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BRUNO KARNEL (24 SEPTEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
Adepte du rock nomade, Bruno Karnel propose le troisième volet de son projet Satellite. C'est à cette occasion que nous sommes partis à la rencontre de l'artiste.
CALGEPO - 02.10.2018

Music Waves a pris son balluchon pour aller à la rencontre de Bruno Karnel, artiste nomade, pour une interview enrichissante.


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?


Est-ce que Bruno Karnel est un groupe ?





Bruno, tu définis ta musique comme une musique "nomade", peux-tu nous définir ce style et comment il se distingue de la world music ?


Ce que j'appelle le « rock nomade », c'est un mélange de rock, de folk et de musiques du monde. Je n'aime pas trop le terme de world music, car c'est malheureusement devenu un peu synonyme de new-age un peu soporifique. Dans ma musique, il y a clairement une base rock, avec des riffs de guitare, de la batterie, etc. Et alors que la « World » est surtout un exotisme vu à travers le prisme occidental, parfait pour illustrer un documentaire par exemple, je m'intéresse de mon côté davantage aux sonorités authentiques, « folkloriques » au sens propre.


Personnellement, j'aime tout ce qui est autre. Ça m'intéresse.


Se présente-t-elle comme une ouverture sur un monde qui de plus en plus se referme sur lui-même ?


Oui, tu as bien saisi, c'est exactement ça. C'est flippant de voir à quel point tout se sclérose, se racornit. Regarde tous ces pays européens qui votent pour des partis populistes, par exemple. Regarde l'accueil honteux que l'on fait aux migrants. Personnellement, j'aime tout ce qui est autre. Ça m'intéresse.


Tu joues de plusieurs instruments de musiques du monde (le Saz traditionnel turc, la Domra Ukrainienne), comment as tu appris à jouer de ces instruments, le fruit de nombreux voyages ?


Oui, je voyage beaucoup, et c'est de là que vient cette passion pour les instruments du monde, en particulier à cordes. Lorsqu'un instrument me plaît dans un pays donné, j'essaie de me le procurer, et d'en jouer à ma façon. La question est « qu'est-ce que je peux faire de cet instrument-là ? Comment je peux l'intégrer à ma musique ? » C'est pour cela que c'est important pour moi d'essayer de jouer réellement de ces instruments. Je sais qu'aujourd'hui, on peut tout trouver en VST et s'amuser à bidouiller du sitar, du oud ou n'importe quoi d'autre simplement avec son clavier. Et certains font ça très bien ! Mais quand tu fais l'effort d'apprendre un nouvel instrument, quand tu acceptes de te mettre en difficulté devant une culture que tu découvres, c'est beaucoup plus profond. Et pour répondre à l'autre partie de ta question, j'apprends tout seul, et quand je bloque un peu, je vais voir sur Youtube, tu trouves presque tout maintenant. Quand j'ai voulu vraiment approfondir le charango (sorte de petite guitare amérindienne), qui est mon instrument de prédilection, j'ai pris des cours avec Guillermo Cuiza, un musicien bolivien qui fait beaucoup pour faire découvrir en France la culture de son pays d'origine. Il fait un travail remarquable à la Maison de MAI, Paris 10. Mais tous les instruments ne viennent pas des voyages ! Par exemple, même si j'adorerais, je ne suis jamais allé en Ukraine, mais j'ai acheté ma domra (sorte de mandoline) sur Ebay à un ukrainien passionné d'objets de la période soviétique... quand j'en joue, comme sur le morceau « Samovar » (« Satellite 1 »), je ne peux pas m'empêcher de penser à l'autre vie qu'a eue cet
instrument !


J'entretiens avec les écoles de musique et conservatoires un peu le même rapport que  [Jacques Lacarrière] aux universités. Sans mépris bien sûr, mais en ne prenant que ce qui m'intéresse, et en mettant en doute les vérités qu'on nous présente comme absolues.


Tu cites Jacques Lacarrière comme un écrivain qui te touche, peux-tu nous en dire plus sur son influence dans ta musique ?

J'aime beaucoup cet écrivain voyageur, qui a écrit aussi bien des récits de voyage, que des essais, des romans, de la poésie... ou un peu de tout cela à la fois. C'était un spécialiste de la Grèce et de la Turquie, deux pays qui m'inspirent beaucoup, et un farouche athée fasciné par les religions et la spiritualité... En outre, moi qui suis autodidacte, j'apprécie beaucoup l'attitude méfiante et ironique qu'il avait par rapport à tout ce qui était académique – j'entretiens avec les écoles de musique et conservatoires un peu le même rapport que lui aux universités. Sans mépris bien sûr, mais en ne prenant que ce qui m'intéresse, et en mettant en doute les vérités qu'on nous présente comme absolues. Pour revenir à Jacques Lacarrière, on connaît surtout son livre « L'Eté grec », mais il y a de nombreuses autres perles à découvrir.


Le disque qui m'a donné envie de faire de la musique était « Nursery Cryme », de Genesis. Un vrai traumatisme, dont je ne suis toujours pas remis.


Dans ta présentation, tu exprimes le fait de te sentir proche de Steven Wilson et de Peter Gabriel. Quelles influences t'ont-ils apportés ? Plus en termes d'expérimentation sonore ?


En fait, je cite ces influences relativement connues pour me situer auprès des gens. Mais bon, un journaliste m'a avoué il y a peu de temps qu'il n'avais jamais entendu parler de Steven Wilson ! Ces deux artistes représentent pour moi la réussite du mélange, de l'expérimentation avec tout de même un succès commercial énorme. Ce sont de grands mélodistes, de bons auteurs, et ils sont capables d'écrire des titres accrocheurs qui ont quand même de la substance. De la « smart pop », en somme ! Peter Gabriel est vraiment une idole de jeunesse, car le disque qui m'a donné envie de faire de la musique était « Nursery Cryme », de Genesis. Un vrai traumatisme, dont je ne suis toujours pas remis. Et bien sûr, toute sa curiosité pour les musiques du monde, et sa générosité pour faire découvrir les gens qu'il admire, comme Nusrat Fateh Ali Khan, Shankar, Levon Minassian... c'est vraiment quelqu'un de bien.
Sinon, un autre artiste, moins connu, dont je reconnais volontiers l'influence est Peter Hammill. Pas vraiment pour la voix (je fais piètre figure à côté de lui), mais pour son intégrité absolue et sa façon de se réinventer sans arrêt. Même aujourd'hui, à presque 70 ans, il continue de chercher des nouvelles choses.





Penses-tu que la France est prête à ce genre d'expérience musicale elle qui n'a pas la réputation d'être très ouverte d'esprit en terme de musique ?


Je ne vais pas te mentir, c'est un peu difficile. J'ai plus de retours venant de l'étranger (en Grande Bretagne, en Amérique du Sud) que dans mon propre pays ou même ma propre région... Mais je ne suis pas pessimiste, et je pense que c'est surtout un problème d'accès. C'est-à-dire que je connais plein de gens qui ont des goûts « grand public » et qui aiment ce que je fais. Ils ne se posent pas la question de savoir si c'est du rock, de la pop, du folk, de la musique du monde... ils s'en foutent. Ils aiment les textes, les musiques les font voyager, ça leur suffit je pense. Là où ça devient relou, c'est quand on veut vraiment tout cataloguer, tout cloisonner. Et il y a une responsabilité, et peut-être parfois un manque de courage, des musiciens : il serait peut-être temps d'oser proposer autre chose, plutôt que des resucées des mêmes recettes des années 70 ou 80.


Qu'est-ce que ça t'a fait d'avoir été retenu par le magazine anglais Prog de septembre dernier (Camel en couverture) pour figurer dans le CD du mois de septembre ?


C'était... irréel. Et ça l'est encore ! En plus, Camel, quel honneur, c'est un groupe que j'ai beaucoup écouté plus jeune. Je ne considère pas que ma musique est du rock progressif, un style très complexe avec des instrumentistes qui sont bien meilleurs que je ne le serai jamais. Mais il y a quelque chose, une affinité, un fond commun peut-être, et je pense que les gars de « Prog » l'ont tout de suite senti. On en revient à ta question précédente : en France, beaucoup de gens n'ont pas les codes. Personnellement, j'ai digéré les influences de King Crimson, Van der Graaf Generator ou autres depuis longtemps, ça fait partie des acquis, de l'implicite pourrait on dire. En Grande-Bretagne, c'est évident pour une certaine génération. Mais en France, la plupart des gens n'ont jamais entendu parler de ces groupes, qui pour moi sont la base, et j'imagine que si tu leur passais « Schizoid man » ou « Man-erg », ils grimperaient aux rideaux en hurlant : « Ah, c'est quoi cette horreur ! ». Chez « Prog », je pense qu'ils ont tout de suite fait le rapprochement entre le morceau « Adour » (qu'ils ont choisi pour le CD) et Genesis. Le côté un peu « britannique » de ma musique, dans les constructions, les harmonies, les sons, doit leur paraître évident.


Ton projet assez expérimental semble très proche de celles des années 60-70, conçois tu que c'est à cette époque que les artistes étaient plus aventureux et le public plus réceptif (Ange et Orion par exemple) et n'as tu pas peur de te fermer des portes en terme de reconnaissance ou d'exposition de nos jours ?

Je ne me pose pas ce genre de question. Si tu fais ça, tu arrêtes d'être créatif. Je prends chaque avancée, chaque nouvelle reconnaissance avec un plaisir croissant.


Ma première idée était de faire un double album, mais j'avais peur que cela fasse prétentieux vu que je ne suis pas connu



"Satellite 3" vient compléter tes deux précédents EPs sortis à quelques mois d'intervalle ("Satellite 1" en novembre 2017, le "2" en mai et ce dernier en août), pourquoi ne pas avoir tout regroupé en un seul album ?

A la base, c'était un projet beaucoup plus vaste. J'avais écrit pratiquement une trentaine de titres, et il y avait plusieurs ambiances complètement différentes qui se dégageaient, du metal au folklore andin ! Ma première idée était de faire un double album, mais j'avais peur que cela fasse prétentieux vu que je ne suis pas connu. Alors j'ai eu cette idée de préparer un album, qui devait s'appeler "Théâtre d'Ombres", et de le faire précéder de 4 EP, répartis dans le temps, et représentant chacun une facette de mon travail : le "Satellite 1" présente un mélange de mandolines et de guitares, le "2" du rock fondé sur le charango plutôt que la guitare, le "3", qui vient de sortir, un « folk-rock andino », comme disent mes amis sud-américains, avec ce côté prog 70's planant que j'affectionne. Finalement, il s'est avéré que les titres des "Satellites" étaient meilleurs que ceux de la grosse planète autour de laquelle ils étaient censés graviter... c'est donc tout naturellement que j'ai gardé cette présentation, qui en plus me permet de proposer une actualité constante sur plus de deux ans.






Tes paroles sont très poétiques, que penses-tu si je te dis que ton style me rappelle un peu Malicorne et Gabriel Yacoub ou d'un groupe qui s'appelle Jelly Fiche (groupe québécois que je t'invite à découvrir si tu ne connais pas) ?


Merci pour le compliment. N'ayant jamais écouté ni Malicorne ni Gabriel Yacoub, même si je les connais de nom, je ne pourrais pas te dire que c'est une influence. Quant à Jelly Fiche, je n'en ai jamais entendu parler. Mais je vais écouter très vite tout ce monde-là et leur demander des royalties, s'il y a moyen ! Plus sérieusement, plus jeune, j'ai été influencé, au niveau des textes, par Brel, puis Thiéfaine, La Tordue, Thomas Fersen, Arthur H, Noir Désir, toute une scène française alternative... Aujourd'hui, à part Daran,Thomas Pitiot ou Batlik, je n'écoute plus beaucoup de musique chantée en français, mais je lis toujours beaucoup de poésie, de toute époque et de tout continent. Ma matière vient plutôt de là que de la chanson.


Même si la pochette est noir et blanc, ce dernier volume semble être assez optimiste, dans "Après-demain" tu prédis que ce jour :"sera plus beau que demain, lavé de la glaise, la terre sera pleine aussi tienne et mienne" malgré nos actions, c'est un peu à contre-courant du pessimisme actuel surtout en terme d'écologie ?

Exactement. En fait, quand tu lis le journal, que tu allumes ta télé, que tu surfes sur le Net, que tu lis de la SF aussi, tu es saturé de mauvaises nouvelles et de prédictions dystopiques. Moi-même, je suis souvent pris là-dedans, j'ai écrit des textes très noirs ces derniers temps, comme ‘L'an zéro’("Satellite 1") ou ‘Tristesse a la pobre’ et ‘Sémaphore’ ("Satellite 2"). A un moment, j'en ai eu assez, et je me suis dit : « Si demain sera de toute évidence pourri, après demain ne pourra être que meilleur ! » C'est un moyen de se forcer à l'optimisme. Mais je ne suis pas naïf, et la pochette en noir et blanc, comme tu l'as vu, avec ces tuyaux dégueulasses qui se déversent dans une rivière, est là pour montrer que le message n'est pas forcément aussi limpide et positif qu'il n'y paraît. Le truc, c'est que maintenant, à moins d'être complètement bouché, tout le monde sait que c'est la merde et que la planète va mal : est-ce que c'est vraiment la peine d'en rajouter, de continuer à le marteler ? Ma musique est sombre, parfois noire, mais je n'ai pas envie de faire déprimer les gens pour autant ! Cela doit rester du divertissement.


Sur cet album, tu poursuis un morceau sur les Olmèques dont les précédentes parties se retrouvent sur plusieurs de des précédents albums et dans le désordre. On les connait principalement par le dessin animé "Les mystérieuses cités d'or", c'était un peuple très avancé en termes de technologie, de philosophie. Pourquoi un tel morceau (qui rappelle le Shartered Forteress de Dream Theater où un long morceau avait été découpé avec une seule partie sur un CD) ?

‘Olmèques’ est un morceau de 20 minutes, qui devait constituer la pierre angulaire de l'album "Théâtre d'ombres". Il est découpé en 7 parties, et c'est un voyage qui va du doom metal à la musique des Andes, comme un concentré de tout ce que j'ai fait jusqu'ici. J'ai commencé à m'intéresser aux Olmèques lors d'un voyage au Mexique, il y a presque 15 ans. Les têtes colossales, et leur divinité féroce, mi-homme, mi-jaguar, ça m'a fasciné. Mais dans le morceau, les Olmèques représentent plutôt les cultures amérindiennes disparues, un thème qui m'est cher. La ‘Nuit des Olmèques’, dans le dernier EP, c'est la nuit qui est tombée sur tout le continent américain suite à la colonisation européenne, qui a réduit au silence toute une civilisation. C'est anachronique, car les Olmèques avaient disparu longtemps avant l'arrivée des Espagnols, mais c'est un symbole de puissance, de sauvagerie, de beauté et d'étrangeté qui peut s'appliquer aussi aux Incas, aux Aztèques, plus connus, ou aux Tarasques. Quelque chose de disparu et de fascinant.
Pour en revenir au morceau, certaines parties pouvant être écoutées comme des chansons isolées, je les ai incluses sur les différents EPs, d'abord parce que je les aime et que je voulais qu'elles soient écoutées, et ensuite parce qu'on sait bien que peu de gens aujourd'hui accepteront d'écouter sur Bandcamp ou Spotify un morceau d'une telle longueur ! La version complète, qui est enregistrée, sortira peut-être un jour, sur un autre projet... qui sait ?


On retrouve dans les chœurs Sonia Lambert qui t'accompagne depuis longtemps, est-ce rassurant pour toi de travailler avec des gens qui te connaissent et quel est son apport et son implication dans tes compositions ?

Sonia est ma compagne, et sa voix se marie à merveille avec la mienne. Je suis ouvert à toute collaboration extérieure, mais au fil des années, c'est vrai que j'ai surtout travaillé avec des amis, tout simplement parce que ça vient naturellement et que c'est important de travailler avec des gens avec qui on s'entend bien. L'écriture, c'est pour moi un travail de solitude, et je ne laisse personne interférer dans ce domaine. Les arrangements aussi, mais je respecte les musiciens avec qui je joue, et les laisse adapter à leur façon. Par exemple, à l'époque de mon album "Insolence", mon batteur, Matthieu Gajewski (Master Crow) a réécrit certaines pistes de batterie bien mieux que je ne l'aurais fait. Lui, Ricardo Da Silva (guitare, In Your I) et Marin Leroy (basse), qui m'accompagnaient sur ce projet, sont très fans de metal, et ils ont d'une certaine manière influencé la coloration plus « heavy » (c'est relatif) de cet album.


La seule fois où j'ai eu le sentiment de perdre les gens, c'était sur « A-Kubos » (2013), qui était entièrement instrumental et semi-improvisé.


Ta discographie est déjà bien fournie et tu as abordé plusieurs styles : le folk semi instrumental dans "A-Kubos", le pop rock dans "Insolence", avec les "Satellites" tu pousses les expérimentations plus loin avec un ajout plus world, as-tu la crainte que ton public perde un peu le fil ?


Pas vraiment. Il y a quand même un fil rouge, et pour moi l'évolution qu'il y a de projet en projet est naturelle. Par exemple, il y a déjà des apports acoustiques et world sur "Insolence", que j'ai développés davantage sur le suivant, "3 Contes + 1", et aujourd'hui sur les "Satellites"  je creuse encore plus le filon. Mais je n'aime pas me répéter et, une fois que je considère avoir fait le tour d'une question, je passe à autre chose. Et j'ai la chance d'avoir un public, certes pas très nombreux, mais avec des gens curieux et ouverts qui me suivent depuis les débuts, et dérivent sur mes méandres avec intérêt ! En fait, la seule fois où j'ai eu le sentiment de perdre les gens, c'était sur "A-Kubos" (2013), qui était entièrement instrumental et semi-improvisé. Là, je me suis dit « oups, c'est la limite, je suis arrivé au bout de ce que mon public peut absorber ! » Cet album n'en reste pas moins très important pour moi, il m'a permis de me libérer de pas mal de trucs. Et c'est là que je me suis rendu compte que les gens étaient attachés, avant tout, à mes textes, ce que je n'avais pas perçu avant.







Te sens-tu citoyen du monde ?

Oui, carrément. Évidemment, pas le monde ultra-capitaliste qui nous envoie dans le trou noir. Ni celui des casques virtuels et de la dictature des écrans. Mais le monde réel, celui où le ciel a encore une couleur et les aliments une saveur, oui, bien sûr.


Est-ce que tu pourras faire vivre ta musique sur scène et qu'est ce qu'on est en droit d'attendre d'un concert de Bruno Karnel en terme scénique ?

Je fais quelques concerts acoustiques ponctuels, dans des bars, des cafés culturels, surtout dans ma région, en Seine-et-Marne. Sonia m'accompagne aux chœurs et au cajón, et nous sommes épaulés par un excellent bassiste, Julien Waghon, qui à la base est fan comme moi d'Anathema ou Dead Can Dance. Il est très polyvalent et remplace aisément la guitare, comme ça sur certains titres je peux me concentrer sur les instruments du monde, charango, saz, mandoline. Sur le dernier EP, nous avons enregistré un titre dans cette configuration de trio ‘Au gré de tes planètes’, pour montrer aux gens ce que ça donne et donner aux salles l'envie de nous programmer !


Rêves-tu de concerts aussi avan-gardistes tels que ceux de Steven Wilson ou Peter Gabriel ?


Ce serait fantastique, bien sûr, mais pour l'instant, je n'en ai pas les moyens. En attendant, la configuration acoustique colle bien au côté intimiste des derniers EP et les retours sont très positifs.


Le fait d'être indépendant et de ne pas avoir de label te rend-il plus libre ?

Ce n'est pas un choix à la base. Mais quand tu fais une musique un peu différente, il faut apprendre à te débrouiller tout seul. L'avantage, c'est que je fais absolument ce que je veux, personne ne vient me dire : « Là, ton instrument chelou, chuis pas sûr... » ou « il faudrait peut-être changer les paroles de ce refrain ». Alors oui, c'est dur, ça prend un temps de dingue, mais j'apprends tous les jours, alors ça me plaît.


Qu'attends tu de cet album : éveiller les consciences ou autre ?

Je n'ai pas cette prétention. Comme je l'ai dit plus haut, la musique, c'est du divertissement. Et je crois que ceux qui s'intéresseront à l'EP sont déjà convaincus d'avance par le constat que je fais. Ce qui serait cool, ce serait que des amateurs de rock, de prog, de folk ou autre s'intéressent à des sonorités différentes, comme celles du charango, ou à des rythmes qu'on entend pas habituellement dans le rock, comme sur ‘Nuit des Olmèques’ ou ’Tristesse a la Pobre’.


On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, à l’inverse quelle est celle que tu souhaiterais qu’on te pose ?

Kebab avec harissa ou sauce blanche ? La réponse serait harissa, bien sûr !



Plus d'informations sur https://brunokarnel.bandcamp.com/
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