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PROG SUD - 1er JUIN 2019


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
Jolie découverte avec les locaux de Dogfries, confirmation pour Weend'ô et relative déception pour IOEarth dans une salle magnifiquement taillée pour cette vingtième édition.
ABADDON - 10.06.2019
A mon arrivée en vue du Jas Rod en ce samedi soir, les questions se bousculent…

Le spectacle sera-t-il à la hauteur des attentes ? Le mistral sera-t-il présent ? Le stand restauration servira-t-il toujours son fameux sandwich au magret ? Retrouverai-je ma place favorite (et stratégique) au deuxième rang à droite de la scène ? Sera-t-il possible de discuter avec les musiciens ?

Côté météo, bonne nouvelle : après des années d’acharnement plus ou moins violent, le mistral a épargné la zone. Si sur les cartes météo il permet d’afficher un soleil resplendissant, ce vent du nord qui a la fâcheuse habitude de s’inviter régulièrement au mois de mai a vite fait de déloger à coups de rafales glaçantes les festivaliers de l’esplanade de la salle de spectacle. Mais ce soir-là, du coup il était possible de déguster son assiette de magret (il y en avait !) posément attablé sur l’esplanade, confort !

Le Jas Rod est une jolie salle située dans les environs nord de Marseille, d'une capacité d'environ 300 places, avec une large scène surélevée qui permet aux auditeurs de bien profiter du spectacle. Le son et les lumières sont soignés, et avec 20 éditions au compteur, l'organisation de Prog Sud est bien rodée, livrant chaque année un programme de qualité sur 3 jours pendant le week-end de l'ascension.



Vers 19 heures, la ruche commence à bourdonner. Les premiers spectateurs arrivent (ouverture officielle des portes : 20h30), je vois passer Gédéric Byar (Lazuli) "venu voir jouer les copains".
Présent parmi les premiers dans la salle, je retrouve ma place stratégique au deuxième rang à gauche, il n’y a plus qu’à patienter jusqu’à l’arrivée du Monsieur Loyal du Festival. Selon une habitude bien ancrée, c’est Alain Chiarazzo du groupe Eclat qui officie et nous annonce le menu du soir, menu qui nous servira une découverte, une confirmation et une relative déception.

DOGFRIES

Côté découverte et bonne surprise, voici venir les régionaux de l’étape, le quartet de Dogfries. Sur le papier, le groupe mixe des influences qui vont du jazz au metal en passant par l’électro et le rock psychédélique des 70’s et pratique une musique entièrement instrumentale, chose plutôt inattendue chez des musiciens aussi jeunes. Avec une description aussi vague, la prudence est de mise, mais les premiers instants du set vont rapidement lever les incertitudes. Menés par un Yannick Tammaro survolté à la guitare, qui headbangue à tout va et n’hésite pas à se mettre en avant, les p’tits jeunes vont progressivement imposer leur univers qui repose avant tout sur une recherche sonore pointue, notamment du côté des claviers de Théo le Van qui apportent une profondeur très élaborée à des compositions qui peuvent envoyer du lourd, portées par une section rythmique impeccable, Noël le Van (le cousin) plutôt démonstratif (sans excès) à la batterie, et Alex Gallo, plus réservé mais récemment arrivé dans le groupe, qui abat un boulot considérable avec sa basse (et s’offre même un joli solo, perf pas si courante).



Il y a certes encore des imperfections dans la prestation : dans son désir de faire le spectacle, Yannick cherche des effets en posant sa guitare à terre pour en tirer des sons torturés, mais sur la scène surélevée du Jas Rod, perdait en visibilité. Les compositions partent un peu dans tous les sens, mais possèdent une fraîcheur et une profondeur liée à la qualité des arrangements qui laissent augurer un avenir prometteur pour ce groupe en devenir : en canalisant son énergie, il devrait rapidement trouver sa voie : l’identité est déjà présente, et ça mérite bien un coup de chapeau !




Set List :
Bison
Cactus
Santa Claus
Fluxxx
Mammouth
Totem
Globular Cluster
Coyote
Bass Solo
Dogman
Gator

L’organisation ne permettra pas aux Marseillais de s’offrir un rappel, un changement total de plateau devant permettre aux Agenais de Weend’ô de prendre la suite.

WEEND'Ô

Weend’ô fait partie des groupes chouchous de la rédaction : leur premier album, puis leur prestation au premier festival Prog en Beauce avaient marqué les esprits, et leur deuxième album avait été élu album de l’année 2018 par les lecteurs de Music Waves. Il étaient donc attendus au tournant, et Laetitia m’avait confié avant le concert être très satisfaite de la balance... Impatience !
Dès les premières notes, le son est là : précis, puissant, équilibré. Il est rare d’entendre une batterie avec une telle acuité, tous les sons sont envoyés vers le public. La basse est d’une énorme profondeur, avec une recherche dans les graves qui prend au ventre, et reste parfaitement définie. Posée sur section rythmique aussi impressionnante, la guitare et les claviers n’ont plus qu’à s’exprimer, et Laetitia habite son interprétation vocale avec une belle présence.



Le quatuor va donc confirmer et remplir son contrat au-delà des espérances, avec un Terence toujours aussi mélodique dans ses interventions, un Maxime étonnant de présence qui sait aussi rappeler qu’il était guitariste avant de devenir bassiste ('Time of Awakening 3'), Laetitia qui a gagné en sûreté vocale (le final de 'Elea 2’, pas facile !) et un Nathanaël simplement impérial derrière ses fûts, précis, exact, jamais un fill trop envahissant, juste en musique. Tout cela paraissait tellement évident que l’ensemble des spectateurs était d’accord : la prestation a été techniquement bluffante, et le spectacle, très bien construit, illuminé par des éclairages envoûtants. En gros, le set qu’il ne fallait pas louper, entre puissance et émotion. J’ai juste personnellement regretté l’absence de 'Betrayal', mon morceau préféré du premier album, l’accent étant plus nettement mis sur le deuxième, "Time of Awakening".



Set List:
Time part 1, 2 & 3
Angel Dust
Run Away
Welcome in My Mind
Experience avec intro
Elea 1 & 2

Tout comme pour Dogfries, Weend’ô n’aura pas droit à un rappel qui s’imposait pourtant, le changement de plateau étant long, etc…

IO EARTH

Vingt minutes plus tard donc, la scène est prête pour les Anglais de IO Earth. Nous passons du quatuor au septuor, ça fait du monde sur scène, au point que certaines séquences vont évoquer un joyeux charivari. Pour mémoire, le groupe mené par Adam Gough (guitares) et Dave Cureton (principalement aux claviers) évolue dans un neo progressif teinté d’accents world et bénéficie de l’apport d’une chanteuse, d’un violoniste et d’un saxophoniste.



La setlist va faire la part belle au dernier album, joué dans sa quasi-intégralité, plus 'New World' , 'Fade to Grey' et 'Insomnia' extraits du copieux "New World". La première surprise dans le set, c’est la puissance du son, personnellement je m’attendais à un concert plus feutré, mais les musiciens vont s’employer à déployer une énergie de tous les instants. C’est plutôt positif pour la dynamique du spectacle, moins évident quant à la sensibilité musicale de la prestation. Aux fûts, le  batteur va comme sur le dernier album sur-employer la double pédale et noyer les partitions dans un volume sonore certes démonstratif mais bien trop envahissant. D’une manière moins agressive mais également très démonstrative, Dave Cureton s’est affairé dans chacune de ses interventions à justifier son titre de "meilleur guitariste prog" décerné par un webzine, nous gratifiant de soli techniques mais bien peu porteurs de sensibilité. L’attention se reporte alors vers deux puissants vecteurs d’émotion que doivent être le sax et le violon. Hélas, le jeu de ces deux musiciens est techniquement irréprochable mais émotionnellement très plat. Résultat : le spectateur subit plutôt qu’il ne participe ou ne reçoit le concert, et passe à côté de la promesse émotionnelle que suscitait la musique d’IO Earth. Quant à l’l'EWI (Electronic Wind Instrument, un dispositif qui permet de piloter un synthétiseur à parti d'un instrument à vent) tenu par Luke Shingler, je l’ai vu en action, mais je ne l’ai pas entendu (honte à moi ?). Dommage !

Alors, bien sûr, le spectacle était là, assuré pour grande partie par un Jez King qui affiche un sourire permanent, va chercher spectateurs et photographes, assuré aussi par la bonne prestation vocale de Rosanna Lefevre et par la stabilité de Christian Nokes à la basse. Le reste aurait mérité d’être beaucoup plus dans la retenue que dans la démonstration, c’est la déception du soir.



Un petit rappel ? Eh bien non ! Ce coup-là, il y avait le temps, mais le groupe a fait savoir "qu’il avait tout joué", les auditeurs auront été décidément frustrés de rappel ce soir !


Set List :
Strangest Way in Life
New World
Madness
Solitude
Fade to Grey… ?
Breakdown
Hold On
Insomnia
Race Against Time
Find a Way

Ainsi se termina le Festival Prog Sud 2019, vingtième du nom. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine. Amis du Sud-Est, n’hésitez pas à programmer une soirée au Jas Rod dans le week-end de l’Ascension : la salle est très sympa et bénéficie d’une acoustique et d’un éclairage remarquables. Merci à toute l’équipe pour l’organisation de cet événement !

Un immense merci également à Alain Baroni pour ses photos !


Plus d'informations sur http://www.weendo.fr/
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