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METALDAYS (04 AVRIL 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
-
Un an après, presque jour pour jour, nous avions de nouveau rendez-vous avec les organisateurs du MetalDays...
STRUCK - 22.04.2019
Nika Brunet et Boban Milunovic font le point sur l'édition 2018 couronnée de succès et la nouvelle qui se profile qui devrait tout aussi réussie...


Nous nous sommes rencontrés l’an dernier pour évoquer l’édition 2018 du MetalDays. Quel bilan tirez-vous de cette édition ?

Boban Milunovic : Le festival a été complet une semaine avant la date ce qui est un vrai succès pour nous parce que c’était la première fois que nous étions complet avant le début. Tout le monde a pris énormément plaisir et est rentré chez lui heureux !
Cette année, les ventes se passent encore mieux et le festival sera probablement complet dès le mois de mai : il ne nous reste plus que 3.000 places à vendre ! Nous ne pouvons pas nous plaindre : c’est encore une belle année qui s’annonce (Sourire) !


Et comment expliquez-vous que ce succès ?


Boban : Je pense que cela n’est que la concrétisation de notre travail : les efforts de l’année précédente portent ses fruits l’année d’après. Le festival a été bien organisé l’an dernier, tout le monde était ravi des expériences qu’ils avaient vécues.


Le festival commence à se suffire à lui-même




Mais ce n’est pas si évident que ça, on peut se dire que l’affluence d’un festival dépend de son affiche…


Nika Brunet : Le festival commence à se suffire à lui-même par exemple à l’issue de la précédente édition, nous avions déjà vendu plus de 2.000 places pour l’actuelle édition sans avoir réellement communiqué sur l’affiche de l’année suivante.


Sur les dernières années, tous les groupes ont doublé leur prix –alors que nous payions certains groupes 10.000€ il y a 3 ans, nous devons sortir au moins 35.000€ aujourd’hui !



Et cela explique-t-il l’augmentation du prix des places qui est passé de 150 à 175€ : soit une augmentation de 16% ?

Nika : C’est une augmentation naturelle ! Chaque année, les prix augmentent…

Boban : Et cela dépend si tu achètes ta place sur place, cela te coûtera 125€, un prix qui n’a pas évolué par rapport à l’an dernier.
En ce qui concerne le prix que tu soulignes, il a augmenté mais cela s’explique par le fait que les groupes ne vendent plus aucun disque : ils ne gagnent de l’argent que sur scène. Sur les dernières années, tous les groupes ont doublé leur prix –alors que nous payions certains groupes 10.000€ il y a 3 ans, nous devons sortir au moins 35.000€ aujourd’hui- et nous n’avons pas calé notre augmentation de prix sur celle des groupes, si c’était le cas, le prix des places seraient beaucoup plus cher !
Bref, nous avons dû un peu augmenter nos prix sinon le festival ne serait pas pérenne et devrait mettre la clé sous la porte à court terme.


Cette année vous avez créé le festival Blues Land et vous nous aviez donné des indices sur les artistes que vous rêveriez de programmer : Warren Haynes, Joe Bonamassa, Tedeschi-Trucks ou Dereck Trucks voire Blackberry Smoke mais aucun d’entre eux n’est sur l’affiche…

Nika : Pas encore (Rires)…

Boban : Nous sommes en contact avec Kenny Wayne Shepherd, Blackberry Smoke et également Walter Trout mais aucun d’entre d’eux n’était disponible pour cette édition. L’affiche était un mélange entre tes souhaits et les disponibilités du moment. Mais concernant Walter Trout qu’on a évoqué, il est quasiment acquis qu’il fera partie de l’affiche de l’année prochaine. Je crois que tôt ou tard, tous les noms que tu as cités joueront dans notre festival (Sourire) ! Et personnellement, nous adorions avoir Gary Clark, Jr., c’est un artiste génial que nous considérons comme le futur du blues !


Et pour avoir créé une affiche blues au détriment du MotörCity ?

Boban : La combinaison MotörCity ne fonctionnait pas : les fans de chaque style musical (rock et blues) n’avaient aucun atome l’autre style ! La logique était de prendre le meilleur et de partir sur un nouveau festival !


D’un autre côté, vous avez invité plein d’artistes français cette année de Manu Lanvin, Laura Cox ou Molybaron, Rise of the North Star… est-ce pour satisfaire votre public français ?


Boban : Pas du tout ! C’est tout simplement parce que ces artistes sont bons !


Mais pourquoi tant cette année ?

Boban : Nous avions déjà Malemort l’an dernier… Non, il n’y a aucune stratégie derrière notre programmation. Et tu as oublié de mentionner parmi les groupes blues français programmés, Rosedale qui est un groupe fantastique avec une chanteuse extraordinaire.


Nous étions satisfaits de savoir que nous avions atteint notre maximum et depuis nous sommes passés à autre chose. Il a fallu se renouveler.




L’an dernier, vous m’avez dit que vous aviez atteint un certain seuil avec Judas Priest en tête d’affiche. N’est-ce pas trop dur de repartir pour une nouvelle édition dans ces conditions ?


Boban : Non, au contraire, l’an dernier, nous étions satisfaits de savoir que nous avions atteint notre maximum et depuis nous sommes passés à autre chose. Il a fallu se renouveler. Cette année, nous voulions programmer une affiche plus jeune - certes Dream Theater n’est pas de première jeunesse mais les autres sont plutôt jeunes : c’était le plan pour cette année !


Arch Enemy n’est pas ce qu’on peut appeler un jeune groupe ?

Boban : Non, mais ils font partie de la nouvelle vague des têtes d’affiche !


Le festival est la tête d’affiche !


Et vous avez annoncé Rammstein en tant que tête d’affiche, ne craignez-vous pas de faire des déçus avec cette blague ?

Boban : Non, pas du tout ! Le festival est la tête d’affiche !


Judas Priest était notre limite. Pour des raisons techniques, nous ne pouvons pas accueillir de plus grands groupes !




Nous avions rencontré les organisateurs de l’Alcatrazz qui nous disaient qu’ils avaient atteint leur paroxysme en ayant Korn en tête d’affiche. Est-ce que le Metaldays a une limite de ce type ?

Boban : Judas Priest était notre limite. Pour des raisons techniques, nous ne pouvons pas accueillir de plus grands groupes ! Notre scène était assez petite -nous ne pouvons pas l’agrandir- et il nous serait impossible d’accueillir tous les équipements techniques d’un Rammstein… Ce n’est donc clairement pas une question d’argent !


Et avez-vous envisagé de changer de cadre pour pouvoir accueillir de tels groupes ?

Boban : Non ! Nous pourrions accueillir quelques milliers de spectateurs supplémentaires mais nous ne le ferons pas. Nous souhaitons que les festivaliers aient de la place et passent un bon moment !


Vous m’aviez également dit que vous étiez fans de Tool, avez-vous essayé de programmer A Perfect Circle cette année ?

Boban : A Perfect Circle n’est pas un groupe fait pour le MetalDays, ce n’est pas un groupe assez metal (Sourire) ! Ce qui n’est pas le cas de Tool qui est un groupe metal selon nous…


Tool est un groupe qu’il est possible de recevoir même si c’est un groupe très cher !




Quoi qu’il en soit, sachant que la rumeur d’un nouvel album de Tool se concrétise, envisagez-vous de les avoir pour le MetalDays 2020 ?

Boban : Pourquoi pas ? Tool est un groupe qu’il est possible de recevoir même si c’est un groupe très cher ! Nous verrons (Rires) !


Votre festival existe depuis 2004. Des groupes ont-ils refusé de jouer en Slovénie ?

Boban : Ça n’a rien à voir avec le fait de refuser ! Certains groupes ne sont pas venus alors que nous aurions voulu les programmer mais des raisons de business ne l’ont pas permis… Mais ce n’était pas une question de refuser : nous n’avons pas d’ennemi au contraire, nous sommes amicaux avec tous les agents !
Mais pour répondre à ta question, j’aimerais programmer Alice in Chains, Gojira et parmi les groupes de moindre renommée, il y a des tonnes de groupes que j’aimerais avoir mais que je ne pourrais citer tant il y en a… Mais c’est plutôt une bonne chose, cela signifie que nous avons des pistes de travail pour les prochaines éditions (Sourire)…


Et en parlant de groupes, est-il possible de voir Stray Train jouer au MetalDays ?

Boban : Non ! Nous ne sommes pas un groupe assez metal pour figurer sur l’affiche du MetalDays et pas assez blues non plus pour être au Blues Land. Nous jouons du rock et je ne voudrais pas imposer mon groupe sous prétexte que j’organise le festival (Rires) ! En revanche, nous avons joué au MötorCity et cela collait bien parce que c’était un festival blues rock.


Mais est-ce possible d’organiser de tels festivals et jouer avec son groupe ?

Boban : Bien sûr ! Ce n’est pas comme si nous faisions tout ! Nous avons des équipes qui s’occupent de différentes tâches et on peut vraiment compter sur elles !


Vous m’aviez également dit que votre festival était autant des vacances qu’un festival de musique. Dans le futur, vous voyez-vous développer des formules touristiques autour de ces festivals ?

Nika : Au final, cela reste un festival de musique mais le concept restera le même que celui actuel. Nous prévoyons de garder cet esprit « vacances ».

Boban : Comme Nika vient de le dire, Metaldays est un festival metal sur un site où tu peux profiter et ensuite, passer des vacances. De la même façon, Blues Land est un festival blues sur un site où tu peux passer des vacances…


Je continue à croire que nous organisons un festival musical et non pas un business touristique !

 


J’ai vu que vous aviez développé de nouveaux concepts pour ce festival avec notamment le fait de louer des tentes, des générateurs électriques de nouvelle génération… Il semblerait que vous pourriez pousser le concept de vacances plus loin encore ?

Boban : Nous pourrions en effet (Rires) ! Je continue à croire que nous organisons un festival musical et non pas un business touristique !


Mais avec votre concept de festival musical dans un site vacancier avec des messages très écologiques… souhaitez-vous faire évoluer les mentalités ?

Nika : Peu importe pour nous de changer les mentalités de gens. Si nous y arrivons, c’est tant mieux et c’est positif mais ce n’est pas le but premier !

Boban : Il faut également savoir que nous avons commencé il y a plus de 10 ans, ce n’est pas quelque chose de nouveau pour nous. Toutefois, c’est intéressant de constater qu’aujourd’hui, tout le monde travaille dans la même direction que nous.


Justement grâce à l’exposition médiatique de votre festival de plus en plus importante, votre message est plus visible…

Nika : Je dirais que c’est plus simple !


Avez-vous été contacté par d’autres organisateurs de festivals pour partager sur votre façon de travailler ?

Boban : Bien sûr ! De nombreux festivals nous ont demandé conseil et notre retour d’expérience notamment sur comment nous avons réussi à bannir le plastique de notre festival car ils souhaitent en faire de même…


Et quel sentiment avez-vous quand on vous contacte de la sorte ?

Boban : Je me sens bien ! Nous ne n’avons pas eu de telles initiatives pour nous faire de la publicité, nous l’avons fait parce que nous estimons que c’est la bonne chose à faire !

Nika : Le futur des festivals et le management des évènements en général sera vert.

Boban : Ce que nous faisons aujourd’hui sera le standard, tout le monde fera comme nous !

Nika : Il sera impossible d’organiser des évènements de masse sans suivre des standards écologiques !

Boban : En Slovénie, nous avons travaillé très dur pendant des années pour répandre notre message et depuis le 1er janvier de cette année, le plastique est banni de tout évènement ! Ça bouge doucement mais ça évolue…


A l’inverse, avez-vous constaté une certaine jalousie de certains suite à votre succès ?

Boban : Non, pas vraiment !


C’est dans la nature humaine, il y aura toujours des personnes jalouses de ton succès




Pas vraiment ?

Boban : (Rires) C’est dans la nature humaine, il y aura toujours des personnes jalouses de ton succès mais je ne peux pas dire que j’ai directement ressenti que quelqu’un m’en voulait à cause de ça…
Nous nous soutenons mutuellement entre festivals, nous nous échangeons des idées… Il existe une petite communauté d’amis dirons-nous, et aucun d’entre nous n’est jaloux du succès de l’autre.


On a dit que l’édition 2018 a été un succès, celle de 2019 le sera également…

Nika : Nous l’espérons, oui (Sourire) !


… quelle est la prochaine étape ?

Boban : Il y a plein de choses à améliorer : nous n’avons plus à nous soucier à grossir, nous nous concentrons désormais à faire en sorte que les conditions des festivaliers soient toujours meilleures…

Nika : Nous ne travaillons pas sur la quantité mais la qualité !


Dans ces conditions, pourquoi continuer à faire de la promotion en venant ici à Paris puisque le nom du festival se suffit à lui-même ? C’est des vacances ?

Boban : Non pas vraiment, non (Rires) ! Nous pensons que ces contacts directs sont très importants, plus que les échanges virtuels sur Internet. Les journalistes que nous rencontrons en plus de faire leur article parlent de nous autour d’eux et nous estimons que c’est tout aussi important. C’est donc quelque chose que nous devons faire : il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Les choses évoluent rapidement, les générations changent et je l’ai constaté depuis nos débuts : certaines personnes d’un certaine tranche d’âge ont cessé de venir et ne viennent plus aux festivals mais d’autres générations plus jeunes viennent aux festivals et certains avec leurs enfants. Je l’ai constaté sur nos propres festivals : c’est très important de continuer de diffuser notre message parce qu’il faut sans cesse renouveler son public !


Merci

Nika : Merci…

Boban : Merci beaucoup c’était une interview très cool !


Plus d'informations sur http://www.dreamtheater.net
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