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TITRE:

EMBRYONIC CELLS (12 FEVRIER 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
BLACK METAL
Rencontre avec Max Beaulieu et Pierre Le Pape pour évoquer le grand retour de Embryonic Cells....
13.03.2019 par STRUCK

Embryonic Cells fête ses 25 ans de carrière mais ce retour sur le devant de la scène marque une nouveau départ, de vraies remises en question... vers de nouveaux horizons ?


On a déjà posé cette question à Pierre, elle s’adresse donc à toi Max : quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Maxime Beaulieu : "Pourriez-vous nous raconter l’histoire du groupe ?" ou pire "Pourquoi Embryonic Cells ?" Cette question m’horripile. C’est une question légitime mais j’y ai répondu 20.000 fois et du coup, quand j’y réponds, j’ai l’impression d’être une boîte vocale qui répète le même message.





On va plutôt vous faire le résumé de la vie du groupe. Créé en 1994, le siècle dernier….

(Rires)


[Embryonic Cells] c’est mon groupe dans lequel je m’émancipe complètement, [...] ce n’est donc pas pour moi un projet, c’est mon groupe de copains avec qui je m’éclate




… vous sortez en 2007 "Before The Storm" rapidement suivi de "Black Seas" en 2008 et "The Dread Silence" en 2012 et ce qui nous réunit aujourd’hui, à savoir la sortie du dernier album en date "Horizon" en 2019… la vie de Embryonic Cells est loin d’être long fleuve tranquille. Comment doit-on considérer Embryonic Cells : comme un groupe à part entière ou un projet dans lequel vous vous plongez lorsque vous agendas le permettent ?

Max : C’est une très bonne question !

Pierre Le Pape : C’est effectivement une excellente question car c’est un peu des deux !

Max : En fait pour répondre à ta question, je pense qu’on a chacun notre point de vue. Personnellement, contrairement aux autres copains du groupe, Embryonic Cells est mon groupe exclusif. Ce n’est donc pas un projet, une parenthèse, une fenêtre… c’est mon groupe dans lequel je m’émancipe complètement, Embryonic Cells n’est donc pas pour moi un projet, c’est mon groupe de copains avec qui je m’éclate.

Pierre : Disons qu’initialement, c’était également le cas pour moi quand je suis entré dans le groupe. Ce n’était pas le siècle dernier, c’était il y a 12/ 13 ans, en revanche, j’ai découvert le groupe le siècle dernier parce que c’était mon premier concert de metal de vie à l’époque où Embryonic Cells jouaient du thrash. Ça m’a fait bizarre et très plaisir quand quelques années plus tard, j’ai intégré le groupe en tant que clavier.
Et pour répondre à ta question, -je ne vais pas te dire l’inverse, l’agenda de Melted Space a été quand même très rempli- ça m’a donc un peu éloigné d’Embryonic Cells, il y a même eu une courte période pendant laquelle je ne faisais plus partie du groupe. Et à l’occasion des 20 ans du groupe, on m’a proposé de jouer un titre ou deux et à l’issue du concert…

Max : … on lui a dit de revenir à la maison sachant qu’un nouvel album était dans les tuyaux.


Tu dis qu’un nouvel album à savoir "Horizon" était dans les tuyaux mais dès 2014, que s’est-il passé entretemps ?

Max : Nous avons un processus créatif qui est très long. Des morceaux présents dans "Horizon" ont été écrits il y a 3/ 4 voire 5 ans.


Je partage l’idée que nous sortons trop peu d’albums et que nous mettons trop de temps à en sortir : d’ailleurs, "Horizon" marque un nouveau départ parce que nous sommes tous résolus à enchaîner le plus rapidement possible.


Pour revenir à notre question de la vie d’Embryonic Cells, la question se pose à Max, n’as-tu pas le sentiment de perte de temps, de gâchis en sortant 4 albums en 25 ans ?

Max : Non. Evidemment, j’aurais aimé produire beaucoup plus d’albums sachant que Embryonic Cells a la substance, le potentiel pour créer plus d’albums mais je n’entretiens pas tellement de frustration parce que en fait, ma créativité je l’exerce non seulement dans ma musique mais également dans mon métier, dans le milieu associatif… dans différents pôles…
Donc, non je n’ai pas frustrations mais je partage l’idée que nous sortons trop peu d’albums et que nous mettons trop de temps à en sortir : d’ailleurs, "Horizon" marque un nouveau départ parce que nous sommes tous résolus à enchaîner le plus rapidement possible.


J’ai vraiment le sentiment d’être un tout jeune groupe !




Ce qui est parfaitement cohérent avec votre démarche actuelle, il n’y aurait pas de sens de faire une journée promo aujourd’hui et ne pas enchaîner…

Max : Bien sûr, tu as raison ! Pour tout te dire, j’ai vraiment le sentiment d’être un tout jeune groupe ! J’ai l’envie, je suis hyper enthousiaste ! Aujourd’hui, nous présentons "Horizon" et j’ai l’impression d’être un gamin de 20 ans qui vient de sortir sa première démo.

Pierre : L’historique du groupe fait qu’il y a eu plusieurs phases mais c’est vrai qu'Embryonic Cells sous sa forme actuelle -orientée black metal- est finalement assez jeune : au regard de "Before the Storm", il n’y a pas tant d’années que ça… Mais c’est vrai que maintenant, il y a une vraie volonté -avec la signature chez Apathia et ce nouvel album- de ne pas attendre 5 ans pour sortir le prochain. Même si cet album vient seulement de sortir, on se projette déjà sur la suite.


Sans forcément parler de pause ou de mise entre parenthèse avec Melted Space ou Seth ou autre, il y a une réelle envie d’aller de l’avant et battre le fer avec Embryonic Cells.


Mais avec ton activité au sein de Melted Space, ne va-t-il pas y avoir des incompatibilités d’agenda ? Est-ce que Melted Space va être mis en parenthèse pour te consacrer un peu plus à Embryonic Cells ?

Pierre : Ça dépend de plusieurs choses mais c’est vrai qu’avec Melted Space, il y a eu une forte activité qui n’a pas été très reposante pour moi. Sans forcément parler de pause ou de mise entre parenthèse avec Melted Space ou Seth ou autre, il y a une réelle envie d’aller de l’avant et battre le fer avec Embryonic Cells.


Ce qui est assez cohérent de notre point de vue. Lorsque nous nous étions rencontrés pour la première fois et la sortie du premier Melted Space, tu avais un besoin d’émancipation et lors de notre dernière rencontre l’an dernier, tu nous semblais fatigué car le projet reposait entièrement sur tes épaules… aujourd’hui, j’ai le sentiment d’un groupe de copains qui se retrouvent où vous vous partagez les responsabilités…

Pierre : C’est vraiment une question d’équilibre. Mais c’est vrai que je suis dans le même état d’esprit que Max quand il dit qu’il se sent comme un gamin de 20 ans qui vient de sortir son première démo : on vient de sortir un album, j’ai envie d’en ressortir un autre… parce que je n’ai pas toute la logistique à gérer ce qui pour moi est finalement très enrichissant pour tout le reste. J’ai moins de questions à me poser et je prends finalement presque plus de plaisir à le faire parce qu’il y a beaucoup moins de contraintes…


Question que vous allez je suppose beaucoup avoir lors de cette journée : votre actualité est la sortie de “Horizon” mais quelle est la signification de ce titre ? Doit-on y voir une image sur l’avenir du groupe ?

Max : Alors là, tu relèves peut-être quelque chose de totalement inconscient pour nous…


Allez, allonge-toi et raconte-nous…

Pierre : (Rires) !

Max : Non mais c’est vrai, c’est une psychanalyse intéressante. Je ne l’avais pas vu ainsi mais c’est intéressant !
Non, "Horizon" n’est pas tout à fait un concept-album, néanmoins il y a une linéarité, un fil rouge dans les textes qui racontent une espèce d’histoire. "Horizon" évoque ces déracinés du passé, du présent -et fait notamment écho avec l’actualité- mais aussi du futur : de toutes ces familles, ces femmes, ces hommes et leurs enfants souvent déracinés à cause de la guerre notamment pour survivre, pour s’extraire de leurs conditions.
Ce n’est pas un album politisé pour autant ou qui se veut commenter ce qui se passe en Méditerranée notamment, mais nous parlons de ces déracinés du passé, du présent et du futur qui doivent survivre et traverser, parvenir à transcender cet horizon.


Même si "Horizon" fait un peu plus écho à l’actualité, il est toujours nourri par cette passion que nous avons de l’allégorie fantastique




Donc contrairement à ce que nous pensions, pas de références à Lovecraft notamment sur ‘Across The Moutains’ qui ferait référence aux “Montagnes Hallucinées” ?

Max : Si, c’est forcément le cas. Les trois premiers albums sont évidemment nourris de la littérature de Robert E. Howard ou de Lovecraft et d’autres. C’est un peu moins le cas sur cet album mais en même temps, même si "Horizon" fait un peu plus écho à l’actualité, il est toujours nourri par cette passion que nous avons de l’allégorie fantastique.


A l’instar d’un Orakle, on a l'impression que ça relate plus des expériences philosophiques pour donner à réfléchir, est-ce que c’était votre intention pour encore vous éloigner de la facette black et vous le faisiez déjà sur vos précédents albums ?

Max : Les précédents albums exploitaient plus largement la passion qu’on pouvait avoir pour certains auteurs, pour certaines nouvelles, pour l’œuvre de Lovecraft : c’est quasiment le cas de "Black Seas" qui fait référence aux mers noires de Lovecraft.
Pour autant, est-ce important pour nous ? Non mais finalement, on n’a pas qu’une vision studio, on pense les morceaux en termes de live en nous demandant ce que ça va donner sur scène. En fait, pour habiter la scène et pour être habité sur scène par nos morceaux, on a besoin de sentir habités et concernés.

Pierre : Je dirai que même si dans les textes et conceptuellement, l’album est beaucoup moins inspiré en termes de littérature ou de fantastique que "Black Seas", je sais que pour ma part, il y a quand même une envie de cinématographier ces titres et les rendre plus imposants. Je dirais que ce serait par là que l’influence fantastique se traduirait !


De façon générale, comment s’est déroulée la composition de l’album pour avoir cette unité de son et de style ? Les expériences de Pierre au sein de Melted Space ont-elles influencé l’écriture de cet album ?

Max : En fait, notre processus créatif est relativement classique c’est-à-dire que j’apporte une espèce de "riffothèque" avec des hypothèses, avec des propositions de structure que je propose aux copains et puis, on phosphore dessus de répétition en répétition, lors de séances de travail dédiées à l’écriture… chacun apporte sa pierre à l’édifice.
Ce que nous avons toujours fait avec Embryonic Cells, c’est que le texte, la verbalisation est arrivée après. Pour cet album, ça a été un petit peu différent et ça concerne à peu près la moitié des morceaux c’est-à-dire que j’ai écrit les textes avant, j’ai fait les lignes de chant avant et c’est la musique qui s’est calée aux lignes de chant. En termes de processus créatif, c’était pour moi une petite révolution !


Le travail de chant a été assez déterminant pour le résultat final !


Et comment les autres et notamment toi, Pierre vous êtes-vous adaptés ? Etait-ce une contrainte ?

Pierre : Pas du tout ! Ça s’est fait assez naturellement, c’est-à-dire que Max et Jo, notre batteur (NdStruck : Jonathan Lemay) structurent pas mal les choses en amont, des squelettes de chansons avec des refrains très identifiables et identifiés sont arrivés assez vite si bien que le travail d’arrangement en commun a été fluide.


Tu parles de refrains. Parfois la voix est en retrait dans la production, est-ce une volonté de votre part ? Est-ce aussi une façon de lisser l’aspect black du chant pour vous concentrer sur l’aspect mélodique et donc les refrains que tu citais ?


Pierre : Sur le chant lui-même, il y a eu pas mal de choses faites en studio. On ne peut pas ne pas évoquer le travail plus qu’intéressant et enrichissant fait avec Pierre Schaffner qui a produit l’album. Max y est allé pour ses prises de voix et ça a été intense…

Max : Je vous expliquerai (Sourire) !

Pierre : Il a poussé Max dans ses derniers retranchements en lui demandant de tout donner même ce qu’il n’avait pas donné jusqu’à présent. Ça a conduit à l’utilisation de la voix claire, une sorte d’utilisation de la voix comme un instrument… et donc comme tu le soulignais des mises en retrait qui va un côté planant et très arrangé qu’on peut retrouver dans l’album. Ce travail de chant a été assez déterminant pour le résultat final !

Max : Quand je suis arrivé en studio et quand mes prises de chant ont débuté, je l’ai fait à la traditionnelle ! Et tout de suite, Pierre Schaffner qui est derrière les manettes aux studios La Forge me dit d’arrêter tout de suite et me dit : "Max, il faut que je te dise quelque chose. Je pense que tu n’es pas un très bon chanteur" puis "Tu t’en sors parce que tu as fait 300 lives, tu as déjà fait des albums, tu sais comment placer ta voix mais tu n’es pas métronomique, tu t’appuies sur ta petite expérience et ton intuition", "C’est bien, ça fonctionne mais si tu veux passer à un niveau supérieur, il va falloir qu’on entame un travail de diction, sur les voix, sur ton placement, sur l’anglais, sur les accents…" … Il n’avait pas raison, il avait mille fois raison !
Il m’a chahuté et boxé dans les cordes mais j’étais hyper demandeur en mettant mon orgueil de côté : placer de l’ego aurait été déplacé et surtout improductif ! Et c’est peut-être une déformation professionnelle mais en tant que designer, je passe mon temps à soumettre des idées à des gens qui me font changer continuellement mes propositions, donc pour moi, c’est tout à fait naturel !
Au final, Pierre Schaffner m’a vraiment fait progresser, il m’a fait repenser des lignes de chant, il m’a changé quelques mots, il a insisté pour que je mette des accents à tels endroits, il m’a fait évoluer vers d’autres tonalités, il m’a fait expérimenter des trucs et c’est un peu grâce à lui que sur « Horizon », il y a des voix claires. Je l’en remercie vraiment car il m’a fait énormément progresser !


Ça a été constructif au final mais que tu dis que placer de l’ego aurait déplacé, c’est paradoxal quand on sait que si tu es chanteur d’un groupe, c’est en partie à cause/ grâce à cet ego ?

Max : Je ne suis pas vraiment objectif pour répondre à cette question…

Pierre : … Oui évidemment, tu ne peux pas monter sur scène si tu n’as pas un minimum d’ego. En revanche, le travail en studio est particulier, spécifique et c’est vrai que Max est très ouvert aux propositions, quand on lui soumet un point de vue différent, il en tient compte… c’est le travail qu’on avait fait sur ‘Carved In My Skin’ où il est arrivé avec des structures et en fait, on a bidouillé toute la chanson qui au final ne ressemble pas du tout à ce qu’elle était au départ : on a mis de la batterie électronique avec des sons d’usines… C’est ce qui est agréable dans le travail à quatre, quand un soumet une idée, les trois autres écoutent et éventuellement acceptent l’idée de faire évoluer le morceau.


Je suppose que ce travail studio va influencer tes performances sur scène qui est un autre exercice sans filet pour le coup. C’est un autre travail que tu as fait / vas faire ?

Max : Je suis en train de le faire : toute une série de concerts va bientôt être annoncée et une connue le 18 mai avec nos copains de Misanthrope à Troyes.
Mais ça va forcément l’influencer : par exemple, cet album "Horizon", je l’écoute régulièrement donc je m’imprègne de ces accents, de ces tonalités…


Je suis intimidé par beaucoup de choses dans la vie mais pas par la scène : c’est un moment où je prends beaucoup de plaisir !




Mais en changeant fondamentalement ta façon de chanter, tu n’as pas de pression pour cet exercice de la scène où il n’y a pas de seconde prise ?

Max : Je n’ai aucune pression. J’adore le live, c’est un moment où je me sens vraiment bien. Je suis intimidé par beaucoup de choses dans la vie mais pas par la scène : c’est un moment où je prends beaucoup de plaisir ! Donc je vais faire confiance à mon expérience, mon intuition, au travail qui a été induit via cette fenêtre de studio… ça va le faire !
L’idée n’est pas non plus de restituer sur scène au détail près, à la tonalité près ce qu’il se passe en studio.

Pierre : En effet, "Horizon" est un album très produit, il y a des empilements de voix etc…
Après, le live fait partie intégrante de l’ADN du groupe depuis ses origines, quand nous sommes tous les quatre sur scène, c’est pour tabasser… Il y a un côté plus vivant, plus direct qu’on amène sur scène…


Tu parles d’un album très produit, allez-vous retravailler les titres d’une façon plus brute pour la scène ?

Pierre : Ça a déjà été fait sur certains passages. Mais c’est vrai qu’on a répété encore samedi dernier, on a justement évoqué certains passages, certains titres afin de savoir si on devait les restituer tels quels ou si on devait les repenser autrement… La version album est ce qu’elle est maintenant rien n’est figé et on essaie de toujours se remettre en question pour proposer en live le truc le plus abouti.

Max : La volonté est de retranscrire sur scène l’essence du morceau. On pense y parvenir en faisant en sorte que quelqu’un qui connaît l’album ne se sente pas trahi quand il écoute le même titre en live.


L’album se conclut par ‘No Boundaries’, doit-on en conclure que votre musique n’a pas ses limites, qu’elle va plus loin que le simple black ?

Pierre : De façon générale, on n’a pas trop de limite dans le sens où nous sommes quatre avec des influences relativement différentes chacun mais aussi des influences communes où nous nous retrouvons. Mais c’est vrai que sur cet album, nous avons pu expérimenter certaines choses, des sons, des façons de travailler, le chant, une façon de produire aussi… quand on regarde les précédents albums, tout cela est assez nouveau comme le côté planant qu’il y avait moins sur les précédents albums…


… ne doit-on pas y voir ta patte, comme le fait de débuter l’opus par une piste qui pose l’ambiance par exemple et se demander si finalement votre musique n’est pas plus symphonique que black finalement ?


Pierre : Je sais que dans les sons que j’ai utilisés, il y a des sons communs avec le dernier album de Melted Space par exemple parce que ce sont des sons que j’ai aimé travailler, que j’ai pu développer, appréhender, mettre en pratique dans cet album. Maintenant, c’est vrai que le travail avec Melted Space m’a aussi appris à bien maîtriser mon matériel et là où sur "Black Seas", j’avais utilisé essentiellement des sons que j’utilisais en live, sur cet album, j’en ai utilisé de nouveaux que je vais aussi avoir sur scène et d’autres que je n’aurais pas du tout. Mais comme on le disait, ce qui est sur album n’est pas forcément fait en live.
Effectivement, il y a donc un côté symphonique qui vient de moi mais je ne vais pas aller contre nature et faire quelque chose qui ne me ressemblerait pas. Maintenant, tout ce que je propose est soumis à discussion au sein du groupe si bien que si ça ne correspondait pas, ça ne figurerait pas dans l’album.


J’ai beaucoup d’affection pour de nombreux albums d’Emperor, c’est forcément quelque chose que j’ai digéré et que j’ai recraché dans Embryonic Cells





Cela contribue à l’équilibre de l’album, mieux à l’identité du groupe, cet alliage violence et mélodie qui pourrait rappeler Emperor…

Max : Je suis très content que tu dises ça parce que Emperor est une de mes références majeures. J’ai beaucoup d’affection pour de nombreux albums d’Emperor, c’est forcément quelque chose que j’ai digéré et que j’ai recraché dans Embryonic Cells. C’est une comparaison que j’apprécie beaucoup - même si je la trouve un peu intimidante.


Dans la continuité d’Emperor, peut-on envisager un avenir expérimental à la Ihsahn pour Embryonic Cells ?

Pierre : Je dirais qu’en soi, nous ne fermons aucune porte mais cela dépendra des riffs, des envies de chacun. Quand on commence un nouvel album, un nouveau processus de création, souvent Max qui propose ses riffs fait un petit sondage en demandant vers quoi nous voulons tendre pour le prochain album. Vu qu’il a une flopée de riffs très différents et tous exploitables, c’est aussi une façon de voir vers où il va piocher.


Et je suppose que l’accueil du public lors de vos lives va également influencer la direction vers laquelle vous allez vous tourner ?

Pierre : C’est quelque chose que nous n’allons pas ignorer mais maintenant, nous faisons de la musique pour nous faire plaisir, pour être en communion tous les quatre autour d’un même projet musical : nous n’allons donc pas faire de la musique pour plaire aux gens mais nous allons garder à l’esprit que c’est très plaisant quand il y a une bonne réception : je me souviens de l’année où nous avons joué au Metalcorner et c’est même mon plus beau souvenir toute expérience confondue de voir le public bouger la tête comme un seul homme…

Max : Ça renvoie une énergie incroyable !


On a évoqué ce souvenir mais toi, Max quel est votre sentiment après presque 25 ans de carrière au sein d’Embryonic Cells ?


Max : Je me répète mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, tout commence… En fait, quand on parle d’Embryonic Cells, on parle de 1994, date de création mais à cette époque, c’était surtout un groupe de gamins dans un garage, entre potes, pas très sérieux, avec des répétitions où on se demandait si le batteur allait venir…

Pierre : (Rires) !

Max : … Embryonic Cells, ça a été longtemps ça ! Il y a également eu des changements de casting relativement importants à cette époque, ce qui a également changé la philosophie du projet : il est évident que l’arrivée de Pierre au sein d’Embryonic Cells a marqué l’arrivée du premier album et des suivants.
Il y a clairement eu une enfance, une adolescence… je ne sais pas si nous sommes arrivés à l’état de maturité, adulte du groupe ? Je ne sais pas. Pourquoi pas ?


Toute cette genèse, cette gestation qui a duré 10 ans a été nourrissante [...] elle sert de fondement aujourd’hui



Je comprends surtout que le nom du groupe n’est plus adapté puisque nous ne sommes plus au stade embryonnaire…

Max : (Rires) Effectivement, Embryonic Cells était dans la gestation… Mais tu vois, toute cette genèse, cette gestation qui a duré 10 ans a été nourrissante parce qu’on a fait plein de concerts, on a maturé nos instruments… mais en même temps, elle sert de fondement aujourd’hui. Aujourd’hui, je vois plein de groupes autour de moi qui produisent de la bonne musique très bien produite mais le groupe disparaît parce qu’ils se sont pris la tête… Je ne dis pas que nous n’avons pas nos zones de tension encore que nous n’avons pas connu beaucoup de turbulences….

Pierre : C’est effectivement relativement serein (Rires) !

Max : En fait, on a fait des années de concert dans les caves… nous avons un vécu qui stabilise les choses et qui nous permet de prendre du recul sur plein de choses.

Pierre : On a fait énormément de route ensemble et outre le concert, quand tu es dans le camion, tu discutes, tu écoutes du son… c’est vrai que ça contribue à solidifier les relations entre nous et aussi, ça façonne la direction dans laquelle on peut aller.


La raison d’être d’Embryonic Cells est la scène




Et au final avec tout ce vécu, qu’attendez-vous de cet album ?

Pierre : Tourner encore plus (Rires) !

Max : La raison d’être d’Embryonic Cells est la scène c’est-à-dire que personnellement, je ne pourrais pas être un groupe uniquement restreint au studio. J’ai besoin que mon groupe, nos albums s’expriment sur scène. Donc c’est bien évidemment célébrer la scène -là où le groupe est le plus performant- et surtout il nous reste plein d’endroits où nous n’avons pas encore joué. On a la chance en France d’avoir plein de beaux festivals et nous avons envie d’être à l’affiche de ces festivals. Il y a certes le Hellfest dont nous sommes à l’affiche mais il y en a plein d’autres et de très bons avec des gens super avec qui on a envie de partager de bons moments… Et il y a l’Europe parce qu’on a envie de s’exporter bien évidemment !


Pierre, on te l’a déjà posée donc cette dernière question est pour Max. On a commencé l’interview par la question qu’on t’a trop souvent posée au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Max : Je crois que tu me l’as posée. C’était la question de savoir si Embryonic Cells était un groupe ou un projet. C’est la question à laquelle j’aurais aimé répondre, tu me l’as posée, je l’ai trouvée tout à fait audacieuse et inhabituelle… donc merci !





Merci beaucoup


Pierre : Merci à vous

Max : Merci à vous, les gars surtout


Merci à ThibautK pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/pg/embryonic-cells-179425228782758
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