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VISAVIS (11 FEVRIER 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK
Rencontre sous le signe de l'authenticité avec Visavis qui fête ses 35 ans de carrière avec la sortie de "War Machine".
CALGEPO - 28.02.2019
Music Waves est parti à la rencontre du groupe Visavis qui après 35 ans de carrière sort son nouvel album "War Machime", un album au rock énergique.


On aime commencer nos interviews par cette question, quelle est la question qu’on t’a trop posée ?

C’est la question sur l’origine du nom du groupe Visavis.






Vous existez depuis près de 35 ans, ce qui est devenu extrêmement rare de nos jours : Telephone a disparu malgré une éphémère et mercantile reformation, Noir Desir également…. Qu’est ce qui explique votre longévité ?


L’amitié et le plaisir de se retrouver pour faire de la musique fait que cela dure depuis 35 ans. Cette longévité vient du fait que nous ne sommes absolument pas rassasiés car en fait sur les 35 ans il n’y a eu qu’une quinzaine d’année d’activité soutenue avec parfois de très longs breaks. La longévité de Visavis  n’a pas trop d’importance à nos yeux car ce qui est fait est fait. Maintenant ce qui nous importe c’est l’avenir.


Un groupe qui ne saute pas les étapes et qui a une progression régulière a toutes les chances de s’inscrire dans la durée, il se forgera un mental et un esprit d’équipe à travers toutes les galères qu’il rencontrera (et elles sont nombreuses quand on fait de la musique)



On a l’impression qu’aujourd’hui, des groupes qui auront une si grande longévité comme vous ou Trust ou Indochine par exemple…. seront rares voire que ne sera plus possible, partagez-vous le même sentiment et celui-ci s’explique-t-il par l’évolution de l’industrie musicale qui fait une place plus importante au marketing et au groupe éphémères mais qui rapportent vite ?

Nous sommes dans une ère ou tout va plus vite et ou le court terme prend le pas sur tout le reste. Mais attention, souvent les groupes qui sont mis sur le devant de la scène trop vite ont du mal dans la durée. A contrario, un groupe qui ne saute pas les étapes et qui a une progression régulière a toutes les chances de s’inscrire dans la durée, il se forgera un mental et un esprit d’équipe à travers toutes les galères qu’il rencontrera (et elles sont nombreuses quand on fait de la musique). Après il y a aussi les facteurs humains qui rentrent en ligne de compte, composer en groupe c’est accepter des compromis et parfois c’est difficile surtout si au fil du temps des divergences musicales apparaissent.


 Au cours de votre carrière vous avez eu certainement eu des moments de doutes, d’engueulades, survécu à des changements de line up mais aussi vécu des moments très forts. Vous avez subi de plein fouet le deuil avec la disparition du chanteur originel du groupe Philippe Mauget. Même si on s’en remet jamais car vous étiez amis et que ça a été soudain, qu’est-ce qui vous a poussé à continuer malgré ces difficultés, c’est lui qui continue à vous porter de là-haut dans cette aventure ?


Le décès de Philippe a été un coup d’arrêt pour le groupe, et si nous avons eu un parcours si chaotique c’est en partie parce que nous avons eu beaucoup de mal à nous en relever. Phil était un chanteur charismatique, bonne voix, belle gueule, fan d’Eddie Cochrane. Bien sûr qu’il est avec nous.  On pense à lui très souvent avec notre blague à deux balles « Qu’est ce qu'il fout Phil, il est encore en retard à la répét' » 





Votre actualité est ce nouvel album « War Machine » est sorti en janvier alors qu’il était prévu pour sortir plus tôt (septembre 2018) pour quelles raisons a-t-il été repoussé ?

Lorsque tout était sur les rails, le deuxième guitariste a souhaité ne plus faire partie de l’aventure suite à des divergences musicales et retirer toutes ses billes du projet. Il a fallu refaire toutes ses parties guitares, refaire quelques arrangements, remixer puis remasteriser, revoir le plan de com et refaire le montage du clip 'Hey Jack' pour sonner à trois. Mais putain ! On y est arrivé. 


Le fait d’être à trois vous a-t-il encore plus soudé en tant que groupe ?


Nous avons vécu tous la même aventure rock’n’roll, ça nous a forgés, soudés avec un mental à toute épreuve. Cependant on ne devrait pas rester longtemps en mode power trio, nous sommes sur le point d’embarquer un 2ème guitariste dans notre aventure. Visavis sonne mieux avec 2 guitares, question d’habitude et de gros son.


Sur la cover de l’album vous voyez rouge un peu à l’image de Trust qui a sorti « Dans le Même Sang » l’année dernière, qu’est-ce qui vous met en rage ?


Il y a plein de choses qui nous mettent en rage aujourd’hui, y a qu’à allumer la TV !!  Concernant la musique, les victoires de la musique par exemple  nous emmerdent.  C’est la difficulté à exister et à trouver des dates dans un pays ou on entend toute la journée de la soupe commerciale envahir les radios et les télés. Sinon, la couleur rouge a toujours fait partie de l’ADN du groupe.


L’identité de Visavis c’est un rock puissant et énergique avec des teintes de mélodie et une voix passée à travers une pelletée de graviers.



Votre style épouse un rock que l’on peut qualifier d’authentique, qui nous plonge dans ses racines les plus profondes, avec cette voix rauque et une musique puissante, énergique et direct dans la face, c’est ça l’identité et le son de Visavis ?

L’identité de Visavis c’est un rock puissant et énergique avec des teintes de mélodie et une voix passée à travers une pelletée de graviers. Cet album on l’a voulu authentique dans le sens où tous les titres doivent sonner à l’identique en live. Notre ingé son Riri refuse tout subterfuge et considère que le son on l’a à la sortie de l’ampli ou pas. Au départ on s’est quand même cherchés en multipliant les pistes avec des amplis différents. On pensait atteindre un niveau de grosse production mais on s’est vite rendu compte que ce n’était pas nous. 





Vous apportez également de belles nuances dans notamment ‘Mine Tonight’ qui débute comme une ballade à la Springsteen pour se muer en un rock puissant, ou un côté bluesy dans ‘Don’t Turn Around’, cet album est-il un hommage au rock dans tous ces aspects ?

C’est la musique que l’on aime jouer, sans se poser de questions. Nous avons chacun des influences différentes, PB : Post Punk, Reg : Hard&Rock’n’roll, PH : Rock Australien. C’est ce que qui fait notre force et nous nous sentons libre d’aller où bon nous semble. Il y a une unité dans cet album mais tous les titres sont différents. On n’a pas l’impression d’écouter le même titre du début à la fin comme cela peut être le cas sur certains albums de metal.


Les solos de guitare sont très courts et pour ainsi dire c’est un peu frustrant, car comme ils sont bons on aimerait qu’ils durent plus longtemps. Est-ce qu’en live ces solos sont appelés à être étendus et qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre d’un live de Visavis ?


Merci du compliment ! Nous ne sommes pas le genre de groupe démonstratif à mettre des solos partout. En général ce sont des solos plutôt  mélodiques qui se retiennent assez facilement. C’est vrai que le dosage rythmique/solo est un peu déséquilibré mais cela vient peut être du fait que nous sommes sur une configuration avec un chanteur guitariste rythmique et soliste qui doit aussi se concentrer sur le chant.
Sur scène on reste fidèle à nos compos par rapport aux enregistrements mais nous sommes en train d’étoffer le set avec quelques passages solos supplémentaires.


On n’a pas l’esprit à être nostalgique, on est résolument tournés vers l’avenir.



Le fait de voir ces groupes qui disparaissent comme AC/DC, Motörhead, Aerosmith (qui a fait sa tournée d’adieu en 2017)…. Vous rend-il nostalgique ?


C’est juste la génération avant nous qui commence à partir et bien entendu ce sont des groupes qui ont eu pas mal d’influence sur nous. Mais on n’a pas l’esprit à être nostalgique, on est résolument tournés vers l’avenir.


Quels groupes selon vous sont en passe de prendre leur relais ?


On est un peu perdu tellement il y a de groupes qui se ressemblent finalement. Vont-ils durer ? On aime bien les groupes qui ne font pas de cinéma mais qui envoient du lourd comme Gojira.


Partagez-vous le fait d’être les dépositaires de ces groupes qui ont sans doute bercés votre jeunesse d’hommes ?


Nos racines proviennent de ces groupes mais on a notre propre identité. Ce serait prétentieux de prétendre être les dépositaires de ces mastodontes qui ont déplacé des stades entiers pendant des décennies.





Avec vos 30 ans de carrière, votre public est constitué d’une importante fan base constituée depuis l’origine, on suppose que leurs enfants viennent se joindre à eux à vos concerts, qu’est-ce que ça vous fait de toucher des gens de plusieurs générations, ça doit vous apporter une énergie de dingue ?

Oui cela fait toujours plaisir de voir des jeunes participer à nos concerts et de s’entendre dire parfois « c’est en vous écoutant sur scène qu’on a eu envie de faire du rock’n’roll ».


On en profite pour lancer un appel à tous les organisateurs de concerts  pour leur dire que Visavis est de retour.



Le crowdfunding que vous avez tenté a-t-il dépassé vos espérances et quel a été votre sentiment à ce moment-là ?


L’objectif a été atteint mais pour être honnête on pensait faire un peu mieux. On remercie toutes les personnes qui ont pris le temps de croire en ce projet mais on s’est rendu compte qu’il fallait redynamiser notre fan base après toutes ces années d’absence et cela passe forcément par du live. On en profite pour lancer un appel à tous les organisateurs de concerts  pour leur dire que Visavis est de retour.


Vous êtes l’une des fiertés de la Corrèze qui vous a toujours soutenu (articles de presse, public fidèle notamment au cours du concert privé de 2014…), il n’y a pas qu’à Paris que ça bouge et heureusement la province dispose d’un vivier de groupes impressionnants ! De quels moyens disposez-vous en termes de salles notamment dans le département et la Région et qu’est-ce qui serait bien à développer pour vous aider encore plus ?


Il existe quelques vraies salles de concert dans la région comme la SMAC de Tulle (Salle des lendemains qui chantent) ou nous avons joué une fois, fait une résidence et tourné notre clip 'Hey Jack'. Cependant on a l’impression que ce genre de salle fonctionne en circuit fermé et donne très peu leur chance aux groupes régionaux en tout cas pour notre style.
Nous aussi avons la Corrèze en Cathéter mais l’objectif est bien d’en sortir et de faire connaitre Visavis ailleurs. Visavis est national de par la localisation de ses membres : PH est au Mans, PB est à Marne-la vallée, REG est à Tulle. Le prochain deuxième guitariste est de la haute Bretagne.


Nous n’avons pas de contrat avec des labels mais qu’on se le dise, nous cherchons un label.



Ce disque sort sur le fameux label « Season of Mist », qu’est-ce que cette signature représente pour vous ?

Le disque est seulement distribué par Season & Mist, c’est déjà pas si mal. Nous n’avons pas de contrat avec des labels mais qu’on se le dise, nous cherchons un label !


La France n’est pas très réputée pour avoir un public rock en raison d’une exposition de moins en moins médiatique voire qui ne l'a jamais été, pour vous, le rock est-il destiné à rester underground, de là où il vient ? Est-ce que ça lui permet ainsi de conserver cette authenticité et de ne pas céder au marketing et aux concessions ?

Il faut se battre pour se faire une place quand on est un groupe de hard rock ou de metal en France, c’est ce que l’on compte faire ! Heureusement qu’il y a des passionnés  pour relayer cette musique. Notre style est plutôt destiné à rester underground, on a l’habitude,  alors oui cela permet de conserver une vraie authenticité mais attention quand c’est vraiment trop underground ça finit par disparaitre.


Quel est votre plus beau souvenir en tant qu’artiste ?

Nous avons énormément de souvenirs mais peut être que le plus marquant est le dernier concert avec Phil au chant au printemps de Bourges en 1991.


On a commencé par la question qu’on vous a trop posée, au contraire quelle est la question à laquelle vous auriez aimé ou rêvé de répondre ?


La question à laquelle on aurait rêvé de répondre est la suivante  « Comment s’est passé votre dernier concert sur la Mainstage du Hellfest ? » On a le droit de rêver non ?


Plus d'informations sur https://www.visavis.rocks
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