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LIQUID BEAR (05 DECEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK INDÉ
Rencontre avec Liquid Bear à l'occasion de la sortie de "Unwind"
CALGEPO - 13.12.2018
Music Waves est parti à la rencontre des membres de Liquid Bear pour une interview tout en détente et très riche où il sera question de Ron Thal, de 70's et de psychédélisme.



On a l’habitude de commencer nos interviews par la question qu’on vous a trop posée, quelle est cette question ?


Mon petit doigt (et mes yeux surtout) me dit que c’est justement la question suivante.


Liquid Bear n'est pas à proprement parler un nouveau groupe, auparavant le combo s’appelait Abaendon, pourquoi avoir choisi de changer de nom ?


C’était bien cette question qu’on nous pose trop souvent, haha. Je me permets cependant de revenir sur sa formulation. Si, c’est à proprement parler un nouveau groupe, bien que le line up soit composé de trois anciens membres d'Abændon (ayant déjà beaucoup travaillé ensemble dans divers projets), et c’est suite à la scission de ce dernier que nous avons décidé de repartir à zéro dans un nouveau projet.  Le visuel, le style d’écriture, le son que nous cherchons à obtenir, la répartition des instruments et des voix, tout cela a été pensé indépendamment de ce qui a été fait plus tôt avec Abaendon, purement et uniquement en fonction de nos envies et de nos objectifs artistiques actuels dans le cadre d’un nouveau groupe.


Un album, c’est tout de même un gros projet, et c’est toujours plus rassurant de faire d’abord ses preuves, ses recherches et ses expérimentations à travers quelques EP avant de s’attaquer à un LP.




Votre actualité du jour est la sortie de l’EP, "Unwind". Ce nouveau départ sous un autre nom aurait pu déclencher la réalisation d’un album complet, or ce n’est pas le cas. Le fait de sortir des EP dont le principe repose sur des sorties de quelques chansons à intervalles plutôt rapprochés est-il devenu le standard commercial pour les jeunes groupes qui est peut-être plus facile à défendre qu’un album complet avec un durée de vie plus grande, quelle est votre position par rapport à ça ?


Je ne pense pas qu’un EP soit forcément plus facile à défendre. Lorsqu’on produit un disque (que cela soit un deux titres, un EP ou un LP), il y a naturellement et nécessairement une identité et une cohérence qui se créent entre les morceaux, tout simplement parce que ceux-ci ont tous été enregistrés dans une même période, dans une même pièce, avec un même matos, une même équipe, avec une énergie et une spontanéité propres au moment.
Durant la phase d’écriture, on peut pondre une dizaine de morceaux, mais ce n’est pas pour autant qu’ils seront tous équivalents pour mettre l’ensemble sur une galette. On peut alors faire le choix de se concentrer sur ceux qui nous paraissent les plus aboutis. Enfin, on ne va pas se mentir, tout ça demande du temps et de l’argent. Et en ce qui concerne la durée de vie, ne vaut mieux-t-il pas se concentrer sur un disque de 5 titres denses et intenses sur toute la durée (qui invite donc potentiellement à la réécoute) plutôt qu’une dizaine de morceaux avec des moments de faiblesse et des chansons trop similaires ou moins inspirées ?
Voilà pourquoi, à mon sens, l’EP est le « standard commercial » des jeunes groupes ; un album, c’est tout de même un gros projet, et c’est toujours plus rassurant de faire d’abord ses preuves, ses recherches et ses expérimentations à travers quelques EP avant de s’attaquer à un LP.





Vous baignez indéniablement dans un style 70's, qu'est-ce qui vous intéresse dans cette période ?


Il y a des choses intéressantes et inspirantes dans toutes les périodes. On est effectivement très influencés par cette période sans doute avant tout parce que la majorité de nos artistes communs favoris en proviennent. Il y a à la fois dans les 70’s cette engouement pour la musique populaire qui continue de croitre depuis les 60’s, et en même temps une avalanche de nouveau matériel, de nouveaux effets, de nouveaux synthés, de nouvelles techniques de production et d’enregistrement qui ont d’ailleurs ouvert la voie vers des créations plus expérimentales. C’est ainsi qu’on a pu voir naitre des OVNI comme Queen ou des groupes de savants fous comme Emerson, Lake & Palmer.


A ce compte-là, autant dire que tout a déjà été fait et qu’il ne reste rien à créer… ce qui n’est évidemment (et heureusement) pas vrai !


On a l'impression qu'à cette époque tout était encore à créer, à expérimenter, est-ce qu’aujourd’hui il y a encore des choses à inventer ou expérimenter dans la musique ?

Indéniablement ! Il suffit de voir des groupes comme Hiatus Kaiyote, Grizzly Bear ou tout simplement Radiohead. Dans une démarche artistique, il y a toujours une forme de recherche, et ces groupes n’échappent pas à la règle. Ils expérimentent de nouvelles synthèses sonores, de nouvelles combinaisons d’instruments, de machines, de méthodes  de production, de fusions de différents styles. On pourrait croire qu’ils ne font que mixer des styles sans en inventer concrètement, mais cela a toujours été le cas : Black Sabbath a fait du rock si lourd et grave pour l’époque qu’on les considère comme les précurseurs du metal ; les expérimentations de Queen pourraient se résumer en un ingénieux mix de classique, de pop et de rock. A ce compte-là, autant dire que tout a déjà été fait et qu’il ne reste rien à créer… ce qui n’est évidemment (et heureusement) pas vrai !  


Comment fonctionnez-vous à 4 dans votre processus de création, fait-il l’objet d’âpres discussions ?


En ce qui concerne notre EP « Unwind », tout a été écrit et composé de manière commune. L’un a une idée, un riff, une mélodie, un autre rebondit en proposant une suite, un arrangement, une manière de structurer le morceau. On essaye de voir comment ça tourne, comment se répartir les parties, on enregistre un petit mémo avec un téléphone ou un zoom, puis on réécoute à tête reposée. C’est lorsqu’on se place du point de vue de l’auditeur que l’on peut voir si le morceau est capable de nous captiver de bout en bout. Les forces et les faiblesses d’une composition peuvent nous apparaitre plus clairement et on a tout de suite des idées de modification, de (dé)structuration, d’arrangement…
Les textes viennent souvent après, une fois que le squelette du morceau et les grandes lignes de sa mélodie sont prêts. C’est sûr que parfois il y a des petits débats, mais on essaye de toujours se recentrer sur la cohérence du morceau et d’être avant tout à son service. Nous avons tous nos esthétiques, genre, influences, façons d’écrire. Mais il y a un socle commun. Et c’est sur ce socle commun que nous concentrons nos efforts lors des phases de composition.
A côté de Liquid Bear, nous avons tous divers projets, bien différents, dans lesquels nous canalisons d’autres de nos aspirations musicales, ce qui nous permet d’être pleinement épanouis d’un point de vue artistique et ainsi éviter la frustration. A chaque projet, il est primordial d’y apporter ce qui y est pertinent.





À l'écoute de votre EP, on ne peut pas s'empêcher de penser à Led Zeppelin ('Jug O’ Jack') ou à King Crimson dans cette manière de déstructurer les compositions, ces influences ont-elles enrichi votre univers musical et quelles sont les autres ?


Bien sûr, de la même manière que pour un écrivain il semble indispensable de lire beaucoup, écouter des compositions diverses et variées, plus ou moins riches, plus ou moins complexes, est un énorme bagage supplémentaire pour soi-même composer. Et il est vrai que nous adorons les petits accidents, les surprises, les déstructurations que l’on peut retrouver chez ces deux groupes qui, en effet, nous ont inspirés parmi plein d’autres. Une liste exhaustive de nos influences respectives serait bien trop longue, mais on peut surtout citer Birth of Joy, Deep Purple, Opeth, Bumblefoot


Nous essayons plutôt d’apporter un rock qui se veut à la fois viscéral et cérébral.



‘Harry & Bart’ est le titre le plus long (environ 6'50) et s'apparente à du rock progressif psychédélique dans sa construction. Est-ce une scène à laquelle vous êtes sensibles ?

Effectivement. Pour la petite histoire, l’ébauche de ce morceau a été faite alors qu’Ilya n’était pas encore avec nous. Nous étions donc exactement dans une formation à la Emerson, Lake & Palmer (Basse-chant, batterie et claviers) ce qui nous a naturellement donné envie de faire un exercice de style « à la manière de ». C’est avec l’arrivée de la guitare et donc d’une 4è sensibilité/personnalité, que ‘Harry & Bart’ s’est naturellement transformé pour devenir le morceau que vous avez écouté sur l’EP.
Le rock progressif est évidemment un courant auquel nous sommes très sensibles. Des groupes comme Yes ou King Crimson nous ont surtout montré qu’il n’y a pas de limites à la composition rock. Cependant le rock progressif reste une scène particulière, avec ses codes. Nous essayons plutôt d’apporter un rock qui se veut à la fois viscéral et cérébral.


Les titres de vos chansons sonnent comme des noms de films, est-ce un art qui vous inspire ?

Je vois un peu ce que tu veux dire. Nos textes parlent assez peu de nos expériences personnelles ou de nos ressentis. Nous préférons raconter de courtes histoires et créer des personnages. C’est surement pour ça que leurs noms pourraient faire penser à un titre de court-métrage ou encore de nouvelle.


La cohérence globale d’un disque (ou plus largement d’un groupe) n’est pas dû au genre musical, mais surtout parce que les morceaux sont écrits et joués par la même association de musiciens.



Plusieurs groupes actuels se dirigent vers des musiques plus extrêmes voire urbaines, or vous conservez cette attache au rock à la fois énergique et spontané, presque jammé, seriez-vous tenté par cette orientation plus extrême
?

Il n’y a pas d’interdit dans la composition. L’esthétique actuelle de Liquid Bear est due à la synergie que nous avons créée naturellement en jouant et composant tous les quatre. Tout est question d’intention lorsque l’on écrit une chanson. Un riff lourd et gras peut tout autant avoir sa place dans notre musique, qu’un refrain aux harmonies 60s.
Nous n’aimons pas l’idée de se cantonner à un « style de musique » en particulier. La cohérence globale d’un disque (ou plus largement d’un groupe) n’est pas dû au genre musical, mais surtout parce que les morceaux sont écrits et joués par la même association de musiciens. Même si d’un morceau à l’autre, le registre semble changer, il y a toujours ce petit quelque chose, cette petite signature implicite du groupe. Donc je dirais qu’il est possible d’avoir des élans plus extrêmes, comme plus calmes à l’avenir. D’un autre côté, « extrême », ça peut vouloir dire beaucoup de choses quand on parle de création artistique…





Le rock en France a trop peu de vitrine médiatique, n'avez-vous pas peur de rester confidentiels et trop underground pour le public français ?


C’est vrai, mais de manière générale la musique n’occupe pas un rôle aussi important en France que, par exemple, dans les pays anglo-saxons. Si tu regardes les grands noms de la musique classique tu trouveras surtout des Allemands ou des Russes. Le jazz est intrinsèquement lié à l’histoire de l’immigration aux Etats-Unis, et le rock, quant à lui, aux évolutions sociales de l’Angleterre d’après-guerre. Le seul véritable mouvement musical français qui a rayonné à l’international, ce sont les Impressionnistes du XXème siècle, comme Debussy et Ravel.
La France est surtout connue pour sa littérature, ses penseurs, sa gastronomie. Pour en revenir au rock en France, il y a beaucoup de relais de diffusion ou de petites salles de concert qui ferment ici ou là, mais aussi, paradoxalement, de plus en plus de groupes qui se créent, ainsi qu’une augmentation de la fréquentation de lieux de concerts.


Paradoxalement, n’est-ce pas là l’essence du rock, le fait d’être underground, subversif et ainsi pouvoir conserver son intégrité ?


Nous ne pensons pas tellement à ces considérations sociétales dans notre démarche artistique. Nous sommes avant tout des musiciens qui faisons de la musique qui nous plait. Ce qui est vrai c’est que les musiques qui nous plaisent sont celles qui sont subversives par leur façon de bousculer l’ordre esthétique établi. Nous aimons les guitaristes qui inventent de nouvelles façons d’envisager l’instrument, comme Ron Thal ou Mattias Eklundh.
Nous aimons les groupes qui donnent un souffle neuf à un genre existant, en le modernisant et en le mélangeant avec des influences actuelles comme par exemple Hiatus Kayote avec la soul, ou encore Bowie, dont chaque album, et notamment le dernier, est incroyablement en phase avec son époque. Le rock a à peu près un demi-siècle d’existence. C’est un genre musical qui a su s’étendre et proposer une grande variété. Le côté underground du rock n’est aujourd’hui qu’une partie de ce que le rock peut offrir.


Vous chantez en anglais, votre musique est très inspirée de l'Angleterre, vous pourriez espérer une reconnaissance plus internationale ?


C’est bien sur le but ! Nos influences sont en effet très anglo-saxonnes, entre autres ; mais le choix de chanter en anglais découle plutôt de l’universalité de cette langue, particulièrement dans la musique actuelle, et encore plus particulièrement dans le rock et la pop. Le texte n’est pas l’élément central dans notre processus de composition (comme je disais, il vient souvent en dernier).
Nous n’avons pas de message politique ou social particulier, nous cherchons simplement à raconter des histoires plus ou moins humoristiques, avec parfois des doubles sens. Mais le texte, du moins ce qu’il raconte, n’est pas spécialement l’élément sur lequel nous voulons que l’attention de l’auditeur se focalise. L’anglais étant devenu la langue la plus « standard » du rock, c’est celle-ci que nous avons choisie.


Pourriez-vous, malgré la difficulté rencontrée d’écrire en français et faire sonner les mots, vous lancer dans un projet d’EP entièrement en langue de Molière (à la manière de Ange ou Orion) ?

Ce n’est absolument pas dans nos projets. D’une part les textes occupent une place finalement assez mineure dans Liquid Bear : ils servent avant tout de support aux mélodies que nous écrivons. Et puis il ne faut pas se mentir : l’anglais fait partie de l’ADN du rock. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire de rock en français mais chaque langue a un climat, un son particulier qui va colorer la musique d’une certaine manière, et qui ne s’accordera pas forcément avec la musique que tu veux proposer. Certains d’entre nous composent aussi en français mais ce sont des morceaux qui trouvent leur place dans d’autres projets que Liquid Bear.


La société accorde une très grande importance à l’image et donc aux clips, avez-vous l’ambition ou la possibilité de tourner un clip pour accompagner cet EP ?


C’est en projet ! Nous aimerions trouver un réalisateur qui puisse travailler avec nous à créer un univers visuel cohérent avec celui que nous avons commencé à développer notamment au travers de la couverture de l’EP (tableau réalisé par l’artiste Maxence Doré). Nous avons le sentiment qu’elle est bien en phase avec notre musique : « entre force et psychédélisme ».


Nous sommes par exemple honorés d’avoir eu plusieurs retours positifs hors de l’hexagone (Etats-Unis, Amérique Latine, Angleterre, …). On doit bien avouer que tout ça est extrêmement motivant !




Que tirez-vous comme expérience de cette période de promotion ?


C’est une très bonne expérience car elle permet de nous étendre au-delà de ceux qui nous écoutent depuis notre cercle plus ou moins proche. Elle nous donne l’opportunité d’avoir des retours, en positif ou en négatif, bruts de décoffrage, par des gens qui prennent le temps d’écouter notre disque au milieu de l’immense variété de ce qui sort de nos jours, sans biais d’appréciation. Nous sommes par exemple honorés d’avoir eu plusieurs retours positifs hors de l’hexagone (Etats-Unis, Amérique Latine, Angleterre, …). On doit bien avouer que tout ça est extrêmement motivant !





Quelle est votre ambition avec cet EP ?


Lorsqu’on compose de la musique en général, la première chose qu’on souhaite c’est qu’elle soit écoutée. Car à travers une mélodie, un morceau, une ambiance, on cherche à transmettre des émotions, de tout type. On a encore beaucoup de chose à dire à travers Liquid Bear. Alors notre ambition avec « Unwind », c’est qu’il ne soit que la préface d’une histoire plus dense.


Avez-vous quelques dates de concerts prévues et qu’est-on en droit d’attendre de Liquid Bear en live ?


En ce moment nous nous produisons en Ile-de-France (La Clef à Saint-Germain en Laye, l'international à Paris,...). La prochaine date confirmée est le 2 février à la salle de la Tour à Voisin-le-Bretonneux, organisée avec Met’Assos. D'autres dates arriveront sous peu.
Qu'attendre de Liquid Bear en live ? Un show brut, complice, puissant et sans répit !


On a commencé l’interview par la question qu’on vous a trop posée, quelle est celle que vous auriez aimé qu’on vous pose ?


Disons : « Quels sont les concerts qui vous ont le plus marqué dernièrement ? »
Et on répondrait quelque chose du genre : « Les Punch Brothers, ou encore Father John Misty au Trianon, Opeth au Download, Ron Thal au Petit Bain, Jack White à l’Olympia, Birth Of Joy à La Maroquinerie, sans oublier General Electriks à La Cigale … ! » et on commencerait à partir n’importe où en discussion de concert…


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/liquidbear/
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