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MOTOCULTOR (14 MAI 2018)

INTERVIEW - METAL ALTERNATIF - CALGEPO - 27.06.2018
Rencontre avec Yann Le Baraillec, programmateur du Festival Motocultor (17,18 et 19 août 2018) qui évoque les difficultés pour organiser un tel événement mais aussi la programmation démentielle de cette année.
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Yann le Baraillec est passé à travers les grèves pour une rencontre parisienne à l'occasion de laquelle il a évoqué à Music Waves son amour pour son festival et ses galères surmontées.


Cette année le Festival fête ses 11 ans, que de chemin parcouru depuis la création, pourtant, l'année dernière le festival a failli de pas avoir lieu pour des raisons financières, pour 2018, tout est rentré dans l'ordre ?

Pas du tout (Rires), on m'a dit d'être positif pourtant..(Rires).





Allez, essaye alors...

En fait depuis 2010, c'est compliqué de faire le festival. C'est récurent en fait mais en 2017 c'était plus difficile que les autres fois. En 2010, on s'est pris un bouillon, puis ensuite il n'y avait pas de terrain, pas de lieu fixe.


Ça a été compliqué de venir à Saint Nolff mais maintenant c'est acquis, je serai surpris qu'on soit ailleurs dans dix ans. On s'y sent super bien au niveau des élus, les riverains, les habitants sont très en phase avec le Festival.



Pour les premières éditions le problème n'était pas que financier alors ?

Ah non, c'était pas que financier. Ça a été compliqué de venir à Saint Nolff mais maintenant c'est acquis, je serai surpris qu'on soit ailleurs dans dix ans. On s'y sent super bien au niveau des élus, les riverains, les habitants sont très en phase avec le Festival.


Mais pourquoi ces difficultés se sont accentuées en 2010 et sont depuis récurrentes ?

Depuis qu'on est passé en plein air. La première édition s'était sous chapiteau, au moment où on s'est lancé et le moment où la Mairie a répondu oui, il s'est passé 6 mois en fait. A un moment on se dit que peut être que l'erreur s'était d'avoir fait 2010 et de ne pas avoir fait une pause pour reprendre en 2011, du coup financièrement on a pris un coup et peut-être qu'il fallait reporter à 2011. On a fait le festival sans aides des collectivités, on leur a montré que ça marchait...


Il fallait leur prouver donc que ça marchait avant qu'elles vous accordent de l'aide, mais vous avez cumulé les soucis financiers ?


Organiser un festival sans aide publique est culotté. Je me suis dit d'abord faire nos preuves puis ensuite on arrivera à faire un bond économique avec des aides. On les aurait pas eu de toute façon à l'origine et il fallait se lancer dans l'organisation, pour créer des choses, montrer que ça pouvait marcher et qu'il y avait un public. J'avais l'intuition que ça allait marcher  mais sans être sûr complètement. C'est un risque. La première édition (en plein air) a été faite à l'arrache car on a commencé à démarcher les groupes après que la Mairie ait dit "oui". On l'a fait parce qu'on a eu des opportunités et je pense que sinon on l'aurait jamais fait et ensuite ça aurait été compliqué pour les années suivantes. Le lancement nous a fait que financièrement c'était plus compliqué car je ne pensais pas que ça allait commencer aussi tard, surtout pour faire le budget.




Et ça a marché puisque le Festival est encore là en 2018 mais avec ce cumul de difficultés financières héritées des anciens ?


Je vous raconte ça mais je n'ai toujours pas répondu à ta première question mais il faut resituer les choses. On a été contre les obstacles, on a travaillé à flux tendu.. Depuis 2007 c'était d'arriver à Saint Nolff, et d'y rester pour pérenniser le truc.


Le festival rencontre du succès puisque le public vient de plus en plus nombreux chaque année ce qui peut lui permettre justement de se pérenniser ?

Oui, il est sans cesse en augmentation, en 2010 il y avait 3 jours, 2 scènes pour 45 groupes et on a vu direct qu'il y avait un impact important national mais comme on était nouveau et qu'on avait tout programmé à l'arrache, on avait des doutes car on n'avait pas de trésorerie d'avance. On s'est dit on y va en se disant qu'on aurait pas le même succès si on avait pu faire les choses plus en amont. En gros c'était perdre de l'argent au début, lancer le truc et ensuite rentrer dans nos frais... Sauf que, je pensais qu'on l'aurait fait en 3 ou 4 ans mais en fait non.... (Rires). La galère elle dure.


Maintenant on arrive à gérer les difficultés, c'est une habitude on les vit mais on les subira encore pour des années.


Elle dure encore du coup, le financement participatif a dû combler cela ?


Maintenant on arrive à gérer les difficultés, c'est une habitude on les vit mais on les subira encore pour des années. Pour 2018, on a essayé de faire qu'elle soit rentable. Ça l'a été en 2015 et là on espère que ce soit le cas pour cette année et les prochaines pour au final n'avoir plus de dettes. On estime à 4 ou 5 ans ce délai. L'idée est qu'on est arrivé au plus haut de la dette. On négociait des échéanciers avec les prestataires, on est clair et franc avec eux sur la situation ce qui leur plait en général et ils font confiance. Avec ces échéanciers et avec le fait qu'on met la billetterie de plus en plus tôt, ça apporte des rentrées d'argent. Puis on avait des prêt de gens de l'interne... ce qui fait qu'on pouvait tenir entre deux festivals mais c'est du bricolage et un montage ardu à faire et c'est très usant mais c'est mon choix.
En juin 2016, on voyait qu'on arrivait pas à débloquer les aides publiques, qu'on n'avait plus les prêts.... la source amicale et familiale s'est tarie, on n'avait fait le tour entre 2010 et 2016...


Des groupes aussi ont aidé ?


Non pas du tout.


En tout cas au moment du crowdfunding on était aux abois. Je sentais qu'il fallait le dire et être transparent au niveau des gens plutôt que d'arrêter brutalement, et l'idée est venue.


Ça aurait pu puisqu'ils ont besoin de festivals comme le Motocultor, on l'a vu d'ailleurs pour un magazine anglais (Ndlr : Prog magazine en Angleterre qui avait été déclaré en faillite et que des groupes ont aidé financièrement) ?


En fait, je pense que le magazine était très proche et avait probablement un réseau que je n'ai pas et surtout ici en France. Le magazine ne devait pas dépendre de tourneurs ou de managers...
En tout cas au moment du crowdfunding on était aux abois. Je sentais qu'il fallait le dire et être transparent au niveau des gens plutôt que d'arrêter brutalement, et l'idée est venue. Elle était dans ma tête et je pensais que c'était pas forcément bien vu et si ça n'avait pas marché, vis à vis de nos partenaires l'image aurait été mauvaise car ils auraient dit peu de gens vous suivent, ça nous aurait pas aidé. Et on a vu plein de personnes qui nous disaient "mais faites-le !". Les gens voulaient que le festival continue et entre juin 2016 où on a lancé la com' sur le fait que le festival risquait de ne pas avoir lieu puis le lancement du crowdfunding les partenaires ont vu le succès et on est passé de 2% d'aides publiques à 10%. On a pu discuter, ils sont venus sur le festival et en ce moment il y a des gens en place dans les collectivités qui sont ouverts au festival avec toute la pédagogie dont on a fait preuve. C'est une étape importante cette année de pouvoir en bénéficier de ces aides publiques et on commence réellement à en avoir depuis cette année.


Je suppose que tu as dû traverser des moments de doute, tu n'as pas eu envie de tout envoyer chier ? Et voir ça, ce crowdfunding ça t'a rassuré dans ce que tu fais ?

C'est que depuis que cette semaine.... je suis pour l'instant dans le jus pour l'édition 2018 afin que la prog soit finie. Je peux pas être content si je n'ai pas fini.


Tu es tellement pris que tu n'as pas le regard sur toi-même ?


Oui c'est ça, je regarderai après. Je n'ai même pas encore de réponses définitives. J'en attends encore. Pour que je sois satisfait il faut que l'édition marche concrètement. Si il pleut pendant 3 jours je serai pas content. Du coup la situation est difficile et comme j'envisage le pire y compris la météo, j'ignore comment la situation va être et ne peux pas être satisfait...





Du coup en terme d'organisation, tu dois t'arracher le peu de cheveux qui te reste sur la tête ?


Je fais du travail à flux tendu, je n'ai pas le temps de faire des réunions avec les équipes, faire des points. Je communique au dernier moment. Quand je dis à un fournisseur je peux pas de payer de suite... il me dit ok je serai là mais on en parle quand je serai payé. On ne peut rien anticiper ni bien organiser depuis 2010, aujourd'hui les presta nous connaissent et sont plus cool mais au début c'était très galère. Le retro-planing idéal serait d'annoncer la prog le plus tôt possible.
Au final, le crowdfunding nous a pas aidé à combler la dette, par contre, ça nous a aidé à avoir de la trésorerie. L'équivalent de ce que nous avions en prêt avant. Il nous a aidé à payer des acomptes, des loyers de bureau, une permanence... Du coup, si on n'avait pas eu ça, on n'aurait pas pu faire 2017. En fait j'ai essayé de démarcher dès le début du financement participatif en disant qu'avec des noms de groupe en tête d'affiche ça aiderait. Si on avait pas eu de grosses têtes d'affiches, on n'aurait pas fait. Par contre pour le reste de la prog j'ai attendu sans démarcher tout de suite. Je ne pensais pas qu'on aurait terminé la prog le .... 21 juillet 2017 !
On n'a pas réussi à faire mieux. On avait commencé le 2 janvier à la vue du résultat du crowdfunding commencé en décembre 2016 où ça dépassait les estimations. On n'avait pas eu de pot : certains festivals ont des exclu et du coup certains groupes qu'on voulait ne pouvaient pas. On a dû se rabattre vers d'autres groupes non programmés et donc Kreator et Opeth qu'on a eu au dernier moment, alors qu'on leur avait demandé le 2 février mais c'était pas possible et on a insisté pour les avoir car on voulait avoir encore mieux que les années précédentes. Il ne faut pas que les têtes d'affiches soient moins importantes les années qui se suivent. Les gens s'attendent à un minimum. Pour 2017, début juillet on n'avait pas annoncé la prog'. Ça n'a pas arrangé au final les problèmeS d'argent car quand tu annonces le nom des groupes au dernier moment, les gens hésitent à venir car souvent ils viennent de loin.


Pourquoi ne pas avoir mis le festival en pause ?


J'étais partagé en fait. Pour moi il fallait éviter la discontinuité. Contrairement au Fall Of Summer qui est en septembre, il n'y a pas beaucoup de monde qui risque de prendre ce créneau là pour installer aux mêmes dates un autre festival alors que nous, nous sommes en août et on a surtout des gens qui prennent leurs vacances, de Paris ou de Province pour les passer en Bretagne et qui iraient vers d'autres festivals avec le risque qu'ils ne reviennent pas au notre après. C'était pas facile de dire pause ou pas pause. On espérait donc que ça marche pour le festival, il fallait assurer derrière. Je le conseille au Fall Of Summer (Rires).


Cette année tu as pu annoncer en amont des têtes d'affiche : Behemoth, Minystry, Alestorm, Sepultura... C'est grandiose !!!

Oui, on a pu le faire cette année, c'est bien. On a travaillé dès juin 2017 pour démarcher les tourneurs, les managers, par exemple avec Ultra Vomit, Cannibal Corpse avec qui c'est la première fois qu'on a pu discuter depuis 2010. On y va, et on a fait une annonce début septembre. Pendant le festival on avait annoncé la future édition et les gens étaient surpris, il y avait un peu de prévente, un peu plus mais pas beaucoup par rapport aux années précédentes puis quand on a vu en septembre après l'annonce et le visuel, l'engouement, on était très satisfaitS.


Tu as vu dès septembre le résultat ?

Oui, les ventes sont parties fort ! Les gens étaient contents d'avoir du concret et que ça continue même si c'était compliqué de le faire tout de même en flux tendu.


Le délire combo (Sepultura et les Tambours du Bronx) est inédit, on est les premiers en France (ils l'ont fait en Amérique du Sud).


Il y a une exclu pour cette année avec Sepultura qui jouera un set avec les Tambours du Bronx ! Comment est venue cette idée ?


En fait il y a eu un changement dans l'équipe au niveau du permanent. Il est arrivé en mars dernier, et je peux m'appuyer dessus pour superviser. C'est son idée de faire les Tambours du Bronx. J'avoue que sur le coup j'étais pas chaud, j'étais partisan de voir ce que ça donnait sur scène voir d'autres groupes de metal en tête d'affiche. Puis il m'a dit que c'était pour faire un set avec Sepultura et j'ai trouvé ça assez intéressant. On a vu qu'il y avait de la place de les programmer pour la population locale, le grand public, mélanger les styles, je reconnais qu'au final c'est une bonne idée qu'il a eu. Depuis je suis convaincu à 200% et je communique là-dessus, beaucoup car ils ont joué il n'y a pas si longtemps à côté de Vannes et les gens s'en souviennent, il y avait 2000 personnes je crois. Le délire combo est inédit, on est les premiers en France (ils l'ont fait en Amérique du Sud).





Est ce que tu envisages à l'avenir d'autres collaborations comme celle-ci qui pourraient devenir la marque de fabrique du Festival ?


Si il y a des opportunités oui, après il faut trouver l'idée ....


Tu envisagerais quoi par exemple ?

On pourrait proposer à l'orchestre symphonique de Bretagne de faire des collaborations. Ce sont des discussions possibles. Ou bien avec des Bagads. J'ai envie de faire plein de choses avec celui de Vannes, car ils ont une touche moderne depuis des années. Je vais rencontrer leur chef d'orchestre avec qui j'aimerais beaucoup bosser.


J'aime bien l'idée des tremplins, est-ce que tu suis ces groupes et lequel t'a surpris le plus ?


Nous on fait celui de Bretagne et de Paris... Depuis 2011, il y a celui en Bretagne. Il y a 3 créneaux pour que les groupes jouent sur la scène principale assez tard en fin d'après-midi, ça donne un coup de projecteur sur ces jeunes groupes vainqueurs. Il y a le tremplin de Rennes, le Headbang Contest de Paris mais il n'aura pas lieu la prochaine année. Le groupe que j'aime bien cette année, par exemple, Transat, eux on va les suivre car aujourd'hui on a plus de temps pour le faire. A partir de maintenant, il y a des choses que nous pouvons d'ores et déjà organiser. Il y a Executor qui est aussi excellent. On fonctionne au coup de cœur aussi, parfois en dehors du tremplin qui nous aide tout de même à faire une sélection. Pour Transat on est en discussion pour voir un accompagnement d'artiste mais on ne pourra le faire que pour un seul, et si il le veut bien ce groupe. Mais hélas comme ça prend du temps, on ne peut pas le faire pour tous. Éventuellement pour un groupe breton qui nous permettrait d'avoir du financement public, et pas que pour du metal comme par exemple on le fait avec Zeb Heintz (du folk breton) qui ne sera pas programmé au Motocultor mais c'est de l'accompagnement d'artiste, c'est un super guitariste. Il faut que les artistes soient motivés et au moins une structure presque professionnelle. Le festival est ainsi devenu éclectique. Moi par exemple j'adore le metal, c'est pour ça qu'on se dirige vers des groupes tels que Trisomie 21, du blues comme Popa Chubby... mais il faut rester cohérents. Une fois on a fait Mc Circulaire, du rap, les gens se sont dit "Oh du rap... viens on va boire une bière" et ben c'était le seul concert où les gens au bar avaient la tête tournée vers la scène, il y avait de l'humour, les dialogues, la manière de pensée collaient au festival. C'est bien d'étonner, vers des choses dont moi-même j'étais pas convaincu sur papier. Comme Little Big une fois où la scène s'est transformée en discothèque, c'était super festif... et faire du festival quelque chose de très généraliste.


Quel est ton meilleur souvenir sur le festival ?


Je sais pas si c'est le meilleur mais pour moi se serait la première fois qu'on a fait le festival à Saint Nolff. C'est le seul terrain où je savais que le festival allait démarrer et à se pérenniser.


Et le pire ?


L'année dernière en juillet. On ne savait pas ce que ça allait donner... Humainement c'était très dur mais voir que les ventes fonctionnaient et que les gens nous ont soutenus avec des partenaires privés derrière nous ça nous a soulagés mais c'était à flux tendu et aucun festival ne fait ça en général ils s'arrêtent. J'ai sacrifié beaucoup de choses et me donne corps et âme au festival.


Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Cette année c'est positif, on voit une lueur. On peut montrer aux gens qu'on est tenaces, qu'on n'a rien lâché grâce à leur soutien, c'est une grande source de motivation, il y a un noyau dur et c'est énorme de voir ces personnes fans hardcore du festival. J'ai hâte que le truc soit dans la normalité. D'ici 2019 et c'est pour ça qu'on prend du temps déjà pour annoncer les groupes plus tôt et faire venir des gens de toute l'Europe, plus de monde et communiquer plus tôt.


Merci à toi pour cette interview et bon festival.


Merci à toi.



Plus d'informations sur http://www.behemoth.pl
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