MW / Accueil / Articles / SOEN - WHEEL - GHOST IRIS (02 AVRIL 2019 - BACKSTAGE BY THE MILL)

SOEN - WHEEL - GHOST IRIS (02 AVRIL 2019 - BACKSTAGE BY THE MILL)


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
METAL PROGRESSIF
A l'occasion du premier leg européen pour Soen en soutient de la sortie de l'album lotus, Music Waves a assisté à l'étape parisienne d'un groupe qui n'en fini plus de grandir.
CALGEPO - 15.04.2019

La venue de Soen à Paris pour leur second concert au Backstage By The Mill est un petit évènement tant le groupe construit sa carrière avec une discographie quasi sans faute et en constante progression. Longtemps comparés à Tool ou Katatonia, les suédois affirment au fil des sorties une personnalité plus marquée jusqu'à "Lotus", leur dernière offrande, qui a marqué par sa qualité les sorties de ce début d'année 2019. Mais auparavant, nous découvrons les deux groupes prévus en première partie de la tournée qui n'ont pas démérité loin de là.


Direction le pub O'Sulllivan et son Backstage By The Mill près du Moulin Rouge pour le concert parisien de Soen afin de soutenir le formidable album "Lotus" sorti en février dernier. Mais avant d'écouter le saint Graal musical, le public devra patienter grâce à deux groupes aux styles diamétralement opposés incarnés par Wheel et Ghost Iris.  Il est 19h pile quand les portes de la salle s'ouvre permettant ainsi à une file bien fournie de découvrir la scène encombrée d'instruments à l'éclairage violet.


WHEEL

Les quatre membres du groupe Wheel rentrent encapuchonnés en piste afin de défendre leur  album salué par la critique "Moving Backward". Le contact live avec les compositions, pas encore toutes bien intégrées, n'est pas simple tant le groupe propose une musique protéiforme et relativement complexe s'inspirant de Mastodon, Tool,  Alice In Chains et Karnivool. La configuration scénique ne permet pas au groupe d'entièrement s'exprimer car la batterie (des deux premiers) est mise à l'avant prenant une bonne partie de l'espace.






Le groupe anglo-finlandais délivre un set de quatre titres prenants qui emportent le public avec conviction avec notamment Santeri Saksala à la batterie qui retient l'attention tant son jeu est varié, stylé et puissant (tellement qu'à l'avant scène nous ressentons le souffle des percussions à la sorties des baffles). La voix de James Lascelles épouse les standards progressifs actuels avec des lignes interprétées avec une certaine distance, presque froide (un peu à la manière de Steven Wilson). Le public écoute attentivement tout en applaudissant chaleureusement à la fin de chaque titres joués. Quelques mouvements légers de tête viennent toutefois animés la foule plutôt calme et respectueuse.



Le groupe propose d'entrée un 'Vultures' labyrinthique à souhait avec un groove puissant et une écriture alambiquée (et riche). Wheel se défend au fil des interviews accordées de faire de la politique et propose des morceaux qui évoquent l'hypocrisie des réseaux sociaux mais ne peut s'empêcher de s'intéresser à la richesse que peut apporter l'immigration et à la crise des migrants ou la situation de la Syrie. 'Tyrant' témoigne de ces centres d'intérêts grâce à l'opposition entre des lignes de chant interprétées avec une certaine froideur contre l'intensité martiale de la rythmique. Plus le set avance plus les titres sont d'une noirceur empreinte à la fois de tristesse et de rage avec des riffs puissants assénés par les deux guitaristes alliés au tempo tribal de la batterie totalement en roue libre sur le titre final ('Wheel').




Le groupe est visiblement heureux d'avoir partagé une prestation sans faille malgré une configuration scénique qui ne lui a pas permis de montrer tout son potentiel live. James filme la foule manifestement satisfaite de ces quatre titres qui démontrent le beau potentiel de Wheel qui a tout pour devenir un futur grand de la scène metal progressive moderne.

Setlist :

1- Vultures
2- Tyrant
3- Where The Pieces Lie
4- Wheel

GHOST IRIS

Juste le temps d'ôter quelques fûts de la batterie pour apporter un peu plus d'espace que voici le tour de Ghost Iris d'envahir la scène. Le second groupe qui accompagne Soen sur cette tournée nous vient du Danemark et sera ce coup si une totale découverte n'ayant rien lu ni entendu de lui avant le concert. Autant le dire, cette première rencontre sera volcanique. Les Danois ont réalisé leur troisième album "Apple Of Discord" en février et nous propose du metalcore bien burné qui va karchériser nos oreilles.



Le style est direct dans la face avec une rythmique typique énergique et percutante. C'est donc un peu surprenant au début pour les non habitué ou novice des danois, mais aussi prenant tant le groupe se défonce sur scène malgré toujours ce peu d'espace qui lui est offert. Chaque membre chècke les personnes au premier rang afin de partager leur joie manifeste d'être présent ici à Paris.



Pourtant les morceaux livrés sont loin d'être simple tant le groupe distille par des courts mouvements des aspects mélodiques non dénués d'intérêt et qui rappellent Tesseract ou Periphery. Le guitariste se permettra même un bon vieux slam des familles qui finira par conquérir une assistance qui adhère complètement au style plutôt brutal en apparence et plus subtil qu'il n'y parait.

Setlist :

1- The Rats & The Snake
2- Final Tale
3- The Devil's Plaything
4- Paralell Passage
5- Heaven Was Pure Hell
6- Beauty In Expiration
7- Virus

SOEN


En 8 ans, les suédois n'ont pas chômé en sortant à un rythme métronomique un album tous les deux ans. D'abord considéré comme un énième ersatz de Tool et de Katatonia, Soen a affirmé sa personnalité avec d'abord "Lykaia" et la sortie cette année de "Lotus" qui sera bien sûr largement mis en avant. Pour ce nouvel album, la volonté du groupe est d'aller plus loin dans la recherche des émotions, une recherche faite de contrastes entre metal sombre et mouvement plus émouvants que l'on a hâte de voir vivre en live. L'espace libéré et délivré laisse enfin apercevoir la belle bannière au fond représentant la cover du dernier disque en date reprise sur la batterie très swag de Martin Lopez.


  


Comme de coutume se sont les musiciens qui rentrent en premier, Martin en tête sous les applaudissement nourri des spectateurs qui attendaient avec impatience ce set qui débute avec les premières notes de 'Covenant' morceau le plus direct de "Lotus", idéal pour donner le ton de la prestation. Joel toujours élégamment vêtu de noir : veste cintrée et ceinturon distingué semble un peu surpris de l'accueil donné au groupe. La chaleur de la salle (au sens propre comme au figuré vu l'accueil) lui fera tomber la veste (mais pas la chemise) dès la seconde chanson ('Opal').




 


Fatalement, les nouveaux titres sont interprétés fidèlement aux versions studios ce qui n'enlève en rien d'une part au plaisir ressenti de les voir vivre sur scène avec notamment un Martin Lopez très concentré au fond de la scène exhibant ses tatouages impressionnants. L'une des attractions était bien sûr la présence du nouveau guitariste Cody Ford qui, a sa naissance a dû être touché par la bonne fée Gilmour, tant son feeling est proche du guitariste dans les parties les plus mélodiques, à en filer les frisson d'autant que, placé au premier rang, on se délecte de sa technique. Ainsi, il sublime 'Lucidity' en apportant une touche plus personnelle par rapport à l'originale. Il vit littéralement la musique se laissant bercer par les mélodies qu'il nous livre.


  


Joël est particulièrement en forme n'hésitant pas à vivre les chansons un peu à la manière d'un H de Marillion de manière un peu, ou plutôt beaucoup moins théâtrale tout de même, n'hésitant pas à jouer la colère sur les parties les plus métal, et la tristesse sur les mouvements plus épurées. Il est bon de voir que depuis le début de Soen, il semble être à la foi plus à l'aise et bien dans sa peau. Le public est à fond n'hésitant pas à reprendre en chœur les refrains notamment de 'Martyrs' titre le plus bicéphale de l'album avec sa première partie bien brutale qui fait headbanguer le public et une seconde partie plus atmosphérique jusqu'au cri à la Muse qui apporte sa touche dramatique supplémentaire. Sur 'Jinn' le public sera actrice Joel nous demandant de reprendre la jolie mélodie orientale avec plus ou moins de succès tant l'assistance n'est pas totalement en rythme ce qui fera bien marrer le groupe (et nous aussi d'ailleurs). 'Lascavious' emporte totalement l'adhésion de la salle de plus en plus conquise par une prestation sans faille, chantant comme à un concert de Patrick Bruel qui l'eut cru !.


  




Les premiers albums ne sont pas oubliés avec la présence d'un ethnique 'Tabula Rasa' au cours duquel Martin Lopez confirme qu'il est l'un des tous meilleurs batteurs au monde tant la subtilité de sa frappe est démente cependant, il n'est pas non le roi de la fête façon Portnoy. Il se rapproche un peu de Gavin Harrison tant il fait preuve d'une grande concentration jusque dans son attitude, nous le verrons à la fin du compte rendu... il faut également saluer son pendant rythmique Stefan Stenberg à la basse qui livre une interprétation inspirée en vivant incroyablement toutes ses parties bien aidé par une très bonne sonorisation. Deux titres de "Cognitive" sont interprétés en quasi toute fin de set (dont un titre en rappel 'Savia') qui permettent de vérifier les progrès de Soen, son émancipation par rapport à ses influences Tool présentent dans ces morceaux.


  


Le groupe termine son set sur 'Lotus' qui finira par achever le public totalement en phase avec ce moment calme et de grâce pour clore un set beaucoup trop court mais d'une très grande intensité. Tous les membres du groupe saluent chaleureusement la salle, tous sauf un atteint d'une gavinharrissonite aiguë qui semble atteindre quelques batteurs de passage à Paris, Martin s'esquivant un peu vite en coulisse avec un simple signe de la main. Quel dommage de ne pas partager un petit moment de communion avec le public parisien venu en nombre. Peut être était-il agacé par le couvre feu et le retard pris dans l'horaire... qui sait. Toutefois, Soen confirme son énorme potentiel non seulement d'un point de vue de la qualité intrinsèque de son écriture mais aussi sur le plan scénique très bien en place avec un état d'esprit de partage d'émotions. Le pari est gagné, merci à eux.


  

 

Setlist :

1- Covenant
2- Opal
3- Rival
4- Tabula Rasa
5- Lascivious
6- Jinn
7- Lucidity
8- Opponent
9- Martyrs
10- Slithering
Rappel
11- Savia
12- Sectarian
13- Lotus

Merci à Fabrice Demeure et à Fred Hamelin pour les photos.



Plus d'informations sur http://www.myspace.com/soenmusic
Main Image

Item 1 of 0
 
EN RELATION AVEC SOEN
DERNIERE ACTUALITE
SOEN : Nouvelle vidéo
VIDEO

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant SOEN
 
DERNIER ARTICLE
A l'occasion du premier leg européen pour Soen en soutient de la sortie de l'album lotus, Music Waves a assisté à l'étape parisienne d'un groupe qui n'en fini plus de grandir.

Lire l'article
Voir tous les articles concernant SOEN
 
DERNIERE CHRONIQUE
Lotus (2019)
Si la notion de chef-d’œuvre est souvent galvaudée et nécessite certainement du temps pour qualifier un disque, nul doute que "Lotus" n'est pas loin de mériter ce qualificatif. Soen franchit un nouveau palier et assoit un peu plus son style et sa personnalité.

Lire la chronique
Voir toutes les chroniques concernant SOEN

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner Records, Mascot Label Group, Spv Steamhammer, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn Digital, Frontiers Records, Karisma Records, Insideout Music, Kscope, Ear Music, Progressive Promotion Records

© Music Waves | 2003 - 2019