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GALAAD (29 MAI 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
Plus fort que Tool, Galaad est revenu en mai dernier en proposant "Frat3r" successeur de "Vae Victis" réalisé il y a 23 ans. Music Waves ne pouvait pas louper l'occasion d'une interview fleuve avec l'un des groupes phare du rock progressif francophone.
CALGEPO - 14.06.2019
Il aura fallu 23 ans - une longue attente pour les fans - pour que Galaad revienne avec un troisième album nommé "Frat3r". Tous les membres du groupe se sont prêtés au jeu d'une riche interview avec Music Waves afin de nous présenter cette nouvelle production qui leur permettra de leur ouvrir, nous l'espérons, les portes de festivals pour un avenir pérenne.


Nous avons l’habitude de commencer nos interviews par la question qu’on vous a trop posée et à laquelle vous êtes fatigués de répondre, quelle est cette question ?


PyT : N’importe quelle question comparative avec l’album "Vae Victis" : « n’aviez-vous pas peur, après Vae Victis de faire encore de la musique ? »

Laurent : T’as pas deux balles ?





Avec « Frat3r » Galaad revient sur le devant de la scène après 23 ans d’absence, quelle a été l’étincelle qui a provoqué le feu de cette reformation ?


PyT : Les retrouvailles. D’abord de Gérard Zuber (basse) et de Gianni Giardiello (Claviers) avec Laurent Petermann (Batterie) et Sébastien Froidevaux (Guitares), auxquelles je me suis joint. On comptait se contenter de faire quelques reprises pour le fun, mais une proposition de concert « revival «, puis plusieurs offres de concerts nous ont motivé à reprendre le répertoire de Galaad, et de projeter, naturellement, un nouvel album ensuite.

Laurent : Tout est dit…


Je pense que ceux qui en ont fait un album « culte » ["Vae Victis"] rêvaient d’une reformation, d’une suite, et nous rappelaient à ce souvenir. Il aura fallu certes patienter, mais on y est désormais.


« Premier Février » et encore plus « Vae Victis » ont eu un impact considérable tant au niveau de la critique que du public, et encore aujourd’hui ils sont cités parmi ce qui se fait de mieux en matière de rock progressif francophone, est de que vous mesurez encore ce succès et est-ce que celui-ci vous a-t-il donné le vertige à l’époque, ce qui pourrait expliquer en partie cette longue mise en sommeil ?

PyT : "Vae Victis" a été majoritairement très bien reçu par les fans du genre, mais n’a dans le fond pas pu toucher le plus vaste monde auquel l’album s’adressait par la suite, un public plus bigarré, metal, français, prog…voire même punk, alternatif…Je pense que ceux qui en ont fait un album « culte » rêvaient d’une reformation, d’une suite, et nous rappelaient à ce souvenir. Il aura fallu certes patienter, mais on y est désormais.

Gianni : Non ce n’était pas du vertige, on aurait aimé. Mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque, je pense que les attentes des uns et des autres n’étaient pas au diapason, l’album de "Vae Victis" ne s’est pas aussi vite révélé au monde, il lui a fallu du temps et a l’époque on pensait qu’on n’en avait pas.

Laurent : Avoir de bonnes critiques, c’est évidemment très appréciable. Pour ma part, je n’étais déjà plus dans le groupe (pas whatsApp) lors de l’hibernation « galaadienne ».




 
Au cours de ces années chacun a fait sa vie avec ou sans la musique, je pense à Sébastien et notamment ses vidéos sur le net et ses albums dont les « Voyages Extraordinaires », mais aussi à PYT qui est revenu au début des années 2010 avec l’Escouade tout d’abord et deux albums solos plus personnels (avec Sébastien notamment), qu’en était-il des autres membres et comment avez-vous renoué le contact, internet a dû aider peut être ?


Gianni : Après la période Galaad, j’ai eu ma famille, marié deux enfants, j’ai dû m’adapter à mon nouveau rôle et fait une longue pause avec le milieu de la musique.

Gérard : Pour ma part, un arrêt complet de la musique de 1994 à 2016. Musique qui avait laissé sa place aux études, famille et sports américains. Mais si j’ai pu croiser Seb, Pierre-Yves, Laurent et Gianni à quelques reprises durant ces 22 ans, et qu’on était « amis Facebook » depuis 2008-2009, les vraies retrouvailles ont eu lieu en mars 2016.


Il y a eu pourtant des tentatives de revenir comme en 2014-2015 où un nouvel album était en état embryonnaire mais qui a fini par aboutir au magnifique « Mon Grand Amer » de PYT, qu’est-ce qui explique ce retard ?


PyT : Galaad a pu revoir le jour par la jonction de Gérard et Gianni à Seb, Laurent et moi…J’avais à l’époque commencé de réunir du monde (Vincent Berberat, notamment, le bassiste de "Vae Victis"), mais les envies, les motivations n’étaient plus les mêmes en 2013. Mais en 2015, avec "Mon Grand Amer", il s’agissait clairement d’un album de PyT, pas d’un faux album de Galaad. Les concerts avec PyT se sont arrêtés en automne 2015 suite au désistement de deux musiciens. Nous avions alors le projet de jouer du Galaad en live pour fêter en 2016 les 20 ans de "Vae Victis", mais ce dernier projet a dû avorter.

Sébastien : Je ne crois pas au retard... il n'y a que des moments opportuns (synchronicité, alignement des planètes…). "Frat3r" ne serait pas ce qu'il est sans les albums de PyT. Ils sont interconnectés. C'était l'heure…


Gérard faisait remarquer avec justesse qu’à l’échelle du temps, si l’on compare l’affaire à celle, toutes proportions gardées, de Genesis, on passe de "Selling England by the Pound" à "Calling all Stations"


Souvent, lorsque les fans attendent un album avec autant d’impatience, le résultat n’est pas à la hauteur des espérances. Avez-vous ressenti de la pression que cette annonce d’un nouvel album pouvait provoquer et le fait de ne pas décevoir ?


PyT : Aurait-on pu éviter toute déception ? Je ne crois pas car "Frat3r" n’est pas un "Vae Victis II", mais sa suite naturelle, en tenant compte de 23 ans qui séparent les deux productions. Et je suis persuadé qu’il répond à la majeure partie des attentes liées à la suite de "Vae Victis". Gérard faisait remarquer avec justesse qu’à l’échelle du temps, si l’on compare l’affaire à celle, toutes proportions gardées, de Genesis, on passe de "Selling England by the Pound" à "Calling all Stations"… Bien sûr, les maîtres ont évolué à travers d’autres disques, mais je pense avec lui qu’on s’en sort pas mal du coup…

Gianni : Je suis très surpris et plutôt en bien de cette attente autour de notre retour. Il faut avouer que nous avons fait cet album avant tout pour nous, pour se faire plaisir ! Mais les retours de ces premières semaines nous réconfortent et nous font énormément plaisir.

Sébastien : Pas de pression mais une curiosité de voir comment les fans allaient accueillir cet album que l'on pense à la hauteur de nos exigences. Nous sommes comblés.

Gérard : Si on s’était mis trop de pression l’album serait sorti en 2024 ! Il y aura des déçus, des gens impassibles, des personnes comblées et peut être, on l’espère, de nouveaux fans. La question s’est posée pour 'Merci [puR]' : a-t-il sa place dans l’album ? N’est-il pas trop pop, pas assez prog, trop clivant ? Mais au final aucun titre, aucune musique ne fait l’unanimité. Donc 'Merci [puR]' est sur l’album, car en live le retour du public est excellent et surtout pour son message et sa signification pour nous tous.





« Frat3r » est un album extrêmement abouti, très cohérent et surtout équilibré comme si cette longue parenthèse n’avait pas entamé votre esprit de groupe tel qu’il pouvait transparaitre de « Vae Victis », c’était facile de retravailler ensemble, je suppose qu’humainement ça a dû être fort et avez-vous changé votre manière de composer par rapport aux années 90 ?


PyT : Oui, de très belles retrouvailles. On ne se côtoyait plus et voilà qu’avec ces visages des temps jadis reviennent quantités d’impressions, de souvenirs, d’expériences humaines de groupe et de projet, c’est génial ! La façon de travailler est adaptée aux conditions actuelles : un gros travail de communication et d’échange par internet, quasiment 24h/24, et des sessions (une à deux par mois) sur une journée.

Gianni : On sort du même moule musical, les goûts ont évolué, mais les fondations restent les mêmes. On n’est pas toujours alignés mais on sent instantanément tous ensemble quand cela nous correspond, pour cela c’est très fort.


C’est vrai qu’une certaine « colère » incarne l’identité musicale de Galaad. Une urgence, peut-être, un cri. Un peu de révolte, de contestation.



Est-ce que tous ces titres sont nouveaux ou issus de démos anciennes ?


PyT : Tous ces titres ont été écrits et composés depuis nos retrouvailles, ils sont le fruit d’une sélection de tout ce que nous avons réalisé depuis 2016.


Le point commun entre « Frat3r » et « Vae Victis » est cette valeur fraternelle qui se dégage avec un côté guerrier légèrement en retrait par rapport au précédent album. Il y a toujours de la colère mais celle-ci semble plus contenue, plus philosophique, est-ce l’impression que votre colère a évolué par rapport à il y a 23 ans, de même que la vision de cette valeur de fraternité face au monde actuel ?


PyT : C’est vrai qu’une certaine « colère » incarne l’identité musicale de Galaad. Une urgence, peut-être, un cri. Un peu de révolte, de contestation. Quelque chose de rock. Mais c’est une incarnation, un rôle joué. Un exutoire aussi. On n’a plus forcément les mêmes problèmes, les mêmes colères, les mêmes réactions à 26 ans qu’à 48 ans… Pour la question de la fraternité, je pense nécessaire de véhiculer un semblant d’humanisme, histoire d’exprimer une sensibilité parfois heurtée par le côté obscur ou mauvais de ce monde…


L’actualité démontre que le monde est de plus en plus sombre, la machine à broyer semble impossible à stopper (‘La Machine’), l’album est l’image de cette actualité mais vous y insérez une lueur d’espoir (‘Frat3er’), Galaad n’est pas aussi pessimiste qu’il n’y parait ?


PyT : Galaad n’a jamais été dans la négation pure. Parfois dans des impasses, mais pas dans le noir irrémédiable. Les peintures de Galaad sont nuancées. Le message humaniste est dilué dans une certaine esthétique du mot, dans sa musicalité aussi.

Gianni : Notre musique sert aussi à s’évader à « quitter ce monde » comme dit dans 'Stone'.


Je souligne le travail incroyable des musiciens sur cet album, on retrouve des ambiances génésiennes portées par les claviers (Gianni très impressionnant) hommage à Tony Banks (notamment sur ‘Stone’ et ce pont instrumental) et la guitare très Rothérienne illustrés par des solos sublimes de Sébastien tout le long dans cette veine progressive voire néo, vous ne cédez pas aux élans électroniques ou extrêmes, votre volonté est celle de rester authentique et hors des modes ?

Gianni : Merci pour le compliment, et oui j’adore Tony Banks, dans Stone j’ai voulu et complément assumer ce clin d’œil. Les outils d’aujourd’hui nous permettent d’échanger beaucoup lors des phases de composition , nous restons avant tout musiciens avec nos qualités et défauts et essayons de ne pas tout confier aux machines.

Sébastien : Merci pour les compliments ! Chacun vit avec son temps, ses modèles et ses technologies. Nous serions incapables d'être crédibles avec des orchestrations électroniques. C'est l'affaire de la jeunesse.


‘Stone’ et ‘Encore’ sont les morceaux les plus longs de l’album avec énormément de nuances et des montées en puissance finale à donner le frisson comme seul le progressif peut le faire. Est-ce pour vous le style le plus adéquat pour faire passer les émotions et vos messages ?


Gianni : On vient de ce milieu progressif et on ne s’en cache pas, mais si d’autres influences nous aident à faire passer des émotions, on prend très volontiers.

PyT : Ce n’est pas le style qui fait la musique à mon sens, mais si un genre existe qui nous garantit de grandes libertés de manœuvre comme le progressif, il est bienvenu. Le style progressif n’est plus au top, mais connaît des « rebirth » étonnants. Pour moi, depuis que je fais de la musique, le progressif est plus un « esprit » qu’une mouvance réelle, même s’il y a des signes de reconnaissance entre les divers acteurs du progressif (new prog, ou néo-néo prog) actuellement. On retrouve dans les groupes actuels, des couches et des couches d’influences toujours plus synthétisées, c’est marrant.

Sébastien : Clairement non. J'ai éprouvé diverses émotions avec d'autres genres musicaux que le progressif. Par contre c'est dans ce genre que nos fans nous attendent et pas ailleurs…je pense…





L’album apporte énormément de sentiments (colère, nostalgie, joie) que ce soit dans la frénésie musicale avec cette rythmique dingue dans ‘Encore’ avec cette basse (Gérard énorme) vrombissante et une batterie au toucher très varié (Laurent), ou ces moments de grâce dans ‘Kim’ parfois presque désespérés y compris dans les lignes de chant, est-ce le disque le plus émotionnel que vous ayez composé à ce jour ?

PyT : A vous de nous dire si ça vous touche plutôt sur le plan émotionnel… C’est sûr que Galaad est plus emo que tech, tout en privilégiant une musique fouillée, et un storyboard un peu lettreux… Notre esthétique n’est pas gratuite et tire sa source dans les profondeurs, du fond des tripes. Peut-être que 'Stone', qui est un morceau très apprécié de l’album,  marie, en équilibre, ces aspects contradictoires, à la fois de raison et d’émotion.

Sébastien : Tous nos albums sont des engagements émotionnels. Nous avons pour exigence de nous faire vibrer. "Frat3r" est réussi en ce sens.


Vous sentez vous les héritiers des Marillion, Genesis, Floyd, des groupes pour lesquels nous éprouvons de l’attachement et avec qui nous avons fait notre culture musicale ?


PyT : Oui, perso, je considère Galaad de cette famille-là. C’est d’autant plus évident que ces bands là constituent la source première de nos influences en commun. Après, bien sûr, chacun apporte de ses découvertes musicales, qui vont au-delà du domaine (prog)…

Gianni : Oui sans oublier Ange, mais il faut pouvoir sortir de ces influences pour s’exprimer complètement, c’était entre autres le défaut de Premier Février qui était aux yeux de certains trop ci ou ça.

Sébastien : Nous sommes toujours les héritiers de quelqu'un. Galaad est fils de ces groupes à coup sûr…serons-nous à notre tour transmetteurs ??? Moins sûr… car le temps du rock et du prog touche à sa fin…


Dans ‘Merci [puR]’ vous apportez quelques touches de musique indienne, un peu world, est-ce une expérience que vous renouvèlerez à l’avenir - ce qui sous-entend qu’il y aura un avenir ? et pourquoi un tel graphisme pour l’écriture du nom du titre ?


PyT : Oui, Gianni a apporté cette séquence « hindoue » qui nous a botté, pour 'Merci [puR]'. C’est signe d’une ouverture à divers sons et courants. Il y aura bien sûr un avenir à "Frat3r", et nous en sommes déjà aux premières évocations de la suite. Pour le graphisme, c’est Gérard qui a proposé cette police futuriste, qui devait être un logo entre deux, provisoire, et que nous avons finalement gardé pour l’album. Le titre est quant à lui manuscrit, comme écrit sur un mur !


PyT, la voix est aussi un instrument important du projet Galaad, celle-ci a évolué au fil des ans, elle est devenue plus rauque, plus nuancée (notamment dans ‘La Machine’ ou ‘Stone’), plus touchante et puissante. On l’avait noté déjà au travers tes projets solos personnels. Cette évolution vocale a-t-elle eu son importance lorsque vous avez commencé à composer les titres de « Frat3er
» ?

PyT : Entre "Vae Victis" et "Frat3r", il y a quelques années de pratique du chant, hors contexte Galaad. J’ai pu découvrir d’autres facettes de la voix, qui est plus canalisée, rationalisée aussi sur scène. J’ai suivi des cours avec deux profs de chant classique, qui m’ont donné les pistes pour une pratique du chant qui respecte aussi bien l’émetteur que le récepteur. Je reste cependant un tonitruant autodidacte, plus à l’aise pour écrire les paroles de A à Z et d’y mettre une mélodie, que de présenter, par exemple, un large répertoire de reprises. Galaad est ma première rencontre vivante avec la musique, et en être le chanteur reste un gros job.





L’écriture est toujours aussi fine, aussi poétique, parfois surréaliste, tu chantes en français c’est quelque chose qui fait partie de votre ADN, qu’est-ce que ça représente pour vous et est ce vous ne pensez pas que ça vous ferme quelques portes à l’étranger ?

PyT : Je pense que lorsque nous avons choisi le français comme langue officielle de Galaad, nous avons tiré un trait sur le potentiel anglophone, forcément plus large. Pas forcément meilleur. Si je concède que peu se risquent – et pour cause – dans l’usage du français dans le rock, et encore moins dans le prog, je pense qu’on constitue une sorte de défi aux valeurs traditionnelles du rock. Mais en fait, il est aussi osé de faire du rock en anglais de moyenne ou de basse qualité que de chanter dans un français qui limite notre auditoire.


Dans "Frat3r", il y a une jonction entre réalisme et onirisme, entre vie quotidienne et sursaut de folie, de rêve, qui pénètre nos vies banales et les transforment.



Cette écriture si poétique, à la manière de Gabriel Yacoub, Thiéfaine, Roda Gil… semble se perdre aujourd’hui, est ce que ça vous navre ou est-ce le constat fataliste de l’évolution de la chanson qui privilégie l’accessibilité au détriment du fond et du sens du texte ?

PyT : Content que tu cites Roda-Gil cet excellent parolier. Son travail pour Branduardi m’avait scotché.  Pleines de lumière, réinventant l’esprit troubadour… adorable ! Jean Fauque aussi… son travail magnifique pour Bashung… Je sais que les paroles peuvent prendre un rôle tout à fait secondaire dans la musique, et j’en tiens compte dans mon écriture. Perso, j’aime bien l’inventivité dans les paroles, les mots comme des fruits d’expériences aussi. On a parfois autant besoin de cela que de réalisme dans des propos. Dans "Frat3r", il y a une jonction entre réalisme et onirisme, entre vie quotidienne et sursaut de folie, de rêve, qui pénètre nos vies banales et les transforment.


Dans le titre ‘Justice’ vous déclamez votre attachement au Jura Suisse, canton qui vous a toujours soutenu, comment est venu ce titre qui pourrait être perçu comme très identitaire ?


PyT : La Question jurassienne, depuis l’enfance, a toujours eu un impact dans nos vies. Écrire cet hymne rock à un Jura identitaire fort était depuis longtemps dans mes projets. Les événements politiques récents, la votation sur le choix pour Moutier entre deux cantons, Berne ou Jura, a déterminé également pour nous la création de ce titre, qui sera je l’espère plus qu’une parenthèse dans la chronologie jurassienne. Galaad est un groupe à l’origine de Moutier… et jurassien.

Gianni : Au départ l’idée musicale était là avant les paroles, le thème, plutôt électro, avait déjà avec une forte énergie. C’est PyT qui a eu cette idée de Justice, c’était un peu surprenant dans un premier temps mais c’est très bien, le Jura avait besoin d’une chanson un peu rock et qui secoue !


A l’origine l’album ne devait - sauf erreur -  sortir qu’en digital pourquoi avoir pris la décision de faire une cagnotte qui a très bien fonctionné pour pouvoir sortir une version physique ?


PyT : Non, nous avons toujours projeté de le réaliser en format CD, et même pour le coup en vinyle. Nous avons fait appel à Wemakeit, une plateforme de crowdfunding, qui a permis à de nombreux fans de manifester leur intérêt pour ce projet en nous soutenant activement. Encore merci à eux et j’espère sincèrement que le résultat est à la hauteur pour eux.





L’industrie musicale a évolué pendant ces 23 ans avec l’avènement d’internet, des sites de musique en ligne…. Les albums ne se vendent plus autant qu’avant, la musique ne s’écoute plus pareil (souvent les gens fonctionnent par playlist ou compil), les groupes sortent de plus en plus d’EP à intervalles plus courts et moins d’albums. Mesurez-vous le risque de revenir dans cette industrie avec non seulement un album, physique qui plus est et comment vous situez-vous par rapport à cette évolution ?

Gianni : Malheureusement la musique est devenue un bien qu’on consomme comme un tout autre bien, c’est à dire vite et surtout au prix le plus bas. Cet album est là pour se faire plaisir, en achetant cet album vous nous permettez de rembourser notre investissement personnel et d’envisager éventuellement une suite. Mais pas de nous enrichir.

Sébastien : Nous ne faisons pas partie de l'industrie musicale et n'en serons jamais. Nous sommes à la marge et dans un genre musical qui appartient au siècle passé. Notre démarche est amateur et passionnée. Nous ne risquons plus rien (rire).

Gérard : Au contraire ! On a sorti "Frat3r" sur CD, vinyle et support digital. Et pour la suite, on va persister et garder ce modèle.


L’accueil est formidable, après avoir rechargé les batteries il y a des chances que le démon nous repren
ne.


Rassurez-nous, il ne faudra pas attendre 23 ans pour gouter au plaisir d’écouter un 4ème album ?


PyT : Sébastien évoquait ces derniers jours l’idée d’un epic géant…. Si on le fait, faudra forcément le caser dans un 4ème album…

Gianni : L’accueil est formidable, après avoir rechargé les batteries il y a des chances que le démon nous reprenne.

Sébastien : Il est probable que dans 20 ans nous ne soyons plus tous de ce monde…(rire)…. ou certainement pas en mesure de faire du rock (re rire)…. Je dois bien avouer que ce qui se passe aujourd'hui nous mène très probablement vers un 4ème album de Galaad. Un truc giga organique et ambitieux. ..et dans les 2 ans à venir pour moi.

Gérard : Non ! 2021 ça sonne bien !

Laurent : L’avenir vous le dira.


Vous allez entamer une tournée qui passe notamment par Paris en septembre prochain. L’engouement de vos fans auxquels vous avez manqué est grand mais c’est aussi l’occasion d’en gagner de nouveaux, comment appréhendez-vous ces concerts ?


PyT : On compte beaucoup sur les réseaux, sur le bouche-à-oreille, pour que les rendez-vous live ne soient pas manqués par le public. C’est maintenant que ça se passe. L’un des défis est que le public suive, évolue aussi, s’agrandisse. A Paris, nous avons la chance de jouer avec un bon groupe de là, The Morganatics…. On va pouvoir profiter un peu de leur public aussi, et inversement, c’est tout bonus pour une soirée réussie !


L’idée d’en faire un DVD ou cd Live vous traverse-t-elle l’esprit pour garder le souvenir impérissable de ce retour sur scène et vu que le crowdfunding a bien fonctionné ?


PyT : Non, cela n’a pas été évoqué.

Sébastien : Faire un DVD coûte assez cher et nécessite de gros moyens techniques. Je préfère garder notre argent pour réaliser un 4ème album.

Gérard : On pourrait l’envisager dans la cadre d’une résidence, mais priorité à la suite naturelle.


L'album est sorti depuis quelque temps maintenant, quels ont été les premiers retours, ils sont plutôt positifs ?


PyT : Les retours sont assez extraordinaires, surtout pour ceux qui n’avaient pas d’attentes et d’appréhension. Il y a quelques éléments déçus, mais surtout en comparaison avec les temps jadis. Mais qu’on le sache, on ne remplace pas une musique par une autre. "Vae Victis" sera également joué sur scène, et comme dit, "FRAT3R" en sera la plus parfaite possible continuité.

Gianni : A la sortie de l’album j’ai écrit aux gars, que quoi que les critiques écrivent, on avait sorti un bon album, Je suis ravi de voir que c’est le cas .

Sébastien : Les retours sont excellents ! L'enthousiasme est de mise chez nos fans. Quel bonheur ! L'album est bon, le visuel en parfaite harmonie avec et les gens ne s'y trompent pas. Le groupe est en forme et enfin bien entouré (ingénieur son). Nous avons de quoi proposer une belle tournée et faire plaisir à nos fans !

Gérard : Oui, globalement les retours assez positifs et c’est la meilleure source de motivation pour poursuivre l’aventure.

Laurent : Oui, on peut dire que les retours sont effectivement positifs.


On serait enchantés de présenter ces titres en live dans les différents festivals à l’avenir. Si on peut être entendus dans ce sens. Et qu’il donne sens à la poursuite de la création pour Galaad.


Qu’attendez-vous de cet album ?


PyT : A part qu’il nous pousse au sommet des charts boliviens ? Euh, disons qu’il élargisse notre public tout en satisfaisant les pionniers qui nous ont suivi au départ, le plus possible. Qu’il nous ouvre des portes pour le live. On serait enchantés de présenter ces titres en live dans les différents festivals à l’avenir. Si on peut être entendus dans ce sens. Et qu’il donne sens à la poursuite de la création pour Galaad.

Gianni : L’album est hors du nid et va vivre sa vie, tout ce que j’espère c’est qu’il touche un maximum de gens .

Sébastien : Qu'il génère de l'enthousiasme chez nos fans, nous permette de jouer dans de bonnes salles pleines de monde et que toute cette énergie amène au 4ème album.

Gérard : Le projet "Frat3r" fut une belle expérience musicale et humaine où on a réussi à mettre en place certains mécanismes de composition et une structure pour la gestion du groupe. "Frat3r" a réussi à nous donner un boost de motivation pour attaquer le prochain chapitre. 


On a commencé la question qu’on vous a trop posée, à l’inverse qu’elle est celle à laquelle vous auriez rêvé de répondre ?


Laurent : T’as pas deux balles ?

Gérard : Ça doit être une question tournée vers l’avenir, genre « seriez-vous intéressés à vous produire à dans de gros festival ou de belles grands salles ? »

Merci beaucoup





Plus d'informations sur http://www.galaad-music.ch
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