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STEVE AMBER (11 SEPTEMBER 2018)

INTERVIEW - ROCK ALTERNATIF - ADRIANSTORK - 12.09.2018
Music Waves a rencontré Steve Amber! En personne? Non, Steve Amber, c'est bien un groupe de Bretons avec un chanteur Anglo-Saxon qui s'amuse à mélanger les cartes rythmiques. Rock alternatif, folk, blues, rock? Vous en saurez plus en lisant cet entretien.
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Quelle est la question qu'on t'a trop posée ?

La question suivante (Rires)


On a dû vous poser cette question des milliers de fois, mais en choisissant un patronyme imaginaire de nature anglo-américaine, était-ce une façon de brouiller les pistes?

En effet. Il est important de comprendre que Steve Amber est le nom du groupe. Nous étions jeunes et il nous fallait un nom si possible imbibé de mystère. Il peut autant faire référence à la double nationalité de Tchaz qui est franco-britannique ou encore à la culture musicale plus anglophone que francophone que chacun des membres s'est crée. Nous aimons le voir comme notre création. Une sorte de Frankenstein à nous. Au fil des années ce choix nous a peu à peu guidé dans notre création artistique et nous avons développé des concepts au sein de notre musique qui, aujourd'hui, donne à ce nom une signification plus profonde. De plus les gens le retiennent bien.


Comment s´est organisé le temps de travail en studio, qui fait quoi? Etes-vous un groupe démocratique ou Steve Amber vous impose des choses que vous ne voudriez pas faire?

Steve Ambler est clairement démocrate. Il nous arrive souvent de nous rentrer dedans quand l'un de nous n'aime pas ce qui passe. Dans quel cas, on triture et on modifie jusqu'à ce que l'on soit tous satisfait du résultat. Mais cela peut prendre plusieurs jours avant d'arriver à ce point. Il ne faut surtout pas oublier de prendre du recul. C'est important. Parfois nous travaillons des heures sur des idées qui n'aboutirons pas. Ça fait partie aussi du processus créatif.





Qu´avez-vous appris lors de l´enregistrement de votre premier EP en studio?

Notre premier EP « Steve Amber » nous a permis de prendre conscience que nous devions réepurer nos idées et notre son afin de bâtir de bonnes fondations pour la suite.


En général, un EP, c´est une sorte de carte de visite, un aperçu du potentiel du groupe. Vous avez décidé d´aller le plus loin possible en nous offrant presque un album, avec une durée de 29 minutes et sur lequel vous prenez votre temps pour construire vos atmosphères. Pourquoi avez-vous placé la barre haute?

Nous ne le voyons pas comme un EP a proprement parlé mais plus comme une bande son. Même si nous utilisons ce terme pour le différencier d'un album qui pour nous sera une étape futur. Nous avons simplement choisi les 5 morceaux qui nous intéressaient le plus d'enregistrer à ce moment là. L'idée était d'avoir de nouvelles vidéos pour faire avancer le projet et de créer tout le contenu en très peu de temps. Nous sommes donc parti sur les idées de Plan Séquence pour la vidéo et d'enregistrement Live pour le son. On s'est dit qu'en publiant plusieurs nouvelles vidéos filmées en plan-séquence et en sortant la bande son sur un EP qu'on vendrait en tournée, les morceaux seraient visibles partout. Nous voulions présenter quelque chose qui nous semblait original et efficace.


L´atmosphère de cet EP est assez onirique. Est-ce qu´à l´instar de Gérard Manset, on pourrait dire que cet album, c´est ´´Entrez dans le rêve´´?

Pas loin, c'est plutôt un voyage vers l'intérieur. Les paroles sont exclusivement des questionnements philosophiques, et la musique est censé refléter cet aspect par ses couleurs et ses formes. Comme un tableau impressionniste.


Le titre de l´EP, sauf erreur, serait ´´From A Temple On A Hill´´. Toujours l´invitation au voyage et un peu d´exotisme et de mystère?

A vrai dire, le titre fait référence au studio "The Temple" où l'EP fut enregistré et filmé, ainsi qu'une référence à l'album posthume d'Elliott Smith "From A Basement On The Hill". Artiste que nous apprécions particulièrement et d'un grande influence pour nous. Mais notre musique est toujours une invitation à la découverte.


Le voyage commence par ´Dust´ qui nous donne l´impression de suivre une piste à travers un grand espace sur un rythme lancinant, mais dont le rythme pourrait être parfois répétitif. Placé en éclaireur, ce morceau esquisse en fait la carte du monde (avec quelques saillies de guitare) que nous allons explorer, l´avez-vous conçu comme une simple entrée en matière?

Nous l'avons placé en première pour son efficacité. Son rôle est justement de faire rentrer l'auditeur dans notre univers de manière directe et assumée sans pour autant être agressif. Une séduction en quelque sorte. C'est aussi le titre le plus court donc plus simple pour une entrée en matière en effet. Le morceau parle de l'immortalité à travers l'art, quête futile aux yeux d'un univers qui détruira toute trace de notre existence. A la fin tout devient poussière.





´Mood Swing Moderator´ se fait plus orageuse, quasi bluesy avec sa guitare acoustique qui offre un tempo assez dépouillé, sec mais avec quelques attaques de guitares et de clavier à la facon de Grinderman. Comment avez-vous trouvé cet équilibre sur neuf minutes?

On a toujours considéré ce morceau comme un diptyque. Deux chapitres qui parlent de comment nous sommes esclaves de nos émotions, pour le pire comme pour le meilleur. L'un ne va pas sans l'autre.


A l´écoute de ce morceau, on se dit que vous n´êtes pas si sage que ça, Est-ce que c´est une formule que vous comptez élaborez ou juste un (heureux) accident de parcours?

Ce titre est le plus récent et nous a permis d'explorer un son plus sale, plus violent. L'arrivée de la Fuzz dans le son du groupe y est pour beaucoup aussi. Sans parler de notre culture musicale qui évolue constamment. L'idée était de mixer cette folie avec nos envolées aériennes afin de surprendre. Il est probable qu'il influe sur nos prochains morceaux. Who knows ?


´At Road´s End´ est le sommet de l´album, percussions stressantes, basse lugubre, voix un peu pesante puis tout se libère et prend de la hauteur et les guitares se font plus chaleureuses tout en restant incisives. Est-ce qu´on pourrait résumer votre travail à ce morceau, le morceau qui incarne le mieux l´esprit Steve Amber?

Ce qui est sûr c'est qu'ici aussi nous avons visé l'efficacité tout en restant nous même dans ce morceau. Cependant il ne reflète qu'une partie de l'esprit de Steve Amber. Comme chaque morceau, il incarne les paroles et les paroles incarnent le morceau. Si ça sonne on le joue.


Ce morceau c´est un peu votre Opération Séduction, la carte que vous pouvez tendre aux radios pour obtenir quelques passages même si rien n´est fait pour être populaire?

On ne cherche pas à plaire à tout le monde. Si ce qui sort de nous plaît aux yeux et aux oreilles, tant mieux. Comme pour la plupart des groupes, certains morceaux sont plus accessibles que d'autres. Pour nous, « At Road's End » en fait partie.


´The Self As A Wave´ est un peu plus en retrait, avec un rythme à nouveau lancinant. Est-ce la rampe d´atterrissage qui prépare le final?

Pour le coup celui-là est moins "accessible", d'où sa place dans le disque. Nous sommes fier de ce morceau car nous avons découvert des choses sur nous , sur notre approche de nos instruments et du son qui nous a permis d'avancer artistiquement. Il ferait en effet plus écho à l'évolution futur de Steve Amber qu'au présent. Il a pour sujet le Bateau de Thésée qui est une expérience de pensée connue. Inspiré par une phrase de Neil deGrasse Tyson qui dans une interview propose de considérer l'être vivant comme une vague, dont les atomes qui le constituent ne sont jamais les même d'un instant à l'autre. Comme pour tous les morceaux, le concept des paroles se reflète dans la musique.





Avec son introduction entraînante, ´What The Radio Plays´ se fait assez exotique avec ses nappes de synthés quasi asiatiques, presque Bob Moraniennes. Est-ce que cet ultime morceau est la piste d´atterrissage (le climax final suggère un avion), conclusion du voyage ou le meilleur est à venir?

Le morceau parle de la subjectivité de la musique, que l'on pourrait sortir tous les arguments possibles et imaginables pour défendre tel style ou tel autre alors qu'au final la différence entre Jul et les Beatles n'existe que dans notre tête. L'idée était de partir d'un morceau plutôt "radio-friendly" pour enchaîner sur quelque chose de moins attendu. D'où l'effet “synthé“ sur la guitare électrique et l'arrangement moins radio-edit.


Comment le chanteur Tchaz Locke travaille t´il sa voix? Entre onirisme, mélancolie et aérien, comment y trouve t´il son compte? Est-ce qu´il met en jeu sa psyché ou reste t´il un peu en retrait? Est-ce qu´il pourrait apprécier le travail vocal de Thom Yorke?

Tchaz : Quand je me suis mis à chanter, mon seul atout était mon accent british. J'ai ensuite pris des cours pour apprendre les techniques vocales dites "Céline Dion" pour donner du grain et de la stabilité à ma voix. A partir de là le vrai travail a été de trouver le bon micro, les bonnes intentions et les bons effets. J'utilise un pedalboard pour ma voix sur scène ce qui me permet de gérer moi même ce que je veux dégager. Et oui, j'apprécie beaucoup le travail de Radiohead, même si je n'oserais jamais me comparer à la sublime voix fragile et envoûtante de Thom Yorke. Bien que j'aime beaucoup ses paroles, il privilégie l'intention à l'articulation, tellement que sans texte sous les yeux je ne comprend pas la moitié de ce qu'il raconte. Pour ma part j'essaye d'être le plus clair possible.


Comment écrivez-vous les paroles, qu´est-ce qui vous inspire? On sent une colère un peu froide mêlée à une grande mélancolie? Est-ce que chacun à son mot à dire sur les paroles?

On se met d'accord sur le sujet du morceaux pendant sa composition. Puis une ligne de chant. Tchaz s'occupe ensuite de mettre des mots sur ce qui nous a inspiré. Étant anglais, il est le mieux placé pour trouver les bonnes tournures. Après tous le monde peut proposer des idées.


N´avez-vous pas peur que la longueur des morceaux vous empêche injustement de passer sur les ondes?

Ce qui nous ferait peur ce serait de présenter quelque chose qui ne nous ressemble pas. Nous préférons jouer la carte de la sincérité et tendre vers la nouveauté que le conventionnel.





Sauf erreur, vous venez de Brest. Est-ce qu´il y a quelque chose de bretonnisant dans votre musique ou au contraire quelque chose qui vous a forcé à repousser les frontières du Finistère?

Nous ne venons pas de la culture bretonne pure mais ce que Brest et le Finistère nous ont apporté c'est clairement la culture rock et l'ouverture d'esprit qui règne dans le milieu musical breton. On pense que ça se ressent dans notre musique et notre but est de le partager avec les gens qui nous écoutent et viennent nous voir. Plutôt une référence à l'air pure et aux grands espaces de sables, de mer, de pluies et de forêts qu'au côté festif de cette culture à côté de laquelle nous avons grandi.


Quel est le programme pour la suite? Tournée et enregistrement d´un premier album?


Nous reprenons la route cette automne tout en travaillant sur notre premier album. Beaucoup de choses se préparent. En attendant on sillonne la France, faisant parfois des escales en Belgique et en Suisse. Tout sera annoncé sur les réseaux sociaux.


Comment avez-vous vécu l´expérience du tremplin Guitare en Scène?

Ce fut nos plus gros concerts de ces 2 dernières années. Même si pour nous la musique n'est pas une compétition et ne devrait pas être considérée comme tel, que ce soit ce tremplin ou un autre, nous trouvons important le fait de pouvoir permettre à de jeunes groupes de se faire connaître sur des évènements de cette envergure et de découvrir les hauts et les bas des organisations professionnelles dans le monde du spectacle. Ça ne peut qu'être bénéfique. Ce fût une expérience très constructive en ce qui nous concerne.


On a commencé l'interview par la question qu'on t'a trop posée, quelle est celle que tu aurais aimé qu'on te pose ?

N'importe quoi qui touche de près ou de loin aux paroles, c'est rarement un sujet abordé en profondeur alors que c'est ce qui en donne à ce qu'on écoute.


Un dernier mot pour nos lecteurs?

Si vous croyez que le libre arbitre et que la couleur bleu existent autre part que dans votre imaginaire, écoutez notre musique.


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/steveamber/
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