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LE ROCK PROGRESSIF 70'S


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Une vue chronologique du progressif des origines aux années 80
07.12.2004 par TORPEDO

Voici une définition du rock progressif : un genre musical sans aucune limite. Le seul et unique commandement du prog’ est : "point ne connaîtras de limites à ton art."

Le mouvement apparaît en 1967 en Angleterre, alors plongée dans le « Summer Of Love ». Les influences du prog’ remontent très loin. Des musiciens classiques virtuoses (Bach), déjantés (Berlioz) ou éclectiques (Gershwin) les ont précédés.

Les deux parents immédiats sont pourtant des mouvements américains : le rock psychédélique et le free-jazz. Le premier catalyse le mouvement hippie des Doors et de Jimi Hendrix (dont le prog’ recueillera certaines caractéristiques : look, textes ésotériques, longues improvisations, solos de guitare), le second transcende la volonté d’expérimentation de musiciens raffinés (dont Miles Davies, John Coltrane, et Bill Evans, qui sont des influences directes).

En 1967, ces deux mouvements touchent le Royaume-Uni, où les tendances Beatles et Stones ont achevé de chauffer les esprits de la jeunesse. Dès 1967 des groupes à tendance pop ou psychédélique adopteront une démarche progressive en ne se posant aucune limite :
Procol Harum (Shine On You Brightly) et The Moody Blues. La flûte, l’orchestration, les morceaux longs, instrumentaux, en plusieurs parties, sont alors des expériences inédites. De futurs groupes se forment déjà mais restent très marqués par le psychédélisme (surtout le Pink Floyd de Syd Barrett).

En 1969, la sortie de King Crimson (In The Court Of The Crimson King) est le lancement de six années de créativité débridée et de l’âge d’or du prog’. Les Pink Floyd (Atom Heart Mother) poussent l’inspiration jusqu’à la seule limite que peuvent connaître les musiciens de l’époque (25 minutes, soit la durée d’une face de vinyle), laissent tomber le chant, invitent des musiciens classiques, et mélangent jazz et baroque. Yes (Close To The Edge) invente un rock progressif ésotérique et virtuose. Entre 1971 et 1973, Genesis va défricher les possibilités du théâtre dans les spectacles rock, et ouvrira des possibilités à un genre voisin : le Glam Rock (caractérisé par David Bowie et Roxy Music). Le prog semble ne jamais vouloir s’arrêter de créer.

En 1973, les divers groupes se lancent à l’attaque des album-concept. Délaissés, les antiques et pompeux opéra-rocks. L’album-concept garde de l’opéra l’idée d’un thème raconté en musique et le rappel de mélodies tout au long de l’œuvre. Dark Side Of the Moon de Pink Floyd est le plus gros succès du genre et fait du rock progressif la musique phare de cette année. Le rock progressif se caractérise alors par la longueur des morceaux, les liens entre différentes chansons qui rendent l’album indissoluble, la présence d’instrumentaux et de longs solos de tous instruments, l’attrait pour l’ésotérisme et la culture mondiale, la persistance des influences jazz et classique (solos improvisés, nombreux saxophonistes et pianos jazz, cordes ou orchestres), l’utilisation des premiers synthétiseurs Moog et Mellotron (avec parfois un peu d’abus), et la recherche d’un concept global autour de la musique (concerts spectaculaires et recherchés, pochettes artistiques).

D’autres groupes se lancent alors (Supertramp et son émotion aux couleurs jazz, Camel et ses accents de floyd orientaux, Van der Graaf Generator et son ultraviolence angoissante), et le mouvement touche le monde entier. Aux Etats-Unis, il se fait plus calibré FM (Kansas (Leftoverture)). En France, quand il n’est pas collé aux pas de Genesis (Ange), il préfère exploiter la tendance jazz avec plus de force que les anglo-saxons (Magma). En Allemagne, le mouvement psychédélique très fort se transforme en musique planante et les premiers pros du synthé apparaissent (Can, Tangerine Dream, Klaus Schulze).

En 1975, le rock progressif est à son apogée. Tous les albums majeurs sont sortis. Genesis (Selling England By The Pound), Supertramp (Crime Of The Century), Vander Graaf Generator (Pawn Hearts), King Crimson (Island), Camel (Mirage).

Les deux autres mouvements musicaux majeurs de la période 1967-1975 (le Glam Rock caractérisé par ses paillettes et son goût de l’excès, et le Hard Rock de Led Zeppelin et Deep Purple) sont également à leur sommet, et le succès rencontré cette année par le groupe Queen (qui transcende à la fois le Prog, le Glam, et le Hard) est le symbole de la gloire d’une époque.

Après 1975, les groupes de rock progressif vont se disperser, et surtout, se répéter honteusement. Certains membres de groupes réalisent que, pour continuer à créer une musique nouvelle, il faut changer de genre (Peter Gabriel quitte Genesis, Robert Fripp quitte King Crimson), et des leaders de groupe portent les nouvelles oeuvres de leurs formations vers des excès qui nuisent à leur qualité (Jon Anderson avec Yes, Roger Waters avec Pink Floyd). Globalement, les musiciens ont perdu l'idéal de liberté qui était le leur. S’ils écrivent un album-concept ou un morceau de 25 minutes, ce n'est plus par envie, mais parce que cela est devenu une sorte de règle et d"obligation. En conclusion, ils désobéissent au commandement de ne se poser aucune limite, puisqu’ils se forcent à écrire des chansons longues, instrumentales, ou conceptuelles, qui méritaient peut-être une envergure plus modeste.

En 1977, le prog a donc perdu beaucoup de sa qualité, même si des chansons (« Awaken » de Yes par exemple) voire des albums entiers (« Even in the quietest moments » de Supertramp) montrent que le prog n’a pas encore entièrement coulé. Mais la lassitude du public devant ce manque de renouvellement et la perte de l’état d’esprit débridé d’autrefois entraînent l’émergence (légitime) du mouvement punk, qui entend dépoussiérer le rock en le ramenant à sa base et en brisant tous les genres musicaux (Glam trop clinquant, Hard trop virtuose, et Prog trop prétentieux). Le mouvement survit jusqu’à 1982, où à l’exception de quelques perles (« The Wall » de Pink Floyd en 1979), il se contente de se recopier, s’empirer, décevoir ses derniers fans, et voir ses groupes se dissoudre. Pendant cette longue descente, le prog’ sombre dans l’oubli le plus total, si bien que la reformation de certains groupes (King Crimson ou Camel) passera ensuite inaperçue auprès de nombreux anciens fans persuadés de leur disparition inéluctable.

Mais en 1982, en même temps qu’apparaît la mouvance néo-prog’ de Marillion qui permettra la survivance d’une sonorité et d’une forme musicale, de nombreux artistes rock ou pop subiront l’influence du prog 70’s. Ce sera le cas de Dire Straits et leurs solos raffinés (« Telegraph Road », 1982), de Kate Bush et son imagination sans limites (« The Ninth Wave », 1985) et plus tard dans les années 90 d’artistes Metal destinés à créer la troisième génération de rock progressif.
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