quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Maarten : Je me souviens, c’est la première fois où nous sommes entrés tous ensemble dans le studio. Nous ne voulions pas enregistrer un album mais seulement faire une démo pour jouer dans les cafés. Après la première journée, nous sommes rentrés dans nos appartements et je me suis rendu compte que le rêve que j’avais fait -et qui avait petit à petit disparu- revenait de pouvoir réellement faire quelque chose avec la musique… Ça me donne la chair de poule rien que d’y penser (Sourire) ! On en a parlé ensemble et nous avions tous le même sentiment suite à ce que nous avions entendu après seulement un jour…  On avait le sentiment que quelque chose pouvait se passer !


Au contraire le pire souvenir ?


(Ils réfléchissent)





Le deuxième jour…

Intergalactic Lovers : (Rires)

Raf : Peut-être l’enregistrement d’un programme sur une télévision nationale hollandaise. En cours de chanson, l’effet de Maarten ne fonctionnait pas.

Maarten : Oui, c’était un delay et je l’ai remarqué 10 secondes avant de rentrer sur le studio d’enregistrement…

Raf : … et c’était une émission en direct !

Maarten : J’ai essayé de faire semblant (Rires)… Mais finalement c’est un souvenir amusant, je pense que je peux en trouver de plus déprimant !


On a commencé par la question qu’on a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Maarten : C’est une très bonne question, c’est la première fois qu’on nous pose une telle question…

Lara : Oui, c’est vrai, c’est une bonne question…

Maarten : En fait, tu étais dans la bonne direction. Je veux dire qu’on a l’habitude qu’on nous parle des textes qui sont importants évidemment mais c’est très étrange qu’on nous ne parle quasiment jamais de musique.


Tu souhaites qu’à notre prochaine rencontre, nous parlions encore plus musique ?

Maarten : C’est ça ! On ne nous parle pas assez de la musique qu’on fait mais tu l’as fait et je t’en remercie.

Raf : En effet, je vois la musique comme un bateau qui transporterait les paroles mais si le bateau n’est pas solide, il coule avec les paroles qui sont noyées…





Merci

Intergalactic Lovers : Merci à vous


Merci à Calgepo pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.intergalacticlovers.com/
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