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CYLEW (01 DECEMBRE 2017)

INTERVIEW - ROCK - STRUCK - 13.12.2017
A l'occcasion de son troisième effort "Mot3l", nous avions rendez-vous à l'hôt... au Hard Rock Café avec les membres de Cylew...
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Rencontre avec les trois membres de Cylew qui nous expliquent la démarche collective et artisanale d'un groupe particulièrement attachant...


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?


Arno Bascuñana : Quelles sont vos influences (Rires) !


Et on ne vous la posera pas. En revanche, on se posait une question doit-on t’appeler Cylew ou Lady Cylew ?


Lady Cylew : Au début, c’était Cylew tout court car c’est mon pseudo. Chemin faisant, le noyau dur du groupe s’est formé et j’ai voulu qu’on migre un projet de groupe.

Arno : Un projet de groupe plus qu’un projet individuel…

Lady : Et comme à l’époque, quand j’ai créé mon profil Cylew sur Facebook, il fallait donner un prénom, j’ai donc donné Lady… et voilà !





Le groupe Cylew donc sort son nouvel album après le précédent "Black Lace Prophecy" sorti en 2012, pourquoi avoir attendu 5 ans avant de sortir ce nouvel album "Mot3l" ?

Lady : On a essayé de faire vivre autant que nous pouvions "Black Lace Prophecy".  A partir du moment où nous avons commencé à travailler sur "Mot3l", nous avons eu des contretemps "physiques". En fait, Krys a eu un problème d’épaule et ça a créé un contretemps qui nous a bloqués pendant un certain temps.

Arno : Mais la façon dont on a amorcé le processus de travail et de composition sur ce projet, finalement, ce temps a été très bénéfique. On a commencé sur cet album fin 2013 et ça nous a justement permis de travailler sur plus de titres qu’il n’y a sur l’album.


J’ai ressenti le besoin de passer à autre chose et je ne pouvais pas endosser cela seule



C’est vraiment le sentiment qui ressort de l’écoute de cet album à savoir que ce laps de temps a été mis à profit pour sortir un album qui sonne plus que jamais comme un album de groupe…

Lady : En fait, j’ai eu ma phase pendant laquelle je me disais bien que je n’avais pas encore fait le tour de ce que je pouvais faire seule, j’ai ressenti le besoin de passer à autre chose et je ne pouvais pas endosser cela seule. Ça nous a pris du temps pour trouver cet équilibre et la façon de travailler ensemble parce que finalement, c’était nouveau. Mais au final, c’est une aventure humaine qui est unique pour chacun d’entre nous.

Arno : C’est quelque chose que je souhaite à tous les groupes.


Ce laps de temps est bénéfique comme vous l’avez indiqué et comme on peut l’entendre sur cet album mais n’est-ce pas à contre-courant de ce qui se fait actuellement dans la musique où il faut semble-t-il au contraire être le plus présent possible et sortir presque de façon industrielle des albums ? En clair, n’avez-vous pas l’impression de repartir de zéro ?

Arno : Je te trouve même gentil. Un album est complétement éphémère dont on parle le jour de la sortie et puis, on passe à autre chose…

Lady : On s’est posé la question parce qu’aujourd’hui, tout le monde sort des singles ou des EPs et plus trop d’albums… Mais nous sommes tous les trois d’une culture d’albums… mais on a quand même longtemps débattu sur le sujet !


Et comment comptez-vous procéder par la suite ?

Lady : Je ne sais pas, on n’en a pas encore discuté mais peut-être sera-t-on obligé de passer à une autre technique ?

Arno : On sera peut-être obligés de faire ça plus vite…

Lady : Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on relance une machine qui ne s’est pas réellement arrêtée mais c’est une nouvelle étape. A partir du moment où personne n’attend personne, il faut passer un cap et puis vraiment faire les choses qu’on a envie de faire…


Personne n’attend personne en revanche, il faut savoir susciter l’envie et j’ai l’impression que Cylew lance sérieusement sa carrière aujourd’hui avec notamment cette journée promo pour la sortie de cet album…

Lady : Entre "Not So Sleeping, Not So Beauty" et "Black Lace Prophecy", il y a eu un changement complet avec l’explosion du web. Entre ces deux albums, on a ressenti un gap, un flou artistique…


… et vous êtes-vous posé la question…

Lady : … d’arrêter ? Ça arrive à tout le monde…


Ça vous a traversé l’esprit ?

Arno : Oui mais honnêtement, ça n’a fait que traverser l’esprit (Rires) !

Lady : Le problème est quand c’est une passion, quand c’est viscéral... on ne peut pas vivre sans !

Arno : Mais pour reprendre ce que tu disais, il n’y a pas de volonté d’aller à contre-courant. On prend le temps parce qu’on a envie de faire les choses comme on a envie de les faire. Travaillant toute l’année en studio, j’ai la chance d’avoir un lieu où on peut travailler : on n’a donc pas cette contrainte-là. On en profite et on sort les choses quand on le sent, quand on est vraiment fiers de ce qu’on a fait !





Rentrons dans le détail de l’album, le précédent était qualifié de pop rock électro, "Mot3l" semble opérer un changement de cap en adoptant une architecture plus brute, très rock, exempt d’effet electro, qu’est-ce qui vous a poussé à opérer ce changement de direction ?

Arno : Les choses se sont vraiment faites de façon totalement naturelle. Pour faire l’historique, le tout premier album était une photo de toutes les chansons que Lady avait composées entre 15 et 25 ans. C’est un album très brut qui avait été fait très rapidement.
Le deuxième album, je me suis plus impliqué dans la production. C’est un album que nous avons fait à deux, et à deux on se retrouve à travailler avec beaucoup de machines même si Kriss est venu entre-temps faire quelques batteries.
Et pour ce troisième album, Kriss ayant vraiment pris une place très importante dans la composition et arrangement, l’enregistrement s’est fait naturellement comme on le faisait par le passé, c’est-à-dire quasiment tout le monde en même temps.

Lady : Et toi-même sur la prod, tu voulais repartir sur du live et ça convenait à tout le monde… Je voulais repartir sur des chansons que nous pourrions chanter en guitare/ voix sans problème, être sur quelque chose de plus immédiat, de plus vivant…

Arno : … où nous ne serions pas tributaires de la production : de pouvoir prendre une guitare à tout moment et de chanter…


Pour aller dans ce sens, l’album sonne très live comme si l’auditeur était plongé dans le studio d’enregistrement, est ce qu’il a été enregistré dans les conditions du live et était-ce l’effet recherché pour aller au bout du concept ?

Arno : En fait, Lady compose généralement ses chansons toute seule qu’elle réalise en guitare/voix ou piano/voix. Et ensuite, on s’installait en studio -Kriss à la batterie, moi à la guitare, Lady derrière son micro et sa guitare- Lady jouait ses chansons et nous essayons de bosser autour de cette chanson en jammant : moi, en essayant de trouver un riff, Kriss, un pattern… A partir du moment qu’on avait quelque chose qui commençait à fonctionner, on retaillait la structure et dès qu’on se sentait prêt, on appuyait sur "record" : 70% de l’album où une prise rythmique de guitare et la batterie sont les premières prises et il y a même trois titres sur lesquels les chants sont même des voix-témoins.


Donc une vraie volonté de travailler dans des conditions lives, old-school pourrait-on dire… Plus encore dans cette idée, l’album semble être basé sur un parcours, une sorte de road movie un peu à la "Thelma et Louise" : était-ce l’objectif recherché ou c’est uniquement après coup que vous vous êtes dit qu’effectivement, cet album avait cette teneur ?

Lady : Ça s’est fait naturellement, mais la manière dont on a enregistré l’album par étapeS c’est-à-dire une semaine par-ci cloitré en studio et ensuite, deux ou trois mois sans enregistrer… a largement contribué à ce sentiment de faire un album qui nous emmène dans une voiture avec la radio qui joue une musique, on change parfois de station, on s’arrête au motel parce qu’il faut se reposer… Chaque étape est une étape de notre vie, une étape qui nous renvoie à certaines parties de notre vie… C’était ce que nous voulions exprimer dans cet album.


Ce road-trip oscille entre les différentes composantes que peut revêtir le rock : une ouverture presque heavy (‘Western, des ballades romantiques (‘Outer Space’) ou plus power, il se teinte ensuite de punk voire de soul… en variant les strates qui constituent une des richesses de cet album, n’avez-vous pas craint de perdre en cohérence et certains fans ?

Lady : On s’est posé la question, c’est vrai qu’on a beaucoup d’influences musicales, on aime beaucoup de styles différents notamment tous les styles de rock mais ce qui compte au final, c’est la chanson. Il fallait amener la chanson là où nous devions l’amener, là où elle est le mieux : si cela doit passer par la country, ça passera par de la country, si ça doit passer par du metal, ça passera par du metal… mais toujours au service de la chanson sans se poser la question de savoir si l’auditeur va être perdu. Je pense que quelqu’un qui aime le rock, aime plusieurs styles de rock et sera amené à être sensible à notre démarche.


On a avant tout cherché à faire des chansons qui nous plaisent et dont le dénominateur commun soit avant tout une voix





Peut-on dire que c’est le côté contemporain de la fabrication de cet album à savoir ce côté playlist

Arno : C’est pas faux, bien au contraire !

Lady : On ne l’avait pas pensé ainsi mais tu as raison, c’est une bonne perception…

Arno : On a avant tout cherché à faire des chansons qui nous plaisent et dont le dénominateur commun soit avant tout une voix. Après il y aura autant de possibilités que de gens qui veulent faire de la musique. On a surtout fait 13 chansons qui nous plaisent…


Et combien de titres composés pour en arriver à ces 13 enregistrés sur cet album ?

Arno : On en a composé une trentaine, réalisé/ produit 16… mais au final, il fallait que les titres cohabitent : on a donc choisi les 13 chansons présentes sur cet album.


Et quand avez-vous terminé ce process ?

Arno : Ce process d’enregistrement a commencé en décembre 2013 exactement -par ailleurs, on a continué à faire des concerts en 2014-, et on a terminé le processus d’enregistrement et de mixage aux alentours du mois de mai de cette année.


Ça doit donc être un vrai soulagement d’enfin sortir cet album et pouvoir enfin en parler ?

Lady : Je confirme, je n’en pouvais plus (Rires) !

Arno : Oui et non ! C’est tellement une chance de pouvoir passer du temps à produire un disque : honnêtement, c’est mon métier de produire des albums !


Justement, c’est ta vision de producteur, est-ce qu’elle est totalement partagée par le compositeur ?

Lady : C’est vrai, je les poussais tous les jours en leur disant qu’il fallait sortir cet album !

Arno : Oui mais quelque part d’arriver à maturité sur quelque chose, ça prend du temps !


Oui mais ton discours tient plus du producteur perfectionniste…

Arno : … ce n’est pas être réellement perfectionniste, c’est juste avoir envie d’essayer plusieurs choses : il n’y a pas une direction, surtout quand on aime la musique car on n’aime pas un style ! On a réarrangé des morceaux, il y a plusieurs versions de certains titres…


Et étiez-vous toujours d’accord sur la version à utiliser ?

Arno : Si le noyau dur est ce qu’il est, c’est aussi parce qu’on arrive à un stade où il y a des automatismes… même si nous ne sommes pas toujours d’accord : il y a des discussions, on n’aime pas tous les mêmes choses…


Dans le précédent album, Lady tu as abordé notamment des thèmes très sociétaux comme le génocide arménien dans ‘Fall To Piece’, est-ce que dans cet album tu abordes des thèmes aussi forts ou est-ce un album est plus personnel ?

Lady : Je n’aime pas citer les choses dans mes chansons parce que j’aime que les choses restent un peu ouvertes et universelles afin que l’auditeur puisse se les approprier…





Si c’est votre première promo, en revanche, tu es rodée dans l’exercice en donnant la réponse type d’un artiste qui souhaite laisser la « libre interprétation » à son auditeur…

Lady : Non mais au moins, il y a une manière de faire où certaines émotions peuvent passer : cela va renvoyer à telle chose pour toi, cela va renvoyer à quelque chose d’autre à une autre personne… j’aime cette idée, je n’aime pas imposer !
Il y a donc toujours des chansons qui ont des sujets sociétaux dans "Mot3l" mais je ne vais pas les décrire : une chanson comme ‘Like You’ traite d’enfants soldats et je ne pense pas qu’un auditeur va forcément le percevoir ainsi…
Mais si on me pose la question directement, j’y répondrai bien évidemment en donnant le thème initial de la chanson…


Entre-temps, Kriss, le membre -qui ne sert à rien comme ses deux comparses n’ont cessé de le répéter- nous a rejoints…

Kriss Kilong : (Rires) Je suis le batteur, c’est normal !


Lady, ta signature vocale est très particulière, on perçoit une technique dans un registre proche de Dolores O’Riordan dans cette manière à la fois douce ou agressive parfois d’aborder les chansons, comment travailles-tu ton chant et ta technique ?

Lady : Je ne me suis pas séparé de Dolores sachant qu’elle a été mon influence première, même si je ne suis plus trop touchée par ce qu’elle fait aujourd’hui. Nos tessitures étant assez similaires, c’est peut-être pour ça que ça m’a interpellé à un moment…
J’ai principalement pris quelques cours de chant pour des techniques respiratoires et pour préserver ma voix parce que j’avais tendance à trop pousser. Mais la chose qui m’a fait le plus avancer dans le temps c’est de m’enregistrer moi-même : cette auto-critique m’a permis d’évoluer et ensuite, les enregistrements studio… Je travaille beaucoup !


La manière dont tu abordes l’écriture des chansons les plus intimistes ressemble à celle de Tori Amos dans le song writing, est-ce une influence pour toi ?

Lady : C’est un compliment que tu me fais ! Tori Amos est une des meilleures song writer : j’adore la façon dont elle écrit !


‘Jupiter’s Crash’ fait l’objet d’un joli clip, qui l’a réalisé et est-ce que vous envisagez d’autres clips pour cet album ?

Arno : J’avais envie de m’essayer au clip !


Et tu y as pris goût ? Souhaites-tu en faire un deuxième ?

Arno : Je ne peux pas réellement appeler cette vidéo un clip !


Oui, mais c’est encore ton côté perfectionniste qui parle mais vous êtes conscients qu’aujourd’hui, cette aspect visuel est primordial dans la promotion d’une musique…

Arno : On avait envie de faire une petite vidéo en studio relativement simple mais on a pour objectif de scénariser quelque chose -trois titres sont en lice, on ne sait pas encore vraiment lequel on va choisir- on souhaite donc mettre plus de moyens sur une vidéo dans le futur.


Tu parles de moyens, est-ce que l’aspect financier pourrait être un frein dans la réalisation de ce projet ?

Arno : Bien sûr que c’est un frein…





Ça dépendra de l’accueil de cet album, des dates…

Kriss : On a également la chance de connaître quelques artistes qui peuvent nous filer un coup de main sur ce projet…


Et finalement qu’attendez-vous de cet album ?

Lady : Notre envie principale est de le partager au plus grand nombre possible et qu’il se propage…

Arno : On a envie de jouer ! On est en train de mettre en place des choses… On a beaucoup travaillé l’aspect live, notre objectif numéro un est de jouer au maximum !

Kriss : Et il faut dire les choses, on ne fait pas de musique pour qu’elle reste chez nous. C’est vrai quand on travaille sur des démos qui restent confidentielles, mais quand on passe autant de temps, d’énergie à essayer de faire passer quelque chose, on espère qu’un maximum de personnes va rentrer dans notre univers.


Nous sommes surtout dans une société où le buzz est la loi, il faut être présent tout le temps…


Effectivement, cet album est une très belle carte de visite pour arpenter le maximum de scènes, mais on revient à ce que nous disions en début d’interview à savoir qu’il ne faudra pas attendre 5 ans pour la sortie du prochain album…


Lady : Disons que nous n’avions pas la même urgence parce qu’on avait déjà deux albums de sortis. Si on avait besoin de démarcher, on avait déjà des supports existants… Je peux comprendre de jeunes groupes qui commencent et lancent leur première mouture d’un projet et qui sortent un EP : je le comprends car nous sommes dans un cercle vicieux où on te demande tout pour jouer, c’est compliqué !

Kriss : Nous sommes surtout dans une société où le buzz est la loi, il faut être présent tout le temps et faire le maximum de bruit autour du moindre truc…


On a commencé par la question qu’on a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Kriss : Comment s’est passée la date à Bercy ?


Quand est-ce que tu penses que tu pourras répondre à cette question ?

Kriss : En étant totalement objectif, dans les deux ans qui viennent… même une première partie, ça se tente !


Et en première partie de qui ?

Arno : Il y a du monde !





Mais tout le monde ne remplit pas Bercy : c’est une condition et la deuxième que votre univers colle à celui du groupe en tête d’affiche…

Kriss : Ça devient plus compliqué !

Arno : Les Foo Fighters, je pense que ça pourrait marcher !


On essaie de remettre la main sur le numéro de Dave Grohl et on en reparle, merci beaucoup

Cylew : Merci à vous


Merci à Calgepo pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.cylew.com/
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