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OVERDRIVERS (30 JANVIER 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARD ROCK
A l'occasion de la sortie du nouvel album, "She's On Her Period", Music Waves s'est entretenu avec Overdrivers pour nous en parler en détail.
NOISE - 07.02.2019

Nous nous sommes parlé il y a très peu de temps pour la réédition de votre premier album, depuis vous avez appuyé sur l’accélérateur et vous sortez un très attendu deuxième opus, comment vivez-vous cette période, avez-vous le sentiment d’avoir franchi un premier palier, celui qui sépare le groupe local du groupe national qui commence à compter ?

Nous travaillons sans relâche afin de faire évoluer  le groupe, et nous ne prenons pas vraiment le temps de nous retourner pour voir ce qui a été accompli. Nous sommes d'éternels insatisfaits,  et pour le moment nous nous considérons simplement comme un groupe ayant suivi la voie classique, à savoir sortie d'albums, concerts et composition de nouveaux titres. En tant que membres vivant tout au jour le jour et de l'intérieur l'aventure Overdrivers, il nous est parfois difficile de ressentir l'évolution du groupe. Mais si nous essayons de dresser un bilan rapide, force est de constater que de plus en plus de trucs chouettes nous arrivent, de plus en plus d'opportunités que nous n'aurions pas eu au début. Cela laisse effectivement penser que oui, peut-être, un premier palier a été franchi.

Êtes-vous satisfait à présent de la visibilité donnée à votre premier album, Dooweet a accompli un travail certain, cette collaboration vous satisfait pleinement ?

Comme dit précédemment, nous sommes d'éternels insatisfaits. Dooweet nous a apporté  des choses que nous étions incapables d'obtenir par nous-mêmes, comme par exemple une distribution de nos albums à une échelle mondiale, une visibilité plus importante. De plus, cette collaboration nous a permis de devenir un groupe encadré, avec une véritable structure professionnelle derrière, ce qui est toujours un plus dans le milieu. Nous avons eu des propositions de labels, mais rien qui ne nous convenait vraiment, c'est donc un élément sur lequel nous devons encore creuser. Aussi, au cours de cette collaboration, nous aurions aimé trouver un véritable tourneur  capable de nous dénicher des plans auxquels nous n'avons pas accès par nous-mêmes, mais c'est un sujet qui reste pour le moment encore en attente.

Il y a un côté conte de fées dans cette histoire, garder les pieds sur terre ce n’est pas trop dur de temps en temps, la tentation d’une vie rock’n’roll doit être grande ?

Quand on choisit une vie comme la nôtre, on ne sait jamais à quoi s'attendre et c'est ce qui la rend si intéressante. En étant dans un groupe de rock, on ne peut que mener une vie Rock'N'Roll. On ne sait jamais ce qui va nous arriver, qui on va rencontrer, dans quel endroit on va dormir... Ce qui compte avant tout pour nous c'est d'assurer le concert, de faire passer un bon moment au public et d'être disponibles. On s'autorise tous les écarts, tant que chacun a assuré son concert et qu'il pourra assurer celui du lendemain (rires).  Vivre le Rock'N'Roll, c'est connaître les pneus crevés, les pannes de camionnettes, les routes paumées, les bagarres, les actrices porno dans les loges (oui, on y a eu droit!), bref, c'est connaître toutes ces bonnes choses qui pimentent une vie et qui te bourrent la caboche de souvenirs tous plus délirants les uns que les autres. Et le mieux dans tout ça, c'est que tu vis toutes tes aventures entouré de tes meilleurs amis !




Je parlais de rock’n’roll, n’avez-vous pas le sentiment parfois d’être nés 30 ans trop tard et de vivre dans une société qui condamne tous les écarts, même minimes ? En gros, draguer et s’amuser c’est encore possible avec MeToo ou des réseaux sociaux qui scrutent tous les faits et gestes en direct ?

On a effectivement parfois le sentiment  d'être nés 30 ans trop tard, mais d'avantage d'un point de vue musical que d'un point de vue sociétal. Draguer et s'amuser c'est  encore possible, évidemment et heureusement ! La seule règle, c'est de faire les choses dans le respect de l'autre, et après chacun est libre de faire ce qu'il veut ! Les réseaux sociaux doivent être utilisés avec précaution, il faut faire attention au contenu personnel qu'on y publie. Cela mis à part, ils sont un formidable outil pour les groupes d'aujourd'hui, c'est désormais un élément non négligeable, voire incontournable pour gagner en notoriété. Si en plus de ça ils permettent de dénoncer  des violences, comme tu l'évoquais avec MeToo, ou de porter la voix de personnes qui ont une juste cause à défendre, nous ne pouvons qu'applaudir !

Parlons de l’album, entre son titre et sa pochette vous avez choisi un côté percutant, un peu provocateur même, quelque chose qui ne passe pas inaperçu, c’était votre idée de vous faire remarquer dans les bacs de disques ? C’est aussi très sexuel et d’ailleurs la thématique revient dans vos paroles, le sexe, le sang c’est une des bases du rock’n’roll comme quand AC/DC faisant dans le sanglant avec "If You Want Blood ?"

Effectivement, l'idée était d'obtenir un rendu beaucoup plus direct que la pochette du premier album (qui fourmillait de nombreux détails), allant à l'essentiel, c'est à dire un fond noir duquel se détache un motif fort. C'était donc délibéré de notre part de proposer une pochette qui attire l’œil tout en attisant la curiosité.  Nous n'avions pas fait le rapprochement avec "If You Want Blood" mais après tout pourquoi pas, chacun est libre de toute interprétation. À ce propos, notre pochette a plusieurs niveaux de lecture, qui échapperont sûrement à beaucoup de personnes.  Nous ne dévoilerons pas ici tous ses mystères, mais nous vous invitons à vous poser et à tenter d'en déchiffrer les différents éléments : cette pochette est bien plus complexe qu'elle n'y paraît de prime abord !

Musicalement on est logiquement dans la lignée du premier album, les titres ont-ils été écrits à la même époque ou êtes-vous repartis d’une page blanche ?

Nous ne sommes pas tout à fait repartis d'une page blanche, nous avions déjà quelques titres et quelques riffs en tête au moment de la composition du second album. Par exemple l'instrumental 'Bottoms Up' ainsi que le titre 'High Mountains' étaient déjà dans les cartons depuis un bon moment. Mais la grande majorité de la composition s'est étalée sur les quelques mois précédant l'entrée en studio. Le dernier titre composé pour cet album, 'The Best Blowjob In History', n'a d'ailleurs été finalisé que 3 semaines avant l'entrée en studio !

On se pose la question car on sent dans ce nouvel album plus de maturité, plus d’expérience, comme si on avait à faire à un Overdrivers 2.0 ?

Eh bien merci du compliment ! La différence majeure entre la composition des deux albums est que pour le second nous avions non seulement  l’expérience de la composition mais également  l'expérience de la scène. Aussi, alors que nous n'avions pris que 10 jours de studio pour l'enregistrement du premier album, nous nous sommes offert le luxe d'en prendre 13 pour le second. Ces 3 jours supplémentaires nous ont permis de passer plus de temps sur certains points que nous avions, sans pour autant les négliger, un peu réglé à la va-vite lors de l'enregistrement du premier album. Nous avons pu ainsi passer 2 journées entières rien que pour trouver le son de batterie idéal, nous avons consacré une journée entière au son des guitares, etc... Ce sont tous ces petits éléments mis bout à bout qui contribuent sûrement ment à  te faire ressentir ce que tu décris dans ta question.

Il y a aussi un côté direct, un aspect live dans toutes ces chansons, simple et efficace, soigner cet aspect des choses c’était important ?

Nous avons notre propre vision de ce que doit être un enregistrement studio. Il doit refléter ce que vaut le groupe en live, tout en offrant à l'auditeur la version la plus propre possible du morceau enregistré. C'est un équilibre assez complexe à trouver, car l'on peut vite tomber dans le piège de l’aseptisation, où une musique trop parfaite ne reflète plus du tout comment le groupe sonne en live. Créer une musique simple et efficace, c'est  l'objectif  que nous nous fixons à chaque fois que nous nous lançons dans la composition d'un nouveau morceau. Et si notre expérience de la composition nous a bien appris quelque chose, c'est bien qu'il est très difficile de faire simple et efficace à la fois.

Sinon vous déroulez un savoir-faire certain, 'The Best Blowjob In The History', 'King Arthur' ou 'Get Out With Your Bigfoot' sont complètement dans ce style australien du hard rock, que ça soit par la gouaille au chant ou par les riffs et soli simples et entraînants. Cette scène dans sa globalité, outre AC/DC, je pense à Rose Tattoo ou The Angels, est toujours votre influence majeure ?

Nos influences sont toujours un gros sujet de plaisanterie entre nous, puisqu'on ne cesse, outre AC/DC ou Airbourne, de citer Rose Tattoo et The Angels, alors qu'aucun  membre du groupe n'a jamais vraiment écouté l'un de ces deux groupes. Tout au plus connaissons-nous les 3 ou 4 chansons les plus connues de Rose Tattoo. Nous pouvons comprendre que notre musique évoque le rock australien pour un certain nombre de personnes, mais ça n'a jamais été un but en soi. Lorsque nous avons commencé à composer, nous avons simplement voulu créer de la musique à notre goût. Nous avons cherché un son qui nous plaisait, et notre trip ça a toujours été la bonne vieille Gibson branchée dans le Marshall, sans d'autres effets que l'intensité des coups de médiator sur les cordes. Ensuite, notre jeu de guitare, très instinctif, nous a naturellement poussés vers de gros accords plaqués, poussés par une batterie en 4/4 et une basse en mode rouleau compresseur. Alors oui, ça sonne sûrement rock australien, mais plutôt que de chercher à tout prix à s'en écarter et à lutter contre notre vraie nature, nous avons préféré pousser à fond dans ce que nous savons faire de mieux et dans ce qui nous anime au plus profond de nos tripes : le bon vieux Rock'N'Roll ! Mais nous n'écoutons pas que ce style, nos influences sont très vastes, allant de la musique classique au metal le plus obscur. Pour répondre à ta question, AC/DC reste évidemment l'une de nos influences majeures, mais nous ne cessons de disséminer des touches de multiples autres styles à l'intérieur de nos morceaux, afin d'obtenir, nous l'espérons, notre propre patte.




Je vous trouve un peu à part dans ce renouveau hard rock, vous avez un côté vécu très fort dans vos paroles, pas artificiel et très naturel. 'Mister Moo', dédicacé à Axl Meuriche que nous connaissons tous pour son taf de journaliste metal, 'Show Your Bobbies' ou 'She’s On Her Period' sont des histoires vécues et ça ajoute quelque chose de fort comme savait le faire Bon Scott. C’est important pour vous ce côté frais et naturel ?

Nous partons du principe que les gens qui écoutent notre musique sont là pour passer un bon moment. On leur parle donc des meilleures choses que nous apporte la vie. Si nous avions voulu faire passer des messages ou défendre une cause, nous nous serions engagés en politique. Mais avec nous, c'est sans prise de tête. Tu sais ce qui t'attends quand tu écoutes notre rock, c'est comme si on te tendait une chope et qu'on te disait «  allez mec, oublie tous tes soucis et viens faire la fête avec nous ! ». De plus, la partie instrumentale de nos composition est toujours très gaie, il est donc essentiel que les paroles soient en accord avec l'humeur que dégage le morceau. Et parler de choses vécues, ça nous permet d'être sincère dans notre démarche, de ne pas mentir au public, et par conséquent de se sentir investi lorsque nous déblatérons notre « « « « « poésie » » » » » (rires). C'est donc, en effet, quelque chose d'extrêmement important !


Il y a aussi encore le côté blues avec 'High Moutains', le blues rock c’est quelque chose d’important on dirait dans votre ADN ? Qu’est-ce qui vous attire dans ce style, le côté lancinant, un peu triste, qui là aussi raconte une histoire ?

En effet, le blues rock fait partie intégrante de notre ADN, mais c'est bien normal puisque c'est  la base de tous les groupes de rock de la terre ! Plus que le côté lancinant ou triste, ce qui nous attire avant tout c'est sa capacité à prendre au tripes quasi immédiatement. C'est comme si ça réveillait un truc, comme un instinct animal. C'est une musique très simple, sans effets ni fioritures, mais qui a une force incroyable ! 

Enfin votre disque est construit je trouve comme un vinyle avec deux faces distinctes, ce côté old school vous le revendiquez ? D’ailleurs cette face B si j’ose dire commence avec un instrumental teinté de celtique, proposer un instru et dans ce style c’était quelque chose que vous souhaitiez absolument faire ?

Nous n'avions pas réellement fait le parallèle avec le vinyle au moment d''élaborer la track list, mais il y a réellement eu une réflexion quant à la place que devait occuper chaque titre sur l'album. Il nous fallait ainsi jongler entre musiques lentes, rapides, entre les différentes tonalités des morceaux. Le but était de maintenir l'auditeur en haleine tout au long de son écoute. Le morceau instrumental de l'album, 'Bottoms Up', avait déjà été composé au moment de l'enregistrement du premier album, mais n'avait pas été retenu à cause de son côté un peu trop différent du reste des titres. Ce n'est pas spécialement que nous tenions à faire un morceau dans ce style-là, mais c'est qu'on l'avait composé un peu par accident et qu'il nous avait  plu tout de suite. Le fait est que nous le jouions en live, et que de nombreuses personnes nous reprochaient d'avoir acheté l'album et de ne pas l'avoir retrouvé dans celui-ci. Il nous est donc apparu comme une évidence qu'il fallait rattraper le coup et l'insérer dans le second album. Pour donner un sens à sa présence, il a donc été décidé de le mettre à mi-parcours dans la track list, afin, en quelque sorte, de faire souffler l'auditeur avec un intermède festif, qui lui permettrait de repartir de plus belle pour finir de s'éclater sur les morceaux suivants. Et cela a semble-t-il été très bien accueilli !


A présent la route je suppose, celle-ci est indispensable pour un rocker, vous vous sentez pleinement épanouis quand vous êtes sur les chemins pour donner la parole hard rock ? La prochaine étape est-elle de grimper vers les gros festivals, vous sentez vous capables de passer ce cap ?

En effet, rien ne nous éclate plus que d'être sur les routes à aller prêcher la bonne parole du Rock'N'Roll ! La camionnette de tournée devient très vite comme une seconde maison, c'est la vie qu'on a choisi de mener et on en est très fiers ! Les gros festivals sont évidemment la prochaine étape, et on se sent plus que prêts à passer ce cap ! Après tout, c'est bien pour ça qu'on se donne tant de mal : essayer de jouer devant toujours plus de monde ! N'est-ce pas, après tout, l'ambition de n'importe quel groupe ?



Plus d'informations sur https://www.overdriversrock.com/
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