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WEEND'Ô (26 MARS 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
A l'occasion de la sortie de "Time Of Awaking", le nouvel album de Weend'ô, Music Waves a mis son réveil à l'heure pour interviewer Laetitia et Terence (et Nathanael) sur le concept de l'album, la signature chez SonicBond et l'avenir du groupe
CALGEPO - 19.04.2018
Six ans après la sortie de "You Need To Know Yourself", Music Waves ne pouvait pas louper l'occasion de la publication de "Time Of Awaking" pour partir à la rencontre de Weend'ô dans une belle interview au cours de de laquelle le groupe dévoile notamment ses ambitions.



Vous sortez « Time Of Awakening » près de 6 ans après « You Need To Know Yourself », comment expliquez-vous ce laps de temps assez long aujourd’hui dans l’industrie musicale pour sortir un nouvel album, alors qu’il semblait être prévu pour sortir en 2015 voire 2016 et que, lors de votre précédente interview accordée à Music Waves, vous aviez dit que les compositions étaient déjà bien avancées ?

Térence : Il s’est passé beaucoup de mouvements sur le point de vue personnel pour chaque membre du groupe. (Achat de maison pour chacun et les travaux avec entraide pour finaliser toutes les rénovations). Donc construction d’ordre personnel qui a pris 2 bonnes années. On n’aime pas bâcler les choses, soit on fait, soit on ne fait pas, qu’importe le temps que ça prend.






Dans l’intervalle, vous avez signé chez SonicBond, label anglais géré par Stephen Lambe, comment en êtes-vous arrivés à travailler ensemble et qu’est-ce que vous espérez de cette collaboration ?


Térence : Nous attendons avant toute chose du vrai professionnalisme. Pour avoir eu plusieurs expériences avec des soi-disant « tourneurs », « manager » qui nous ont fortement déçus, on attend une vraie structure et une vraie sincérité. Des gens qui défendent réellement la musique pour l’art de la musique avec des compétences réelles. C’est un environnement où il y a beaucoup de mythomanes mais ce fait n’est pas nouveau.

Laetitia : C’est Stephen Lambe qui nous a contactés fin aout 2017 pour nous demander si nous serions intéressés de signer dans son nouveau label qui prendrait forme fin septembre 2017. En même temps nous étions plus confiants car nous allions nous rencontrer à son festival « The Summer’s End Prog Festival » au Pays de Galles début Octobre 2017 donc il était prévu qu’on discute ensemble face à face. On a pu voir qu’il était compétent et sérieux. Il est aussi le gérant de Nineteen73 Artist Promotion depuis pas mal d’années. Il a une grande connaissance du progressif, il a même écrit des livres à ce sujet ! La cerise sur le gâteau c’est que le jour de notre passage live au festival, le soir même nous avions également un autre label anglais qui nous proposait d’intégrer leur équipe ! Nous avons préféré continuer avec Stephen dans la mesure où il était le premier à croire en nous et vouloir investir sérieusement sur nous ! Nous devons également notre partenariat avec Stephen grâce à l’intervention de Christina Booth (Magenta) que nous avions rencontrée en septembre 2016. Elle avait acheté notre premier album et avait été très impressionnée de notre performance au fundraiser de Clive Nolan pour lequel nous avions été conviés. Elle a remis en mains propres l’album à Stephen et lui a dit de s’intéresser à nous de plus près….


Par contre ce qu’il nous manque aujourd’hui c’est un tourneur. Donc avis aux tourneurs qui liront cette interview, n’hésitez pas à nous contacter si vous êtes intéressés par Weend’ô.


Ces espérances, vous ne les auriez pas trouvées chez un label français ?


Térence : Non ! Parce que dans notre musique on peut sentir beaucoup d’influences, de plusieurs groupes, de plusieurs styles mais on se refuse à un formatage bien précis. Et je pense que c’est une force d’avoir ça, car on crée vraiment ce que l’on veut. Et pour être honnête on ne les a pas cherchés non plus (Rires). J’aurais peur d’être limité car on le voit bien en France : chaque région défend plus ou moins sa paroisse mais du coup si tu veux passer dans un moule, il faut que tu te formates. Sur le point de vue musical, je cherche mon propre formatage.

Laetitia : Bien, en fait, aucun label ne nous a proposé de faire partie de son équipe ! C’est que l’on n’intéresse pas les décideurs français semble t-il. On le voit bien, depuis qu’on est signé par le label anglais, on a des retombées extraordinaires concernant notre musique. Nous sommes vraiment pris au sérieux ! « Nul n’est prophète dans son pays », on le vit ! Regarde Lazuli, c’est pareil pour eux, ils cartonnent à l’étranger alors qu’en France, on les voit pas trop souvent !
Par contre ce qu’il nous manque aujourd’hui c’est un tourneur. Donc avis aux tourneurs qui liront cette interview, n’hésitez pas à nous contacter si vous êtes intéressés par Weend’ô. Le message est passé (Rires).


"Time Of Awakening" a fait l’objet d’une campagne de financement, le résultat a-t-il dépassé vos espoirs et quels ont été les premiers retours depuis la commercialisation ?

Térence : Non. C’est cohérent par rapport à notre notoriété. On ne fait pas des concerts toutes les semaines et partout en Europe…Avant tout on recherche à véhiculer notre musique sur scène, dans de chouettes salles, lieux…On sait aujourd’hui qu’on a des gens qui adhèrent vraiment à notre musique. On se sent soutenus et on continuera encore. Les premiers retours sont excellents: sur le point de vue musical, « c’est plus affirmé, la production est de qualité ainsi que le design de la pochette vraiment original. »

Laetitia : Je dirais que pour l’ensemble du groupe, on ne s’attendait pas à dépasser les 7000 euros quand même ! C’était mon rôle de rassembler autour de Weend’ô, on a tous fait en fonction de nos compétences, nos réseaux personnels et professionnels et on s’est aperçu que ça allait très loin (Japon, Norvège, ..), c’était incroyable ! La campagne a été très soutenue, j’y étais tous les jours, je ne l’ai donc pas vécu de la même manière que Térence, c’est certain ! Le résultat a été très prometteur, on avait quand même demandé 7700€ pour tout payer. Il nous manquait donc très très peu au final ! On est passé par Indiegogo car ils n’exigent pas que la somme soit atteinte pour nous verser l’argent déjà misé, ce sont les seuls qui proposent cette solution. On a bien fait, car lors de notre tournée, vu qu’on avait tout vendu en matière de CDs, on avait tout payé : production/pressage/sdrm/art dessin pochette/tournée France/UK. Ce qui signifie qu’au troisième album on peut espérer faire encore mieux car ce nouvel album a élargi le nombre de personnes qui nous suivent désormais.


On sentait quand on a enregistré cet album que l’énergie qu’il dégage chamboulerait autour de nous pas mal de choses, et de gens. Et c’est ce qui s’est passé



Ces bons retours sont-ils une surprise pour vous ?


Térence : Ce n’est pas une surprise parce que c’est ce qu’on recherche : avoir des bons retours.

Laetitia : On sentait quand on a enregistré cet album que l’énergie qu’il dégage chamboulerait autour de nous pas mal de choses, et de gens. Et c’est ce qui s’est passé ! Par contre, de lire autant d’excellents retours, d’être contactés par des magazines, des distributeurs de CDs, sans avoir besoin de les contacter, c’est là qu’on voit l’impact de notre album ! On sent que c’est en train de tourner. Avant il fallait batailler pour faire entendre notre musique, maintenant on nous contacte directement !


Le groupe s’est resserré depuis le départ de Rod, quel a été, avec le recul, l’impact de ce départ qui a été à la fois surprenant mais dans le même temps attendu, à tout le moins peut être douloureux ?

Térence : Le départ de Rod a permis de se recentrer sur l’essentiel. Du coup quand je pense à un plan guitare, je le pense pour une seule guitare au lieu de 2. Ça me pousse à trouver des riffs un peu plus riches pour essayer de trouver des parties guitare équilibrées entre rythmique, solo, mélodies. Ce fut douloureux sur le point de vue personnel mais pas du point de vue musical.

Laetitia : Ta question me surprend sur « dans le même temps attendu », j’aurai aimé que tu nous expliques cela …





Justement, on dit souvent que c’est dans les moments les plus douloureux que sont écrites les plus belles œuvres, est-ce que ce nouvel album trouve aussi sa source inspiratrice dans cette période ?

Térence : Clairement, oui. D’un point de vue personnel, je ne cherche jamais un riff ou un plan ou quoique ce soit qui doit avoir rapport avec telle ou telle émotion. C’est juste qu’à un moment donné, je joue quelque chose et je m’aperçois qu’en fait « on » me guide vers ce plan. Je m’aperçois que les ressentiments sortent naturellement et ils sont de plein de natures différentes.

Laetitia : Avec tous ces changements d’ordre personnel qui sont intervenus entre 2013 et la sortie de ce nouvel album (février 2018), il y a eu beaucoup de prise de conscience personnelle... et sans le chercher, ça murit doucement en chacun de nous… le jour où on prend son instrument, ça sort tel que vous l’entendez aujourd’hui.


Est-ce qu’il a été une solution cathartique, autrement dit, l’écriture est-elle exutoire ?

Térence : D'un point de vue musical, c’est très simple. Je ne réfléchis à rien, c’est une forme d’inspiration qui m’arrive, je ressens la profondeur. Tu n’es pas créateur, tu n’es que mise en forme de ce que « l’on » te dit de faire. En résumé, j’ai le sentiment d’être constamment dans l’émotion, et il n’y a pas de degré comme tu le mentionnes. Pour moi, c’est un TOUT, si je pouvais même oser une comparaison pour te permettre de comprendre : c’est un langage qui dépasse les mots, c’est un état "d’êtreté" permanent, donc je ne peux y mettre une note, d’ailleurs Laetitia m’a aidé à comprendre ta question.

Laetitia : Oui, pour ajouter aux mots de Térence, nous sommes comme des messagers en fait. Nous prenons nos expériences de vie comme base mais Térence entend et ressent différemment la musique. C’est comme si ça parlait à nos atomes cellulaires… C’est difficile à exprimer avec des mots. Je pense que le meilleur langage de Térence reste le son, il communique mieux comme ça !!


Terence, tu t’es retrouvé un peu plus sur le devant de la scène en tant que lead guitare alors que tu sembles être d’un naturel semble-t-il plutôt discret, un travailleur de l’ombre, est ce que tu as dû forcer ta nature ?

Térence : Oui, parce qu’effectivement je suis un travailleur de l’ombre.


Le changement si on veut le voir se matérialiser doit d’abord passer par une prise de conscience personnelle, ensuite une action personnelle, rester fidèle à ses nouveaux engagement



"Time of Awakening" que l’on peut traduire par "il est temps de se réveiller", est-il un concept basé sur l’idée d’une prise de conscience, qu’il faut agir en nous même pour trouver une réponse à cette période troublée ?

Laetitia : Oui, c’est exactement l’idée ! Une prise de conscience tout d’abord intérieure pour ensuite permettre l’action dans notre environnement extérieur ! La solution est là. Le changement si on veut le voir se matérialiser doit d’abord passer par une prise de conscience personnelle, ensuite une action personnelle, rester fidèle à ses nouveaux engagements (ce qui est très difficile à faire !) et agir pour créer !


Vous citez d’ailleurs l’écrivain René Barjavel (Ndlr : auteur de romans d’anticipation et de SF) dans le livret, en quoi son œuvre a-t-elle été une source d’inspiration et quelles ont été les éventuelles autres sources (actualité…) ?

Laetitia : Alors ce qu’il y a de marrant, c’est qu’en fait, je ne me suis inspirée de... personne !! C’est un pur hasard (ou je dirais plutôt une synchronicité, je ne crois pas au hasard, je ne crois qu’aux rencontres qui font suite à des pensées ou sentiments d’une même fréquence. Il n’y a pas d’espace-temps à ce niveau là). D’où ma très belle surprise quand je suis tombée sur son interview de 1984 ! Je cherchais une citation qui puisse résumer tout ce que j’avais écrit en un court paragraphe ! Quand j’ai lu son interview, je suis restée littéralement scotchée par tant de points communs avec cet homme et sa vision ! Je me retrouvais dans ses prises de conscience à lui. J’ai le sentiment depuis très longtemps que la vérité est cachée, qu’il faut aller chercher le sens caché d’un événement qui nous apparait... car ce n’est qu’illusion. Que notre vraie compréhension du monde, de ses enjeux, de notre humanité, de notre galaxie, de la vie sur terre ne pourra passer que par un éveil spirituel, une recherche intérieure qui nous fera évoluer dans le bon sens. Oui, l’actualité on l’observe, et on voit comment ça résonne en nous… on laisse faire pour que l’inspiration nous arrive. Dans nos vies, il y a constamment des signes qui nous interpellent, des ressentis qui se manifestent dans notre réalité, nous vivons cela depuis longtemps avec Térence. C’est pour cela qu’on a ce sentiment très fort d’être uniquement des intermédiaires et qu’il nous faut constamment agir pour créer. C’est notre mission.





Une première écoute m’a fait penser à un parcours initiatique avec cette première partie du titre ‘Time Of Awakening’ plutôt lente et qui se tend et se densifie par la suite, qui s’enchaîne avec une seconde partie plus calme et mélodieuse à laquelle succède une troisième partie très dynamique, voire houleuse, est-ce une interprétation légitime du titre ?


Térence : Ce que je cherchais au travers de tous les riffs, c’était l’éveil. Il y a eu cette recherche progressive, comme l’apprentissage de la vie. « On » doit te montrer les choses tout en ayant conscience que tu n’arriveras pas à les faire de suite. Il y avait aussi le côté défi, car on nous avait demandé de faire un morceau de 20 minutes. Ce défi a été moteur.

Laetitia : Oui cet enchainement correspond à Notre Éveil je dirai, il peut donc être aussi le même pour d’autres. C’est propre à chacun. Quant intimement tu recherches cette Vérité, il y a beaucoup de chamboulement (1ère partie), tu arrives ensuite à une sorte d’intériorisation (2ème partie), tu médites en fin de compte et tu te rends compte aussi de la beauté qui t’entoure ! Il y a néanmoins cet autre aspect de la vérité qui te frappe violemment au visage quand tu ouvres les yeux, la Vérité fait mal car tu vois vraiment pour la première fois. Tu remets tout en question (éducation, école, religion, sciences...). C’est comme si un aveugle recouvrait la vue ! La lumière va être très violente pour lui, même si elle est très positive en fin de compte. On a cette chance de vivre ça jeune, je me rends bien compte que d’ouvrir les yeux sur le tard doit être encore plus violent !! Par contre le contre-coup c’est que ça t’éloigne de pas mal de personnes qui ne peuvent pas comprendre car elles ne sont pas encore passées par cet éveil.


Par rapport au premier album, « Time Of Awakening » parait mieux maîtrisé et construit, avez-vous eu le sentiment d’avoir progressé dans votre façon d’écrire et de composer ?

Térence : Oui, et on cherchera toujours à progresser.


Le fait de vivre un peu à la campagne au calme et proche de la nature apporte-t-il quelque chose dans votre manière de composer par rapport au milieu urbain ?

Térence/Laetitia : Oui, c’est clairement vital pour nous ! Nous recherchons la simplicité de la vie, une forme de plénitude pour pouvoir être centrés sur la création. Nous avons la chance de vivre dans un lieu propice à la créativité, vraiment !


Nous ne cherchons pas la rapidité d’exécution, nous cherchons LA note qui va toucher au plus profond
.



Vous vous démarquez un peu de vos influences que sont Tool, Karnivool et Dream Theater en apportant en plus de la technique un supplément d’émotion, encore plus pour ce nouvel album, cette approche est-elle pour vous le cœur de vos compositions ?


Térence/Laetitia : Oui, tu as tapé juste. La technique est au service de l’émotion. Nous ne sommes pas un groupe de techniciens ou virtuoses. Nous ne cherchons pas la rapidité d’exécution, nous cherchons LA note qui va toucher au plus profond. Nous évoluons, chacun de notre côté, sur notre instrument ; ce qui nous permet d’appréhender la composition en intégrant à la fois la technique et l’émotion. Toujours cette même recherche de l’équilibre.


Est-ce que la technique est exclusive d’émotions ?


Térence : L’un ne va pas sans l’autre. C’est impossible. C’est le jour et la nuit.


Le métal progressif semble être de plus en plus prégnant dans votre manière de composer, est-ce l’un des styles qui vous permet de véhiculer le mieux les émotions que vous souhaitez transmettre et pourquoi ?


Térence/Laetitia : Oui c’est le meilleur style qui permet de véhiculer nos émotions. Cette musique est à la fois complexité, force, intensité, maturité et douceur. En résumé, elle correspond à notre vie.


Il était important de proposer du nouveau, de ne pas refaire un autre « You Need...». Nous n’avons pas peur de perdre des fans, c’est plutôt l’inverse que ça a provoqué



‘Angel Dust’ est sans doute le titre qui chamboule et bouscule le plus dans cet album où les breaks s’enchainent plus qu’à l’accoutumée, n’avez-vous pas peur de perdre un peu vos fans habitués à des constructions plus « limpides » ?

Térence/Laetitia : Oui ça chamboule car on a voulu aussi montrer d’autres aspects de Weend’ô. Il était important de proposer du nouveau, de ne pas refaire un autre « You Need ». Nous n’avons pas peur de perdre des fans, c’est plutôt l’inverse que ça a provoqué ! On a ouvert Weend’ô à un autre public.


L’intervention de la batterie est à souligner dans ce nouvel album, elle sonne extrêmement variée, précise, notamment sur les cymbales. Nathanaël, as-tu effectué un travail tout particulier à cette occasion ?


Nathanaël : Pour ce projet j’ai travaillé effectivement sur le son de la batterie. Le fait de faire moi-même les prises de son de cet album m’a poussé à me poser plus de questions sur mon son et sur mon jeu. Cela a pour sûr eu un impact sur le choix des cymbales et leur utilisation ! J’ai utilisé moins d’éléments que sur le premier album.


Le son de la voix m’intéresse énormément car en fait il fait appel à plein d’autres choses qui vont avec l’équilibre du corps émotionnel et mental !



Laetitia, ta voix, qui est un instrument à part entière, semble être sans aucune limite, de plus en plus limpide et naturelle, comment l’entretiens-tu ?

Laetitia : Je ne vais pas me faire d’amis là… et personne ne va me croire. Je ne travaille pas ma voix comme Térence d’ailleurs (il ne travaille pas sa guitare avec tous les travaux qu’on a à faire à la maison, pas possible – il aurait le poignet en feu !). Cela se fait vraiment au fur et à mesure quand je crée au piano ou quand je suis avec le groupe en direct. Cependant les concerts ont beaucoup aidé! Je me suis aperçu que plus je chantais en concert plus je pouvais ensuite analyser d’une certaine façon ce que je devais améliorer. Et quand on fait les prises de son sur un album, ça permet de tester des choses à la voix… mais je ne le fais qu’à ce moment là à fond - donc pour ce deuxième album j’ai vraiment travaillé ma voix sur une période de 2 semaines. Je ne réfléchis pas, je laisse faire le son qui doit sortir. Le fameux lâcher prise est primordial dans le son vocal ! J’aimerais un jour faire une formation de coach vocal, le son de la voix m’intéresse énormément car en fait il fait appel à plein d’autres choses qui vont avec l’équilibre du corps émotionnel et mental ! En résumé la voix est le témoin sonore de l’âme, son état à l’instant T où le son sort. Elle évolue en même temps que la personne évolue. Tout simplement.

Donc j’aimerais à l’avenir, quand notre studio sera complètement rénové, travailler plus, oui, à ce niveau là. Térence m’aide aussi, il entend des choses que je peux sortir à la voix, il me pousse à les tester quand on crée ensemble... Une fois il a même entendu 2 sons qui sortaient simultanément de ma voix sur le titre 'Eléa part. 2', mais je n’ai jamais su comment j’avais réussi à faire ça ! Et je n’ai jamais réussi à le refaire ! Et si je réfléchis, c’est mort, le son ne sortira pas comme il faut, il doit sortir du cœur ! Pour le coup, la technique que j’ai obtenue grâce à des cours particuliers en une année il y a de cela 15 ans, m’a permise d’être plus à l’aise pour me concentrer sur mon feeling personnel et laisser ma voix se trouver… Pour finir, il n’est pas bon de travailler la voix tous les jours je pense, car on l’utilise déjà pour parler. Elle est donc toujours soumise à des tensions musculaires…et le son, s’il n’est pas bien maitrisé, peut créer des problèmes au niveau musculaire. Donc pour entretenir sa voix, il faut chanter uniquement quand on a l’inspiration qui arrive et l’envie de chanter ! Et dormir beaucoup….





On a tendance, dans les chroniques, à porter une attention toute particulière aux voix féminines par rapport aux voix masculines en étant à la fois très pour ne pas dire trop critique, en ne pardonnant pas les « erreurs » en soulignant parfois le fait de surjouer ou à l’inverse à la porter aux nues à l’extrême, comment expliquerais tu ce sentiment ?

Laetitia : C’est simple. C’est uniquement un fait sociétal ! On n’a jamais pardonné facilement aux femmes ! Les femmes ont toujours du faire beaucoup plus que les hommes pour se faire accepter à leur juste valeur.


Quand je dois trouver un solo, je recherche à faire l’Amour ! Donc ça dépend uniquement de l’instinct, et de l’instant T.



Terence, tes interventions sont particulièrement belles, ta guitare par moment chante un peu comme des fulgurances solistes à la Petrucci qu’on aime et souvent trop rares de nos jours, comment arrives tu à trouver le solo qui tue, les travailles-tu beaucoup ou à l’instinct ?


Térence : Je te remercie pour ce beau compliment. Je suis un guitariste soliste dans l’âme. Je suis fan de tous les plus grands soli qui peuvent exister (Rires). Quand je dois trouver un solo, je recherche à faire l’Amour ! Donc ça dépend uniquement de l’instinct, et de l’instant T. Je les pré-travaille dans ma tête, mais le jour J (de l’enregistrement), c’est une autre histoire : si j’arrive à poser ne serait-ce que 15% de ce que j’ai dans la tête, c’est gagné ! C’est pour te dire combien mon esprit est plein !


‘Elea’ (personnage de la ‘Nuit des Temps’ de Barjavel) est un des titres les plus émotionnels de l’album avec une fin presque post rock à la Anathema, avec aussi quelques interventions de growl en fin de première partie, est-ce une direction vers laquelle vous souhaiteriez évoluer vers la suite ?


Térence/Laetitia : Non c’était juste un trip. On en parlait déjà avec Jérémie lors de nos concerts, d’essayer de faire un duo voix chantée et voix growl masculine. On est très content du résultat mais ce n’est pas notre voix. A titre épisodique, pourquoi pas ! Mais on ne sera pas un autre « Lacuna Coil ».


Dans ce titre, intervient Alan Reed, comment en êtes-vous arrivés à cette collaboration et à l’avenir, avec le label anglais, ces interventions seront-elles plus courantes ?


Laetitia : Nous nous sommes rencontrés avec Alan en Septembre 2016 à la soirée fundraiser pour Clive Nolan. Depuis 2013,  Térence et moi nous sommes conviés pour participer à quelques chansons avec Clive sur ses comédies musicales "Alchemy", "She". Et quand c’est possible on fait jouer Weend’ô en version acoustique en ouverture de soirée. Cette année-là il était venu avec Alan Reed et Christina Booth dont on avait entendu parler depuis longtemps ! Ils ont été impressionnés m’ont-ils dit par la performance de Weend’ô et par mes performances vocales à travers les chansons de Clive. Si bien qu’Alan m’a demandé aussitôt si je serais intéressée de poser ma voix sur son nouveau projet d’album… Ce fut un grand honneur pour moi, c’était la première fois qu’on me demandait de participer à un album autre que Weend’ô ! En plus avec les voix de Christina (Magenta) et Monique (Harvest), c’était un très beau mélange ! On a passé tout le week end ensemble, on a parlé beaucoup, Alan est extrêmement sympathique, humain, accessible, modeste ! On a tout de suite aimé le personnage !
Du coup, j’ai pris beaucoup de plaisir à poser ma voix sur d’autres compositions, si à l’avenir le label souhaite d’autres collaborations de ce genre, ce sera avec grand plaisir ! Mais on n’en a jamais parlé car cette collaboration s’est faite avant de signer avec le label ! Par contre on a parlé avec le label de relancer un pressage du premier album « You Need To Know Yourself » car il est en rupture de stock ! On presserait la version remixée de 2013 que l’on joue en live. Affaire à suivre…





Vous conceptualisez énormément vos projets et notamment sur scène (on peut citer le « Fairytalacoustic »), à quoi peut-on s’attendre avec l’interprétation en concert de ce nouvel album ? sera-t-il interprété en entier et accompagné d’une mise en scène particulière ?

Térence : Oui. On le joue en entier et on axe davantage sur une mise en scène avec jeux de lumière ! Récemment sur le clip officiel, on a commencé à développer le mapping derrière le groupe. Et on pourra intégrer l’ensemble de cette mise en scène à chaque fois que les scènes et les budgets le permettront.


"Fairytal’acoustic", dans la manière d’aborder le live, sera-t-il un one shot ?

Laetitia : Pour le moment, oui. J’ai plein d’autres idées artistiques mais c’est toujours un problème de moyens financiers. Donc je mets de côté et on verra bien ce que nous réserve l’avenir…


Vous aviez tendance à proposer un set acoustique et un set électrique dans vos concerts, est-ce que c’est quelque chose que vous allez maintenir ?


Laetitia : On va essayer oui, car ce sont 2 énergies différentes. Ça peut toucher plus large au final.


Cet album requiert effectivement qu’on y prête une attention tout particulière d’un point de vue scénique.


Avec le nouveau label, d’un point de vue scénique, aurez-vous les moyens de vos ambitions, car vous ne pouvez pas faire de simples concerts tant l’album demande plus ? Et la possibilité de tourner à l’étranger ?

Laetitia : Je suis complètement d’accord avec ce que tu viens de dire. Cet album requiert effectivement qu’on y prête une attention tout particulière d’un point de vue scénique. J’ai fait faire une nouvelle création par mon amie styliste Stéphanie Saunier (allias Daisy Paris maintenant) avec un rajout de forme dragon par exemple que je ne peux mettre que pour de belles scènes évidemment. Comme l’a dit plus haut Térence, on a travaillé avec notre technicien lumière Nicolas Vigneau tout un jeu lumière. Et récemment on voudrait développer le mapping sur écran derrière le groupe, avec Sébastien Leborgne.

On comprend bien que pour avoir l’ensemble de cette création scénique, cela dépendra uniquement du budget de l’organisateur qui nous programmera et de l’espace scénique.

Tourner à l’étranger c’est ce que l’on souhaite : on repart pour le Royaume Uni en avril 2019. Mais nous espérons que nous pourrons fouler des scènes comme le Loreley en Allemagne ou encore au Pays Bas, Belgique…On rêve de pouvoir tourner partout. Le label va également contacter des festivals …





Qu’attendez-vous de cet album ?


Térence : Que ça puisse toucher un maximum de personnes !

Laetitia : Oui complètement ! Que ça puisse inspirer et pour Weend’ô, que ça nous ouvre de belle scènes pour pouvoir le jouer partout avec notre univers scénique ! et pourquoi pas que ça nous ouvre aussi les portes pour faire d’autres collaborations aussi belles qu’avec Alan Reed !


Un dernier mot pour nos lecteurs ?

ENJOY ! ENJOY ! ENJOY ! ENJOY !!

Merci


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