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DANNY GOFFEY (18 JUIN 2018)

INTERVIEW - ROCK INDÉ - CALGEPO - 06.07.2018
Rencontre avec Danny Goffey, ex-batteur de Supergrass qui sort en ce mois estival son premier album solo.
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Music Waves est parti à la rencontre de Danny Goffey qui a pris le tunnel sous la Manche afin d'évoquer son premier album solo après avoir fait partie de Supergrass.


Nous avons l'habitude de commencer nos interviews par la question qui t'a été trop posée, quelle est cette question ?


Aujourd'hui ?


Non en général...

Quand est-ce que nous reformerons Supergrass. C'est une de tes questions peut-être ?





Non non non ! Ton actualité, c'est la sortie de .... "Schtick" ...


Ça sonne assez allemand. En fait ça veut dire faire son numéro, faire le comédien, comme un truc habituel, lourdingue....

 

C'est ton premier "vrai" album sous ton nom, quel a été le facteur déclencheur de cette sortie ?


Je pense que ça provient du changement de management surtout. Je viens d'avoir un vrai manager 'pop' en fait. Le groupe avec lequel je joue a changé beaucoup, parfois des amis venaient jouer en live. Je voulais peut-être me poser pour une fois, et sous mon nom pourquoi pas, et arrêter la confusion qu'il pouvait y avoir entre le groupe assez instable et moi.


En fait sortir sous mon nom cet album n'a pas fondamentalement modifié ma façon de travailler





Mais pourquoi ne pas l'avoir fait dans le passé ?


J'ai déjà sorti un album mais sous le nom de Vangoffey; je pensais avoir mon propre groupe, une sorte de groupe. En fait le processus d'écriture a été le même pour cet album, garder à peu près la même équipe. Apporter les idées, en fait sortir sous mon nom cet album n'a pas fondamentalement modifié ma façon de travailler. C'est juste sous mon nom en fait et il était temps de le faire.


Tu as fait partie de deux groupes, The Jennifers puis Supergrass, tu as ensuite multiplié les expériences avec Paul Mc Cartney, The Babyshambles, tu as créé un groupe Vangoffey...  Que ressens-tu à sortir cette fois un album sous ton nom avec la promo d'aujourd'hui qui va avec ?


Oui, pour ce disque en effet....


Est-ce que ça change quelque chose, la pression que tu peux sentir ... ?


Non, pas vraiment


Car ton nom est dans la lumière, contrairement aux autres expériences que tu as pu avoir...


C'est plutôt excitant en fait ce qui arrive. Lorsque j'ai fait la promo, je l'ai presque faite sous mon nom (pour Vangoffey), rien ne change trop en fait. Comme je l'ai évoqué, ça a préparé tout ça puisque je n'ai pas modifié grand-chose en terme de processus d'écriture et donc de promo. J'avais déjà expérimenté tout ça.


Nous avons évoqué tes nombreuses expériences, qu'est-ce que tu en as tiré ?


Heu... travailler avec tous ces gens ?


Oui, si tu devais en retenir une seule, ce serait laquelle ?


(Hésitant) Quand j'ai fait un concert philharmonique avec une reprise de Sergent Peppers avec un membre de The Libertines, nous avons joué pendant deux jours et je pense que c'est une des plus belles expériences pour moi. 


Je suis né dans les années 70, je pense que mon inspiration trouve naturellement son origine dans ces années-là




L'album revêt un côté pop très 70s avec une puissance rock qui a presque disparu et moins médiatisé (surtout chez nous), une volonté pour toi de revenir aux fondamentaux ?

Je suis né dans les années 70, je pense que mon inspiration trouve naturellement son origine dans ces années-là. Déjà dans Supergrass, j'apportais cet état d'esprit un peu pop mid tempo, et Gaz et moi cherchions à y apporter de l'énergie avec des titres de trois minutes. Je puise vraiment de façon instinctive dans la musique de ces années d'enfance et d'adolescence.



On a l'impression aujourd'hui que les groupes comme l'a pu être Supergrass commencent par du rock un peu alternatif (Coldplay par exemple ou 30 Seconds To Mars aux USA) pour dériver vers quelque chose de plus commercial dans une industrie musicale où tout va vite et tout doit être immédiat. Comment te sens-tu justement dans cette vision actuelle de la musique qui est devenue un produit de consommation ?

Oh oui, tout va vite. Je ne comprends pas cela, lorsque j'ai découvert la musique et commencé à en faire, ce n'était pas mon état d'esprit. Je voulais faire des choses intéressantes, quelque chose qui puisse rester. Dernièrement j'ai joué pour un festival afin de lancer mon album, où six groupes jouaient des titres assez faciles, très consommables ('Food Stuff') et je ne comprends pas cela...


Ce que je peux faire uniquement c'est faire ce que je veux et pas faire comme l'industrie du disque voudrait que cela soit



Tu n'as pas peur d'être loin de cette industrie désormais, que ton album parle de choses actuelles, intéressantes ce qui est à contre-courant presque de ce qui se fait actuellement, d'être dans les playlist de Deezer ?

D'avoir du succès ? pfff, ce que je peux faire uniquement c'est faire ce que je veux et pas faire comme l'industrie du disque voudrait que cela soit. Trouver une mélodie est assez facile pour moi, je peux en composer une par mois mais j'ai besoin lorsque j'écris les paroles de me documenter puis ensuite trouver les gens avec qui enregistrer... Après c'est facile d'écrire des titres faciles mais qui n'auront aucune saveur et je n'ai pas envie de me lancer là-dedans. C'est peut-être après tout ce que les gens veulent, je ne sais pas....


Mais après il n'y a plus de surprise lorsque tu achètes un album.... au final tu auras ce que tu as déjà entendu, écouté et quoi ensuite....

Il y a eu trois titres de cet albums parus sur Spotify, c'est utile pour les singles. Ça fait partie de la promo. Après il faut prendre son temps, comme pour écrire un livre ! C'est du travail de faire ça.


Je pense qu'il y a quelque chose de très fort avec cette opposition qui consiste à parler de choses très dures sur un fond plutôt fun




"Schtick !" parle de violence, de religion, presque de perdition. Est-ce un album pessimiste et est-il le reflet de ton regard noir sur la société actuelle ?


Sur le fond on pourrait parfaitement penser à un album assez pessimiste mais sur la forme, les choses sont présentées de façon joyeuse. Lorsque j'avais une vingtaine d'années, beaucoup de chansons étaient très pessimistes et je pense qu'il y a quelque chose de très fort avec cette opposition qui consiste à parler de choses très dures sur un fond plutôt fun. C'est ma manière d'écrire de trouver la musique adéquate pour ça. Par exemple, je pense à 'Ancient Text' qui n'est pas pessimiste avec cette opposition entre le fond et la forme, je pense bien sûr à ces pays en guerre civile à cause de la religion, les enfants endoctrinés dans ces croyances...
Il 

Avec le Brexit, Trump, les attentats... on a l'impression que l'histoire balbutie avec les nationalismes qui reprennent le dessus alors qu'on avait le sentiment que tout cela était dernière nous. Penses-tu que le rock permet de dénoncer cela et est-ce ton message dans l'album ?

Il n'y a pas de message précis dans l'album.... Peut-être 'Ancient Text', qui dit qu'il faut arrêter de tuer les gens, les enfants pour ces raisons qui nous dépassent. Dans 'Buzzkiller' j'évoque aussi l'agression dont a été victime mon frère à la sortie d'un pub, cette violence qui nous entoure. Ce n'est sans doute pas non plus très commercial de chanter ça, mais c'est ce que je veux faire. C'est une question intéressante, certains de mes confrères peuvent écrire des trucs abstraits, mais naturellement je parle de choses assez concrètes que les gens peuvent assimiler facilement au premier degré.


Tu penses que la musique que tu proposes est le meilleur choix pour illustrer toutes ces mauvaises choses, comme par exemple le montre le clip de 'Buzzkiller' avec cette violence ?

Ouais, c'est une façon comme une autre de le faire, c'est ma manière....


On a l'impression que depuis quelques années, le rock, dans sa définition primaire, est redevenu underground, une place qu'il n'aurait peut-être pas dû quitter lui qui est subversif, dénonciateur. Quel regard portes-tu sur cette évolution ?


C'est définitivement le cas, lorsque tu regardes les charts, le rock est moins présent. Les amateurs sont là et le rock se veut moins commercial. Je ne sais pas. Il y tellement de choses qui évoluent, qui balbutient. La nouvelle génération écoute de façon différente par rapport à mon époque où il n'y avait que la télé, la radio, les bouquins, le début des Smith... Le rock est ensuite devenu plus mainstream, plus commercial puis ensuite moins présent, la pop a pris le relai.


Tu t'inscris un peu dans cette veine où tu mèles le style rock, pop et punk (dans le titre 'Television'), penses-tu être l'héritier des grands noms britanniques d'un rock aujourd'hui aseptisé ? (Sex Pistols, Beatles, The Pogues, The Clash pour ne citer qu'eux) ?


Je pense que ma voix peut être assimilée à ces groupes, lorsque je pousse dans les aiguës, mais après je ne suis pas un grand chanteur. J'espère m'en rapprocher avec mes mots.


D'où t'est venue l'idée du clip complètement déjanté de 'Sick Hollyday' qui ressemble un peu au film "Very Bad Trip" ?


Je pense que le clip est une sorte de conte moral, j'étais dans un avion d'Easy Jet et trois gars étaient derrière moi, ils revenaient de vacances, de Grèce et ils se plaignaient d'avoir été piqués par des moustiques, de tout, de la population.... et ils disaient que c'étaient de mauvaises vacances ('Sick Hollidays'). J'ai commencé à écrire leurs remarques. Je pense qu'il y a une perte du sens des choses, de la façon dont on peut les apprécier. Ces mecs semblaient être bourrés de fric, avaient la possibilité de partir et ils se plaignaient. Dans cette vidéo, ce sont trois gars d'environ quarante ou cinquante ans de différentes catégories sociales qui se retrouvent là-bas et qui au final pensent la même chose. Ce n'est peut-être pas la meilleure vidéo....


Peut-être pas, mais elle marque ?

Parce qu'elle semble réelle peut-être....


L'aspect cinématographique semble être important dans tes clips : on a parlé de "Very Bad Trip" mais aussi on peut évoquer Stanley Kubrick pour 'Buzzkiller', est-ce que c'est un art qui t'inspire ?

Vraiment, merci pour la comparaison avec "Orange Mécanique". C’est un groupe de jeunes qui a fait les vidéos. Nous en avons discuté entre nous après le tournage et leur manière d'avoir illustré et suivi les paroles. Ils sont très intéressants. Toutefois, je leur ai laissé la liberté la plus grande pour pouvoir s'exprimer dans les vidéos. C'est une expérience très intéressante. Ils me disaient :"Tiens on a cette idée !" je leur répondais "Foncez ! allez-y !" Mais je me suis tenu toujours informé sur le tournage et je savais ce que je voulais au final. Ce clip est particulièrement violent. C'est un bon truc. J'ai été en Inde avec mon frère et nous avons fait une une vidéo dans les rues de Bangalor, et si vous écoutez 'Ancient Text',  il y avait des choses qui se rapprochaient de cette ambiance musicale. La vidéo est quelque chose qui est important pour moi.



'The Ancien Text' est presque une chanson happy, très pop Beatles, alors qu'il évoque le fanatisme religieux. Pourquoi cette sorte de dichotomie entre la forme et le fond ?

La musique est cool, mais le texte est triste. Je pense puiser de l'énergie un peu rock et c'est ma personnalité de faire ainsi, je ne peux pas aller contre nature mais je ne pense pas que ça desserve le texte au final.



Pour cet album, t'es-tu entouré de gens avec qui tu as travaillé et as-tu besoin justement de travailler avec cette confiance qui peut te rassurer ?


En quelque sorte oui. J'ai fait l'album dans le même studio et c'est plutôt rassurant de travailler dans des conditions que tu connais déjà. Rien n'avait changé lorsque j'y suis allé, la déco, la batterie, la basse étaient placées au même endroit. Oui ça rassure, évidemment.


Nous avons partagé tellement de bons moments mais je n'ai pas trop de nostalgie.




 As-tu la nostalgie de cette époque Supergrass avec le groupe et le succès ensemble ?


Oui bien sûr, même si mon cerveau et ma mémoire ne sont pas si bons que ça en fait. Je me rappelle de moments marquants, lorsque nous avons joué au Brésil. Nous avons partagé tellement de bons moments mais je n'ai pas trop de nostalgie.





Penses-tu que c'était tes meilleures années d'artiste ?

Non.... heu (hésitant)... pfff, elles l'étaient oui. Nous avions du succès, on était des potes d'école, on tournait beaucoup... Tout fonctionnait bien. Nous avions bossé pour ça. Aujourd'hui, je retrouve une confiance en moi, en ce que les gens veulent entendre... Nous avons eu beaucoup d'expériences différentes, heureuses ou moins, les vibrations ont évolué je me sens heureux maintenant...


Tu as gardé contact avec Gaz ?

Bien sûr, mais vers la fin Gaz n'avait plus envie de chanter sur mes titres...


Il n'a pas accepté de chanter sur cet album ?


Non, en fait, avant le split, comme j'étais le principal compositeur, je commençais à expérimenter certaines choses sur lesquelles il n'était à pas l'aise. Depuis, nous avons continué nos chemins différents, moi plus pop, lui plus alternatif. Je me sens très libre vis-à-vis de ça. Et je sais que le groupe a apprécié.





Et le label aussi ?

Oui, je ne ressens pas trop de pression également par rapport à leur jugement.


Penses-tu venir en France pour des concerts ?

J'aimerais mais c'est un gros investissement pour moi et le label. Mais j'adore être à Paris, c'est une ville passionnante.


On a commencé par la question qu'on t'a trop posée, quelle est celle que tu aurais aimé que je te pose ?


Comment as-tu pu conserver ton si beau look tout ce temps ? J'ai un beau physique ! pourtant je ne fais rien pour.


Merci beaucoup.

Merci à vous.




Plus d'informations sur https://m.facebook.com/dannygoffeyofficial/?locale2=fr_fr
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