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BALLS OUT (05 AVRIL 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARD ROCK
A l'occasion de la sortie de leur premier album, les membres de Balls Out ont laissé entrer Music Waves et mis leur c... sur la table !
STRUCK - 17.04.2019
Rencontre avec un groupe aussi efficace dans sa musique qu'il est simple dans son discours... Une entrevue rafraîchissante avec un nouveau venu sur la scène hard rock française...





Nous aimons commencer nos interviews par cette question : quelle est la question qu’on vous a trop posée ?

Yann Vautrin : "Est-ce que le guitariste est célibataire ?". On nous pose souvent cette question et je t’avouerais en avoir un peu marre (Rires)… Non, plus sérieusement, je dirais "Comment vous êtes-vous rencontrés ?". Ça ne nous dérange pas d’y répondre mais c’est vrai que c’est une question qui revient souvent.


Je me voyais mal reprendre les chansons des autres toute ma vie.


On ne vous la posera pas… Balls Out a été fondé en 2016. Pourtant vous ne semblez pas être un groupe de petits jeunes qui débutent. Quel est votre parcours musical avant Balls Out ?

Yann : Pour moi, j’ai commencé la musique en 2007.

Pat Gioan : Je suis musicien depuis l’âge de 14 ans dans des groupes de reprises. J’ai joué en pub 2 à 3 fois par semaine jusqu’à 18 ans. Et à 18 ans, j’ai quitté ma province et j’ai décidé de faire de la composition parce que je me voyais mal reprendre les chansons des autres toute ma vie.

Yann : C’est à ce moment qu’on s’est rencontrés et qu’on a formé un groupe local à l’époque en 2007 et une démo est née.

Pat : D’ailleurs si quelqu’un arrive avec cette démo d’Outrage, je lui paie à boire.


Outrage était donc le grand frère de Balls Out ?

Pat : C’est ça, c’était le grand frère attardé de Balls Out (Rires) !

Yann : Le groupe a splitté et chacun a fait de la musique de son côté mais rien de concluant…


Tu parles de grand frère attardé, Balls Out comme son nom l’indique ne fait pas dans la finesse non plus…

Pat : Non, non, c’est vrai : Balls Out est le petit frère débile (Rires) ! En revanche, nous étions un petit peu plus impétueux à l’époque : nous avions un côté jeunes cons dans Outrage.


On met des balls mais également des tripes dans nos chansons !




Et comment ça se traduit musicalement ?

Pat : C’est surtout dans les relations humaines que ça se traduit. Mais musicalement, la façon de composer, d’aborder les morceaux, de mettre un peu plus de choses personnelles… quand on avait entre 18 et 20 ans, nous n’avions pas beaucoup d’expérience de vie donc on n’y mettait peu de choses si ce n’est ce que nous entendions !
Depuis, il est arrivé plusieurs choses dans nos vies, on met de nos expériences personnelles, de la maturité… on met des balls mais également des tripes dans nos chansons !


Et est-ce compatible de mettre les balls dans les compositions et avoir les Beatles tatoués sur le bras ?

Pat : Totalement ! Ecoute ‘I Want You (She's So Heavy)’ de l’album "Abbey Road" : c’est l’ancêtre du heavy metal. Il y a des textes des Beatles, tu mets de la distorsion : ça passe ! Comme la distorsion de George Harrison sur ‘Revolution’ est fantastique ! Il y a plein de chansons qui font que pour moi, c’est le plus grand groupe du monde !


Et ce n’est pas incompatible avec Balls Out car à l’écoute de votre album, on pense naturellement à AC/DC, Motörhead et pas forcément les Beatles…

Pat : Pas tout de suite surtout quand on voit nos gueules ! Malgré les Beatles restent une influence majeure surtout dans la façon de composer les harmoniques, dans les mélodies… On peut apporter de l’harmonie et de la mélodie dans le hard rock : ce n’est pas incompatible ! Et c’est ce que les Beatles ont appris à beaucoup de générations de musiciens…


Votre premier EP "Too Big To Handle" est paru en 2018. De quelle manière a-t-il été un tremplin pour la composition de ce premier album "Let Me In" ?

Yann : Clairement ! L’album "Let Me In" est la continuité de "Too Big To Handle" mais ce dernier était plus une carte de visite qui était les prémices de Balls Out…


Cet EP représente ce qu’est Balls Out encore aujourd’hui ?

Pat : Totalement ! C’est notre identité !

Yann : Mais c’est vrai qu’on a plus importé des influences de chacun dans "Let Me In" : que ce soit les Beatles par exemple ou des trucs plus heavy de la part de Pat ou Zakk Wylde dont Sonny -l’autre guitariste- est fan !


On a parlé des Beatles, de Zakk Wylde mais pour nous, vos influences sont très marquées AC/DC ou Motörhead, d’où vous vient cet amour du hard rock old school ?

Pat : C’est l’éducation musicale que j’ai reçu de mon père : les caisses de vinyles qu’il y avait à la maison…

Yann : C’est exactement la même chose de mon côté… Je me souviens avoir découvert AC/DC en écoutant ‘et le live "If You Want Blood" dans lequel tu vois Angus être transpercé par sa Gibson SG. J’écoutais ‘Let There Be Rock’ en boucle...


Dans la lignée, le titre ‘Rock All Day’ évoque Airbourne et Koritni…

Pat et Yann : Ahhhh, très très bien !

Pat : On a déjà eu la comparaison avec Airbourne mais pas encore Koritni qu’on aime particulièrement !


… qui sont aussi des héritiers d’AC/DC. Comment expliquez-vous que le hard rock bluesy soit aussi trans-générationnel ?

Yann : Je pense que c’est une musique un peu plus facile d’accès que le metal… C’est plus accessible. Tu as plus de chance que la personne qui n’écoute pas de metal trouve plus accrocheur ou mélodieux un AC/DC, Airbourne ou Koritni qu’un Napalm Death !

Pat : Et puis tout le monde connait et chante ‘Highway to Hell’ : c’est con mais ça reste dans la conscience collective !

Yann : Musicalement mais aussi au niveau de l’imagerie : AC/DC, c’est la chanteur à la casquette et le guitariste en écolier…


La musique est très liée à l’image. Est-ce que vous travaillez sur cet aspect ?

Pat : On n’a pas d’image particulière qu’on veut véhiculer : on est comme on est ! Malgré tout, sur scène, nous sommes quatre entités totalement différentes : Sonny est super classe, limite en costard cravate, Pierre est décontracté en t-shirt ou torse nu derrière sa batterie, Yann est assez rock’n’roll et moi également, je joue en chemise sans manche et torse nu en dessous et les tatouages sur le torse et le ventre apparents… On a chacun notre look et mélangé ensemble, ça donne Balls Out ! C’est une image non-travaillée mais qui reste…


On voit la musique comme une fête…




Toujours concernant l’image, le glam metal est assez éloigné de votre univers visuel, pourtant le nom du groupe comme le nom de l’album "Let Me In" sonnent comme un clin d’œil à Steel Panther.

Pat : (Rires) Et ce n’était même pas voulu ! De base, je ne suis pas fan de Steel Panther : je ne savais même pas qu’ils avaient sorti un album du nom de "Balls Out". Non, en fait, le nom du groupe est né de longues discussions et à un moment, j’ai dit "Bon, les gars, à un moment faut sortir les balls, il faut les mettre sur la table et montrer aux gens qu’on en a !"… Et du coup, on s’est dit banco !

Yann : Ce qui est bien, c’est que ce nom est aussi de l’autodérision : on voit la musique comme une fête…

Pat : … ne pas se prendre réellement au sérieux…

Yann : … et ça reflète relativement bien notre personnalité, notre façon de penser !


On sent une petite influence Kiss sur quelques titres comme ‘Drumstick Sucker’. Pour vous les deux univers glam années 80 et hard rock années 70 sont donc compatibles ?

Pat : Bien sûr ! Nous sommes les petits-enfants de ces styles…

Yann : Sachant que Kiss, tu enlèves le côté masque : c’est du classic rock !

Pat : Il y a de bons groupes qui ont fait le lien en se renouvelant tout en restant dans leur style en évoluant sur les techniques d’enregistrement ou de son.  


Vos influences sont donc assez diverses et l’on peut même citer Black Sabbath sur le morceau ‘Worship The Fallen’ qui est le titre le plus sombre et le plus lent de l’album.

Pat : C’est totalement ça !


Il y a une remise en question constante pour arriver à ne pas être "trop comme" mais avoir nos balls dedans.


Quel est selon vous le secret pour digérer toutes ces influences et se forger sa propre personnalité ?


Yann : C’est un travail collectif dans lequel chacun met son grain de sel, sa personnalité… Petit à petit, ça fait un mix. Et ce mix prend de l’importance et ça fait l’identité d’un groupe.

Pat : C’est du dosage : chacun apporte quelque chose mais c’est difficile de ne pas tomber dans la parodie, dans le plagiat… Il y a une remise en question constante pour arriver à ne pas être "trop comme" mais avoir nos balls dedans.


Justement, lorsqu’on fait du hard rock aujourd’hui, comment être sûr que le riff que l’on compose n’existe pas déjà ?

Pat : On a une phrase magique qui est : "Dans le mix, ça passe !" (Rires)

Yann : On écoute tous des groupes différents et tu en as toujours un pour dire : "Ah mais ça, ça sonne comme"… Mais par exemple, quand j’apporte une idée, c’est mis à la sauce Balls Out, à savoir que Sonny, Pat vont mettre leur patte et ça va donner quelque chose de différent !


Et justement, comment vous répartissez-vous les rôles au sein du groupe pour composer ?

Pat : Il n’y a pas de règle. Je peux par exemple arriver avec un riff que j’ai écrit la veille vite fait chez moi et que j’ai enregistré sur mon téléphone. Je le propose, je le fais écouter et les autres vont proposer d’ajouter telle ou telle chose…
Personne n’est arrivé avec une feuille en disant : "Voilà ce que j’ai écrit ça : jouez-le !". Pour moi, c’est le meilleur moyen de semer la discorde…

Yann : C’est quand un peu le cas sur ‘Rock All Day’ qui était un de mes titres qu’on a repris tel quel dans les grandes lignes et ‘Worship The Fallen’…

Pat : … oui, c’est vrai que j’assume la paternité de ‘Worship The Fallen’ !


C’est très variable finalement…

Yann : C’est ça ! Et parfois, tu vas arriver avec une idée bien précise en studio et sur place, tu vas te rendre compte en répétition que c’est de la merde ! A l’inverse, on peut partir d’un délire pour se chauffer et on va se dire que ça pourrait donner un super morceau !

Pat : On a un spectre assez large dans nos influences pour avoir le recul nécessaire pour se dire : « Si tel membre est fan de Kiss, est-ce que cette idée ne ressemble pas trop à une chanson de Kiss ? ». Je me souviens par exemple que Yann est venu récemment avec un super riff et a proposé qu’on l’appelle le titre ‘Highway to Hell’ : je lui ai répondu que je n’étais pas sûr que ça passe cette fois-ci…

Yann : … tant pis !

Pat : Il a tenté (Rires) !


Vous avez joué en 2018 dans le cadre des fameuses Hell Sessions qui précèdent le Hell Fest. Pensez-vous que cela vous a donné de la visibilité et se dire qu’il fallait sortir quelque chose rapidement pour surfer sur cette popularité ?

Pat : Pas forcément ! Ça s’est très bien goupillé derrière mais plus que ça, cette expérience nous a motivés pour faire de grosses scènes par la suite. Ça nous a donné un coup de fouet énorme dans notre confiance et dans notre façon d’aborder le live.


La prochaine grosse étape serait ouvrir pour nos idoles et ensuite, la prochaine grosse étape utopique serait de voir Balls Out en tête d’affiche !




Justement vous avez partagez la scène avec Nono Krieff, ouvert pour The Clutch… quelle pourrait être la nouvelle étape ?

Yann : Airbourne ! Je veux ouvrir pour Airbourne !

Pat : Et moi pour Motörhead (Rires) !

Yann : La prochaine grosse étape serait ouvrir pour nos idoles et ensuite, la prochaine grosse étape utopique serait de voir Balls Out en tête d’affiche : c’est le rêve de tout musicien !

Pat : Mon ambition première est d’être pour l’instant un groupe de première partie : j’ai découvert énormément de groupes en première partie : Helloween en première partie d’Iron Maiden en 1998, ils leur ont volé la vedette et je suis tombé totalement fou de ce groupe. Il ne faut pas oublier qu’avant d’être de gros groupes, ils ont été la première partie d’autres : sur la tournée aux Etats-Unis de Kiss, AC/DC était la première partie !


On aime ce qu’on fait, on fait ce qu’on aime !


Comment voyez-vous l’avenir de Balls Out ? Pourriez-vous explorer d’autres univers musicaux ?

Pat : Essentiellement la polka ! D’ailleurs, je prends des cours de polonais en ce moment pour ça (Rires) !

Yann : Explorer d’autres univers musicaux ? Non, on va rester dans ce qu’on fait, ce qu’on sait faire et ce qu’on aime !

Pat : On aime ce qu’on fait, on fait ce qu’on aime !


Et finalement, hormis faire la première partie d’Airbourne, qu’attendez-vous de cet album ?


Yann : Que les gens aiment l’album, qu’il soit bien reçu. Que les gens prennent autant de plaisir à écouter cet album que nous à l’enregistrer…

Pat : Mon ambition est d’être en ville, dans ma voiture et au feu rouge à côté de moi, quelqu’un qui écoute l’album à fond dans caisse ! Et quand le feu repasse au vert, il repart en me jetant le CD dans la gueule avec un doigt d’honneur en me disant : "C’est de la merde !" (Rires) !
Mon ambition est que les gens prennent du plaisir. Quand je conduis, j’adore écouter les groupes que j’aime et j’ai envie de ça : que les gens après une journée de boulot harassante se mettent un groupe comme Balls Out qui va te redonner la pêche ! Attention, toutefois, j’ai fait griller un haut-parleur et Sonny a fait péter une enceinte sur ‘Worship The Fallen’ (Sourire) !


Votre discours est simple, ne craignez-vous qu’avec le succès qui vous guette vous perdiez cette simplicité ?

Pat : Je m’en fous, quand je serai millionnaire, je ne parlerai plus aux journalistes (Rires)…

Yann : Nous sommes des gens humbles et nous le serons toujours !

Pat : J’ai personnellement rencontré des artistes légendaires qui n’ont pas du tout la grosse tête. Je prendrais toujours exemple sur ces artistes qui ont su rester humbles : j’ai pu discuter une heure entière avec tous les membres de Deep Purple et les mecs prennent le temps de parler avec toi ! Jusqu’à la fin de sa vie, Lemmy allait au Rainbow et tu pouvais lui parler sans qu’il te dise : « Dégage, je suis en train de jouer à la roulette ! ».

Yann : Il ne faut pas oublier que c’est grâce au public, aux médias que tu es là.

Pat : Il ne faut pas renier d’où tu viens !




C’était une belle conclusion mais je dois fermer la boucle. Nous avons commencé par la question qu'on vous pose trop souvent, quelle serait celle que vous aimeriez que l'on vous pose ?

Pat : Ah mince…

Yann : C’était comment le Stade de France ?

Pat : Bien vu !


Et alors ?

Pat : C’était génial !

Yann : J’ai eu un peu les miquettes au début !


C’était mieux que Wembley ?

Yann : Il pleuvait, c’était chiant mais l’acoustique est mieux à Wembley (Rires) !

Pat : J’en ai une autre de mon côté "Comment s’est passé l’enregistrement à Abbey Road ?"


C’est quelque chose de plus abordable aujourd’hui…

Pat : Maintenant oui, Abbey Road est très abordable !


Merci beaucoup

Balls Out : Merci à toi !


Merci à Newf pour sa contribution et Chris de Rock Metal Mag pour ses photos...


Plus d'informations sur https://fr-fr.facebook.com/ballsoutofficial/
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