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HOLISPARK (06 FEVRIER 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK INDÉ
Rencontre enneigée avec Roch et Manon membres du groupe Holispark à l'occasion de la sortie de "Sonic Bloom" premier album des jeunes nordistes.
CALGEPO - 14.02.2018
Holispark est descendu des Hauts de France pour une rencontre parisienne à la fois fraiche et chaleureuse à laquelle Music Waves ne pouvait qu'être présent.


Nous n'allons pas commencer par la question traditionnelle du début puisque vous y aviez répondu lors de la précédente interview mail, mais Manon tu disais dans cette interview savoir ce que tu voulais c'est à dire être chanteuse. Est ce que "Harvest", l'EP précédent, a contribué à étoffer votre carte de visite au point que aujourd'hui tu peux dire que chanteuse est ton métier ?

Manon : Pas encore, mais dans mon cœur être chanteuse est mon métier pour ne pas dire ma raison de vivre. C'est un peu bateau de dire ça mais ça me permet d'évacuer toute ma négativité que je peux avoir quotidiennement et j'aimerais que ça devienne mon métier même si ce n'est pas évident, on le sait tous.





Pareil, tu disais que la question qui revenait le plus souvent était d'où vient le nom Holispark, est ce que c'est toujours le cas ?


Manon : Oui bien sûr !


Comme de vous présenter....

Manon : Oui, les gens sont curieux c'est normal....


Mais aujourd'hui à l'époque d'internet ces réponses tu les as !


Manon : On les a oui, les gens sont curieux mais je ne sais pas si tous le sont, ça dépend les gens qu'on rencontre.


L'autre réponse à cette question était :"que racontent vos textes ?" et à l'époque tu disais qu'avant de pouvoir parler de (la signification du) texte tu pensais juste avoir griffonné des paroles sur un papier et qu'au final ces textes signifiaient quelque chose et t'ont fait grandir. Deux ans après, les textes sont ils plus matures que ceux d'Harvest, plus .....

Manon : Définis, peut-être

Sur l'album les textes sont un peu plus profonds, plus personnels, presque plus sincères - du moins j'ai voulu aller plus loin et en dévoiler un peu plus.





Oui, car maintenant que tu sais l'importance des textes, est-ce que tu penses qu'ils sont plus matures ?


Manon : (Roch arrive entre temps) Disons que dans l'album je me suis libérée alors que dans l'EP c'était mes premiers textes à l'époque. J'étais sur la retenue, j'hésitais sur les sujets que je voulais garder, ne pas dévoiler. Sur l'album ils sont un peu plus profonds, plus personnels, presque plus sincères - du moins j'ai voulu aller plus loin et en dévoiler un peu plus.


Est-ce que ce n'était pas plus compliqué justement, de te mettre à nu dans je dirais pour cet album ?


Manon : Oui un peu plus, même les garçons le disaient souvent pendant l'écriture. J'attendais le dernier moment pour leur montrer le texte et...


Et il te disaient : non on va pas le mettre ....


Manon (Rires) : Non, c'est jamais arrivé. Mais souvent ils trouvaient ça cool mais j'avais du mal à leur expliquer vraiment ce que voulait dire le texte. En fait j'essaye d'employer des images pour dire ce que je ressens vraiment alors expliquer la signification c'était vraiment plus compliqué.


Et à nous tu peux expliquer ?

Manon (Rires) : Après chaque texte a son sujet, son thème, même si la ligne directrice est de rester positif malgré les épreuves qu'on peut rencontrer quotidiennement.


"Sonic Bloom" semble trancher avec "Harvest" qui avait un côté lumineux jusqu'à la pochette. A la vue de ce nouvel album, il semble que vous ayez une sorte de mélancolie dans les premiers titres avec une belle énergie en filigrane, ce qui rejoint ce que tu disais sur la positivité, est-ce que c'est ce que vous avez voulu exprimer dans cet album ?


Manon : Lorsqu'on a écrit "Harvest" on sortait d'un autre groupe avec Kevin et Roch après un split, et à l'époque on n'était pas très optimistes, on était triste car ça nous a pris beaucoup d'énergie sentimentalement et du coup, pour l'EP, on avait besoin d'ondes positives, de se dire "tout va bien, ça va être cool" et c'est pour ça que c'est très coloré, très vivant. Je ne dirais pas que aujourd'hui c'est redescendu, on a toujours cette énergie et ce côté positif, mais on a aussi osé dire que pour en arriver là on a vécu des choses difficiles.


'Sonic Bloom" est un album assumé, affirmé, assez brut et peut-être que ça participe artistiquement au fait d'être direct, d'oser dire et faire ressentir que lorsqu'on crée quelque chose ça vient souvent d'une blessure, d'une cassure ou une douleur





Tu es en train de me dire que contrairement au visuel et la musique c'est l'antithèse ce que que vous aviez à l'esprit, un petit côté cathartique en gros. Une volonté de mettre sur papier du positif à l'époque puisque vous étiez tristes aujourd'hui alors que vous êtes un peu plus positifs, vous dégagez un petit côté un peu plus négatif dans les textes ?


Roch : Moi à mon sens, ma perception c'est que 'Sonic Bloom" est un album assumé, affirmé, assez brut et peut-être que ça participe artistiquement au fait d'être direct, d'oser dire et faire ressentir que lorsqu'on crée quelque chose ça vient souvent d'une blessure, d'une cassure ou une douleur. On n'était peut être pas assez matures à l'époque de "Harvest" pour oser cela, l'assumer et le mettre en avant. Alors que là, même si ce n'était pas voulu à la base ce ressenti, nous voulions surtout être sincères. On en a écrit suffisamment des chansons pour cet album mais si on en avait écrit huit on en aurait sorti huit, ou fait un EP, ou attendu de sortir autre chose.... Ce que nous recherchions c'est d'être vrais, ce qui rejoint ce que disait Manon par rapport aux textes. C'est dur de se dévoiler pour de bon. C'est moins dur pour nous comme on n'a pas les mots, mais plus pour Manon....


Et comment vous composez, c'est d'abord la musique et les paroles doivent se coller à elle ?


Manon : Elles ne doivent pas mais elles se collent au final.


Comment tu l'expliques ça parce que c'est pas évident, tu écoutes d'abord la musique ?

Manon : oui, j'écoute le riff de guitare puis viens le couplet, un refrain... après j'essaye de coller à ce qu'ils ont voulu faire ressentir. On en parle entre nous, c'est important. On essaye de rester cohérents et sur la même longueur d'onde.

On ne fait pas de la musique technique, rebelle, on l'assume complètement, mais on fait de la musique sincère








Cet album devient plus lumineux et dynamique (il apparait plus sombre au début), comme une floraison sonore au sortir de l'hiver, est ce que c'était une construction choisie ou totalement inconsciente ?


Roch : Je pense pas que ce soit voulu, on a écrit ces chansons et il y avait une liste qui n'avait pas cet ordre-là. Pour tout vous dire il n'y avait pas les titres définitifs, les structures n'étaient pas totalement terminées. Alors si il y a un concept derrière tout ça c'est par .... presque à l'arrache, pas voulu à la base. On s'est simplement dit qu'est ce qu'on aimerait écouter maintenant, c'était la première chanson et ainsi ce suite. On ne fait pas de la musique technique, rebelle, on l'assume complètement, mais on fait de la musique sincère, c'est des vrais grumeaux de nous là-dedans. Et en fait il fallait que l'idée parte des émotions avec l'envie que nous nous sentions bien.


A cet égard, peut on parler de votre premier album de groupe puisque l'EP a été composé à trois ?

Roch : Il a été composé à trois l'EP, bien qu'à l'époque on avait en tête que nous étions un groupe. Depuis, ce qui a fait ce qu'on est devenu cinq par la suite avec les tournées et l'expérience, il était impensable de faire l'album à trois. Holispark a changé de dimension, de couleur, il y a plus de matière, de choses. C'est plus riche, plus varié, il y a plus de fond aussi.


Le rock alternatif, une variante du rock, revêt un caractère un peu subversif qui colle à l'actualité, est ce que cette actualité des dernières années vous a inspiré pour ce nouvel album ?


Manon: J'ai envie de dire oui car j'ai écrit sur des choses qui m'arrivent au quotidien. Je disais que j'écrivais beaucoup en mettant en avant le côté positif de chaque situation dans laquelle on se retrouve car quand j'allume la télé ça me saoule : il n'y a que des mauvaises nouvelles et ça m'énerve d'entendre des gens qui n'arrêtent pas de se plaindre pour tout et n'importe quoi.... J'ai pas envie de débattre sur le sujet car on n'a pas fini mais j'ai besoin de plus de positivité dans le quotidien des gens, qu'ils ne voient pas le noir partout...


Notre album, c'est pas juste du brut, c'est juste des émotions cousues de fil d'or


Tu crois qu'en nous balançant un album avec un tel visuel tout nous apporte du positif ?

Manon (Rires) : Ben oui il y a des étincelles, du doré, de la verdure...

Roch : C'est vrai, il ne faut pas se méprendre avec ce visuel. Mais pour reprendre les mots de Manon, le noir et blanc fait ressortir cette idée de sobriété, d'efficacité... C'est quand même cadré. En fait il y a du doré, l'or c'est en fait quelque chose de précieux, à utiliser avec parcimonie parce que c'est rare, il y a un travail d’orfèvrerie, de détail et ça lie tout notre album. C'est pas juste du brut, c'est juste des émotions cousues de fil d'or. Tout ce qui lie cette histoire-là est ce qu'il y a de brillant là dedans. Je ne sais pas si j'arrive à être très clair....


Brillant c'est ce côté positif que vous voulez faire rejaillir en cette période noire de l'actualité actuelle ...


Manon : C'est ça c'est l'idée, oui...

Roch : Mais il n'y a pas que dans les textes, même dans la musique. Même si il y a des compositions mineures, il y a multitudes de détails. On voulait faire quelques chose de beau, mais pas dans un esthétisme immense. On veut apporter quelque chose, émouvoir. On ne fait pas de la musique technique. Notre truc c'est de toucher les gens. C'est ça la substantifique moelle, l'or.


Musicalement vous êtes fan de Paramore ou Biffy Cliro, qu'est ce que vous pensez qu'Holispark a comme caractéristique qui permettrait de sortir du lot ?

Roch (hésitant)...

Manon : En fait j'ai envie de dire il n'y en a pas et en même temps, si. Je pense qu'à partir du moment où on est investi comme on est investi dans le projet, il y a quelque chose qui en sort. Si Holispark est Holispark c'est parce qu'on est cinq et qu'il se passe un truc quand on sort quelque chose à cinq, si on en enlève un, ça serait moins bien, nul. Du coup, je pense que nous, comme beaucoup de groupes à la même échelle que nous, nous méritons la place comme d'autres grands groupes connus.

Roch : Sortir du lot, si tu parles du point de vue commercial, oui on en rêve ! c'est ce qu'on aimerait beaucoup. Si on savait comment faire, si on avait une recette on l'appliquerait. On l'a pas et ce qu'on se souci c'est de donner du vrai. On est convaincu que c'est ça qui fait notre différence. Des Manon Holander il n'y en a pas deux.... On veut être authentiques.


Justement, parlant de Manon, est ce que vous pensez qu'une frontwoman est un point qui peut vous faire sortir du lot ?

Roch : Peut-être, c'est vrai que le rock est essentiellement masculin, mais est-ce que ça n'a pas tendance à changer beaucoup ?


C'est l'objet d'une question, à savoir on pense à Gwen Stefani du côté de No Doubt, Lady Cylew que nous avons rencontré il n'y a pas si longtemps, à nos amis belges des Intergalactic Lovers et notamment avec Lara Chedraoui ou Superbus avec Jennifer Ayache, la femme est elle est l'avenir du rock ?

Manon : Les femmes sont l'avenir tout court (Rires)....

Roch : C'est pas que c'est l'avenir ou ça ne l'est pas. Mais je suis content. Longtemps, le milieu de la musique a été un milieu de mecs. Je ne sais pas pourquoi, ne me demandez pas, mais c'est un constat que je trouve ridicule. Je suis donc très content que beaucoup de filles s'impliquent dans la musique, et que les mecs se calment là-dessus car je pense que dans le temps beaucoup de femmes voulaient l'être mais ça semblait pas le cas. Le fait que Manon soit chanteuse c'est assez commun puisque chez les groupes qui ont des filles ce sont principalement des chanteuses, c'est rare que ce soient des batteuses ou des bassistes. Je pense pas que c'est ça qui fasse une grande différence alors que si on avait une instrumentiste, on serait le groupe à la batteuse....

Manon : C'est parfois une problématique d'être une fille dans un groupe. Je sais que certaines personnes n'écoutent pas Holispark par principe parce que c'est une fille qui chante. Je l'ai déjà entendu.


Nous on est tombé dingue de la voix de Manon et de son approche musicale





Parce que le rock doit être chanté uniquement par un mec ?

Manon : C'est pas concrètement pour moi mais je pense que c'est l'ensemble qui fait que ce soit différent. C'est normal, il y a des différences entre un homme et une femme, on n'aime pas les mêmes choses. On m'a déjà soufflé ça à l'oreille que ça plaisait pas parce que c'est chanté par une fille.

Roch : Nous on est tombé dingue de la voix de Manon et de son approche musicale....

Manon : On y arrive on y arrive (Rires)

Roch : Tous les quatre on adore la musique, on fait ça depuis toujours. On a fait des écoles de musique... Manon, elle, a appris seule de A à Z, en autodidacte. Du coup elle a une sensibilité vraie de vraie, elle ne cherche pas une tierce pour faire une tierce. Elle sait la faire.... C'est hyper rassurant qu'elle soit avec nous. Elle ne recherche pas la technique mais l'émotion. Elle a juste envie de chanter.


Roch, tu effectues un travail remarquable à la batterie qui est à souligner dans cette album, comme presque à part dans le genre qui est le votre, avec une puissance et densité qui apportent vraiment quelque chose aux compositions, as tu effectué un travail particulier pour cet album ?

Roch : Alors disons que j'ai le souci... la batterie c'est des notes mais il y en a tellement que souvent elles sont imperceptibles. C'est souvent un bruit de grosse caisse boum boum. On est à part du côté harmonique, il nous reste la partie rythmique. Et ça c'est quelque chose qui me bloque. C'est peut être de l'égo mais ça m'a occupé l'esprit. Je veux servir la musique mais je ne veux par voir la batterie uniquement comme une boite à rythmes. Je veux que ce soit un instrument de musique. J'essaye d'être le plus musical et mélodique possible. Par exemple, j'aime faire en sorte que si on isole un passage de batterie d'un morceau, on sache de quel morceau ce passage est issu. J'adore AC/CD par exemple mais ça se résume à Boum Tchak Boum Boum Tchak.... on entend ça dans tous les morceaux. Mais je suis fan ! Toue le monde le sait. Mais là c'est uniquement au service de la rythmique et de l'effet que ça fait. Alors que ce que je voudrais c'est de chanter avec la batterie.


En fait vous placez la batterie bien devant et les autres derrière ....

Roch (Rires) : Pas chanter en lead mais chanter autant que la guitare chante (il se lance dans une démonstration impossible à retranscrire) et je suis flatté que ça se ressente ainsi.


Le succès que vous avez eu avec votre tournée vous a-t-il conforté dans votre idée de continuer la musique à une époque où il est devenu difficile d'en vivre ? A l'inverse avez-vous eu des gros doutes notamment peu après l'EP où il y avait eu des problèmes de groupe ?

Roch : Oui cette tournée nous a confortés dans cette idée notamment grâce à l'appui que nous avons eu en Corse, et l'aide de Marion Storm qui a booké les dates. On avait réussi à construire ce truc ensemble et c'est la vie qui nous grise. Quand on était sur la route on était parfaitement bien.

Manon : Sauf au retour où on met 48 heures pour rentrer entre la route, le bateau .... (Rires) ... vivre avec quatre garçons c'est pas évident.

Roh : Vivre ça tous les jours, toute la vie c'est ça qui nous plait.


Est ce que vous pensez qu'avec "Sonic Bloom" vous avez une carte de visite supplémentaire pour votre projet de vie ?

Roch : Justement.... ça sent l'info. Jusqu'ici on abordait les concerts en étant un groupe qui vient, joue, communique du mieux qui peut avec le public et repart. Mais depuis récemment on collabore avec un ingénieur lumière qui fait du design lumière, qui la rend complètement comme une partie intégrante du show. C'est totalement neuf pour nous qui fait que ça devient plus sérieux. On espère beaucoup qu'il va nous faire passer une étape. Quand on aura concrétisé ce projet qui aura de l'allure, je pense qu'on pourra prétendre à faire des festivals. Quand je vois le Mainsquare et que je vois des groupes neufs qui disposent de ça alors que nous nous ne l'avons pas encore, ça nous pousse à travailler sur ça. On a des belles dates en mars qui arrivent.


Donc impatients on imagine ....

Manon : Oui, en plus il est très investi dans ce projet, il a compris l'idée de l'album et du visuel.

Roch : C'est un petit génie, assez jeune, qui a séduit Muse, Solidays, Shaka Ponk, les ex Skip The Use, les Noface maintenant... Il est très occupé et nous sommes flattés qu'il travaille avec nous car son aide est très précieuse autant que celle de ceux qui nous entourent et qui croient en nous.


Là ça change un peu car dans un souci de faire un vrai spectacle, de créer des émotions, on veut faire interagir la lumière avec la musique





Vos chansons dépassent rarement les quatre minutes, est-ce la meilleure formule pour vous pour faire passer votre énergie ou bien est-ce que vous avez vocation en live à développer certains titres ?

Roch : Là ça change un peu car dans un souci de faire un vrai spectacle, de créer des émotions, on veut faire interagir la lumière avec la musique et notamment les intros. Tu vois, ne pas être le simple Juke Box. Nous connaissant, ça va évoluer et nos intros vont se transformer en morceaux... Cet album on veut qu'il soit coup de poing et en concert qu'il soit une vraie expérience, comme dans un film, ça commence doucement et on finit par passer par beaucoup d'émotions. On voudrait faire pareil.


Est-ce que pour un prochain album, ce serait une évolution possible car pour avoir lu la précédente interview de Kevin qui est fan de Periphery ou TesseracT, je pense qu'il serait partisan de cette évolution ?

Roch : Il m'a fait écouter et ce que j'ai écouté m'a plu. Je suis pas très branché musique technique et là c'est vraiment technique. Moi quand je parlais d'AC/DC c'est plus ça mon truc. Cela dit on a parlé entre nous, il y a quelques semaines, de l'ambiance pour le prochain album et on aimerait des morceaux qui soient un peu plus lancinants, plus épurés, de gros contrastes.

Manon : On a envie de s'amuser en fait, d'apprendre plein de choses en faisant l'album. On arrivait en studio, les morceaux n'étaient pas terminés et ainsi on a pu laisser libre cours à notre imagination, à la création. Ce sera différent mais de là à dire que ce sera des chansons plus longues ou plus courtes, on l'ignore.

Roch : En plus on visera pas ça spécialement. Quand on aura fini de sortir ce qu'il y aura à sortir se sera la fin de la chanson.


Vous avez travaillé avec Rich Robin, qui a reçu un bel accueil sur notre site, la scène nordiste jusqu'en Belgique, peut-elle être considérée comme le nouvel El Dorado du rock qui n'a jamais trop percé commercialement en France ? Est ce que l'avenir du rock en France c'est le Nord ? Car en rock ici on parle de Trust, Téléphone, Johnny ....

Manon : Au moins il y a Skip The Use aussi... Il y a quoi comme groupe dans le sud du coup ? Les pays du Nord comme l'Allemagne ont plus une culture rock

Roch : On est plus près de l'Angleterre que Paris.


Est-ce que ça joue dans votre culture ?

Roch : Pour l'Angleterre on aimerait bien pour la Belgique oui c'est sûr, ils sont plus ouverts que la France. Il y a vraiment ce truc-là dans le Nord. Le fait d'être de là bas, on a été moins isolé. Après pour le succès, les temps changent, l'industrie du disque n'est pas encore morte, c'est peut-être une question d'années.

Manon : C'est un peu compliqué mais le rock n'est pas mis en avant. Lorsque j'écoute la radio, en trois minutes j'ai déjà entendu ce qui va passer en journée, ils tournent en boucle et hélas ce sont des morceaux qui se ressemblent.

Roch : Ce qui est génial à notre époque c'est que c'est tellement facile aujourd'hui d'enregistrer et de rentrer dans la grande industrie de la musique par internet que  si on arrête de prendre le point de vue des musiciens et qu'on prend le point de vue des auditeurs, c'est génial car ils ont accès à des groupes inconnus ou comme nous, et en fait c'est ce qui nous intéresse car quelqu'un qui nous découvre même gratuitement, si on lui tape dans l'oreille il viendra nous voir en concert.


Holispark c'est pas ce qui remplit notre frigo aujourd'hui, mais c'est notre vie.


Au final qu'est ce que vous attendez de cet album. Là il y a une journée promo avec Replica, vous avez signé chez Send The Wood, vous avez clairement passé un cap d'un point de vue visuel ?

Roch : Il ne faut pas nous lancer sur le sujet, on en aurait pour des heures. On est plein d'idées. C'est marrant parce que je discutais avec quelqu'un tout à l'heure qui me demandait ce qu'on pourrait nous souhaiter maintenant que ça roule... Mais vous rigolez, on roule pas encore, on pédale, on donne tout ce qu'on a en matériel, le temps, l'argent, car Holispark c'est pas ce qui remplit notre frigo aujourd'hui, mais c'est notre vie. Ce qu'il y a côté c'est autre chose.


Mais combien de temps on peut durer comme ça ? Ce n'est pas éternel de donner sans avoir de retour conséquent ?


Roch : Mais c'est pas toi qui viens de dire qu'on commençait à avoir un retour, là...




Certes, mais on ne peut pas attendre trop longtemps et il faut passer un cap supplémentaire et ne pas stagner ?

Roch : Notre but n'est pas d'en rester là, c'est de promouvoir notre concert, avec un concept, une carte de visite, un outil de démarchage pour faire pencher la balance en notre faveur pour aller taper à la porte de Live Nation.... qui ne tente rien, au pire ça marche.... On a des perspectives. On s'en tape si le monde de la musique est presque mort, c'est notre vie, on sait rien faire d'autre, on veut rien faire d'autre, ça va durer toute la vie.


Mais plus vieux avec des enfants....


Roch : Pour l'instant on n'en a pas....


Mettre de l'argent dans un projet, qui sera de votre poche, vous pensez que ....


Manon : C'est une question de volonté....

Roch : Construire une maison, l'acheter, faut l'aménager. L'image n'est peut être pas excellente mais parfois on n'est pas prêt pour avoir un enfant, c'est rare qu'une personne puisse acheter une maison cash.... Nous c'est notre projet de vie, et il n'est pas différent de celui d'un mec qui veut ouvrir la plus belle boulangerie du monde....


C'est tout à votre honneur, mais si vous passez pas un cap d'ici 5 ans vous....


Roch : Qu'est ce qui sera fatigué ? Holispark, peut-être, mais moi je ne serai pas fatigué.


Au regard de ce qu'on a pu entendre, nous avons bon espoir de réussite, bon Live Nation on sait pas ...

Roch : Des idées à la con on en a (Rires)


Là avec de tels arguments et Replica, vous vous donnez les moyens de réussir....

Manon : Mais ça a été toujours compliqué, encore maintenant ça l'est

Roch : Même pour les grands groupes, j'ai lu la bio de Steven Tyler, même lui le dit. C'est même pas une question d'époque, le business était peut-être différent, peut-être quand ils signaient c'était déjà l'El Dorado, là Send The Wood c'est génial, il y a un code barre sur l'album, c'est top mais il n'est pas à tapisser les bacs dans tous les magasins. Là où avant on se trouvait chez tous les disquaires c'est différent. Mais c'est là que ça commence. L'époque nous fait pas peur, on est nés maintenant. Je ne connais qu'une seule personne qui m'a dit ne pas aimer la musique. Ce qu'on fait c'est de l'art, de la création, c'est intemporel et c'est le propre de l'homme, il n'y a pas d'autre espèce qui fait ça et ça me suffit à moi-même. C'est le but de ma vie de faire quelque chose qui me rende heureux. Je fais de la musique et qui veut l'écouter l'écoutera....





Il y a plein de gens qui vont l'écouter après avoir lu la chronique et l'interview ...


Roch : Franchement merci pour votre soutien et implication, ça nous touche vraiment, c'est hyper agréable et vous n'avez pas idée.

Manon : Là on est dans le grand bain, c'est impressionnant.

Roch : C'est vraiment cool, je parlais avec une personne de Marseille qui a écouté notre musique, pour nous Marseille c'est le bout du monde.... C'est génial, on était déjà hyper content quand notre maman nous disait c'est bien ce que vous faites... alors là à Paris, vous avez fait la route, bravé la neige pour venir nous voir et pour vous intéressez à un groupe inconnu comme nous....

Non non non, il y a un vrai intérêt et de se dire dans quelque temps, mince on peut plus les voir parce qu'ils remplissent les grandes salles.

Ensemble : Merci beaucoup.
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