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AS A NEW REVOLT (03 OCTOBRE 2018)

INTERVIEW - HARDCORE - CALGEPO - 11.10.2018
As A New Revolt sonne l'heure de la prise de conscience et de la révolte dans un disque puissant.
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Direction Grenoble pour rencontrer As A New Revolt, le duo hardcore hip-hop revendicatif pour la sortie ravageuse de "TxRx"



Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Manu : Les questions dans ce genre là…ha ha!! Non je pense qu’on a pas fait assez d’interview pour être déjà agacés par certaines questions .




Contrairement au Cid, vous partîtes à 5 à vos débuts et suite à des départs vous vous voyez à 2 en arrivant à la sortie de "TxRx", est-ce que ça a conduit à adapter votre musique et modifier votre style de départ ?

Manu : C’est l’évolution de notre style de musique qui nous a conduit à nous retrouver à 2... Vous savez la vie des groupes et leurs membres, ça va , ça vient… De toute manière, rester à 5 n’était plus possible avec la direction musicale que nous avons pris, Julien et moi. On est vraiment sur la même longueur d’ondes en musique, composition… il nous fallait ça.


Le titre 'Blood Brothers' traite du drame qui s’est passer a Charlottesville en 2017, la montée du nationalisme à travers certains pays du monde

A ce propos la chanson ‘Blood Brothers’ semble sceller ce pacte entre vous deux et illustrer la force de votre formation resserrée, est-ce le cas ?

Manu : Le titre 'Blood Brothers' traite du drame qui s’est passer a Charlottesville en 2017, la montée du nationalisme à travers certains pays du monde… c’est une de nos angoisses permanentes.

 

Votre nom, As A New Revolt, contrairement à certain autres groupes, revêt une signification particulière, est-ce qu’il épouse votre sentiment actuel de révoltés ?

Manu : Totalement révolté, notre musique, les textes… on essaye de faire réfléchir les gens, de leur faire prendre conscience de certains sujets, tout ça avec notre musique et nos textes.

Julien : Et c’est d’une certaine façon une nouvelle forme de révolte avec une démarche pacifique, on pourrait descendre dans la rue et tout casser, car tout ce qui se passe provoque vraiment des montées de colère et de rage, heureusement on a la musique et tout ce qui en ressort est plutôt bénéfique.




Ce nouvel album de 9 titres contient l’intégralité de l’EP « Speechless » sorti en 2016 il y quasiment 2 ans, comment expliquez-vous ce délai relativement long dans l’industrie musicale actuelle pour concrétiser cet album ?

Manu : Oui, nous aussi on aimerait que ça aille plus vite! La seule excuse que j’ai, est qu’on est sorti d’un groupe de  5 personnes , pour un groupes de 2 personnes. Il a fallu revoir la mise en place, les compos, les lives… tout était à faire… Il y a aussi la volonté du label que cela sorte à tel  moment plutôt  qu’à un autre.


Pour nous ce qui compte en tout premier c’est le live… tout passe par là, chaque show doit être une performance.


Vous avez signé chez le label SAND MUSIC (Grenoble), qui fête ses 4 ans d’existence et qui ne cesse de grossir, que représente pour vous cette signature depuis l’origine presque et qu’est-ce que vous en attendez ?

Manu : C’est bien d’avoir un label , tu as moins de petits soucis à gérer, cela nous fait gagner du temps pour nous consacrer à notre musique. Mais cela peut également apporter d’autres soucis, comme ta question d’avant…  Pour nous ce qui compte en tout premier c’est le live… tout passe par là, chaque show doit être une performance.

 

L’écoute de cet album se rappelle au bon souvenir de groupes connus qui ont été à leur époque des précurseurs comme Rage Against The Machine, Beastie Boys…, je suppose que ce sont ces groupes qui ont nourri votre culture musicale, qu’est-ce qu’ils représentent pour vous ?

Manu : Oui , ils font partie de notre culture… on a grandi avec, c’est dans notre ADN.

Julien : On a construit notre identité musicale avec ces groupes, on leur doit tellement, hommage éternel.



Vous mêlez allègrement le hip hop en y apportant un surcroit de rage et de fureur comme le hardcore peut le faire, c’est assez singulier en France (on peut citer The Wiggar Overdose sur la forme qui se rapproche de ce style), comment expliquez-vous le fait que les groupes semblent être frileux à ce mélange alors que les 2 styles font bon ménage et sont complémentaires ?

Manu : Bonne question… je n’en sais rien ! chacun doit trouver sa vibe… On fait cela parce que on s’y retrouve artistiquement, c’est notre « came » et surtout on n’a pas de barrière ni de code… avec ce style on peut partir dans tout les sens…

 

Vous l’agrémentez d’une touche de punk qui semble connaitre un regain de forme dans le contexte présent. Ce style tentaculaire qui épouse votre musique est-il celui qui correspond le mieux aux messages que vous souhaitez faire passer et vous sentez-vous missionnés pour être le porte-parole d’une majorité silencieuse (qui ne demande qu’à exprimer sa frustration) face à l’évolution de la société actuelle ?

Julien : On a surtout commencé la musique en jouant du punk, la rage, l’énergie et l’urgence de ce style nous ont toujours plu, après les différents messages dans ce style sont larges.

 

On est dans une société d’image, de superficialité avec une télé souvent poubelle où des Marseillais partent en guerre contre des Ch’ti puis contre le reste du monde, où des couples se livrent sans état d’âme sur leur vie privée, les réseaux sociaux qui n’ont de sociaux que le nom…. Vous illustrez cela dans la chanson et le clip ‘Speechless’. Quel est votre rapport à l’égard de tout cela ?

Manu : Je ne sais pas où on va…mais on y va… Un vrai carnaval de la connerie… j’aurais tellement à dire sur ces sujets, c’est très inquiétant. Concernant la télé réalité, même si cela reste du divertissement, ces émissions sont regardées par des millions des gens. Ils s’identifient, bloquent pendant des heures, arrêtent de réfléchir… Ça annihile tous sens critique. C’est de l’énergie perdue…

Julien : Ça craint vraiment tout ça, on ne se rend pas compte, c’est grave, le fait de regarder ça à un impact important, on a les cartes en main, il suffit juste de ne pas regarder ces merdes !! Merde !


Je pense qu’il faut désormais une révolution intérieure, une grosse prise de conscience de chacun.

 

Vous êtes peut-être pères de famille, dans cet album vous dénoncez une société de plus en plus bancale, peut-être au bord de l’implosion, ça vous fait peur pour l’avenir ? Est-ce qu’une révolution est-elle désormais devenue de plus en plus utopique ?

Manu : Oui, je suis inquiet. Bien sûr qu’on se pose des questions pour l’avenir… une révolution, je ne crois pas… c’est un sujet complexe, les gens sont tous différents, il faudrait réellement débattre des sujet les plus importants en priorité (ressources naturelles, guerre, solutions décentes pour les migrants…). C’est là-dedans qu’il faut mettre de l’énergie ! Il y a tellement de choses a faire.

Julien : Oui, ça fait peur on sait pas trop où on va, je pense qu’il faut désormais une révolution intérieure, une grosse prise de conscience de chacun.

 

Vous êtes deux, et pourtant l’album dispose d’une impressionnante densité en termes de structures et de recherches sonores. ‘Retina’ est le titre le plus long de l’album avec ses 5 minutes par rapport aux autres plus ramassés. Est-ce une orientation que vous allez explorez à l’avenir, des titres plus longs, alambiqués et de créer une sorte de rapcore progressif ?

Manu : Non on n’ira pas vers un rapcore progressif… ha ha!! Ce titre est plus long parce qu’il est comme ça… c’est sa nature.

 

Comment sur scène arrivez-vous à recréer cette densité sonore ?

Manu : Excellente question ! Nos performances live sont le point le plus important pour nous. Pour recréer la densité sonore, j’utilise plusieurs amplis/ cabs guitare et basse, je fais une sorte de « réamping » en live et j’envoie tout mes signaux dans mes différents amplis.


C’est au musicien/artiste de s’approprier ces nouveaux outils pour traduire leur art.

 

Aujourd’hui tout le monde peut balancer un son sur Youtube. N’est-ce pas frustrant pour des musiciens de voir l’importance que la technologie a pris dans la musique voire constater que des ordinateurs peuvent arriver à composer seuls avec de l’intelligence artificielle ? Quel est votre regard sur ça, vous qui utilisez des machines et autres outils ?

Manu : Pour mon cas, je suis vraiment un geek, les technologies évoluent sans arrêt, elle font parties de notre vie quotidienne et autant les utiliser. Les ordi composent de la musique tout seuls ? Génial ! Cela ne remplacera jamais l’âme et le cœur de vrai musiciens… c’est au musicien/artiste de s’approprier ces nouveaux outils pour traduire leur art.

 

Manu tu bosses dans la musique en tant que régisseur, mixeur, technicien du son, je suppose que tout cela te sert dans ta musique ?

Manu : Oui, c’est le Ying et le Yang, des fois d’un coté ,des fois de l’autre… c’est très important pour moi.



Julien, le cœur de l’album est surtout rythmique et repose sur la batterie. Quels sont les batteurs qui t’ont inspiré (Portnoy, Gavin Harrisson, Brad Wilk) ?

Julien : Houla, il y en a tellement, je dirais que tous le batteurs m’inspirent, pour les principaux dans mon enfance je pourrais citer Brad Wilk oui en effet beaucoup , Stewart Copeland, Keith Moon, Abe Cunningham, Tony Hajjar, Travis Barker, David Sandstrom, Richard Kolinka.

 

La pochette rouge, la police gothique, est ce que ça accentue le concept de l’album ?

Manu : Oui, on peut dire ça. Chacun de ces éléments fait partie intégrante de l’album et participe à son identité.

 

Avez-vous des concerts de prévus prochainement ?

Manu : Oui, on fait une belle date sur Grenoble (chez nous) à la Bobine le 19 octobre… je pense que ça va être cool ! Il y a des dates qui tombent mais on en voudrait tellement plus… on n’a pas de tourneur… du coup on galère.

 

Avez-vous d’autres projets en cours pour As A New Revolt ?

Manu : Oui ! Clips, nouveaux titres etc …

 

Qu’est-ce que vous attendez de cet album, faire en sorte de réveiller les gens et amener à une prise de conscience ?

Manu : On attend d’être écoutés ! On veut que cela soit un bon disque, qu’il parle au gens.

 

Pour passer vos messages vous avez choisi de vous exprimer en anglais alors que la France n’est pas réputée pour sa compréhension de la langue (et la plupart des langues étrangères), n’est-ce pas un peu paradoxal pour un groupe qui a beaucoup de choses à dire ou à dénoncer de risquer de ne pas être compris par les auditeurs ?

Manu : Pourquoi l’anglais… j’ai vraiment du mal avec le français et la musique… je n’y arrive pas. Certain artistes français le font très bien.

Julien : L'anglais est la langue la plus utilisée sur la planète, on espère bien sortir de nos frontières !

 

Nous avons commencé cet entretien par la question qu'on t’avait trop posée. A contrario, quelle est la question à laquelle vous auriez voulu répondre?

Manu : Yes! On aurait aimé parler de nos autres influences, en plus de celle du rock ou  du hip hop… celles qui sont un peu plus dans les sonorités ethniques, si tu as bien écouté l’album!

Julien : Oui on est très influencés par les musiques du monde .




Plus d'informations sur https://www.facebook.com/asanewrevolt/
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