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HERRSCHAFT (04 JUILLET)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL INDUSTRIEL
De retour après une trop longue période de silence, le groupe de metal électro revient aux affaires avec un appétit de... lion !
STRUCK - 12.07.2019

Retour sur la vie d'un des pionners de l'électro metal français qui malgré un chemin chaotique revient plus fort que jamais avec un album ambitieux à dévorer...



Nous aimons commencer nos interviews par cette question : quelle est la question qu’on vous a trop posée ?


Zoé : Il y en a plusieurs qui reviennent comme "Présentez-vous ?"…





Encore aujourd’hui ?

Malgré 15 ans d’existence, toujours oui… Mais vu qu’on met beaucoup de temps entre chaque album, nous sommes parfois interviewés par des médias un peu plus généralistes qui ont besoin de présenter la chose… je peux le comprendre !


On a voulu faire une fusion absolue et homogène de ces deux styles [metal et électro] !




Comment définiriez-vous votre musique ? Du metal industriel ou l'accouplement forcé de metal, d'électro mâtiné de death ?


Nous évoquons assez peu le death… Peut-être avons-nous un peu d’influences death mais c’est très léger…
Non, non, nous nous définissons comme un groupe d’électro metal au sens large : nous n’avons pas voulu nous donner d’étiquette trop restreinte. Dès le début du groupe en 2004, on a voulu mélanger ces deux styles à 50/50 c’est-à-dire en ne mettant pas plus le metal en avant, ni l’électro… On a voulu faire une fusion absolue et homogène de ces deux styles !


Et comment arrive-t-on à trouver cet équilibre ?

C’est très compliqué ! C’est la raison pour laquelle nous avons voulu monter ce groupe : nous regrettions chez les groupes qui se disaient électro metal d’avoir beaucoup plus de metal que d’électro.


Cette difficulté pour trouver cet équilibre explique-t-elle le long laps de temps entre chaque sortie d’album ou au contraire avez-vous vécu une traversée du désert suite notamment au changement de line-up ?


Si nous avons mis 6 ans entre la sortie de cet album et le précédent, la restructuration en 2014 où nous étions 3 à la base y est pour beaucoup.
Le chanteur a quitté le groupe et on s’est posé beaucoup de questions avec mon binôme restant -Max- qui était batteur à la base. Nous nous sommes demandés si il fallait intégrer une troisième nouvelle personne parce que nous étions un trio à la base. Nous avons finalement décidé de rester à deux ce qui a obligé Max de se mettre au chant : il a travaillé pendant une année entière le chant parce qu’il n’avait jamais chanté avant.


Peut-on dire que Max est le Phil Collins de l’électro metal ?

Bien vu (Rires) ! Après il n’a pas d’arthroses persistantes qui l’interdisent de faire de la batterie mais oui…
Ça lui a demandé beaucoup de travail, il a été coaché pendant un an, il a pris le chant à bras le corps et aujourd’hui, c’est un très bon chanteur et un très bon frontman : nous en sommes très fiers !
Mais tout cela a demandé d’être testé en studio pour savoir si la voix qu’il avait trouvée collait à notre projet. Une fois testée en studio, il a fallu le tester en live et faire quelques concerts pour vérifier cela… Une fois qu’on avait coché toutes ces cases, une fois que tous les voyants étaient au vert, nous nous sommes dit que nous étions prêts pour repartir pour un nouvel album. Ça a bien évidemment étendu la durée entre les deux dernières sorties.


Vu tous ces difficultés, n’avez-vous pas songé à abandonner ?


A aucun moment ! Nous savions que nous voulions continuer à faire de la musique ensemble. Nous aurions peut-être trouvé une autre manière de la faire -peut-être aurait-elle été instrumentale, peut-être aurions-nous trouvé un autre chanteur…- mais à aucun moment il n’était question d’abandonner, nous avions la volonté de faire de la musique ensemble.
En revanche avec le départ de notre chanteur, nous nous sommes demandés s’il ne fallait pas reprendre un projet de zéro, de changer de nom…


Peut-être que cela nous a desservi de garder le même nom et de partir sur quelque chose de complétement différent ?



Ça aurait été dommage de repartir de zéro et tirer un trait sur tout le travail de promotion notamment autour du nom de Herrschaft…

Bien sûr ! Mais quand un chanteur, véritable frontman, quitte un groupe, beaucoup de groupes préfèrent repartir de zéro, sur des bases fraîches… peut-être que cela nous a desservi de garder le même nom et de partir sur quelque chose de complétement différent ?


Tu le penses ?


C’est possible, nous nous sommes posé la question…


Mais les premiers retours positifs doivent vous conforter dans votre choix ?

Nous sommes très fiers de notre longévité, nous en faisons une force maintenant. Après, il est évident que si nous occupions un peu plus l’espace, si nous avions pu sortir des albums un peu plus rapidement, notre parcours serait bien entendu différent.


Pourquoi dans ces conditions continuer à sortir des albums et pas des EPs pour occuper l’espace justement ?


C’est vrai ! Nous nous sommes posé la question. J’ai participé à des projets qui décidaient de sortir des EPs tous les 6 mois plutôt que des albums. Mais nous ne le sentons pas ainsi : nous faisons un travail de fond et à chaque fois, nous sortons des albums qui ont une vraie substance et qui ont besoin d’être développés sur plus de 4 ou 5 titres…

En revanche, ça ne veut pas dire qu’on ne sortira pas des EPs à l’avenir. Maintenant que nous nous sommes rendu compte que nous mettions du temps à sortir des albums, peut-être que nous allons essayer de sortir des choses de façon plus rapprochée mais en plus petite quantité.

C’est vrai que l’industrie du disque a tellement changé mais nous sommes de la vieille école et nous avons du mal à changer notre modèle de sortie : mais c’est une question que nous nous sommes posé. Mais pour cet album, nous sentions que nous avions suffisamment de choses à dire pour faire un album complet et avoir une globalité au niveau du visuel, du discours et des idées qu’on véhicule.


Justement, changement de line-up mais également d’image… peut-on penser que cette imagerie va perdurer ou à l’instar d’un Ghost, changer par album ?


C’est vrai mais finalement dans Ghost, ils changent de Papa mais le fond dans les albums ne changent pas tant que ça : ils gardent ce côté ecclésiastique, secte… en revanche, ils changent beaucoup de forme…


C’est l’objet de ma question : vous avez changé de forme pour cet album avec un visuel fort. Aujourd’hui, nous le savons tous, l’image est aussi forte si ce n’est plus que le reste et comme vous avez trouvé une image forte, nous voulions savoir si vous alliez la garder ?

C’est difficile de parler du futur parce que nous sommes en promotion pour ce nouvel album et nous voulons en profiter, nous ne savons donc pas trop ce que nous allons faire ensuite… En revanche, ce qui est certain, c’est que cet album est un renouveau par rapport aux albums précédents : nous avons un ton beaucoup plus humoristique, beaucoup plus léger, nous gardons un côté sombre malgré tout. Cet album est cynique, décadent et grotesque, ce qui n’était pas le cas avant, nos albums étaient très glaciaux, peut-être plus premier degré et terre à terre…


Cet album est donc un renouveau dans le ton qu’on emploie




Plus industriel…

Plus industriel, effectivement. Cet album est donc un renouveau dans le ton qu’on emploie. Après tu évoquais Ghost qui change de personnage à chaque album, en ce qui nous concerne, nous les avons changés sur chaque morceau. Ce qui apparaît sur la pochette, ce sont deux personnages sataniques c’est-à-dire le Diable et son assistant, mais sur un autre morceau, nous avons le lion qui est le chef de clan, sur un autre, il y a le trader financier, sur un autre, nous avons quelque chose de plus religieux…


Justement, pour cet album vous êtes déguisés en diable et son assistant dont les humains peuvent très bien se passer pour tout foutre en l’air. Peut-on parler d'un album concept pour autant et le lien avec le titre de l’album "Le festin du Lion" ?

Ecoute, c’est bien que tu en parles. Si nous avons fait des concept-albums par le passé, les deux premiers albums étaient une mise en musique d’un bouquin de Barjavel qui s’appelait "Ravage" dans lequel nous évoquions l’hégémonie de l’Humanité qui sombrait dans un monde post-apocalyptique… On a fait des concept-albums dans lequel nous racontions des histoires d’un bout à l’autre, dans cet album, je ne parlerais pas de concept mais de fil rouge. Il y a un fil rouge global qui se dégage et qui est plus centré sur l’individu et plus particulièrement les individus qui en contrôlent d’autres.


Comme le trader qui contrôle la société dans laquelle nous vivons…

Exactement ! Ou le morceau ‘Le Festin du Lion’ où il y a cette entité du lion qui est un chef de clan qui contrôle les autres individus de son espèce mais qui finalement se repose sous son arbre pendant que les autres vont chasser et à leur retour, c’est le premier qui va servir… Ou comme ce Satan et son assistant qui regardent l’Humanité en se disant qu’elle n’a même plus besoin d’eux pour faire n’importe quoi : ils regardent cela avec délectation mais également un peu de dépit parce qu’ils sont désœuvrés ! Sur ‘New World Order’, des complotistes sont persuadés que des entités supérieures leur servent de la soupe qu’ils doivent avaler et ils essaient de s’en détacher…
Sur chaque morceau, le fil rouge est que des hommes ou des entités en contrôlent d’autres !


La semaine dernière, mon fils jouait des pièces de Jean de la Fontaine. Peut-on dire que vous êtes les Jean de la Fontaine de l’électro metal ?


C’est très bien pensé ! On essaie de personnaliser des arcanes du pouvoir ! Il n’y a rien de plus qui nous fait rire que les anecdotes quotidiennes. Par exemple hier, je suis tombé sur l’histoire de ce directeur d’école ultra-catholique qui a été pris la main dans le sac à organiser des orgies cocaïno-sodomites dès que les parents avaient le dos tourné. Attention, c’est très cynique mais nous racontons cela sans jugement, nous sommes seulement spectateurs tout comme le Diable est spectateur sur cette pochette en constatant que l’Humanité l’implore. Quand nous sommes au point de demander de l’aide à Satan, c’est que vraiment c’est la fin de tout (Rires) !


C’est cette optique, cette dualité qui nous intéresse et que nous avons toujours développée dans nos albums.


Même si ce n’est pas un concept, les nombreux samples de voix que l'on entend tout au long de l'album avec le mot "architecte" semble revenir assez souvent donnaient ce sentiment… Pourquoi ce mot « architecte » vu que les exemples que tu citais évoquent plus la destruction que la construction ?

Oui mais avant la destruction, il y a eu la construction ! D’ailleurs, notre premier EP s’intitulait "Architects of the Humanicide", l’architecte de la fin du monde… Tu peux construire une fin du monde, tu peux être l’architecte de la déchéance du monde. C’est cette optique, cette dualité qui nous intéresse et que nous avons toujours développée dans nos albums. Dans chaque album, il y a un côté blanc et un côté sombre : une double lecture ! Et c’est toujours le cas dans cet album : il y a toujours deux mondes que nous essayons d’explorer le directeur d’école ultra-catholique qui dans sa vie de tous les jours présente bien et dès que les portes se ferment, une autre vie commence…


N’est-ce pas le cas de chacun d’entre nous finalement ?

Bien sûr ! C’est de ça dont on parle : la dualité de l’Humanité et de l’individu. Avant nous parlions de l’Humanité au sens large et aujourd’hui, nous parlons de la dualité de l’individu !


Musicalement, il y a un très bon équilibre entre les guitares qui tronçonnent et les claviers et effets électros qui entretiennent une ambiance frénétique. Sur 'New World Order', on a l'impression que les claviers s'envolent au-dessus d'une mêlée de guitare poids-lourds. Est-ce qu'il y a une vraie recherche de contrastes ?


Oui ! Ça fait partie de la dualité du groupe. Ça fait partie de ces deux aspects que nous essayons de développer. C’est pour ça que cette musique s’y prête aussi bien : nous essayons de confronter deux mondes différents qui arrivent finalement à très bien cohabiter, comme dans l’Humanité et chez l’individu : c’est exactement pareil !


Nous sommes le Monsieur Loyal qui présente un spectacle dans lequel les gens vont aller piocher ce qu’ils ont envie de piocher !




A l'inverse, sur 'The Great Fire' avec ces hurlements et claviers et ces sonneries intempestives -j'ai dû regarder plusieurs fois mon téléphone en croyant recevoir un appel- vous souhaitez clairement rendre fou l'auditeur ?


(Rires) Encore une fois, nous présentons un spectacle au public : nous ne cherchons pas à le rendre fou mais nous cherchons à le rendre spectateur, juge et arbitre de ce que nous lui présentons. Nous lui présentons donc une bulle dans laquelle il se passe quelque chose et il prendra ce qu’il a à prendre dedans : il va soit prendre le côté malsain soit celui bon enfant de la chose.
Nous ne cherchons pas à rendre fou qui que ce soit : nous ne nous présentons pas comme juge et arbitre, nous laissons le public l’être. Nous sommes le Monsieur Loyal qui présente un spectacle dans lequel les gens vont aller piocher ce qu’ils ont envie de piocher !


Sur 'How Real Men Do' et le martial 'New World Order' comment vous est venue l'idée incroyable d'ajouter une très belle partition de piano ?

C’est difficile d’expliquer comment les idées viennent ! Nous nous laissons porter par nos idées, par nos envies et pour le coup, sur ‘How Real Men Do’, ça tombait sous le sens : on finissait sur une fin très apocalyptique et on avait ce sentiment d’avoir ce besoin de légèreté, d’envolées qui va avec, mais je ne pourrais pas te donner la raison sensée pour avoir mis du piano : on le sent au fond de nous !


Sur 'Stray Dogs' nous avons une ambiance assez lugubre, occulte. On croirait entendre un chœur de moines et une inspiration proche de Killing Joke. Est-ce une influence pour vous ?

Complètement ! Mais c’est toujours compliqué de parler d’influence parce que je ne compose jamais un morceau en me disant que je fais faire un truc à la Killing Joke... En revanche, c’est évident que ça a dû m’influencer parce que ça fait partie des artistes que j’aime beaucoup, que je suis allé les voir en concert récemment… Mais tu me parles d’influence pour ce morceau précis mais je ne l’avais pas ressenti, mais ça me fait plaisir…


On a parlé de la présence d'El Worm qui intervient sur le titre éponyme, d'ailleurs en français. Comment s'est fait la collaboration ? Pouvez-vous nous éclairer sur le sens de cette chanson ?

Pour le coup, le chant en français est un héritage que nous avons gardé de notre précédent chanteur : nous avons toujours eu sur nos précédents albums, au moins une chanson chantée en français. Mais ce n’était pas conscient, nous ne sommes pas dit qu’il fallait absolument un titre chanté en français. Nous avons commencé à l’écrire en anglais, on savait le thème et l’idée que nous voulions injecter dedans. Nous avons essayé en anglais mais on se disait que si c’était bien, ça pouvait être mieux… Et Max a essayé de le passer en français et on s’est rendu compte que ça marchait super bien !


On retrouve également d'autres invités comme Dany Boy et Jessy sur le dernier morceau. Pourquoi avoir décidé de les réunir ?

Dany Boy est maintenant notre bassiste live. C’est quelqu’un avec qui je collabore depuis très longtemps dans d’autres projets : nous avons un groupe ensemble qui s’appelle Je t’aime et qui n’a rien à voir puisque c’est du post-punk cold wave… Et Jessy fait partie de la back team, la garde rapprochée d’Herrschaft parce que même si nous sommes désormais un binôme qui compose l’essence du groupe, nous aimons beaucoup l’idée de collectif et nous avons toute une équipe derrière qui nous aide, et même si ce ne sont pas des gens qui sont avec nous sur scène, ce sont des gens qui travaillent avec nous dans l’ombre, à l’image d’un Laibach où les compositeurs ne sont pas forcément sur scène mais il y a derrière toute une équipe de gens avec qui nous collaborons et nous aimons collaborer : Dany Boy en fait partie même s’il nous accompagne désormais sur scène ce qui n’était pas le cas auparavant, Jessy c’est pareil, elle a chanté sur notre précédent album, elle a coaché Max pour son chant donc Jessy fait partie du line-up d’Herrschaft, mais dans l’ombre…


'White Russians' : est-ce que c'est la boisson ou la Biélorussie ?

Malheureusement, tu tombes à côté sur un sujet tragique. ‘White Russians’ est un titre hommage à Mika Bleu qui est ami très proche, chanteur de Blobfish Killer et également très impliqué chez Season of Mist, décédé il y a deux ans dans des conditions tragiques. Toute sa famille a essayé de monter une compilation pour lui rendre hommage. C’était quelqu’un de charmant, enthousiaste, toujours partant pour faire la fête et de très connu dans le milieu metal… Encore un parti trop tôt. Quand sa famille nous a demandé de participer pour lui écrire un morceau hommage pour une compilation, nous avons bien évidemment répondu à l’appel, ça nous tenait à cœur. C’est un morceau vraiment à part dans l’album parce qu’il sort du fil rouge dont je te parlais tout à l’heure mais c’était important pour nous de faire ce morceau et de le mettre en valeur.


Même si je suis tombé à côté, c’était important d’en parler malgré tout !

Et pour répondre à ta question de manière très concrète à ta question, White Russians était sa boisson préférée !


Je profite du passage de Max pour lui demander si on pouvait le considérer comme le Phil Collins de l’électro metal ?

Zoé : J’ai trouvé ça génial (Rires) !

Max : Merci, j’ai bien fait de venir (Rires) !


A la manière d’un Phil Collins qui a dû prendre le relais de Peter Gabriel, ça n’a pas été compliqué pour toi de prendre le micro et trouver une continuité ? Comment procèdes-tu pour les titres des précédents albums les chantes-tu différemment ?

Max : C’est obligé ! Je n’aurai jamais la même tessiture que le précédent chanteur qui était très aigue, très agressive et très black metal, ce que je n’arriverais jamais à faire, il a donc fallu un peu réinventer ça !


Vous avez donc dû retravailler les titres des précédents albums ?

Max : Il a fallu retranscrire ces titres avec ma voix. Je ne pense pas que cela aurait été possible si la base de création d’Herrschaft n’était pas le binôme que nous constituons avec Zoé.

Zoé : Tout à fait ! Max était là depuis le début : nous avions donc déjà écrit ces morceaux ensemble et certains textes que notre précédent chanteur chantait avaient été écrits par Max et moi ! Nous étions donc déjà imprégnés de ces morceaux puisque nous en étions en partie l’essence, il a fallu que Max s’approprie la tessiture mais pas le sens…

Max : J’aurais été un batteur d’un autre groupe et je serais passé chanteur dans un autre groupe, ça n’aurait marché comme c’est le cas actuellement ! Ceci dit, ça a été un super défi !


Tu parles de super défi mais également appréhension de passer du poste en retrait du groupe à celui de frontman sous les projecteurs…

Zoé : Il a toujours voulu être devant (Rires) !

Max : C’est un fantasme inassouvi (Sourire) !


Tu es un faux timide qui s’est révélé…

Max : … qui s’est révélé avec l’âge… Je n’aurais pas fait plus jeune !


Quel a été le déclic ? Zoé qui t’a poussé ?


Max : Bien sûr !


Tu te sentais en confiance ?

Max : Tout à fait ! A un moment, tu te sens prêt et c’était assez naturel et j’étais prêt. Je pensais que je pouvais le faire parce que je savais ce qu’il fallait apporter au groupe… C’est incroyable comme c’est devenu naturel !
La vraie interrogation concernait la voix. Ok, j’avais l’ambition, le sérieux pour le faire mais est-ce que la voix allait correspondre, allait tenir ? C’est la raison pour laquelle nous avons fait des tests et les tests ont été concluants.
Après la question qui restait concernait le changement. Si ça change qui allait nous juger ? Nous avant tout ! Puis on s’est demandé si nous nous jugions bien ? Bah oui ! Donc nous nous sommes lancés !


Sur 'How Real Men Do', on a l'impression que vous adoptez des claviers minimalistes et sautillants comme si vous souhaitiez détruire la musique actuelle du top 50 en lui donnant plus de chair ? Ou est-ce seulement votre envie frénétique de tout envoyer en l'air ?

Zoé : Je dirais plus la deuxième hypothèse. Nous venons d’une musique plus extrême, plus sérieuse, plus terre à terre, plus glaciale et nous avons voulu prendre en remontant le groupe -‘How Real Men Do’ faisait partie des premiers morceaux qu’on a sorti une fois Max passé au chant- partir sur quelque chose de plus fun...


Vous avez été plagié par Julien Doré sur un clip ‘Sublime et Silence’.

Tu es taquin (Sourire) !


Peux-tu revenir sur cette mésaventure et l’éventuelle suite ou réponse du principal intéressé ?

Ecoute, nous n’avons pas forcément envie de remuer tout ce qui s’est passé. Nous avons sorti un clip en décembre 2015 et en décembre 2016 est sorti ‘Sublime et Silence’. Les avis divergent : nous considérons qu’il y a beaucoup de similitudes, nous avons décidé de plutôt être sympas à la base en lui soumettant cela par les réseaux qu’on pouvait Facebook, Twiter, Youtube… Nous lui avons mis des commentaires plutôt sympas à la base « Salut Julien Doré, ton clip est super bien, il nous rappelle celui-ci » en mettant un petit lien Youtube. Chaque commentaire que nous postions était automatiquement effacé -probablement pas par lui mais par un community manager- dans les 10 minutes.
La moutarde nous est un peu montée au nez, nous avons continué à alimenter cela. Mais nous étions tristes de voir qu’il ne le prenait pas à la rigolade.


Amusant car l’image qu’il renvoie…

Oui c'est celle de quelqu’un d’ouvert… Nous aurions bien aimé lui proposer de monter sur scène avec nous, soit de faire un remix…


… ou une apparition dans un futur clip comme il aime le faire dans les siens…


Absolument ! C’est quelque chose qui nous aurait amusés et que nous étions prêts à faire… Je ne sais pas ; il s’est peut-être senti agressé, nous avons peut-être été trop insistants et du coup, il a répondu d’une manière assez énervée sur Twiter en disant qu’il n’avait pas besoin de nous pour avoir des idées de clip, que nous n’étions rien… C’était un peu plus virulent ! A la suite de ça, sa fanbase est montée au créneau en nous envoyant des messages d’insultes avec la ménagère de moins de 50 ans qui disait « Touche pas à mon Julien Doré ! Il fait de la poésie, vous êtes grotesques ! ». Nous répondions volontiers que nous étions grotesques mais que c’était assumé ! Mais c’est vrai qu’on a une petite déception sur le fait de ne pas avoir transformé ça en quelque chose de fun… Au final, on ne lui a pas porté préjudice mais vu la façon dont il réagissait, on a quand même fait un communiqué de presse en montant nos deux clips… Le problème est que certains axes de presse ont pris notre communiqué en disant "Un groupe de metal accuse Julien Doré de plagiat !" alors que ce n’était pas du tout ça !


Que penses-tu de la scène indus française et son renouveau via Shaârgoth et notamment sur 'Under The Fire' ?

Quand nous avons créé le groupe en 2004, la scène indus était assez forte avec Punish Yourself, Tentrum, Temple of Nemesis… et il y a eu une traversée du désert : tous ces groupes hormis Punish Yourself sont morts et je pense que nous sommes les seuls résistants avec Punish Yourself !

Nous sommes très contents de voir que la scène se renouvelle. Un bon indicateur est l’édition du Hellfest cette année où on a vu beaucoup plus d’électro metal qu’avant avec Combichrist, Esibrecher, Punish Yourself, Shaärgoth avec qui nous sommes très amis et associés -je suis leur ingénieur du son live- nous sommes donc très proches : Etienne a participé notre album sur un morceau…


Herrschaft n’est plus seulement un groupe de musique, nous sommes une entité d’art global !






Et le fait de voir un Shaârgoth fonctionner avec leur imagerie vous a-t-il inspiré ?

C’est vrai leur imagerie est très forte mais ça ne nous pas forcément inspirés parce que c’est quelque chose qu’on développait aux débuts 2014-2015… Attention, je ne fais pas de comparaison ou je cherche à réclamer une paternité : je suis très fier d’eux, nous faisons quelque chose de différent ! Et dans l’électro indus, le visuel a toujours été important… Nous commençons juste à avoir les moyens de faire les choses qui nous plaisent ce qui était moins le cas avant ! Herrschaft n’est pas seulement de la musique, c’est un art global qui va se situer aussi bien au niveau visuel, des clips, des textes… Herrschaft n’est plus seulement un groupe de musique, nous sommes une entité d’art global ! Ça a toujours été le cas pour nous mais ce n’est seulement que maintenant que nous avons acquis un peu de maturité que nous avons plus les moyens de le faire !


Quelles sont tes attentes pour cet album ?

Rien (Rires) ! Nous regardons le monde brûler, nous n’attendons donc rien du monde qui vient ! En revanche, on a envie de s’amuser tant que le monde existe…


On se donne malgré tout rendez-vous avant six ans ?

J’espère… En même temps, je ne vais pas faire d’effet d’annonce, parce que quand on a sorti "Les 12 Vertiges", on avait donné rendez-vous dans 2 ans pour le prochain. Je ne vais donc plus m’avancer sur ce genre de choses (Rires) !


On a commencé par la question qu'on t'a trop posée, quelle est la question à laquelle tu aimerais répondre ?

C’est une bonne question qu’on ne m’a jamais posée (Sourire)…


Je te donne rendez-vous pour la promotion du prochain album et on débutera l’interview par cette question…

Parfait !


Merci à AdrianStork pour sa contribution et Chris de Rock Metal Mag pour ses photos...



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/herrschaftofficial/
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