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LOREENA MC KENNITT (05 AVRIL 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
AUTRES
A l'occasion de ses concerts parisiens, Loreena Mc Kennitt a accueilli pendant quelques minutes Music Waves et nous en dit plus sur son avenir.
CALGEPO - 07.06.2019
Loreena Mc Kennitt s'est posée quelques temps à Paris pour deux concerts exceptionnels Salle Pleyel. Peu avant, nous avons eu l'honneur d'échanger avec cette grande artiste.

C'est un plaisir que de pouvoir te parler à nouveau, comment vas-tu ?


Oh très bien, merci. On est à la fin de la tournée là, j'ai commencé la tournée en ayant attrapé froid, mais là ça va.





Nous nous sommes rencontrés il y a sept ans, jour pour jour un 06 avril 2012, que s'est il passé pour toi au cours de ces sept années ?


Depuis 2012, beaucoup de choses. J'ai fait des tournées car aujourd'hui l'industrie musicale a beaucoup évolué, il est devenu difficile de vendre la musique, c'est plus devenu une industrie du live. J'ai énormément de chance que beaucoup de gens viennent et de pouvoir visiter autant de lieux.


On avait évoqué cela au cours de notre précédente interview, au sujet des tournées, pour celle-ci
cet été en Espagne et en Italie, plusieurs dates en Allemagne se profilent … et seulement deux villes visitées en France (Paris et Lyon). 7 années après ton dernier passage, rien n'a changé. Comment expliques-tu ce si peu de dates en France ?

Je suis d'accord avec toi, c'est insuffisant, pourquoi ?  (s'adressant à son manager présent au moment de la question)

Le manager : oui il y a tellement de belles villes en France qui pourraient nous accueillir...


Oui et on se demande pourquoi. Je lui avais posé la question il y a sept ans et nos lecteurs se demandent pourquoi si peu de dates en France ?


Le manager : Nous avons pris contact souvent avec le tourneur basé à Londres...

Loreena : Nous lui avons dit plein de fois cela et fait remarquer que nous avons vendu beaucoup de disques en France. Ici j'ai eu un écho plus marquant que par rapport à l'Espagne par exemple, mais bon je ne désespère pas....


Voilà maintenant une année que "Lost Souls" est paru. Quels en ont été les retours ?


Ils ont été pour la plupart très positifs et peu importe d'où ils sont venus de la part des critiques ou du public...


Mais on peut se poser la question : est-ce que Loreena Mc Kennitt a déjà eu un mauvais retour ?


Oh oui (Rires), cela dépend des goûts de chacun, il faut savoir l'accepter. Parfois ce n'est pas la tasse de thé d'un chroniqueur. Parfois le chroniqueur qui va faire la chronique n'est pas adapté à faire ce style et va trouver ça négatif. Fort heureusement les retours qui sont faits sur mes disques sont positifs, le négatif reste une surprise (Rires).


Cet album se veut comme la publication de titres anciens restés "dans les tiroirs", couvrant une grande période ; pourtant, il apparaît comme un tout très cohérent. Comment as-tu procédé pour arriver à cet assemblage ? As-tu retravaillé énormément ces démos ?


Je crois que cette cohérence provient des arrangements surtout. J'ai eu de la chance au cours de ma carrière de travailler plusieurs cultures avec plusieurs musiciens. Les arrangements sont plus faciles avec l'expérience. Lorsque je compose un titre, je pense tout de suite aux arrangements qui pourront l'accompagner, la production qui va aller avec c'est ce qui rend le tout cohérent à vos oreilles malgré le fait que ce soit d'anciennes démos.


Lorsqu'on écrit une chanson on se demande comment celle ci va rayonner ou briller. J'ai le choix entre le piano-voix ou de superbes arrangements... Ce que j'essaye de faire c'est de faire transmettre des images, faire jouer l'imagination de l'auditeur et apporter un aspect cinématographique à mes chansons.




Je pense que tu as dû être contente d'avoir fait grandir ces chansons et tu dois avoir une fierté de les avoir sorties ainsi, aussi bien ?


Oui oui, c'est toujours un défi que de faire ce genre d'exercice. Lorsqu'on écrit une chanson on se demande comment celle ci va rayonner ou briller. J'ai le choix entre le piano-voix ou de superbes arrangements... Ce que j'essaye de faire c'est de faire transmettre des images, faire jouer l'imagination de l'auditeur et apporter un aspect cinématographique à mes chansons.


Dans cet album on retrouve les habituelles influences "world musique" celtiques mais aussi d'autres cultures notamment dans "Spanish guitars and Night Plazas" où tu injectes un peu de flamenco. Dans ton œuvre, tu t'imprègnes de la musique de tes nombreux voyages, est-ce que tu as voulu traduire dans cet album une expérience particulière ?

C'est tout à fait ça, pour moi, l'idée est de transmettre ce que j'ai pu ressentir au cours de mes voyages, toute cette culture. Il y a toujours une base celtique qui s’enrichit de ces différentes cultures d'un point de vue musical : la Mongolie, la Sibérie, l'Asie... C'est une richesse incroyable. C'est ce qui me plait évidemment pour moi culturellement, c'est précieux. Alors après j'accentue plus ou moins la présence celtique mais la fusion est plus intéressante en tant qu'artiste. Je suis une musicienne du voyage, une compositrice voyageuse. Et j'aime colorer ma musique de ces cartes postales du monde entier.


Cette curiosité m'a ouvert à des savoirs excitants, enrichissants, à de magnifiques rencontres et du coup à les partager avec mon public et les auditeurs.



C'est ce que tu aimes faire passer, c'est-à-dire qu'avec ta musique on voyage et tu y réussis parfaitement, comment te sens-tu face à ce constat ?

C'est une finalité. Dire que ces voyages et ce travail d'écriture m'ont considérablement enrichie en tant qu'artiste et de personne. J'ai lu plein de livres sur ces pays, vu beaucoup de monuments, de lieux, de places, de gens. C'est une invitation à en savoir plus également, à être curieux, à écouter, m'a inspiré. Si je dois retenir une chose c'est que ça m'a apporté une éducation culturelle par moi-même. Sans ça j'aurai suivi un cursus universitaire classique. Je voulais devenir vétérinaire et je n'avais pas l'idée de devenir artiste. Cela m'a forcé à sortir de ce carcan et de me faire ma propre expérience culturelle et éducative. Et cette curiosité m'a ouvert à des savoirs excitants, enrichissants, à de magnifiques rencontres et du coup à les partager avec mon public et les auditeurs. 


Rétrospectivement, es-tu contente de ne pas être devenue vétérinaire ?


Je vis dans une ferme, c'est une vie avec les animaux. Quelque part j'ai incorporé cela dans ma vie de tous les jours. Je n'ai aucun regret.


Pour l'album, tu es globalement revenue à plus de simplicité, avec des arrangements moins épiques, plus dans l'esprit des premiers albums. Est-ce que c'était conscient ?

C'était un choix délibéré mais pas totalement. Lorsque je me suis replongée dans ces chansons, je les ai regardées de façon différente par rapport à ce que j'ai lu, et  avec une expérience différente. En fait c'est difficile de répondre à cette question car à la base je n'avais pas l'idée de qui seraient les musiciens qui allaient enregistrer, du budget dont j’allais bénéficié.... C'est souvent beaucoup de travail. Par exemple pour 'Mummer's Dance' ("Book Of Secrets") il m'a fallu travailler et encore travailler dessus et c'est lorsque l'enregistrement a été terminé que j'ai su de comment le titre aurait dû être à la base. Cela dépend du temps et de l'argent que tu as. C'est vraiment intéressant cette évolution d'un titre, tu apprends beaucoup.


Est-ce que le fait de travailler sur des titres anciens t'a rendu un peu nostalgique
?

A un certain degré oui, un peu. Quand je me suis remise à travailler j'ai pensé à 1985 où je commençais à chanter, composer et à me produire. C'était une sensation étrange et un peu nostalgique, oui.


Le modèle économique actuel pour les artistes n'est pas aussi bon qu'avant. Il faut que le public comprenne que ces plates-formes ne rémunèrent pas suffisamment la création et qu'il faut absolument arriver à une régulation d'internet.




Au début de notre chronique de "Lost Souls", nous avons indiquons que le fan de Loreena devait être patient, car le rythme de tes productions a sévèrement décru depuis le début des années 2000. Comment l'expliques-tu et es-tu consciente que les fans sont tristes de devoir attendre aussi longtemps ?

Oui Oui (Rires). Il y a quelques explications. Mon fiancé est décédé il y a quelques années et cela a recentré ma vie sur ma famille et d'avoir d'autres priorités. Ensuite j'ai beaucoup voyagé dans le monde afin de pouvoir de ressourcer. Ensuite je me suis beaucoup posé de question sur la musique, sur ma carrière. Le fait de faire de la musique assez enchanteresse m'a imposé ce genre de questionnement. Puis j'ai vu comment l'industrie musicale a été transformée par rapport aux années 90. Entre temps Internet a changé la donne avec l'apparition de Napster... le téléchargement... et tout cela est devenu clair après la tournée en 2007... A l'heure actuelle l'industrie musicale est une industrie de tournées et non plus une industrie pour vendre des disques. Donc je me suis engagée dans des tournées. Puis entre 2009 et 2011 je me suis occupée de ma maman qui était malade et pour ces deux dernières années. Il était hors de question d'écrire ou de partir en tournée à cette période. A partir de 2012, les tournées ont repris aux Etats-unis... et donc il était difficile pour moi d'écrire en même temps. Je manage ma carrière et ça prend beaucoup de temps. Le processus créatif est quelque chose qui nécessite de la réflexion, il faut au minimum avoir 25 chansons et énormément de travail, il faut que les gens se rendent compte. Alors la question qui se pose pour faire un CD, c'est pourquoi passer autant de temps pour que beaucoup de monde le télécharge gratuitement ? Le modèle économique actuel pour les artistes n'est pas aussi bon qu'avant. Il faut que le public comprenne que ces plates-formes ne rémunèrent pas suffisamment la création et qu'il faut absolument arriver à une régulation d'internet.



Les musiciens qui t'accompagnent habituellement (Caroline Lavelle, Hugh Marsh et Brian Hugues) se sont regroupés il y a 3 ans pour publier un album remarquable ("Secret Sky"). As-tu écouté cet album ? Qu'en penses-tu ? Est-ce que tes partenaires habituels t'ont sollicitée pour ce projet ?

Je n'ai pas été approchée pour ce disque et je n'ai eu connaissance de cet album que lorsqu'il a été réalisé...


C'est une surprise car ce sont des personnes avec qui tu as l'habitude de travailler....


Je pense que c'est une question qui est à leur poser....


Tu as raison, et est ce que tu as écouté cet album ?


Oui je l'ai écouté....


Et est ce que tu l'a apprécié ?


Oui je l'ai apprécié...


Alors bien sûr il y a des causes importantes comme la modification du climat mais à la base il y a le cerveau humain. Et si vous n'avez pas la réflexion pour cela, si vous la perdez, alors rien ne pourra changer dans le bon sens.




Tu as également participé à des opérations en faveur de l'environnement et de la sauvegarde de notre planète. Te considères-tu comme une artiste engagée ? Quelles sont les causes qui te tiennent particulièrement à cœur et si tu ne devais en défendre qu'une, laquelle serait-elle ?

Je pense que ce serait les réseaux sociaux et les dangers d'internet. J'ai étudié et lu beaucoup de choses sur les conséquences que peuvent avoir ces nouvelles technologies sur les rapports humains. Il y a de moins en moins d'humain derrière et de plus en plus d'intelligence artificielle qui remplace l'humain. Cela pousse à avoir de moins en moins de réflexion. Outre le fait qu'elles tuent petit à petit l'industrie du disque, c'est aussi une arme pour les politiques, sur nos données personnelles qui n'ont que personnelles que le nom. Tout se trouve sur un cloud... Il n'y a plus de vie privée. Il y a aussi des études sur le fait que les réseaux sociaux et internet changent la physiologie du cerveau humain, on commence à avoir un peu de recul sur ces conséquences. Elles sont surtout importantes chez les enfants. Un chercheur a démontré cela, il s'appelle Nicholas Carr dans un livre "The Shallows" sur ce qu'internet fait à nos cerveaux. En quoi cet environnement électronique change-t-il notre état mental, voire notre comportement social ? Ne serons-nous bientôt plus capables de nous concentrer plus de quelques minutes sur un texte ? N'allons-nous pas nous contenter de picorer ici et là quelques bribes (de textes, de vidéos, de messages audio) ? Notre cerveau, incroyablement plastique, s'adapte très vite aux nouvelles technologies et à leurs nouvelles tentations... Quels sont les avantages et les inconvénients de ces changements pour notre esprit ? Alors bien sûr il y a des causes importantes comme la modification du climat mais à la base il y a le cerveau humain. Et si vous n'avez pas la réflexion pour cela, si vous la perdez, alors rien ne pourra changer dans le bon sens. Les enfants sont notre avenir et il semble qu'internet bousille leurs cerveaux.  Il y a des employés de la Sillicon Valley qui mettent leurs enfants à l'abri d'internet, ce n'est pas innocent. Il faut que les sociétés se rendent compte de ces changements.


Dans une fausse interview publiée sur notre site à l'occasion d'un 1er avril, nous avions imaginé une collaboration entre toi et Mike Oldfield, dont tu avais fait la première partie au Royal Albert Hall en 1993. Même si celle-ci nous semble désormais peu probable (à moins que tu ne fasses le voyage aux Bahamas ???), quels sont les artistes avec qui tu souhaiterais collaborer dans le futur ?


Il y a beaucoup d'artistes de plusieurs générations. C'est difficile à dire. A l'époque c'était un rêve de faire sa première partie et les gens étaient là pour lui... En fait je n'arrive pas à vous répondre précisément.


Tu viens d'ailleurs de rejouer (ndlr : le 13 mars) dans ce Royal Albert Hall, mais cette fois-ci en tête d'affiche (elle avait ouvert pour Mike Oldfield). Emotionnellement, j'imagine que cela a dû être un moment fort ?


Je ne m'en fait pas plus que ça en réalité. Je suis plus excitée de jouer mon concert pour mon public et je ne pose pas ce genre de questions. Je suis plus concentrée sur le concert et sur ce qu'il va apporter comme émotion que d'être centrée sur ma propre émotion.


Tu es "Colonel Honoraire de la Royal Air Force Canadienne" ce qui témoigne de liens forts avec le Canada ? Qu'est-ce qui a conduit à te proposer ce titre honorifique ? peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste ? Ce que cela implique à ton niveau ?


En tant que citoyenne, c'est quelque chose de fort. C'est devenu comme une famille. Lorsque mon fiancé est mort en mer, je me suis impliqué dans les recherches mais on n'a jamais retrouvé les corps. J'ai fondé le Fonds commémoratif Cook-Rees pour le sauvetage et la sécurité nautique pour favoriser l'éducation et la recherche en sécurité nautique. Je me suis aperçu de leur sérieux. Ensuite, ils m'ont convié à des exercices et voir tout ce qu'ils font pour les Canadiens. Ce sont des gens incroyables. J'ai un rôle de messager en fait, de transmettre ce qui est réalisé par eux en terme d'éducation, d'actions de sauvetage... C'est un grand honneur en tout cas.


Après cet album en guise d'introspection, comment envisages-tu la suite de ta carrière ? Peux-tu nous rassurer sur le fait que tu as encore de belles choses devant toi ?

Disons que plus j'avance plus je me sens concernée par mon rôle en tant que femme et citoyenne et non plus seulement comme une chanteuse, une artiste. Je pense que ma carrière a été formidable, jamais je n'aurai pensé qu'elle soit ainsi, aussi remplie. Il y a quelque temps je n'aurais jamais pensé à me retirer mais aujourd'hui il est temps de prioriser mes centres d'intérêt. Quel rôle puis-je avoir en tant que citoyenne ?


[La retraite] devient de plus en plus une possibilité


Mais la retraite n'est pas quelque chose à laquelle tu penses réellement ?


Je pense que ça devient de plus en plus une possibilité notamment pour les raisons que je vous ai expliqué sur l'industrie musicale. Elle est en train de s'effondrer et il faut multiplier les tournées. J'adore ça, il ne faut pas se méprendre, mais c'est fatiguant. En tant que humaine, il faut se sentir appartenir à une communauté, à une famille et la quitter tout le temps c'est compliqué. Vous avez besoin d'amis, de voisins, de relations, et faire les tournées vous éloigne de cela. Enfin, arrivé à un certain point, on se pose la question de savoir ce qu'on va laisser autour de soi, qu'est-ce qu'on pu apporter à son prochain ? Humainement ce sont d'importantes questions. Oui je sais ce que je laisse en tant qu'artiste mais en tant que personne appartenant à une famille, à une communauté, qu'est-ce que je leur ai apporté ? Mon rôle est de défendre aussi des causes. On n'a pas vécu le première et la deuxième guerre mondiale, aujourd'hui on consomme toujours plus et il faut défendre un nouveau système, provoquer une prise de conscience qui peu conduire au changement pour défendre et protéger la planète. Qu'est-ce que je fais en tant que citoyenne ? Regarde la jeune Suédoise, elle agit de façon incroyable. Et quand je parle de retrait, je me pose avant tout la question de ma responsabilité dans cette société, faire une évaluation de ce qu'a été ma vie et mon rôle dans ce monde.


J'aime ton état d'esprit et ce sera la conclusion de cette interview. Merci beaucoup.


(En français) merci à vous.


Merci à TonyB pour sa contribution.





Plus d'informations sur http://www.quinlanroad.com/
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TONYB - 07/06/2019 08:29:07
Superbe interview, avec des réponses qui ont du sens. Définitivement une grande Dame.
999472
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