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WHITECHAPEL (04 FEVRIER 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL
A l'occasion de la sortie de "The Valley", nous avions rendez-vous avec Alex Wade, guitariste de Whitechapel...
STRUCK - 15.03.2019
A l'instar de Jack l'Eventreur qui a perpétré ses crimes dans la rue du même nom, Whitechapel n'est pas là pour plaisanter que ce soit dans sa musique mais également lors de ses journées promo...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?


Alex Wade : Hum… Trop souvent ? Je dirais : "Pourquoi y-a-t-il 3 guitaristes dans le groupe ?"





Ce qui est assez peu fréquent même si on a vu de tels line-up chez Periphery par exemple… mais nous y reviendrons un peu plus tard. Nous voudrions plutôt te demander comment vous arrivez à garder ce rythme d'une sortie d'album tous les deux ans et toujours réussir à garder votre créativité en veille ?


C’est assez dur de garder cette créativité en ébullition tous les deux ans mais c’est ainsi que ça se passe et il semble que ça marche plutôt pas mal. Et quand la tournée qui va commencer en avril se terminera, il sera temps pour nous de faire un nouvel album.



Vous êtes étiquetés groupe deathcore, alors que votre musique est mélodique et va au-delà du style… A cet égard, considères-tu "The Valley" comme un album deathcore ? De façon générale, que signifie deathcore aujourd’hui ?

A la base, le deathcore mélangeait le death metal et le hardcore -les ruptures du hardcore et les blast beats du death metal. Notre son contient toujours des éléments de cette musique mais nous ne sommes pas seulement ça !


Particulièrement avec ce nouvel album "The Valley" qui est éloigné du style deathcore assez linéaire et restreint...

… dans lequel tu as le sentiment d’écouter le même titre… Nous essayons d’être plus dynamiques !


Nous nous sommes toujours focalisés sur ce qui va arriver par la suite.




Mais aujourd’hui, vous considérez-vous toujours comme un groupe deathcore ou souhaitez-vous vous en détacher comme ce visuel assez éloigné des canons du deathcore ?

Je ne dirais pas que c’est quelque chose que nous faisons de façon consciente. Nous ne sommes pas le type de groupe à dire à tout le monde : "Nous ne sommes plus un groupe de deathcore !".
Nous faisons juste ce qui sort naturellement, nous ne sommes pas allés à contre-courant, nous nous sommes toujours focalisés sur ce qui va arriver par la suite.


Ce visuel justement est-il un hommage au film du même nom ?

Non…


… mais tu ne peux pas nier qu’elle rappelle clairement le film aussi bien au niveau visuel que le titre en lui-même…

Bien sûr ! Nous voulions que cette pochette donne le sentiment d’un film et avoir cette ambiance de film d’horreur à la façon de Stephen King ou ce genre de choses…


Nous avons été déçus de la réception de "Mark our Blade" dans sa globalité mais nous voulons montrer à notre public quelque chose de nouveau, de frais avec "The Valley".


"Mark our Blade" bien que classé 72e du Bilboard US a reçu un moins bon accueil que son devancier "Our Endless War", classé 10e. Comment l’expliques-tu et cela a-t-il influencé l’écriture de "The Valley" ?

Oui, nous avions le sentiment qu’il fallait que nous devions intensifier notre propos. Nous avons été déçus de la réception de "Mark our Blade" dans sa globalité mais nous voulons montrer à notre public quelque chose de nouveau, de frais avec "The Valley".


Et selon toi, quelle est la principale différence entre "The Valley" et "Mark our Blade" ?

J’ai le sentiment qu’il y a plus d’émotions dans "The Valley", que ce soit au niveau des paroles que de la musique. Nous nous sommes beaucoup plus impliqués dans cet album pour qu’il sonne aussi bien.


On l’a un peu évoqué, le line-up de Whitechapel est assez inédit : trois guitaristes et pas de batteur crédité même si Navene Koperweis de Entheos est crédité sur quelques morceaux, qui a joué sur les autres ?

En fait, il a joué sur tous les morceaux de l’album. Il est arrivé quand nous venions de terminer les guitares et les voix. Il est arrivé et a enregistré toutes les parties de batterie en 5 ou 6 jours. Ça m’a énormément impressionné de le voir assis écrire et enregistrer toutes ses parties de batterie aussi vite.


Est-ce que ce line-up inédit crée une musique inédite ?

Oui ! Comme je te le disais, nous avons essayé de faire quelque chose de nouveau, de frais pour ce nouvel album. Nous avons essayé d’expérimenter en écrivant des chansons de façon différente par rapport à ce que nous faisions dans le passé.


Est-ce qu’un tel line-up vous donne une liberté que vous n’auriez pas autrement ?

Je suis totalement d’accord, tous ces riffs nous apportent beaucoup plus d’idées de chansons. Le fait d’avoir trois guitaristes nous a toujours aidés dans cette optique.


Vous intégrez beaucoup de solos de guitare assez techniques, est-ce que c’était nécessaire d’apporter cette musicalité et encore de vous démarquer des autres formations plus violentes ?

Ben Savage a toujours été le principal artisan des solos. Il assemble les solos les uns avec les autres et il les écrit comme ils viennent morceau par morceau et les accentue en fonction : par exemple, si la batterie est sur un blast beat, il accélère le rythme de la guitare pour suivre la batterie.


Les riffs sont très variés. Pourquoi une telle variété qui se retrouve aussi dans les rythmes de batterie ?

Quand nous écrivons des riffs ou tout autre chose, nous essayons juste de faire en sorte que ça sonne bien et que ça serve la chanson, nous n’essayons pas d’écrire des choses trop techniques, nous n’essayons pas de faire en sorte que ça soit plus dur que ça ne devrait l’être, nous essayons juste d’écrire ce dont la chanson a besoin.


Nous avons essayé d’apporter de la dynamique dans cet album…




L’album a beaucoup de passages violents, ainsi que des moments aériens, est-ce que c’est la marque de fabrique de Whitechapel ?

Oui, nous avons essayé d’apporter de la dynamique dans cet album…


… ce n’était pas le cas par le passé ?

Si, mais je dirais que nous essayions sur les précédents albums mais ça ne fonctionnait pas aussi bien que sur cet album. Sur "Mark our Blade", il y a le titre ‘Bring Me Home’ qui nous a permis d’expérimenter certaines choses et notamment l’enchaînement mélodie/ heavy.


Nous avons appris ce qui marchait et ce qui ne marchait pas sur le dernier album et aujourd’hui, nous pouvons revenir en utilisant ce savoir pour proposer un album vraiment solide.



Peut-on dire que vous cherchiez la formule magique par le passé et vous l’avez trouvée pour cet album ?

On peut dire ça. Nous avons appris ce qui marchait et ce qui ne marchait pas sur le dernier album et aujourd’hui, nous pouvons revenir en utilisant ce savoir pour proposer un album vraiment solide.


Comme un film d’horreur les passages d’ambiance sont presque plus effrayants que les passages aux riffs épais, est-ce que c’était votre intention d’apporter une certaine angoisse dans les instants paisibles ?

Exactement ! Je trouve que cet album sonne définitivement comme un film à savoir que tu vas avoir ces moments bruyants que tu prends en pleine face mais tu vas également avoir les parties très calmes, tu dois être plus attentif pour pouvoir écouter et comme tu l’as dit, cela augmente l’anxiété en se demandant ce qui peut arriver par la suite…


… et ainsi mieux surprendre l’auditeur…

Tout à fait ! Cela rend les choses intéressantes, fraîches… Ces moments donnent envie d’écouter notre musique parce que tu ne sais pas ce qui va se passer par la suite.


La palette de chant de Phil est impressionnante (entre graves très profonds et des cris hyper aigus), ces variations sont une vraie qualité, qui se démarque des autres productions au chant parfois linéaire. Penses-tu que cela aurait été possible d’avoir ce que nous avons défini comme la patte Whitechapel avec un autre chanteur ?

Je ne pense pas vraiment. Phil est incroyable dans ce qu’il fait. Nous lui fournissons le fond afin qu’il puisse y poser son histoire.


Les thèmes on l’air à la fois sombres et introspectifs ou personnels (‘Brimstone’, ‘Black Bear’), est-ce le cas ?

Définitivement ! Phil a vraiment pris sur lui pour s’ouvrir et écrire beaucoup plus personnellement sur ces chansons. Certaines sont plus à prendre au figuré, donc à pas à la lettre… mais je pense que cet album montre qu’il a fait un effort pour faire en sorte qu’il y ait une vraie connexion personnelle.


Et peut-on parler de concept album ?

Oui !




Et quelle est l’histoire derrière ce concept ?

C’est son histoire ! Les difficultés qu’il a traversées dans son enfance. Nous espérons que tous ceux qui ont vécu de tels moments pourront peut-être trouver une connexion avec cet album.


Vos compositions proposent une multitude de variations, d’ambiances, de textures. Comment s’est passé l’étape de composition pour assembler tout ça et rendre tout ça cohérent ? Avez-vous dû laisser certaines idées de côté ?

Parfois !


Mais comment arrivez-vous à faire en sorte que cela sonne de façon cohérente ?

La plupart du temps, cela marche naturellement et nous ne choisissons pas les chansons parce que nous avons décidé que ce sont celles qui marchent le mieux. Nous ne faisons qu’écrire de la musique comme elle est censée être mais nous prenons et choisissons différentes parties qui ne sonneraient pas aussi bien que le reste mais pour le reste, cela s’imbrique plutôt bien.


Vos compositions sont aussi pleines de groove, n’est-ce pas l’essentiel finalement ?

Bien sûr, c’est clairement le cas ! Tu dois avoir ce groove, cette accroche dans les chansons parce que c’est ce qui attire l’auditeur et ce qui va le faire revenir aussi. Si un titre est un blast beat du début à la fin, personne ne sera vraiment intéressé. Avoir ce groove dans nos titres permet définitivement à l’auditeur de taper du pied ou autre chose...


Quel a été l’apport de Mark Lewis qui a de nouveau produit cet album et qui apporte à la fois de la fraîcheur de la lourdeur, un son très léché très professionnel et très intelligible comme sur ‘Hickory Creek’ ou avec le riff d’introduction de ‘Black Bear’ par exemple ?

C’est un super producteur, il sait exactement ce qu’il faut pour notre son. C’est le quatrième album qu’il produit pour le groupe. Il est très à l’aise et nous savons qu’il connaît les tonalités dont nous avons besoin. Avec lui, on ne tourne pas autour du pot, il se plonge directement dans le vif du sujet en disant que c’est telle tonalité de guitare, de batterie qu’il faut… même chose pour le chant. A peine commencé, il sait exactement ce qu’il nous faut.


Nous n’essayons pas consciemment de sonner progressif, c’est juste que nous progressons en tant que groupe et en tant que personnes.




On a beaucoup parlé de deathcore mais votre musique est si riche avec ces variations, ces climats, ces soli de guitare, peut-on dire que vous êtes un groupe de deathcore progressif voire de djent dans une veine Textures ?

Je suis assez d’accord. Nous n’essayons pas consciemment de sonner progressif, c’est juste que nous progressons en tant que groupe et en tant que personnes. Mais c’est clair qu’il y a des similarités.


Finalement, quels sont tes attentes pour cet album ?

J’espère que nous pourrons toucher une nouvelle population, que nous pourrons toucher des gens qui n’aiment pas forcément la musique deathcore mais qui pourront aimer ce nouveau style de musique.


Vous êtes étiquetés groupe deathcore mais "The Valley" est un peu en marge de ce style à la mode. N’est-ce pas paradoxal d’être en marge des modes, même si le deathcore est à la mode ?

(Sourire) Pour nous, nous essayons juste d’écrire de chansons qui sont le reflet de nos goûts du moment, nous faisons de la musique depuis 25 ans environ et nous avons besoin de ces grandes chansons épiques comme ‘Hickory Creek’ ou ‘Third Depth’…


Le plus important pour moi est de continuer à sonner comme Whitechapel !



As-tu l’impression de repousser les limites du genre, de le rendre plus accessible ?

Oui, je l’espère ! J’ai le sentiment que nous n’avons aucune limite, notre devise est de ne pas rester cantonnés dans une boîte - mais il faut garder le même son. Même si les parties plus calmes, douces ne sonnent pas comme nos premiers albums, cela sonne toujours comme du Whitechapel. Le plus important pour moi est de continuer à sonner comme Whitechapel !


On a commencé l’interview par la question qu’on t’a trop souvent posée au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Hum… je dirais : "Quel est mon groupe préféré ?". Et c’est Deftones, je les adore et tu peux l’entendre en particulier dans ce nouvel album.





J’ai mentionné Tool tout à l’heure mais j’aurais pu citer Deftones, les groupes ont quelques similitudes…

Tout à fait, ils ne sont pas si éloignés que ça…


Merci

Merci à vous !


Merci à ThibautK pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.myspace.com/whitechapel
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