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SHAARGHOT (27 MAI 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL INDUSTRIEL
Au détour d'une ruelle obscure, Music Waves est tombé nez à nez sur le Shaârgot. Nos valeureux reporters ont-ils su éviter ses coups de batte toujours aussi précis qu'industriels?
ADRIANSTORK - 05.06.2019
Au détour d'une ruelle obscure, Music Waves est tombé nez à nez sur le Shaârgot. Alors que celui-ci venait de commettre son second méfait, nous avons paré son attaque en lui posant nos questions. Dans cette interview généreuse, le Shaârgot, de son petit nom Etienne et son fidèle lieutenant Bruno, se sont livrés à cœur ouvert sur ces palpitations qui les animent, cette musique violente mais hypnotique qui invite autant à la catharsis qu'à la danse. Dans cet univers aussi sombre que riche, le lecteur croisera des figures connues comme les Shadows, Rammstein, Emmanuel Macron et ...Gollum!





Nous nous étions rencontrés l'année dernière en février et nous avions terminé l'interview par la question à laquelle vous auriez aimé répondre. Nous sommes restés sur un plan et Etienne, tu nous as répondu : "On va y réfléchir et on répondra en fin d´année." Alors pour commencer votre nouvelle promotion, pour laquelle vous avez eu 5 mois de rab, quelle est cette question?

Etienne : (Silence).

Bruno : Est-ce que cette année vous jouez au Hellfest ou pas ?

Etienne : (Soulagé) Bien joué!



La dernière fois, vous sortiez un EP, cette fois-ci l'album qui contient des titres de l'EP. Ce passage EP-album est-il similaire à un passage nouvelle - roman?

Etienne :  En quelque sorte. Moi je vois cela comme un teaser, une bande-annonce de l'album. Prochainement "The Advent Of Shadows". Tu prends 4 patates et les gens pensent : "Ah bon, ça va faire mal comme cela? Ok, je suis prêt, vas-y envoie."Il n´y a que le bonus track expérimental que tu ne retrouves pas.


Justement, pour cette sortie dans un nouveau format, n'aviez-vous pas la tentation de retravailler les pistes de l'EP?

Bruno : Non, ce qui est fait est fait.

Etienne : A partir du moment où le titre nous satisfait, il faut dire Stop! Si on s'écoute, on va laisser passer un an et tergiverser : "Ah ouais, on aurait du changer ce truc." Ça correspond à une période précise, nous en sommes satisfaits. Laissons le morceau vivre. Sinon, on pourrait modifier les choses ad vitam aeternam. Avec le recul, quand je réécoute le premier album, j'y trouve quelques défauts mais c'était ainsi à l´époque. On n'avait pas beaucoup de moyens, fait avec des brics et des brocs. Ça aurait pu être mieux, mais c'est comme ça.


Est-il nécessaire de comprendre le concept et toute l'histoire pour apprécier votre musique?

Etienne (rires) : Tu peux très bien apprécier l'album sans connaitre le fond de l´histoire. Mais avec en tête le background, l'écoute sera plus riche. Ce n'est pas du bête et méchant, du type batte de baseball dans la gueule. On peut y voir cette écriture-là mais si tu creuses un peu, tu vas y trouver d'autres choses. On veut maintenant se casser le cul pour mettre ces choses-là en avant en ajoutant une partie court-métrage dans nos prochains clips. Le prochain clip comprend une partie court-métrage dans laquelle le public comprendra où se déroule l´action. On a beaucoup parlé des bas-fonds de la cité mais on ne l'a jamais montrée cette cité. Ça serait pas mal pour montrer qui y vit, ceux qui ne sont pas des Shadows, on avait vu les Troopers, le commissaire dépêché pour les exécutions. Mais je veux qu'on commence à tâter le climat de la cité-ruche.


 Je veux qu'on commence à tâter le climat de la cité ruche.




Justement, vos pochettes montrent un visuel assez riche de votre univers. Avez-vous pensé à faire une petite BD pour illustrer votre propos? 

Etienne : Tu as vu l'album. L'artwork est ouvertement orienté comics. Oui, c'est un projet qu'on souhaite faire.


Avez-vous trouvé le dessinateur avec qui vous aimeriez vivre cette aventure graphique?

Etienne : Lyan réalise depuis le début les pochettes, l'artwork, les teeshirts. C'est avec elle qu'on fait tout.


Ce serait donc avec elle?

Etienne : C'est elle qui développerait le projet. Je ne te cache pas que j'ai déjà toute la BD en tête, toute scénarisée.


Comme les six albums?

Etienne : (rires) C'est bien, il y en a qui suivent. Avant toute chose, cela doit être bien fait. Et pour être bien fait, il faut du temps et de l'argent. Pour le moment, c'est plus pertinent de mettre l'accent sur des clips avant de passer à ce côté BD.


Tu parlais de temps et d'argent. Le fait que nous retrouvions ici dans le Hard Rock Café, est-ce que ça signifie que la première promotion a eu, grâce aux beaux yeux de Bruno, le résultat escompté? Vous êtes-vous dit : "Voilà en terme de promotion, on a trouvé la bonne formule?"

Etienne : Oui, la promotion est une étape obligatoire, qu'en penses-tu?

Bruno : Oui, on sent la progression sur scène avec les dates qui arrivent ou aujourd'hui ici pour promouvoir le nouvel album. On la sent vraiment.


L'album débute avec 'Miss Me', un morceau solennel dans sa catégorie qui permet de peser et de ne pas débuter trop brutalement. Ne pourrait-il point être l'hymne national de la Sharghottie?

Etienne (rires) : 'Miss Me' a une signification très particulière pour moi. Tu as remarqué que ça commence par (il tape trois coups avec son verre). ça te rappelle quoi ça? 


Du théâtre!

Voilà, l'entrée en scène, le début d'une pièce qui commence. On t'invite à quitter l'univers réel pour te plonger dans celui-ci. It's show time! On commence dans le réveil des Shadows. Comme on a pu le voir dans ''Break Your Body'', le Great Eye se rend compte que l'erreur commise est toujours là, il serait bien de la faire disparaître. Mais on ne fait pas disparaître ainsi les Shadows et tout ce qu'ils ont réussi à faire, c'est de les énerver. Alors on assiste au réveil des Shadows qui vont commencer à sortir de terre, des sous-sols, des bâtiments abandonnés et sortir à l'air libre. La cité-ruche est déjà dans un climat de guerre civile. Les Shadows vont s'y ajouter pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour nous faire marrer.


Comme le suggère son titre, 'Now Die' est plus martial. Comme toujours le morceau s'accompagne de petits courts-circuits rythmiques, comme si tu prenais un malin plaisir à massacrer l'auditeur tout en lui gardant la tête hors de l'eau, comme nous l'avions dit au sujet de 'Break Your Body'. Comme on l'avait dit : ne jamais lâcher prise. Pourquoi tout ce sadisme?

Etienne (sur un ton mondain et rires) : Et pourquoi pas? Je te rappelle que lorsque je compose principalement, je me mets dans la tête du personnage. Donc il y a beaucoup de sa psychologie à lui dans les musiques. Oui, c'est vrai que je suis aux manettes, mais on en rediscute ensemble avec les autres. Mais il faut que la musique soit en accord avec les pensées du Shaârghot. C'est lui qui parle, moi au final je ne m'exprime pas tant que ça, c'est à lui de s'exprimer.


Et aujourd'hui qui parle?

Etienne : (rires) C'est moi! Si c'était lui, la conversation serait peut-être moins agréable. Et je suggérerai qu'il y ait entre toi et lui une barrière de sécurité avec des barreaux en fer forgé. Mais peut-être que ça serait agréable. Lancez un dé et vous verrez une attitude aléatoire du Shaârghot.


On sent une dimension atmosphérique cinématographique avec titres courts comme 'Into The Deep'. Comment les justifiez-vous? Une pause entre deux massacres?

Etienne : Comme je te l'ai dit, c'est un concept-album. Il y a des moments de pause, de réflexion. Je vois cela comme un point de vue cinématographique. Chaque morceau représente un tableau, des images, une pensée. Pour moi, 'Into The Deep', c'est un espèce de flashback des premières pensées du Shaârgoth dans la cuve quand il s'est réveillé. C'est pour cela que c'est logique que ça s'enchaîne avec 'Break Your Body', le morceau phare destiné à ses créateurs.


Tu disais vouloir développer l'aspect visuel. Comment cela se passerait? Sortiriez-vous des singles en fonction de l'histoire?

Etienne : Encore une fois, ce qui pourrait nous en empêcher serait les moyens. On pourrait créer une suite logique de choses mais tel morceau ne dégage pas la même intensité et type de moyens. Un morceau comme 'Doomsday' aurait très bien son clip. Mais il me paraît massif, imposant et mégalo et il faudrait quelque chose qui puisse traduire cet esprit. A l'heure actuelle en termes techniques, c'est pour le moment infaisable. On n'est pas à l'abri du syndrome Rammstein, de refaire un nouveau clip avec une nouvelle chanson. Les clips arrivent dans une certaine logique mais qui ne va pas suivre l'histoire.


Tu évoquais 'Doomsday'. Ce morceau avec ses cloches horriblement déformées sonne-t-il l'ouverture de la chasse, le début de la nuit des fous vivants, pour paraphraser George Romero, le cinéaste des zombies?

Etienne : 'Doomsday' est un rêve du Shaârghot. Pour lui c'est l'aboutissement de son règne. Le songe où la cité sera réduite en sang et en flammes et où il n'y aura plus que des Shadows debout. C'est une ode à l'Apocalypse. Le comment du pourquoi il a été crée. Encore une fois, ce personnage n'est pas là pour créer mais pour détruire. Ce qui sera crée après sa destruction ne le concernera plus.


C'est une ode à l'Apocalypse.




A l'inverse de Silent Hill où les ténèbres s'avancent et reculent, on a l'impression qu'au contraire chez vous le chaos est permanent et qu'il ne faut être vigilant pour qu'il ne disparaisse pas ?

Etienne : Tant qu'y aura du Shadows, il y aura du Chaos. Tant que tu n'auras pas éliminé la reine de la ruche, il y aura toujours des abeilles.

Bruno : C'est toi qui parle?

Etienne : (rires) Les Shadows sont connectés au Shaarghôt de toute façon. De par le parasite qui leur est transmis. Il y a un effet de symbiose. Ils ressentent ce qu'il ressent. Ils sont liés à lui vu qu'il est le patient zéro.


'Wake-Up' c'est un peu du rock and roll industriel. Est-ce que vous aimeriez à l'avenir contaminer d'autres styles musicaux?

Etienne : Bien sûr. Nous n'en sommes qu'au début de la contagion.


Quel autre style musical?

Etienne : Je ne sais pas, je n'ai pas encore décidé qui nous allions torturer (rires). Pourquoi pas du jazz indus, sur un morceau ça pourrait être rigolo. L'idée est de faire un morceau un peu différent tout en restant dans l'idée de metal electro. Pour le reste, on verra, ce sera au gré des envies. Dans 'Now Die', la pattern rythmique, c'est une pattern propre au zouk. ça ne me dérange pas du tout de prendre des codes d'autres musiques et de les incorporer à l'électro et au metal et de secouer tout ça.


Tu avais dit que dans certaines boîtes underground, certains de tes morceaux passaient, est-ce que vous avez essayé consciemment de donner un caractère dansant à vos morceaux?

Bruno : C'est du ressenti. On ne fait pas un titre pour qu'il soit nécessairement passé dans une boîte de nuit. L'orientation d'un titre n'est pas fait en fonction de sa destination, mais en fonction de ce qu'on ressent.

Etienne : Par contre, il y a une volonté de vouloir mélanger des styles qui ne vont pas très bien ensemble comme 'Rage' un peu de djent et de la psy-trance. C'est de l'expérimentation.


On a l'impression que 'Regrets' fait un zoom arrière sur un champ de bataille et révèle tous les morts. C'est ça?

Etienne : Tu as saisi l'intention, mais ce n'est pas tout à fait ça. Il faut être dans ma tête pour savoir ce que c'est. Ce sont les pensées du dernier créateur de Shaârgoth qui a survécu à ça. Il se planque dans la cité-ruche. Le message répété en boucle : ''Life, work, joyce, love, regret''. Toutes les actions sont terminées par 'Regrets', la personne en est rendue là, de se protéger de ce qu'elle a créé en entendant les sirènes au loin, les talkies des Troopers. Il n'a plus aucun allié. C'est quelqu'un qui s'est foutu dans le lisier tout seul et qui regarde la pluie à travers la fenêtre en attendant que quelqu'un vienne le chercher.


Peut-être le Shaârghot?

Etienne : Peut-être qu'il le retrouvera. Moi, je sais. (rires)!




Sur 'KMB', peut-on noter une influence de Jaz Coleman de Killing Joke dans le chant? Est-ce que c'est...

Etienne : Voulu? Oui! J'étais parti là-dessus, je ne savais pas si j'étais capable de le faire. J'entendais ce type de voix rauque qui monte quand j'ai fait ce morceau. Au début, j'ai galéré. D'habitude, je suis très rapide pour enregistrer les prises voix, mais pour celui-ci je dois avouer que j'ai du me reprendre à plusieurs fois. Pas une mince affaire.


Comment joues-tu avec ta voix, comment travailles-tu pour interpréter ce personnage  ?

Etienne : Je me mets dans son état d'esprit. Tu m'as déjà entendu faire Gollum? (rires). Je sais très bien imiter Gollum, mais il faut savoir se mettre dans son état d'esprit.


Le dernier titre 'Shadows' semble être une profession de foi mais en même temps on pense que le morceau est un to be continued?

Etienne : ça annonce effectivement l'album suivant. Je n'en dirai pas plus mais c'est lié au contexte du prochain album.


C'est quoi la suite, il y a six étapes...?

Etienne : Pour l'instant, il n'y en a que six, moi je n'ai pas pris la peine de raconter la suite, mais ça viendra progressivement.


Quand est prévue la suite musicale?

Etienne : Je peux difficilement te donner une date. Nous venons de commencer la composition du troisième album.  Je dirais rendez-vous dans deux-trois ans. On va laisser celui-là vivre un peu. On veut faire d'autres clips peut-être un court-métrage. 

Bruno : On ne l'a encore joué que deux fois sur scène. Il faut nous laisser le temps.


Nous nous étions vus l'an dernier pour la promo de 'Break Your Body'. A l'inverse, dans un rythme un peu plus traditionnel de sortie, est-ce que vous n'avez pas peur de vous couper de tout ce qui est teasing sur le web?

Etienne : On prendra le temps qu'il faut pour le sortir. J'ai dit deux-trois ans mais ça serait peut-être quatre. On prendra toujours le temps qu'il faut pour que les choses soient bien faites. Pour ce qui est du teasing, on a toujours des projets en cours de toute manière. Des clips j'aimerais en sortir quatre sur cet album.


Avec quatre clips, tu ne tiens pas deux-trois ans!

Bruno : Tu tiens bien un an et demi et puis n'oublie pas le côté scène. On n'a joué que deux fois cet album sur scène. On entre dans une exploitation d'album où nous serons plus sur la scène que dans un studio pour le troisième album. Je pense que les gens ont envie de nous voir sur scène. Avec le 'Volume 1', on a fait 47 concerts. Pas mal pour un groupe qui débute. C'est très bien. Aujourd'hui, nous allons apprécier le travail en studio et nous allons nous séparer de cet album et lui laisser accomplir son chemin, car il ne nous appartient plus. Il faut que les Shadows puissent prendre en main cet album et se l'approprier.


Si on sort un album tous les trois ans, cela veut dire qu'on se reverra dans 15 ans pour l'aboutissement!

Etienne : Je te trouve en très bonne forme pour aller jusqu'à l'interview du sixième album. Pas de soucis.


Merci. Mais est-ce que vous pensez être dans le même état d'esprit dans 15 ans?

Etienne : L'état d'esprit du personnage va évoluer en fonction des albums.

Bruno : Tu as pris une base de trois ans mais ça peut être deux ans. Le délai peut être plus court.


Voire plus long!

Bruno : Peut-être qu'il y aura un double album. Pour l'instant, ne t'inquiète pas pour ta santé.


Mais c'est surtout pour vous. Dans 7 ou 15 ans, seriez-vous toujours dans ce même état d'esprit pour continuer ce projet?

Bruno : C'est une histoire. Même si l'histoire évolue, nous on sera toujours dedans.


C'est une histoire. Même si l'histoire évolue, on sera toujours dedans.




On va être pessimiste. Si un Shaârgoth fictionnel arrive et casse tout dans le groupe, connaîtrions-nous toujours la fin? 

Bruno : Tu veux dire que s'il y a une déviance en interne... Dans Shaârgoth, il y a un leadership avec Etienne. Mais il y a un travail de fond qui fait que Shaârgoth existe de cette façon-là. A un moment donné, si quelqu'un fait l'idiot, les trois autres viendront le rappeler à l'ordre. Il n'y a pas de protectionnisme, mais on fait attention. Si Etienne prend la grosse tête, on lui rappellera nos galères des débuts...

Etienne : Pour être le plus pessimiste possible, si quelqu'un mourait dans la vraie vie, cette mort serait orchestrée dans l'univers fictif. Les changements de line-up peuvent s'expliquer par des disparitions de personnages qui se sacrifient.


Donc, tu es très optimiste quant à la tenue jusqu'au bout de ce projet?

Etienne : Il arrivera un jour que le line-up change car nous n'avons pas tous le même âge. A un moment, les choses évolueront différemment. Si quelqu'un doit disparaître, on le verra disparaître à l'écran.

Bruno : Comme moi! Au revoir (il part, rappelé à ses fonctions, mais ne quitte en aucun cas le navire Shaârgoth).


L'album atteint presque l'heure d'écoute. N'avez-vous pas peur que vos auditeurs soient déjà dans un sale état aux alentours de la 40ème minute?

Etienne : A la base, on voulait mettre dix-huit titres. Le temps m'en a empêché. Si tu as personne pour mettre des deadlines, tu ne t'en sors pas. J'étais parti pour dix-huit titres mais il fallait sortir l'album, donc on en a viré quatre. Je pense avoir gardé l'essentiel et me dire que c'était cohérent dans l'histoire. Si tu as un mal de crâne après ça, je peux comprendre. J'espère que tu as une bonne mutuelle. Mais peut-être que ce n'était pas le style de musique que tu devais écouter.


Est-ce que finalement le Shaârghot ça ne serait pas à la fois celui qui instaure un état de nature et qui le reprend à coups de batte? Celui qui à travers le chaos total recherche l'ordre nouveau?

Etienne : Quand il y a trop d'ordre, il y a automatiquement du chaos qui se génère. Quand il y a trop de chaos, l'ordre finit par reprendre le dessus. Pour moi, le Shaârgoth est une réponse à l'excès d'ordre qu'exerce le Great Eyes. Cette société despotique a crée son propre monstre dans son délire de tout vouloir régenter. Cela se retourne inévitablement contre elle. 


On a l'impression que le Shaârgoth, cet album c'est une fable moderne sur la situation de notre monde. Quelle pourrait être la représentation directe du Shaârgoth aujourd'hui?

Etienne : Je te spoile tout de suite. Je ne monterai pas sur scène avec un gilet jaune parce que c'est trop moche comme couleur et ce n'est pas très seyant. Ce n'est aucunement une référence car l'histoire est écrite depuis très longtemps. On a parlé de guerre civile à l'heure actuelle avec de joyeuses manifs tous les samedis. Mais non, il n'y a aucun lien.



Hormis la couleur jaune, on peut dire que les gilets jaunes sont des Shadows?

Etienne : Certains. Car il les sélectionne avec soin, il ne prend pas n'importe quel cinglé pour en faire un Shadows. Il les observe avant. Ce ne sont pas tous les cinglés de l'hôpital qui ont droit à leur petit coup de seringue verte.


L'un de vous parlait de la voix comme un narrateur avec notamment d'autres voix en backstage, mais tu n'aimerais pas développer des personnages secondaires qui entreraient en interaction avec le personnage principal?

Etienne : C'est justement ce que nous sommes en train de créer sur le prochain clip. On est en train de développer l'univers étendu de la cité-ruche. On développera des personnages que tu pourras potentiellement retrouver dans d'autres clips. Allez! Je te fais un petit spoil. Le commissaire que tu trouves dans 'Break Your Body' reviendra dans un de nos clips, voire plusieurs autres mais pas dans le suivant.

En tant que commissaire-commissaire ou commissaire-Shadows?

Etienne : En tant que commissaire.


Sur une photo promotionnelle, on te voit en Shaârghott à la peau d'ébène s'appliquer le canon d'un revolver sur la tempe comme le fit par ailleurs Takeshi Kitano dans "Sonatine", est-ce que cette photo résume cette idée que Shaârghott joue et s'amuse avec la mort?

Etienne : Complètement. Comme tu as pu le voir dans 'Break Your Body', les Shadows se régénèrent. C'est une provocation de la part du Shaârgoth. En fait, c'est : ''Allez-y, flinguez-moi. Oh attendez! Cette fois, je peux même le faire à votre place. En trois secondes je me relève, j'enlève la poussière de mon chapeau et la prochaine bastos est pour vous.''.


Skarskin se fait toujours laminer la tronche?

Etienne : Toujours. Il a une bonne assurance-vie.


Est-ce que c'est nécessaire, est-ce que ce n'est pas du voyeurisme?

Etienne : Il n'est pas nécessaire mais apporte une touche de bouffonnerie qui permet de rendre les choses moins premier degré. Il apporte un côté burlesque. Il se fait l'acolyte victime mais partenaire de jeu du Shaârgoth qu'il le veuille ou non. Il donne un côté cartoonesque.


Est-ce qu'il y a un parallèle avec notre actualité, Macron ne serait-il pas Skarskin?

Etienne : (rires) Non, Macron serait le Great Eye.





Qui aujourd'hui serait notre Skarskin préféré?

Etienne : Ceux qui se mettent en première ligne devant les gars qui ont des LBD (rires).


Comme Arthur Conan Doyle avec Sherlock Holmes ou comme Henri Vernes avec Bob Morane dans "La revanche de l'Ombre Jaune", auriez-vous la tentation de tuer Shaarghot, peut-être après le sixième album ?

Etienne (troublé).


Avons-nous touché quelque chose?

Etienne : No comment! L'idée d'une mort n'est pas exclue (rires).





Merci beaucoup!

Merci. 




Plus d'informations sur https://fr-fr.facebook.com/shaarghot
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