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FRACTAL UNIVERSE (08 AVRIL 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL
"Rhizomes of Insanity", tel est le titre du second album de Fractal Universe... album axé sur la folie ! Il n'en fallait pas plus pour que la folle équipe de Music Waves s'intéresse à ce groupe aussi ambitieux que prometteur...
STRUCK - 13.05.2019
C'est avec le batteur et le guitariste de Fractal Universe que nous avons pu faire le point sur le concept de "Rhizomes of Insanity", la filiation prog ou tech death et enfin le développement du groupe qui à l'occasion de la sortie de ce deuxième opus enregistre sa signature au sein du fameux label Metal Blade...


Nous aimons commencer nos interviews par cette question : quelle est la question qu’on vous a trop posée ?


Clément Denys : "Pourquoi Fracal Universe ?" (Sourire)…





Et nous vous la poserons pas... Vous avez beaucoup évolué depuis votre précédent album, comment avez-vous travaillé pour franchir un nouveau palier et surpasser le niveau de votre album précédent ?

Hugo Florimond : Je pense que c’est une simple évolution naturelle. On a pris les mêmes ingrédients que sur les précédents albums en évitant de jouer ce qui ne marche pas bien et au contraire, un peu développer ce qui a bien marché.


Justement, qu’est-ce qui a bien marché et n’a pas bien marché sur le précédent album ?

Hugo : De manière générale, on est très contents du précédent album mais des sons de batterie en termes de productions pouvaient être améliorés.

Clément : On s’est un petit peu lassés du son chimique de la batterie qu’on avait enregistré à l’époque…

Hugo : … et on est arrivé à quelque chose de plus naturel pour le deuxième album.

Clément : On a également eu de meilleurs moyens pour produire cet album. Par exemple, la batterie a été enregistrée dans un studio en Allemagne Ghost City Recordings avec un ingénieur qui s’appelle Nikita Kamprad alors que le précédent album, elle avait été enregistrée dans un local de répétition. C’était une grande différence et on a pu expérimenter de nouveaux sons grâce à ça !


Le précédent album, “Engram of Decline” avait été très bien accueilli, en quoi cela vous a ouvert des portes ? En quoi les bons retours ont influencé ce nouvel album, est-ce que vous avez été plus sereins pour aborder sa composition ?

Clément : Pour le groupe en soi, les bonnes critiques nous ont ouverts des portes d’endroits où nous ne nous serions pas vus jouer : on a réussi à jouer au Metaldays et se produire aux Pays-Bas grâce à de bonnes chroniques qu’on a reçues là-bas. Ça nous a ouvert les portes de l’Europe !
Les clips ont également permis de générer quelque chose autour du groupe et d’aborder ce second album avec une forte expérience, donc d’aller de l’avant.




Je suppose que vous avez également dû aborder la composition de ce second album de façon plus sereine grâce aux bons retours ?

Clément : A vrai dire non (Sourire) parce qu’une bonne partie de cet album était déjà composée avant même la sortie du premier.

Hugo : Mais oui, ça nous a conforté dans l’idée que ça marchait et que la recette était bonne…


Votre album propose un concept fouillé et peu commun. Est-ce que vous pouvez nous le résumer ? Pourquoi avoir choisi d’aborder des thèmes en rapport avec la psychologie ?

Hugo : Cet album s’intitule "Rhizomes of Insanity", les rhizomes étant un réseau de racines et en psychologie, cela définit quelque chose qui n’est pas linéaire mais va plutôt dans tous les sens et qui rejoint.
Le concept de la psychologie était déjà présent dans le premier album. Il faut savoir que les paroles sont écrites en collaboration avec une personne extérieure au groupe et qui est un ami du groupe, Arthur Massot.

Clément : Le concept de l’album est une expérience de pensée autour du thème de la folie, l’idée est de retracer les origines et le point de bascule entre ce qui est normal et la folie, et de voir par rapport à l’individu et aux civilisations comment est abordée la folie dans la société contemporaine.

Hugo : La folie est quelque chose qui nous touche tous à différents niveaux, finalement.


Traiter d’un sujet global comme la folie nous permet de mettre le doigt sur tous ces sujets sans être dans les clichés des thèmes abordés dans le metal.




Pourquoi le concept de folie vous intéresse ?

Clément : Disons que ça peut résumer pas mal de problèmes qui touchent notre société d’aujourd’hui sans appuyer un point en particulier : par exemple, nous aurions pu parler que de l’environnement, que de la crise économique… n’importe quoi, des trucs que nous trouvons fous au quotidien ! Traiter d’un sujet global comme la folie nous permet de mettre le doigt sur tous ces sujets sans être dans les clichés des thèmes abordés dans le metal.

Hugo : Et par exemple, dans la vie d’un groupe, la folie n’est pas forcément une chose négative…

Clément : … elle permet de créer…

Hugo : … et de se connaître intérieurement, de se confronter…

Clément : C’est tout un raisonnement par rapport à ces sujets et des questions qui restent ouvertes.


Ce second album se veut plus accessible musicalement



Votre musique est-elle folle, car on a l’impression qu’en suivant des chemins connus, elle l’est moins que le thème que vous développez ?

Hugo : C’est vrai que ce second album se veut plus accessible musicalement avec des morceaux un peu plus courts. C’est quelque chose qui est venu naturellement !

Clément : C’est également venu de tout ce que nous écoutons et qui évolue… On a gardé des racines avec toute la scène tech death de la fin des années 1990 avec des groupes comme Necrophagist… Nous nous sommes également ouverts à des groupes plus modernes comme TesseracT, Leprous…

Hugo : Tu évoquais le contraste entre une musique connue et des paroles qui le sont moins. Les paroles sont écrites en fonction de la musique et on n’a pas forcément cherché à faire de contraste sur ce point.


Entre le fou et le raisonnable, le fou est celui qui est différent tout simplement ! Et dans la musique, cela va être un élément qui va surprendre comme l’ajout d’un saxophone, de percussions…



Quelle est la frontière entre folie et raison selon vous et comment elle se retrouve dans votre musique ?

Clément : A un moment, il y a un moment dans le morceau où on bascule vers quelque chose qui te fait dériver, qui te surprend… Je pense que dans le titre ‘Oneiric Realisations’, il y a tout le passage avec solo de guitares, de batteries… où toute cette fin un peu épique qu’on n’attend pas. Dans chaque morceau, il y a un moment décalé : dans ‘A Reality to Foreclose’, il y a un passage très aérien avec du tapping…

Hugo : Entre le fou et le raisonnable, le fou est celui qui est différent tout simplement ! Et dans la musique, cela va être un élément qui va surprendre comme l’ajout d’un saxophone, de percussions… qui peuvent à défaut de dérouter l’auditeur du moins lui faire penser que c’est différent et ce n’est pas forcément une mauvaise chose !


Si on devait résumer cet album entre un mix entre du Pain of Salvation/ Dream Theater avec David Vincent (Morbid Angel) au chant qu’en pensez-vous ?

Hugo : Je suis assez d’accord, ce n’est pas incohérent. Finalement, je trouve que là où le groupe marche le mieux est quand il ne se cantonne pas à faire du metal trop violent.

Clément : C’est vrai que nous avons ces racines un peu Dream Theater même si au niveau la batterie, cela reste un petit peu plus violent.


Cet album semble ainsi plus prog que death….


Hugo : C’est vrai !

Clément : Tout à fait !


… contrairement à d’autres groupes qui proposent des compositions aux racines death : vous semblez vouloir vous en démarquer (il y a peu de blast et peu de dissonances), pourquoi cela ?

Hugo : C’est juste que c’est ce qui sort naturellement et dans l’évolution de façon de composer, d’écrire les morceaux mais aussi au niveau du chant. Vince a un peu évolué de ce côté-là au niveau de sa technique vocale en se dirigeant vers plus de sons clairs et cela reste cohérent avec le reste de la musique. Forcément, il y aura donc un peu moins de blasts…

Clément : … cela ne veut pas dire qu’on veut les faire disparaître pour autant : c’est juste une période de composition que Vince a eu puisque c’est lui qui compose la majorité des morceaux…


Votre album propose un équilibre entre puissance, mélodie et douceur, comment avez-vous atteint cet équilibre ?

Hugo : Par la force des choses en tâtonnant, en expérimentant… et surtout prendre du recul ! Justement, comme on l’a dit Vince compose et parfois, l’un de nous va dire que ce qu’il propose ne marche pas car trop violent par exemple…

Clément : On essaie donc d’autres choses. On travaille beaucoup avec des grosses sessions de répétitions pendant lesquelles on travaille les nouveaux morceaux. Le live a aussi son importance : on s’interroge à l’issue de chaque concert pour faire le point sur la set-list qu’on a choisie et voir ce qui a fonctionné ou non… Inconsciemment peut-être que cela joue aussi sur la manière de composer mais nous le faisons pas pour avoir un public plus large puisque même en concert, on a eu de bonnes surprises : on a joué dans des festivals qui n’étaient pas du tout axés metal et le show a finalement plu. C’est le ressenti des gens sur le moment !


On se définit comme un groupe progressif.




L’aspect doux est très présent (guitares claires, passages jazzy et saxophone), est-ce qu’avec ce vous avez voulu vous éloigner du death metal pour suivre le chemin de groupes comme Death, Cynic, Nocturnus ou Gorguts ?

Hugo : S’en éloigner ? Je ne sais pas mais en tous cas, on se définit comme un groupe progressif. Pour nous, le terme prog signifie repousser les frontières du genre et le fait d’incorporer des éléments plus doux de jazz, de sax… ça rafraîchit la composition et permet à l’auditeur de découvrir de nouvelles choses…

Clément : Après, on sait que ça ne va pas plaire aux fans purs et durs du genre mais ça nous plait à nous avant tout et nous ne nous sommes jamais revendiqués comme groupe tech death…


On sait que ça ne va pas plaire aux fans purs et durs du genre mais ça nous plait à nous avant tout et nous ne nous sommes jamais revendiqués comme groupe tech death…


En revanche, l’album reste complexe, les chansons difficiles à appréhender, n’avez-vous pas peur de perdre les auditeurs qui aiment les compositions immédiates ? De façon général, ne craignez-vous pas d’être trop death pour les amateurs de prog et à l’inverse, trop prog pour les fans de death ?

Hugo : On peut difficilement contenter tout le monde…

Clément : Et c’est intéressant de se placer ainsi : on peut ainsi se démarquer des clichés qui nous suivent depuis le début. Obscura, Gorod sont des noms qu’on entend souvent depuis nos débuts mais nous avons l’impression de faire autre chose que ces groupes et peut-être que cet album va nous permettre d’avoir notre propre étiquette et ne plus être constamment comparés à eux même si on est fans : c’est frustrant d’entendre sans cesse que nous sonnons comme Obscura, comme Gorod, ce sont des commentaires qui sont pénibles à la longue (Sourire)…


Obscura, Gorod sont des noms qu’on entend souvent depuis nos débuts mais nous avons l’impression de faire autre chose que ces groupes et peut-être que cet album va nous permettre d’avoir notre propre étiquette et ne plus être constamment comparé à eux même si on est fans





Que représente la pochette de votre disque, et quel est son lien avec la folie ?

Hugo : Dans les paroles, il est question de la folie dans l’œil du sage et de la sagesse dans l’œil du fou : un peu une sorte de dégradé de la sagesse vers la folie et inversement. C’est ce qu’on peut voir sur la pochette avant avec les différents personnages qui représentent les différents degrés de folie ou de marginalité. Et on a au milieu le personnage central qui est la représentation de Gaïa, l’esprit de la Terre et la Nature qui représente un peu l’équilibre qu’on peut avoir entre ces deux extrêmes de folie et de raison.


Votre line-up n’a pas bougé depuis votre création, comment est-ce possible ? Quel le secret de votre stabilité ?

Hugo : Un peu de chance déjà (Rires) !

Clément: Je pense que nous nous sommes donnés les moyens. Nous avons tous fait les efforts nécessaires pour y arriver. C’est un cliché de dire ça mais un groupe, c’est un couple à quatre et comme dans tout couple, ce n’est pas tous les jours rose : il faut se dire les choses !

Hugo : C’est très difficile de trouver les personnes avec qui ça marche finalement. Nous nous entendons tous très bien humainement, nous allons tous dans la même direction et si il y a un conflit, on le résout au plus vite…


Avec des concepts axés sur la psychologie, qu’est-ce que vous pouvez répondre à ceux qui vous trouvent élitistes, ou qui pensent que votre musique laisse de côté l’urgence du death ?

Hugo : Je ne pense pas que nous soyons un groupe élitiste, nous voulons toucher tout type de public.

Clément : Je pense que même dans les paroles « élitistes », il y a quand même des slogans, des passages qui restent… Nos textes sont plutôt abordables et assez poétiques à l’instar d’un groupe comme The Black Dahlia Murder dont les textes sont également très poétiques et je n’ai pas le sentiment que ce soit un groupe élitiste pour autant.

Hugo : En tant que musiciens, nous ne nous sentons pas au-dessus de qui que ce soit (Sourire). Mais pour être franc, je n’ai jamais eu le sentiment que nous avions une attitude ou une démarche élitiste, peut-être que certains le ressentent, si c’est le cas, je les invite à écouter l’album et lire les morceaux et peut-être changeront-ils d’avis car vraiment ce n’est pas le but recherché (Sourire) !


Un des objectifs de cet album serait d’aller le défendre aux Etats-Unis !




Qu’attendez-vous de cet album ?

Hugo : Pour cet album, nous sommes très fiers d’avoir signés chez Metal Blade Records qui est un des principaux labels de metal.

Clément : On a beaucoup bossé pour y arriver, on a fait beaucoup d’efforts. On les avait contactés en leur expliquant un peu notre démarche, comment on fonctionnait… ils ont constaté qu’on était capables de partir quasiment trois semaines tous seuls en Europe en bookant tous les shows, qu’on avait des clips… Ils en ont conclu que nous étions un groupe sérieux et que ça valait peut-être le coup de bosser ensemble. De là, le scout avec qui nous étions en contact a fait écouter notre premier album aux deux bureaux qu’ils ont, et ça a été validé. Les moyens du premier ont permis cette signature…

Hugo : Et le fait de signer avec ce label commence à nous ouvrir des portes et on espère que ça va continuer dans cette direction…

Clément : … se produire plus sur des scènes de plus en plus grosses, partir en tournée avec des groupes… Etant signés chez Metal Blade qui est un label américain, qui a signé plein de groupes dans notre registre, un des objectifs de cet album serait d’aller le défendre aux Etats-Unis : on espère que ça va se réaliser !  


Nous avons commencé par la question qu'on vous pose trop souvent, quelle serait celle que vous aimeriez que l'on vous pose ?

Clément : Je ne vois pas (Sourire)…





Je vous propose d’y réfléchir et nous commencerons la promotion du troisième album par cette question…

Hugo : Pourquoi pas, oui !


Merci

Fractal Universe : Merci à toi !


Merci à Thibautk pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.fractaluniverseband.com/
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