MW / Accueil / Articles / TURBOWOLF (16 MAI 2018)

TURBOWOLF (16 MAI 2018)

INTERVIEW - ROCK ALTERNATIF - CALGEPO - 08.06.2018
Rencontre avec Andy, guitariste et compositeur du groupe Turbowolf en toute liberté.
  •  
  •  
  •  
    

Music Waves a pris rendez-vous dans un hôtel so british pour une rencontre avec le guitariste de Turbowolf dans laquelle il nous livre ses impressions sur la carrière du groupe et sa confiance en ce nouvel album.


Nous avons l'habitude de commencer nos interviews par la questions qu'on t'a trop posée, quelle est cette question ?

Qu'est ce qui vous est arrivé de plus fou sur scène en tournée ? Toutes les histoires drôles qui ont parsemé nos concerts intéressent curieusement.





Turbowolf demeure peu connu en France. Pour quelles raisons, à votre avis ?


Je ne sais pas, peut-être par manque d'exposition médiatique et par le fait que nous n'avons pas joué beaucoup ici en France, peut-être 2 ou 3 fois.


Et vous avez prévu d'autres concerts ici en France cette année pour remédier à ça ?

J'espère, oui. Nous avons un nouvel organisateur de tournée et un nouvel attaché de presse et je pense que nous pourrons venir ici car de mémoire le public était très réceptif.


Le public français est très ouvert à notre univers et au rock en particulier.


Est ce que ça pourrait être dû au fait que soi-disant les Français n'ont pas une culture rock par rapport à vous les Anglais, quel est votre regard sur ce point ?

Je pense que beaucoup de gens le pensent, j'ai déjà entendu ça. Les lives que nous avons fait ici ont été superbes de mémoire. Le public français est très ouvert à notre univers et au rock en particulier. Mais je n'ai pas assez de recul vis-à-vis de cela, mais c'est ce qui se dit énormément. Les Français sont doués pour la danse music, l'électronique où ils excellent.



Selon toi, les Français serait plus poussés par la volonté de trouver un sens aux chansons, en analysant les paroles... plus que par le fait d'être portés par la musique ?

Je pense que ça dépend, il ne faut à mon avis pas généraliser ce constat. En Angleterre, plus spécialement les jeunes, on aime aussi des choses assez faciles à écouter et très populaires, on adore ça, je pense qu'en France aussi. Il ne faut pas rester sur des a priori.





Alors que votre musique transpire l'énergie et l'urgence, vous prenez votre temps entre deux albums. Est-ce à dire que votre processus de composition n'est pas aussi spontané qu'il en a l'air ?

Oh oui, ça été un long travail de composition. Nous avons souhaité prendre notre temps pour tout poer le processus d'écriture. En fait pour chaque album nous imaginons pendant longtemps chaque titre pour qu'il soit au final le meilleur que nous puissions lui donner. C'est donc une mise en chantier très lente où tout est pensé, nous pourrions faire les choses plus vite ou plus spontanément, mais le résultat de nous satisferait pas.


Ça me rappelle la manière un peu de Queen dans cette façon de composer où Freddie Mercury et les autres membres prenaient le temps de soupeser chaque note avec un processus très minutieux.... Comment travaillez-vous, est-ce un travail individuel ou d'emblée collectif ?

En général j'écris la musique et Chris s'occupe des paroles. En fait, je commence à trouver les mélodies chez moi, en notant les partitions, puis je les soumets à Chris qui expérimente, les retravaille tout en écrivant les textes, en posant les différentes voix, ensuite nous les soumettons au reste du groupe mais le travail a déjà été bien avancé à ce moment. Ensuite nous jouons avec les structures. Pour cet album encore plus nous avons posé les bases des chansons, Chris et moi et sommes arrivés en studio avec ces maquettes, puis nous les transformons entre nous pour en tirer le meilleur. Mais d'une façon habituelle, les chansons sont quasiment toute posées par Chris et moi-même.


Et donc, quelle est l'implication des autres membres du groupe, peuvent-ils manifester des idées ?


Notre batteur a une grande implication dans le processus. N'étant pas batteur, je lui propose des plans de batterie que j'ai faites sur ordi et je lui propose, ainsi il peut les retravailler et parfois cela donne quelque chose de différent par rapport à ce que j'avais prévu à l'origine - et souvent en mieux.


Ces délais assez longs sont-ils la conséquence d'une activité scénique intense ?


Cela s'explique aussi par ça. En tournée, nous voyageons souvent des dans conditions qui ne permettent pas d'écrire comme le font d'autres groupes. Nous passons du temps dans des vans ou fourgons serrés peu propices à ce travail, pour nous qui sommes perfectionnistes ce ne sont pas des conditions idéales. En outre, nous avons changé de label ce qui ajoute à l'augmentation de délai entre deux albums.


Nous sommes sur scène le reflet de notre public. Plus il est fou, joyeux et réceptif plus nous sommes délirants sur scène, c'est du donnant-donnant en fait.


D'ailleurs, à quoi doit-on s'attendre quand on va voir Turbowolf en concert ? Etes-vous aussi fous sur scène que sur album ?

En fait ça dépend beaucoup de notre audience. Nous sommes sur scène le reflet de notre public. Plus il est fou, joyeux et réceptif plus nous sommes délirants sur scène , c'est du donnant-donnant en fait. Si le public s'ennuie ou est ennuyeux, nous n'aurons pas tendance à lui répondre en ce sens. Nous devons ressentir l'énergie sur scène.


Bien que le groupe soit encore assez jeune, vous avez très tôt trouvé votre style, simple, dynamique, un peu déjanté aussi et pourtant extrêmement travaillé. Est-ce venu naturellement ?

Rien n'était planifiée à l'origine. Lorsque Chris écrit ou moi compose, nous faisons ce que nous aimons en fait. Ça vient naturellement, nous n'avons pas une route toute tracée en disant on va adopter tel style... ça vient aussi de nos influences. Je suis influencé par des groupes qui ont une puissance très primitive, innée en eux, quelque chose de simple qui fait leur ADN. Ce sont aussi des groupes un peu psychédéliques dans lesquels je puise des choses que j'entends d'eux, des choses un peu cheesy, un peu heavy. J'ai un profond respect pour Black Sabbath, Jimy Hendrix... beaucoup de groupes ont été influencés par eux, ils ont posé des bases. L'évolution peut aussi venir d'un certain ennui de la musique rock. J'aime bien explorer des sons plus électroniques, tout ce qui est nouveau dans ce domaine m'intéresse énormément et constitue une source d'inspiration pour moi. J'aime expérimenter d'autres sons afin de densifier notre musique qui conserve une base rock.





Et quelle est votre apport personnel dans ces influences ?

C'est assez difficile de décrire ça, mais je pense apporter un côté plus fou et moins calibré que d'autres groupes.


Nous souhaitions sortir de ce cliché rock qui veut que tout le monde soit en noir.


Turbowolf, c'est aussi une esthétique, un look coloré. Accordez-vous une grande importance à cela ?

Je le pense, oui. Ce n'est pas totalement planifié également, mais dans le rock beaucoup portent des t-shirts noirs, ce qui est ennuyeux. Et pour n'importe quel groupe c'est important de refléter une image, de trouver une identité visuelle, surtout dans notre monde actuel qui attache une grande importance à l'image. Et nous souhaitions sortir de ce cliché rock qui veut que tout le monde soit en noir.


Le fait que vous soyez anglais peut-il expliquer ce ton décalé, presque "swinging London" (même si vous venez de Bristol), cette liberté qui semble vous guider ?

Nous sommes à Bristol depuis environ quatre ans maintenant. C'est une ville très smooth et peu artistique. Aussi, lorsque nous sommes arrivés, ça a été un peu un choc pour eux de voir arriver des musiciens un peu étranges qui ont bousculé leurs habitudes et nous avons été bien acceptés. Je pense que l'excentricité était la bienvenue dans cette cité un peu calme.


D'ailleurs, vous revenez avec un troisième album intitulé "The Free Life" ? Est-ce une forme de déclaration ?


Non, je ne pense pas. Je pense que qu'il faut demander à Chris la signification des paroles mais je pense que "Free Life" est plus compliqué, cela dépend de plusieurs paramètres et de façon de voir. Les gens s'estiment libres et probablement qu'ils ne le sont pas. L'idée de la liberté n'est pas forcément dans l'album une sorte de drapeau. La liberté a un prix dans la vie.


Bien sûr que nous sommes plus libres mais en même temps plus surveillés avec les réseaux sociaux. C'est plus un sentiment qu'autre chose.


A ton opinion, penses tu que nous sommes plus libres que par rapport à d'autres époques ?


C'est une question intéressante et compliquée. Cela dépend à qui tu poses la question, d'où tu le situes mais aussi par rapport à l'époque à laquelle tu compares la nôtre. Bien sûr que nous sommes plus libres mais en même temps plus surveillés avec les réseaux sociaux. C'est plus un sentiment qu'autre chose.


L'album peut être vu ainsi avec son nom justement ?


Oui tout à fait, ce sont les gens qui se font leur propre interprétation. Nous ne sommes pas ici pour leur dire quoi penser, d'ailleurs aucun autre groupe je pense ne doit imposer sa pensée. C'est mieux ainsi.


Le groupe semble se bonifier avec le temps. De fait, chaque nouvel album est bien meilleur que le précédent. Qu'en pensez-vous ?


Je pense que "The Free Life" est notre meilleur album à ce jour en terme de compositions. C'est celui où nous sommes allés le plus loin dans ce que nous souhaitions expérimenter. C'est une opinion tout à fait personnelle car certains vont préférer peut-être notre premier album ou le second.


Nous avons appris nos leçons pour en tirer le maximum pour notre troisième album et faire en sorte qu'il soit meilleur à mon goût.


Justement avec le recul, que pensez-vous de "Turbowolf" et de "Two Hands" ?

J'aime beaucoup le premier album, il était très honnête. Nous n'avions aucune idée de comment enregistrer un album, comment il se conçoit, nous souhaitions fait un truc brut. Il a un charme presque naïf car la production est très analogue et nous avions la volonté de capturer un son très brut tel que nous l'entendions à l'époque. Le second, nous avions franchi un pallier supplémentaire avec de bons producteurs qui ont capturé un son plus fort, et plus travaillé. En ce sens le son est plus correct. Nous avons appris nos leçons pour en tirer le maximum pour notre troisième album et faire en sorte qu'il soit meilleur à mon goût.


Penses tu alors que "The Free Life" est une synthèse des deux premiers entre la spontanéité du premier et le son du second ?


Je pense que sur cet album nous avons essayé de capitaliser nos expériences passées et de garder le charme de nos premiers albums.





Bien que fidèle à votre style vrombissant, "The Free Life" apparait plus diversifié, plus riche que ses prédécesseurs, tour à tour pop, psyché, lourd et bourré de détails et d'idées...

Je pense que nous avons essayé d'aller vers plusieurs styles, plus qu'avant. Nous aimons expérimenter et faire que cet album soit le plus aventureux possible afin de ne pas s'enfermer dans un seul style. Nous n'aimerions pas aller vers cette direction de faire tout le temps la même chose.


Les claviers occupent une place essentielle dans votre son. Là encore, vous utilisez cet instrument avec une façon qui n'appartient qu'à vous....


Il y a longtemps, j'imaginais un groupe avec une guitare, une basse et une batterie. Puis avec Chris, on s'est posé la question de savoir comment densifier cela et c'est venu avec les claviers. On trouvait ça cool. L'instrument ajoute des textures y compris dans la musique heavy, c'est intéressant de pouvoir expérimenter tous ces sons synthétiques. Dans le rock, je trouve qu'il n'est pas encore assez utilisé. Sur le second nous avons commencé à utiliser plus de claviers et pour ce troisième album, nous avons franchi un autre niveau.


Le titre 'The Free Life' est assez particulier. Que pouvez-nous dire à son sujet ?


Ma définition est que je voulais faire une chanson sur les choix qui peuvent se présenter dans nos vies. Nous avions fini les chansons du premier album puis sur le second et nous n'avions pas encore de chanson ainsi sur ce thème-là, des choix. Son écriture s'est avérée très complexe car nous n'avions pas encore expérimenté une telle construction par rapport à nos anciennes chansons, ça a été un défi de l'écrire, d'expérimenter. Et lorsque nous pensions l'avoir terminé, on revenait encore dessus. Elle nous a demandé beaucoup de travail et c'est pour ça que nous l'aimons beaucoup.


Comme toujours, vos compos sont très courtes. Que cherchez-vous à privilégier : la simplicité d'une mélodie ou bien une énergie dévastatrice ?

Les deux comptent. Nous recherchons absolument à faire les deux sonner mélodiques et en même temps transmettre une énergie positive, tous les groupes rêvent de faire ça.


On a parlé du titre 'The Free Life', titre long, pensez vous à l'avenir vous orienter vers ce genre de titre et de créer un style alt prog ?


Je ne conçois pas notre musique dans le but de la cataloguer. Mais, c'est une idée intéressante et me suis déjà posé cette question de faire de la musique étrange et de longue durée. Peut-être avec des sons plus heavy avec des transitions. Après nous verrons pour le prochain album mais l'idée que nous avons est de faire quelque chose d'encore plus heavy et peut-être que nous intégrerons ton idée de faire ce genre de morceaux. En tout cas je suis partisan de ça.


Quel est ton meilleur souvenir d'artiste ?


Le dernier show que nous avons fait à Londres avec Death From Above, c'était incroyable, un live extraordinaire. Tourner aux Etats-Unis était aussi l'un des plus beaux souvenirs.


Et le pire ?


Voyager dans le froid, le noir, on se croit en enfer parfois. Un van non chauffé...


C'est dur la vie d'artiste ...


Oui, c'est sûr on aimerait avoir un peu plus d'argent pour voyager mieux mais c'est ok, on fait ce qu'on aime, on partage notre musique, les gens viennent nous voir. Ça nous convient, même si parfois c'est un peu moins fun et qu'on aime retourner en studio chauffé.


Nous avons commencé cette interview par la question trop posée, quelle est celle que tu aurais aimé que je te pose ?

Tu as fait un bon travail, je te remercie, tu as posé de bonnes questions. Parfois certains nous interrogent sur des trucs qui n'ont rien à voir avec notre travail, et des questions stupides...


Un dernier mot pour nos lecteurs ?


Merci de nous lire, de nous écouter et si vous aimez nos albums, n'hésitez pas à nous soutenir en les achetant.


Merci beaucoup Andy.


Merci à vous Music Waves.


Merci à Childeric Thor pour sa contribution



Plus d'informations sur http://www.turbowolf.bigcartel.com/
EN RELATION AVEC TURBOWOLF
DERNIERE ACTUALITE
TURBOWOLF: Extrait et détails sur le nouvel album
SORTIE

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant TURBOWOLF
 
DERNIERE CHRONIQUE
4
The Free Life (2018)
Turbowolf est un vrai groupe de Rock avec un grand R, auteur d'une recette unique, à la fois sucrée et décomplexée qui trouve dans "The Free Life" son interprétation la plus aboutie et jubilatoire.

Lire la chronique
Voir toutes les chroniques concernant TURBOWOLF

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner, Metal Mind, Mascot, Spv Steamhammer, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn, Prophecy, F2, Frontiers, Karisma, Insideout, Nightmare, Kscope, Ear Music, Klonosphere, Progressive Promotion, Gentle Art Of Music

© Music Waves | 2003 - 2018