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SMOKEHEAD (14 NOVEMBRE 2017)

INTERVIEW - STONER - STRUCK - 09.01.2018
Music Waves a rencontré les membres de Smokehead pour une plongée abyssale dans leur univers...
Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

« J’adore ce que vous faites, ça me fait penser à tel groupe, vous connaissez ? »
J’ai une culture musicale minable ! Alors c’est à chaque fois un grand moment de malaise quand je dis « euh…non. »


Vous définissez votre style comme étant du post stoner. C’est quoi du post stoner ?


Ce n’est vraiment pas évident de résumer sa propre musique à un style, alors on s’est dit que "post-stoner" était ce qui se rapprochait le plus, ça n’existe pas vraiment encore car le stoner est un style plutôt ancien et assez puriste, mais étant donné qu’on en a certains codes, comme la voix un peu arrachée, les guitares lourdes, le tempo lent, ça s’apparenterait plutôt à du stoner, mais remis au gout du jour avec des thèmes musicaux beaucoup plus variés, le gros problème étant qu’on ne se cantonne pas à un seul style, comme on peut le voir dans notre album.





Justement d'après vous, qu'est-ce qui vous distingue de la vague stoner / revival à la mode ?

On ne tombe pas dans le cliché de l’européen qui se prend pour un américain avec tous les codes que ça implique, on est restés nous-mêmes, pas un produit ni des personnages qui rentrent dans un moule pour rassurer les gens.
C’est ce que je ressens dans la plupart des groupes de cette vague, faire du rock américain n’implique pas de le devenir, ça reste de la musique avant tout. Ceci dit ça ne nous empêche pas d’apprécier un bon vieux country à sa juste valeur, dont nous tirons certaines de nos influences.


D'ailleurs, ne craignez-vous pas que le nom du groupe trompe ceux qui s'attendent à trouver en vous d'authentiques amateurs de fumette ?

C’est le nom d’un Whisky qui arrache la gueule, on ne s’est rendu compte que trop tard du double-sens de ce nom, aucun nom de groupe n’est parfait ! Mais après tout, le nom « Stoner » ne vient pas des cailloux…


De même le titre de votre premier album, baptisé "From The Abyss", suggère un contenu des plus sombres. Là encore, insaisissables, vous aimez brouiller les pistes et ne pas être là où on vous attend... ?

C’est très juste comme analyse ! Au premier abord on doit vraiment imaginer un album très dark ! Alors qu’en fait il parle de tous les passages de la vie, les différentes émotions qu’on peut ressentir tout au long de son existence, la première chanson s’appelle 'From the Abyss' et la dernière 'To the Abyss', une sorte de métaphore de la naissance et de la mort, et forcément, entre ces deux étapes, il y a énormément de choses différentes. Il représente aussi notre envie de sortir de l’ombre, d’où le requin sortant des profondeurs sur la pochette.
Sur le moment on n’a pas toujours le recul de penser à ce que les gens vont se dire au premier abord, j’ai directement eu une idée bien précise de cet album, et il est exactement comme on l’a voulu.


Cet album comprend quatorze titres. Etiez-vous particulièrement  en verve ou bien aviez-vous accumulé beaucoup de morceaux ces dernières années ?

J’écris énormément, en permanence, ces 14 titres sont ceux que nous avons choisi de garder parmi une quarantaine qui ne sortirons probablement jamais, ou plus tard, qui sait.


Pourtant jamais l'album ne traîne en longueur car vous savez ferrer immédiatement l'auditeur grâce un sens de l'accroche imparable. Quel est votre secret ?

A force d’écrire, on développe un instinct naturel qui nous fait aller directement à l’essentiel. Il n’y a aucune place pour l’orgueil dans nos chansons, pas de solo de 20 minutes, pas de thème qui traine en longueur parce qu’on l’aime bien et qu’on veut que les gens l’entendent et le retiennent, la musique est faite pour le plaisir, je l’écris comme je l’écoute, sans détour. Je suis très exigeant avec moi-même sur ce point, je me dis toujours « est-ce que j’écouterais cette musique si je ne l’avais pas écrite ? », « est-ce que j’ai envie de la réécouter », si ça ne rentre pas dans ces critères, je la garde pour moi. La notion de partage est très importante dans la musique, je veux recréer le sentiment qu’elle me procure, et le partager au monde entier.


Vos compos bénéficient d'une écriture précise et directe. Est-ce le résultat que vous recherchiez ?

Oui et non, pour rejoindre ce que je viens de dire, la musique vient comme ça, c’est un flot d’inspiration qui arrive sur toi, comme un rouleau que tu déroules, mais si tu t’arrêtes de dérouler et que tu réfléchis trop, la chanson sera mauvaise. Ça doit être instinctif, il faut garder le plaisir d’écrire avant tout.


L'album bénéficie d'une très bonne prod'. C'était indispensable pour vous ?

Absolument, on a sorti une démo avant, et un single, 'Forget Me', le tout enregistré a la maison. Le résultat était plutôt propre pour les moyens utilisés mais on veut toujours progresser et aller de l’avant, et puis on voulait une vraie base, donc au lieu de sortir un EP, on a directement fait un album très produit.
Une chanson, on ne l’enregistre qu’une fois, si c’est bâclé, on le regrette. J’ai horreur des regrets.


Le chant se pare d'un grain quasi grungy. Cette scène est-elle une influence pour vous ?


J’aurais été tenté de te dire qu’on est beaucoup plus stoner, mais ce terme est un peu utilisé à toutes les sauces aujourd’hui, et on ne sait plus vraiment ce que veut dire grunge à l’heure actuelle, comme si ce style avait été résumé à une seule époque et à la mort de Kurt, on passe directement au post-grunge, alors que le grunge est plus un esprit qu’un style. Donc je dirais oui.


Votre musique sonne terriblement fun et décontractée. En serait-il autrement si vous viviez dans la grisaille ?

Très bonne question, je ne saurais pas te dire, mais je pense effectivement que l’environnement joue énormément sur l’inspiration.
Qui sait, si j’habitais Saint-Denis, peut être que j’écrirais du Rap !


Une forte complicité au sein du groupe transpire de cet essai ainsi qu'une bonne humeur. Sans l'amitié, SmokeHead aurait-il encore une raison d'être ?

Les choses sont telles qu’elles sont naturellement, je pense que bien s’entendre au cœur d’un groupe est la base pour prendre du plaisir sur scène. On s’est déjà séparé de musiciens à cause de la musique, mais aussi du relationnel, aujourd’hui notre formation est idéale sur ces deux points, c’est mon avis personnel.





Finalement, qu'attendez-vous de "From The Abyss" avec le soutien d’Elie Promotion?


Elodie nous a vraiment permis d’avoir une visibilité qu’on n'aurait jamais eu par nos propres moyens, et cette visibilité nous permet de nous confronter au monde et d’avoir des avis objectifs sur notre musique, notre image, etc. C’est très enrichissant, en tant que groupe amateur nous n’avons qu’une notion floue de notre image et de ce qu’on peut dégager, car c’est très complexe au final. Produire de la musique c’est une chose, mais savoir à qui la vendre en est une autre, il faut réussir à toucher le public que tu intéresses, et à l’ère du numérique, on est un poisson de plus en plus petit dans la mare.


Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?


C’est probablement un concert au Barrel Pub à Cannes, en Décembre 2016, il était plein à craquer, tout le monde était venu pour nous, et l’ambiance était folle, les gens dansaient, chantaient les paroles, hurlaient des saloperies entre les chansons, j’ai même reçu une rose en pleine gueule, ça fait mal ! On partageait quelque chose. C’est ce genre de moments où tu te dis : « Voilà pourquoi je fais de la musique ! »


Au contraire le pire ?

On a formé le groupe en étant 4 amis proches, deux ont choisi des chemins différents, ce genre de séparation est toujours difficile.


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?


Mais d’où vous vient cette vigueur sexuelle ?
Je mange beaucoup de gingembre, et la génétique, principalement.


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Hydratez-vous, c’est hy-per important pour la santé, surtout quand on picole, et on vous connaît les métalleux !
Plus sérieusement, si vous lisez ce Webzine, c’est que vous êtes un passionné de musique, et que vous vous intéressez aux choses nouvelles, et non à ce qu’on essaye de vous servir en permanence directement dans la bouche.
Alors continuez ! Nous c’est comme ça qu’on vous aime, comme vous êtes.


Merci à Childeric Thor pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/smokeheadband/
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