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FESTIVAL PROG'SUD 2009.


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
Pour sa dixième édition, Prog'Sud a offert à son public une affiche à la hauteur de l'événement : 12 groupes venus du monde entier se succédant sur la belle scène du Jas Rod pendant 4 jours.
PETER HACKETT - 04.06.2009
Compte-rendu cossigné par Peter Hackett et Abaddon.

Notre compte-rendu ne traitera que des 3 derniers jours car nous n'avons pas pu être présents lors de la première soirée qui promettait pourtant d'être marquante de par la programmation des Stick Men (Tony Levin, Michael Bernier et Pat Mastelloto).

J’arrive “naïf” sur ce festival Prog'Sud 2009. Entendez par là : sans contact préalable avec les groupes qui s’y produisent. Je sais, j’aurais pu dire “vierge”, mais je préfère “naïf”. Allez savoir pourquoi. J’attendais avec impatience le concert du vendredi avec la prestation de Sylvan, mais les circonstances extérieures m’empêcheront d’y assister. Il me reste donc les soirées de jeudi et samedi, que je partagerai avec Peter, ”descendu” spécialement pour l’occasion.

Jeudi 21 mai :
Cinquante minutes de transport heureusement sans bouchon - la traversée de l’agglomération marseillaise aurait pu être source de contretemps fâcheux - avant d’arriver au Jas Rod. Un grand merci à Monsieur GPS, l’endroit est très isolé et pas facile à trouver, même si le fléchage est bien présent en fin de parcours. La salle est assez vaste et garnie de chaises : bonne surprise, nous serons assis, ce qui est toujours appréciable pour des soirées qui peuvent se prolonger. Places au troisième rang, donc très près de la scène surélevée, bonne vision, la soirée s’annonce bien.

SYLBAT (France)
Sylbàt ouvre le spectacle. Une formation bretonne qui délivrera un set entièrement instrumental, porté par la présence aérienne de Clotilde Trouillaud à la harpe électrique (instrument qui aura droit à plusieurs réglages pendant le spectacle, la chaleur le désaccordant régulièrement). Malgré des titres un peu linéaires, la prestation est tout à fait agréable, le jeu de guitare d’Hélène Brunet (enfin une femme à la guitare !) dynamisant l’ensemble avec l’excellente complicité de la section rythmique.

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Le style est évidemment empreint de folk celtique mais avec des incursions vers un prog psychédélique clignant de l'œil vers Soft Machine ou Mahavisnu Orchestra. Une prestation de qualité pour les amateurs du genre mais qui a su accrocher un public plus large.


D PROJECT (Canada)
Venu spécialement du Québec, Stéphane Desbiens avait amené dans ses bagages, outre son bassiste attritré (Mathieu Gosselin), un batteur (le frère du bassiste ?) et une charmante violoniste. Le D Project nous a servi de grandes plages de son répertoire dans des versions expurgées des interventions des grands invités présents sur les albums. Le résultat reste plutôt convaincant malgré des problèmes techniques qui ont forcé le groupe à improviser pour remplacer des passages préprogrammés. Un show qui ne peut que donner envie de revoir Stéphane et sa bande dans de meilleures conditions.

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J’attendais beaucoup de la prestation du D Project de Stéphane Desbiens. Il s’est avéré cependant difficile de faire passer toute la complexité des compositions avec seulement quatre interprètes (dont une violoniste qui n’interviendra que très ponctuellement). J’ai personnellement été bluffé par la technique de Mathieu Gosselin, qui a assuré simultanément la basse et les claviers avec sa seule basse (via une interface MIDI ?): je plaque des accords main droite et je continue à tenir la ligne de basse main gauche, joli numéro d’équilibriste (que je reverrai chez Lazuli d’ailleurs). Pour le reste, set en demi-teinte, où le courant est assez peu passé vers le public; j’ai trouvé Stéphane assez tendu, pas très à l’aise au clavier et un peu solitaire à la guitare. Un pupitre supplémentaire aurait probablement densifié le propos et donné plus d’ampleur ...


ECLAT (France)
On ne présente plus Eclat, groupe local impliqué dans l'organisation du festival depuis son origine. Ce dixième anniversaire du festival venant s'ajouter au vingtième du groupe, Eclat se devait de se montrer à la hauteur.
Les groupes clôturant les soirées ayant toute latitude pour prolonger le spectacle, le quatuor marseillais s'étallera longuement sur sa discographie passée et présente. Beaucoup d'instrumentaux à orientation jazz-rock donc !!

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Les quatre compères ont assuré un set sans bavure (mais sans surprise) qui a clos cette soirée de façon sympathique.

Vendredi 22 Mai :
Le collègue Abaddon pris par d'autres obligations, c'est donc seul avec ma 'blonde' que j'assisterai à cette deuxième soirée. Ayant profité de la journée ensoleillée pour visiter la région, notamment les calanques de Cassis, nous sommes arrivés plus tôt que la veille et avons découvert, en guise de diner, les spécialités progsudiennes.

REQUINS MARTEAUX (France)
Ce groupe toulonnais a bien du mal a passionner la tranche la plus agée du public... c'est un groupe de 'djeunes' et leur musique est aussi énervée que ses interprètes !! C'est une sorte de 'nu-prog', de 'punk-prog', de .... ??
Ca ne dure qu'une petite heure et du coup ça en devient nettement plus supportable, presque distrayant. Mais je suis mauvais juge pour ce genre de musique qui n'est pas faite pour les dinosaures.

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SYLVAN (Allemagne)
Voila un groupe très attendu ! Les fans étaient nombreux à espérer retrouver sur la scène du Jas Rod la même qualité que sur l'excellent DVD "Posthmous SIlence - The Show". Je pense que les vrais fans n'auront pas été déçus. Par contre, pour qui découvrait Sylvan ce soir-là, le risque était de trouver leur répertoire un peu trop linéaire. Les cinq Allemands sont très pros et efficaces et la voix de Marco Glühmann, si typique, propulse les textes puissamment. L'ambiance est plutôt intimiste et j'ai pu constater après leur show qu'une partie du public avait trouvé le spectacle un peu long et peu varié. Pour moi ce fut un show qui ne m'a pas transporté, mais m'a fait passer un bon moment avec d'excellents interprètes.

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ODESSA (Italie)
Je ne connaissais pas Odessa et je m'interrogeais sur l'oportunité de les avoir programmé en fin de soirée, derrière un groupe de renommée internationale ...
En frontman central, au chant et aux claviers, une sorte de Steve Walsh italien dont la voix m'agace un tantinet quand il chante dans le registre medium, mais qui devient enchanteresse lors des montées dans les aigus. A main droite, un grand gars à cheveux très longs, lunettes noires, chapeau melon, tient la basse et la tient plus que bien. Profitant de la liaison HF de son instrument, ce bassiste exubérant ira plusieurs fois se promener dans la salle et jusqu'à la régie lumière, sans jamais perdre une note. A main gauche, un guitariste à cheveux très longs, assure discrètement pendant toute la première partie show. Je l'ai sans doute trouvé discret parce que je dois avouer que si la musique d'Odessa n'est pas désagréable, la fatigue aidant, je n'ai pas été un spectateur captivé pendant toute la première partie de leur intervention. Mais puisqu'ils faisaient la cloture de la soirée, les italiens ont eu le loisir de revenir sur scène pour un rappel sans fin ....
Un rappel "énorme" constitué de reprises fort bien exécutées de grand standards tels que "Carrry on wayward son" pour commencer en beauté ! Puis arrivent "Child in Time" et "Highway Star" où notre Walsh italien se transforme en Gillan-Lord très convaincant. "Whole Lotta Love" sera l'occasion de faire monter sur scène un constructeur local de "thérémine" pour une petite démonstration. Après un petit extrait rapide de "Roll over lay down", Odessa concluera avec un "Speed King" d'anthologie où le guitariste, forçant le respect, improvisera des soli à la manière de : Page, Hendrix, Van Halen, Vai, Malsmteen (et j'en oublie !).
Nous nous coucherons à 3 heures ce matin, fourbus mais heureux.

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Samedi 23 Mai :
Même lieu, mais une heure plus tôt que le premier jour, car nous avons préféré manger sur place (on vous recommande le sandwich au magret de canard et oignons confits !). Ca nous permet d’arriver détendus et sans être à la bourre ... L’assistance est un peu plus fournie ce soir (250 ?) et nous sommes une fois encore assis à une bonne place.

ROUGH & READY (Japon)
Les Japonais de Rough & Ready (tu parles d’un nom !) ouvrent le bal. Ils nous livreront une prestation conforme à ce que nous attendons du prog nippon : une forte domination de claviers “emersoniens”, et une chanteuse (charmante dans son lamé bleu) qui a fait l’effort de parler français (avec des pompes écrites, mais quand même !). Agréable.

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Le coté "emersonien" ne m'avait pas sauté aux oreilles, mais il est vrai que je ne suis pas fan d'ELP. Malgré les efforts d'un guitariste très expressif, les Japonnais ne m'ont pas emballé !! La charmante demoiselle en avant scène me faisait plus penser à une show girl de casino asiatique qu'à une chanteuse de rock. Sans doute le chant japonnais qui me gêne un peu ... Pour ne pas rester sur une note négative, je dirai que la brièveté du show a joué en sa faveur et que de ce fait, il est resté distrayant.

PSICOTROPIA (Espagne)
L’arrivée des Espagnols de Psichotropia va radicalement changer la donne. Le trio va délivrer un set plein d’une énergie à toute épreuve, très technique ... et parfaitement rébarbatif ! Pilonnés par une batterie surpuissante, éraflés par une guitare agressive et désarçonnés par des breaks se télescopant sans réelle légitimité, mes tympans ont rapidement demandé grâce ! Je ne suis probablement pas la cible idéale pour ce type de musique, trop technique et désincarnée à mon sens.

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Là encore le durée réduite du show le sauve du désastre ! La musique des Espagnols s'adresse plus à un public de metaleux excités qu'à de vieux progueux. J'ai été intéressé par la technique parfaitement maitrisée du trio, mais, la technique ne faisant pas seule l'intérêt d'un concert, j'ai subi une violence vocale et instrumentale qui m'ont fait pousser un soupir de soulagement à la fin du set.

LAZULI (France)
Le temps de mettre les instruments en place, et voici les Gardois de Lazuli. Ca fait bien trois jours que Mme Hackett me vante leurs mérites, et la fébrilité ambiante m’a progressivement atteint. Les percussions (marimbas, vibraphone) se déploient sur scène, la fameuse Léode (modèle déposé !) est casée sur la gauche, l’impressionnante Warr Guitar à droite : dès avant son entrée en scène, Lazuli affiche son originalité.
Et mieux qu’une simple originalité, Lazuli va, tout au long de son show, faire montre d’une belle identité : omniprésence de percussions savamment étudiées, diversité des sons (inimitable léode !), large registre technique (coup de chapeau à Sylvain Bayol) mais continuité des ambiances et des mélodies, le tout porté par un Dominique Léonetti totalement habité par ses paroles, en remarquable interprète. Souligné par des éclairages très réussis (comme tout au long du festival, d’ailleurs), le set a totalement happé les spectateurs présents, les embarquant dans son univers si particulier ; pour s’en convaincre, il fallait écouter la fin des morceaux, quand les derniers accords s’éteignent ... jusqu’au total silence : l’impression que tout le public était en apnée ! Ajoutez à cela une excellente communication entre le public et les musiciens, et un plaisir de jouer évident - le timide sourire de Gédéric Byar s’épanouissant progressivement tout au long de la soirée - et vous comprendrez que le public ne pouvait pas bouder son plaisir !


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A la fin du concert, et après deux rappels, une voix passe au-dessus des applaudissements : “Merci!” . Rien de plus à ajouter ...

Si, juste une petite phrase de conclusion ... La musique n'est pas faite que pour demeurer enfermée dans une rondelle de plastique. La scène donne à la musique une dimension autre, plus fragile que sur le CD, elle est plus immédiate et permet au spectateur de vraiment communier avec les artistes.
Allez aux concerts, et surtout ne snobez pas les petites organisations et les petites salles, elles sont la garantie des meilleurs spectacles, les plus intimes, les plus interactifs !!!

Les photos sont empruntées à Claude Wacker avec son amicale autorisation.


Plus d'informations sur http://www.lazuli-music.com/
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