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SPHERES (29 AVRIL 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL PROGRESSIF
Le groupe Spheres est français et son premier album "Iono" nous a interpellé par ses qualités et l’originalité de son metal progressif. Nous avons contacté le chanteur-guitariste Jonathan Lino pour en savoir un peu plus.
NUNO777 - 02.05.2019
Nous aimons commencer nos interviews par cette question : quelle est la question qu’on vous a trop posée ?

En tout honnêteté, où et quand est-ce qu’on peut venir vous voir jouer ? Ce qui est plutôt bon signe.


Quel est le sens de "Iono" le titre de l'album ?

C’est la dernière frontière de notre espace naturel, la terre, avant le grand saut dans l’espace. C’est une porte d’entrée vers un long voyage qui nous mène vers l’inconnu. La genèse de notre sphère musicale que l’on aimerait voir s’étendre au-delà des barrières temporelles et des frontières entre les genres.


L'artwork du disque est très marquant. Quelle est sa symbolique ?

C’est de l’artiste Julien Grelet, un ami d’enfance, lui mieux que personne n’aurait su retranscrire et imager les méandres de mes paroles et les abîmes de mes pensées. La marche de l’homme symbolise notre besoin d’aller toujours plus loin, plus haut, de dépasser notre propre condition et par conséquent de transformer notre milieu naturel, ce qui n’est pas sans poser cette question existentielle, serons-nous capable d’évoluer sans nous détruire nous-mêmes ? Cette femme guerrière qui lui fait front symbolise notre Dame Nature ; le squelette qui en ressort, la mort.






Il est assez rare que les groupes se réclamant de formations aux forts caractères telles que celles que vous mentionnez puissent s’en détacher dès le premier album. C’est le cas avec "Iono", vos inspirations s’entendent en filigrane mais vous avez réussi à mettre votre propre personnalité au premier plan. Est-ce difficile de prendre de la distance avec tout le matériau musical que l’on peut accumuler dans les écoutes ? Comment avez-vous obtenu un tel résultat ?

Effectivement tout ces grands architectes du Prog Metal (Mastodon, Tool, Opeth, Katatonia, Gojira…) on tous une identité propre reconnaissable et identifiable. S’en inspirer n’est pas sans prendre le risque de se faire traiter de mini-lui. Sans prétention aucune je pense que c’est mon expérience en tant qu'ingénieur du son et directeur artistique qui m'aura permis de prendre de la distance par rapport à mes principales influences car j’ai été amené à travailler dans des styles de musique très différents et par conséquent de m'enrichir d'influences très variées, c’est aussi ce qui fait que nous ne sommes pas que prog. Alternative nous sied tout aussi bien, je pense.


Le chant est un des secteurs qui offrent le plus de complexité dans "Iono" avec une utilisation de voix claires et extrêmes (‘Stellar’ et ‘Sound City’ sont de très bons exemples). Comment abordez-vous l’écriture des parties chantées ? Comment se fait la répartition entre les différents types de chants dans un morceau ?

J’ai d’abord commencé par apprendre le chant clair puis je me suis passionné pour les voix saturées, chose pour laquelle David Féron m’a beaucoup aidé. J’aime à avoir pléthore de spectres différenst à la voix. Tout part de l’émotion, de ce que je raconte. L’interprétation, et par conséquent le type de voix, se fait en fonction des paroles et des émotions contradictoires qu'elle véhicule. Ce qui traduit une volonté de contraste dans l'écriture, tout comme dans la composition du chant.





Vous pratiquez un metal très exigeant à l’interface de plusieurs variantes de metal : le death, le progressif, le black avec certaines atmosphères sombres et des sonorités lourdes (je pense à ‘Cimmerian Ghost’) et même une certaine dose de fusion avec le groove que vous injectez et qui rend le tout plus aéré. Est-ce une position qui vous satisfait ou pensez-vous qu’il est préférable de se situer dans des secteurs plus identifiables pour toucher plus directement un auditoire ?

'The Cimmerian Ghost' est un conte fantastique, une légende autour d’un guerrier maudit, dont le spectre finira par hanter les plaines cimmériennes pour l’éternité, insufflant chez les Hommes de sombres désirs de guerre. Le genre de sujet cher aux musiques black et death metal, mais ce ne sont pas les seules influences que compte ce titre… Les sujets abordés dans les textes sont multiples sur ce premier album, l’atmosphère qui en découle aussi. C’est un choix totalement assumé, nous n’avons pas que des titres prog, mais ce que nous avons de plus prog est probablement la multitude de reliefs que nous avons mis sur cette album et à l’intérieur même des titres qui le composent.


Il apparaît que la définition du metal progressif qui est la vôtre serait plus la grande liberté artistique dans les assemblages, les harmonies et la construction des concepts que la virtuosité technique pour elle-même pratiquée parfois dans des groupes comme Haken ou Dream Theater par exemple. Est-ce ce metal progressif là qui vous correspond ?

C’est indéniable mais ce n’est pas la seule composante, il y a aussi sur l’album la présence de signatures rythmiques qui échappent totalement aux musiques dites populaires. Nous ne cherchons pas, toutefois, à être démonstratifs pour impressionner. Je dirai que nous sommes mesurés.





J’ai entendu un côté légèrement avant-gardiste ou cyber dans votre musique, notamment le titre ‘Mars’ avec quelques dissonances qui m’ont évoquées Voivod. Est-ce une formation qui vous parle ?

En toute franchise, je connais de nom mais je n'ai jamais écouté Voivod. Maintenant que vous me le dites, je ne manquerai pas de jeter une oreille.


Pour appuyer ce côté avant-gardiste affleurant il y a la théâtralité que revêtent certaines parties vocales comme dans 'Sound City'. Est-ce un aspect de votre musique que vous pourriez rendre plus audible ?

Cette approche théâtrale est là pour exprimer le cynisme des paroles sur ce titre. J’aime cette approche circus freak qui permet de temporiser et d’amener une dimension synesthésique qu'on aimerait effectivement développer sur scène d'un point de vue scénographique. Nous pensons même intégrer du mapping video pour aller dans ce sens.


Les thèmes abordés dans sont également variés, avec des sujets audacieux qui élèvent l’esprit et invite à se questionner sur les sujets importants. Il semblerait qu’il y ait deux types de sujets, qui ne sont pas sans rapport les uns aux autres mais sur des plans différents. Tout d’abord les sujets plutôt techniques et sociétaux qui interrogent sur le présent et la politique contemporaine, et en parallèle vous prenez de la hauteur avec des thèmes plus universels comme l’histoire de l’humanité, sa place dans l’univers... Comment avez-vous construit conceptuellement votre album ? On pourrait tout à fait le considérer comme un album conceptuel, était-ce votre volonté initiale ?

Honnêtement non, nous n’avons pas eu la volonté au départ de penser cet album comme un album concept. Il y a cependant une question centrale qui est la place de l'homme dans l'univers. De cette question, on peut aborder sans aucune limite des sujets liés effectivement aux questions politiques et sociétales actuelles, mais aussi aborder les choses d'un point de vue historique. Tout se complète et c'est une façon pour nous d'aborder des sujets multiples tout en gardant une cohérence et une continuité sur l'album.





"Iono" dresse un certain nombre de constats qui peuvent laisser pessimiste mais pourtant ce n’est pas ce vers quoi vous voulez nous emmener avec un titre comme ‘Break Loose’ et son refrain dynamique et fédérateur qui invite à ne pas se résigner. Est-ce l’idée qui est derrière ?

Complètement, au final même au delà de 'Break Loose' c'est un album plutôt optimiste qui invite à la réflexion et au combat, à la pensée critique…'Break Loose' avec son refrain heavy, appelle au besoin d’aller de l’avant, une dimension qu'on retrouve également avec 'Mars' mais dans une dimension spatiale et futuriste.


L’album jouit d’un rendu sonore de grande qualité avec un équilibre bien maîtrisé entre clarté et puissance. Pour un premier album c’est à saluer. Comment avez-vous procédé ? Est-ce que vous êtes affilié à un label ?

Étant également ingénieur du son, je dispose de mon propre studio où nous avons tout enregistré sauf la batterie, qui a été faite dans un studio à Paris. Nous attachons en effet une grande importance au travail du son. L'album a été fait en auto prod et mixé par mes soins. Pour le prochain album pourquoi pas rejoindre un label, comme Season of Mist qui fait déjà notre distribution. Cela nous permettrait de nous focaliser davantage sur l'écriture et de bénéficier des compétences d'un label pour toucher un public plus large.


La sortie de l’album est très actuelle et vous avez sans doute peu de recul sur l’album mais est-ce qu’il y a des choses que vous auriez faites différemment ?

La particularité de cet album est le process. L'enregistrement et le travail de studio sont venus directement après l’écriture, pour la suite nous souhaitons éprouver les morceaux en live et s'inscrire dans une démarche plus collaborative entre les membres du groupe mais aussi en travaillant avec des oreilles extérieures, comme un directeur artistique.





Il est peut-être prématuré pour vous d’aborder ce type de réflexion, mais avez-vous déjà des idées sur la direction de vos prochaines compositions ?

Nous avons la volonté d’être productifs pour pouvoir proposer régulièrement des nouveaux titres, sur scène comme en studio. Nous travaillons déjà sur un EP de 3 ou 4 titres pour l’année prochaine. Nous pensons que le fait d'alterner album et EP nous donnera de la liberté, notamment avec un esprit « b side »  sur l’EP et ainsi ouvrir des portes sur de nouvelles inspirations et compléter ainsi l'album précédent.


Votre musique est-elle difficile à restituer live ?

Nous avons pris beaucoup de liberté sur la prod de l'album ce qui a nécessité un travail de réarrangement pour le live. Un travail que nous avons finalisé lors de deux résidences à Paris. Par conséquent le live n’est pas une stricte copie de l'album, c'est très enthousiasmant pour nous d'offrir au public des versions légèrement différentes... Le mieux pour s'en rendre compte est de venir nous voir jouer !


Quel type de public vient à vos concerts ?

Belle surprise pour nous, notre public est hétéroclite et multi générationnel. Nous attirons évidement les aficionados du metal ou du hard rock en général, mais pas que ! La dimension alternative du groupe et notre engouement sur scène offre des passerelles pour séduire un public plus large, voire néophyte.


Je crois avoir vu sur les réseaux sociaux que vous aviez une bière à votre nom. Peut-on la goûter ?

Lek (le bassiste) est arrivé un jour avec l’idée de compléter notre merch avec nos propres bières, brassées artisanalement par un ami en région parisienne. Nous les vendons quand c'est possible pendant nos concerts. Et ça cartonne ! Généralement nous n’en n'avons pas assez et d'ailleurs on attend avec impatience notre prochaine livraison ! Made on Mars, la Spheres Beer est devenu un incontournable de notre stand de merch.





Quelles sont les prochaines étapes pour le groupe ?

La sortie de l'album est imminente ! D'ailleurs on ne sait parfois plus ou donner de la tête. La prochaine grosse étape est la sortie du clip de 'Mars', nous prévoyons aussi un tournage de deux titres en live avec de la vidéo et un environnement scénographique. On prévoit le tournage d'un deuxième clip cette été pour 'Télévision Nation', un court métrage de 8 min dans la veine des films fantastiques et d'horreur des années 80...Enfin, nous consacrons du temps sur le booking des dates. Nous allons notamment chercher à tourner en première partie d'un groupe avec qui nous pourrions correspondre.


Avez-vous d’autres projets en parallèle de Spheres ?

Nous nous consacrons tous pleinement à ce projet. On est au taquet.


Qu’attendez-vous de cet album avec le soutien d’Ellie Promo ?

Nous espérons donner de la visibilité à ce projet, toucher des médias en France mais aussi à l’étranger, notamment en Allemagne, Benelux, Europe de l'est. Mais aussi sur d’autres planètes comment en témoigne notre clip de 'Mars'.


Nous avons commencé par la question qu'on vous pose trop souvent, quelle serait celle que vous aimeriez que l'on vous pose ?

Celle qu’on nous pose le plus souvent, on ne s'en lasse pas !

Merci à vous





Plus d'informations sur https://www.facebook.com/bandspheres/
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