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JONATHAN WILSON (06 JUIN 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
POP
Le multi-instrumentiste Jonathan Wilson s'est prêté au jeu de l'interview pour nous présenter son troisième album "Rare Birds" !
DARIALYS - 20.06.2018

Musicien en solo, de studio, ou de tournée, mais également producteur, l'hyperactif Jonathan Wilson connaît bien l'industrie de la musique ! Très pris par divers projets, et récemment en tournée avec Roger Waters a l'occasion de son dernier album, le multi-instrumentiste a tout de même trouvé le temps d'enregistrer son troisième album personnel, "Rare Birds", loin de ses débuts psychédéliques. Un entretien au parfum des seventies !





Nous aimons commencer nos interviews sur Music Waves par la question suivante : quelle est la question que l’on t’a posée trop souvent ?

Jonathan Wilson : J’ai eu beaucoup de questions sur la musique de Laurel Canyon (quartier de Los Angeles réputé pour les groupes mythiques qui y sont nés dans les années 60-70 comme Franck Zappa et The Doors ; Jonathan Wilson y a ouvert un studio d’enregistrement et a organisé des soirées musicales avec les artistes du coin pour rendre hommage à l’esprit des années 60, ndlr). J’y ai vécu pendant 8 ans. C’est devenu un peu la tendance de parler de moi quand on parle de la musique de Laurel Canyon. Donc c’est une question que l’on me pose vraiment souvent.


Je suis assez surpris. Je pensais que la question que l’on t’avait posée trop souvent aurait plutôt concerné ta collaboration avec Roger Waters !

Jonathan : On me la pose aussi, mais c’est normal ! C’est de l’actualité donc ça ne me pose pas de problème.


Travailler avec [Roger Waters] en studio, c’est une chose, et c’était vraiment super, mais jouer un beau spectacle à ses côtés, c’est incroyable



Tu sors effectivement d’une tournée avec Roger Waters. Qu’est-ce que cela t’a apporté de jouer aux côtés d’un tel géant de la musique ? Est-ce que cela a eu une influence sur ton nouvel album, « Rare Birds » ?

Jonathan : Oui, tout à fait ! J’ai écrit une bonne partie de l’album au même moment, dans mon studio. J’étais impliqué dans les deux projets à la fois. Par exemple, le soir, les musiciens rentraient chez eux pour passer la nuit, et moi pendant ce temps, je travaillais sur « Rare Birds ». On y retrouve un peu les mêmes sons que sur ce que j’ai fait avec Roger Waters. Il y a des similitudes au niveau de la guitare et de la batterie. Ces deux projets partagent le même son, j’y utilise mon piano, mon synthétiseur, ma batterie, mes cymbales, ma palette de sons. Travailler avec lui en studio, c’est une chose, et c’était vraiment super, mais jouer un beau spectacle à ses côtés, c’est incroyable.


Ton deuxième album, « Fanfare », est sorti en 2013. Qu’est-ce qui t’a poussé à sortir un nouvel album cinq ans après celui-ci ? Comment expliques-tu ce laps de temps relativement long ?

Jonathan : Eh bien, la raison principale est que j’étais obsédé et déterminé à l’idée de trouver les bonnes chansons à faire figurer dans l’album. Je ne voulais pas sortir un album simplement parce que c’était le moment de sortir quelque chose. Je voulais revenir avec un contenu spécial, avec quelque chose qui transcenderait les genres. Je ne voulais pas me contenter de faire de la musique de guitariste de folk des années 70 jouant au coin du feu. L’autre raison est que j’ai été très occupé à produire des albums. C’est pour ça que ça m’a pris autant de temps. On a aussi filmé 9 vidéos jusqu’à présent, donc ça a pris un certain temps aussi.


La musique qui t’a rendu populaire est le rock psychédélique. Aujourd’hui, tu sembles délaisser ce genre-là progressivement au profit de la pop, du rock, et du folk. En effet, l’un des seuls moments psychédéliques de l’album « Rare Birds » sont les premières secondes de ‘Trafalgar Square’, le premier titre du disque. Pourquoi un tel changement ?

Jonathan : En réalité, pour certaines chansons, ce changement n’était pas vraiment conscient. C’est arrivé assez naturellement. Mais pour d’autres, c’était tout à fait conscient. Je voulais que certaines chansons aient un format radio et qu’elles puissent passer à la radio. Ça, c’était volontaire. C’est le cas pour la chanson ‘Over The Midnight’.


Tu l’as écrite dans l’optique de la faire passer à la radio ?

Jonathan : Oui, je l’ai intentionnellement écrite pour ça.


C’est assez rare d’entendre de la bouche d’un musicien qu’il a écrit une chanson pour passer à la radio !

Jonathan : Oui, mais quand tu l’écoutes, elle a à peu près toutes les composantes d’une chanson de pop des années 90, c’est ça que je recherchais. Cela fait partie de la musique avec laquelle j’ai grandi. Je n’ai pas grandi avec la musique à laquelle on m’associe, c’est-à-dire le rock psychédélique des années 60 et 70. J’ai grandi avec Bruce Springsteen, Peter Gabriel… Ce sont les premiers artistes qui m’ont impressionné.


Je ne vise pas un style en particulier. [...] Je peux toucher à plusieurs genres




C’est assez surprenant car beaucoup d’artistes commencent avec la pop avant de dévier vers une musique plus psychédélique ou progressive. Toi, tu as fait le chemin inverse. Comment est-ce que tu expliques ça ?

Jonathan : La prochaine fois, peut-être que je ferais quelque chose de complètement expérimental ou de complètement acoustique, quelque chose de folk. Je suis très fan de la musique folk anglaise des années 60 et 70. Peut-être que j’irai dans cette direction. Je ne vise pas un style en particulier. En tant que producteur, je peux toucher à plusieurs genres.

Tu as mentionné Peter Gabriel mais on retrouve aussi des influences des années 80 dans ta musique comme Kate Bush. Pourquoi ces artistes-là t’inspirent particulièrement ?

Jonathan : Peter Gabriel et Kate Bush représentent la pop expérimentale pour moi. Ils n’avaient pas peur de tenter des choses.


Ils étaient proches de la scène progressive également. Notamment Peter Gabriel quand il faisait partie de Genesis.

Jonathan : Oui, il y a de ça dans leur musique. Mais quand c’est trop progressif, ce n’est pas trop mon truc. Je ne suis pas un grand fan des chansons qui ont des longs passages instrumentaux ou des breaks très rapides, ce n’est pas mon truc. Mais j’aime beaucoup l’album « So » de Peter Gabriel.


« So » est probablement son album le plus pop. C’est pour ça qu’il a autant plu au grand public.

Jonathan : C’est sûr, exactement.


Pour revenir à « Rare Birds », qui a eu l’idée de la pochette vintage qui est très inspirée par l’infographique des années 80 ?

Jonathan : C’est ma conjointe. Elle me connaît très bien et elle connaît les chansons donc elle a trouvé le mélange parfait. Il y a un côté vaporwave (genre musical et courant artistique reprenant les codes de la culture rétro des années 80 et 90, ndlr) et aussi un côté spirituel que l’on retrouve dans mes chansons. Il y a un jeu de cartes, des gens qui font du yoga… J’essaye de recréer ça sur scène, en y mettant des colonnes par exemple. Ça ressemble un peu à un lieu de culte qui inspire la fascination.


La chanson ‘Over The Midnight’ semble raconter un road trip qui rappelle Bruce Springsteen ou The War On Drugs, tout comme ‘Loving You’, qui semblent être toutes les deux des chansons très personnelles. « Rare Birds » est-il ton album le plus personnel en date ?

Jonathan : Oui, bien sûr, complètement.


C’est aussi pour ça que l’artwork lui convient d’autant plus !

Jonathan : C’est très personnel. Il y a un côté de la pochette où je suis représenté comme un roi hippie sur son trône et dans son costume blanc. J’espère que ce ne sera pas vu comme quelque chose d’égocentrique. Mais effectivement, c’est mon travail le plus personnel jusqu’à présent où je montre de vrais sentiments. Il y a aussi des chansons comme ‘There’s A Light’ qui est purement positive.

Que devons-nous attendre de toi concernant ta prochaine tournée ? Comment vas-tu procéder pour mélanger tes anciennes chansons avec les nouvelles ? Prévois-tu de jouer un set acoustique avec tes chansons folk ?

Jonathan : Ça pourrait être bien ! J’ai joué des concerts avec ma guitare, un piano et un quatuor à cordes, donc c’est quelque chose qui pourrait être bien. Sur le concert de Paris, je serai avec le groupe complet et ce sera le plus gros concert que j’aurai joué ici. Ce sera un groupe de 6 musiciens, avec des projections et tout ça. On pouvait déjà le voir sur les derniers concerts que j’ai faits. Les scènes commençaient à être plus grandes. Ça va être dans le prolongement des derniers concerts, mais au niveau de la production, ça va vraiment être un cran au-dessus cette fois-ci.


Tu es fier de ça ?

Jonathan : Oui oui ! C’est la première fois qu’on amène un projecteur sur scène !


Comment expliques-tu que les Wilson marchent autant en France ? Car nous avons aussi Steven Wilson en France qui tourne beaucoup !

Jonathan : Ah oui l’artiste de prog !


Exactement, il est également producteur comme toi, et son dernier album est le plus pop. Pour la première fois en France, on peut l’entendre à la radio et on l’a vu à la télévision aussi. Comment est-ce que tu expliques ça ?

Jonathan : C’est intéressant car l’autre guitariste avec qui j’ai joué en tournée pour Roger Waters est dans son groupe ! C’est Dave Kilminster. Il joue avec Steven Wilson, mais je n’ai pas encore écouté ce qu’il faisait.


C’est intéressant car il mélange beaucoup de choses dans ses albums, et en tant que producteur, il produit d’excellents groupes de metal comme Opeth, je ne sais pas si tu les connais ?

Jonathan : Oui oui ! J’ai déjà vu leur nom.


Il produit aussi le groupe israélien Orphaned Land qui mélange le folk oriental et le death metal. Il a fait des remixes, pour Jethro Tull notamment. C’est un vrai génie et c’est intéressant car ta carrière et la manière avec laquelle tu penses…

Jonathan : Sont similaires d’une certaine manière ?


Oui !

Jonathan : Cool ! Je vais écouter ce qu’il fait !


Quand je suis en studio, je me sens très à l’aise et je suis assez doué dans tout ça




Tu as beaucoup travaillé pour les autres tout au long de ta carrière, en jouant avec eux ou en enregistrant leurs albums, avec Roger Waters récemment par exemple. Revenir en studio, était-ce un moyen pour toi de t’affirmer sans rester dans l’ombre des autres ?

Jonathan : Oui ! Quand je suis en studio, je me sens très à l’aise et je suis assez doué dans tout ça. Je suis bon dans l’exécution d’un certain nombre de choses, dans le réglage de batteries  et des basses, ou dans la programmation des guitares, du piano, et tout ça. Alors que quand tu joues en concert, tu ne montres pas l’étendue de ce que tu sais faire, tu te concentres sur certains aspects uniquement. Donc j’aime faire ça. Trouver un producteur qui a du goût, du talent, des compétences, et qui est sympa, c’est un don du ciel, c’est un luxe ! C’est quelque chose que tu payes. C’est un peu néfaste d’une certaine façon en tant qu’artiste de produire des albums extraordinaires. Des fois, tu as juste envie que l’on te parle de toi et de tes chansons. Mais c’est comme ça ! Je pense que cela me permet aussi de me concentrer sur mon propre travail.
 

Ton album précédent était psychédélique. Celui-ci est folk. Peut-être que le prochain sera plus acoustique ? Tu n’as pas peur de perdre des vieux fans qui aimaient tes premiers albums ?

Jonathan : Un certain nombre de mes fans anglais ont arrêté de me suivre, mais ça fait partie du jeu.


Peut-être que c’est aussi un chemin que tu dois emprunter pour grandir en tant qu’artiste et pour élargir ta fanbase. Tu vas gagner de nouveaux fans, et peut-être que des anciens fans reviendront un jour !

Jonathan : Oui c’est sûr ! J’ai joué de nombreux concerts face à beaucoup de monde, quand j’étais en tournée avec Neil Young, ou d’autres, c’est super ! Donc bien sûr, certains fans reviendront.


Tu as dû avoir un certain nombre de retours, des chroniques, des avis de fans. Qu’attends-tu de cet album ?

Jonathan : La réaction des gens a été fantastique. Les ventes ont été bonnes.


Cela t’a-t-il surpris ?

Jonathan : Oui car ces temps-ci, tu ne sais jamais ! C’était la première fois que je vendais un album sous l’ère de Spotify. Donc tu ne sais jamais ce que tu vas vendre. Je suis content, même si on peut toujours faire mieux. Je suis très satisfait des retours. J’ai fait une bonne promo et tout ça est très positif.


Cela te permettra peut-être de jouer dans de plus grandes salles ?

Jonathan : Des plus grandes salles, une meilleure production, dans de bonnes conditions. C’est le but.


Tu as fait tes premiers pas dans l’industrie musicale avec ton ancien groupe Muscadine. Penses-tu que tu rejoueras en groupe à l’avenir ?

Jonathan : Je ne sais pas si je voudrais rejouer dans un groupe entièrement « démocratique ». Ça n’a jamais vraiment marché. Mais peut-être ! Ça pourrait être marrant d’essayer !


Il semblerait que tu sois perfectionniste.

Jonathan : Je suis obsédé par le contrôle !


C’est le mot que je cherchais. Et du coup, comment était-ce de travailler avec quelqu’un comme Roger Waters si tu as ce besoin de tout contrôler ?

Jonathan : C’en est un aussi ! (Rires).
 

Est-ce que tu as dû changer ta manière de faire ?

Jonathan : Non, cela fait partie du travail en studio. J’aime faire ce que je veux en studio et garder mon objectif en ligne de mire.


En tant qu’artiste et producteur comme toi, j’imagine que certaines décisions que Roger Waters prenaient allaient parfois à l’encontre de celles que tu aurais voulu prendre. Comment réagis-tu dans ces cas-là ?

Jonathan : Eh bien, il faut être patient ! Il a prouvé au monde entier qui il était de nombreuses fois. Il a une vision fantastique des éléments qu’une chanson doit avoir et de ce qu’elle doit raconter. Il faut réfléchir avant de parler avec lui, mais en même temps, il est super ouvert aux suggestions ! Les premiers jours où l’on a travaillé en studio, je devais jouer un passage très rapide à la guitare, et il était excité par ça ! Il aime quand les gens ont ce feu en eux, car lui, il l’a. J’ai pu lui apporter celui que j’avais en moi.



Et tu l’apportes aussi dans ce nouvel album, « Rare Birds ».

Jonathan : Oui ! Surtout si tu viens aux concerts !


Nous avons commencé cette interview en te demandant quelle était la question que l’on t’avait posée trop souvent. Au contraire, quelle serait celle que tu aimerais que je te pose, ou celle à laquelle tu aurais aimé répondre ?

Jonathan : On aurait pu parler de trucs de geeks qu’il y a dans mon studio et que j’aime ! J’ai reçu un synthétiseur par quelqu’un qui l’a fabriqué à la main en Allemagne et qui m’a été donné il y a 3 ou 4 jours. Il a une valeur significative pour moi.






Ce n’est pas difficile pour ta conjointe de gérer ce côté geek ?

Jonathan : Non ! Elle aime ça ! Elle est peintre. Quand je suis en tournée, je ramène des trucs comme ça et elle fait des artworks ! C’est cool !


Merci beaucoup !

Merci !



Plus d'informations sur http://www.songsofjonathanwilson.com
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