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KLONE (15 JUILLET 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK ATMOSPHERIQUE
Entre la sortie du nouvel album, la signature chez KScope, l'orientation artistique du groupe, les changements de line-up...l'actualité des Poitevins est riche et c'est le chanteur Yann Ligner qui nous a éclairé sur ces sujets.
NUNO777 - 04.09.2019
"Here Comes The Sun" est sorti il y a quatre ans, le temps le plus long entre deux albums de Klone si on excepte "Unplugged". On sait que Guillaume a été occupé avec son album "Cloud Cuckoo Land", que tu as ouvert le Studio Voix à Poitiers et que tu fais des coachings vocaux. Peux-tu nous parler de ce projet ?

Yann Ligner : Ce projet vise les chanteurs et chanteuses qui souhaitent enregistrer dans un studio dédié au chant tout en profitant d’un coaching adapté et de mon expérience en tant que chanteur. J’ai déjà travaillé avec plusieurs chanteurs et chanteuses et on a bossé ensemble sur leurs morceaux / compositions. C’est un projet que je développe doucement et qui reste une activité d’appoint pour le moment car ma priorité reste Klone.


As-tu d’autres activités en chantier actuellement ? 

En ce moment pas vraiment, car il y a pas mal de changements dans ma vie. Et ces changements sont ma priorité actuelle. Je ne veux pas non plus ne faire de mon temps que de la musique. J’ai d’autres choses d’extra musicales sur le feu, et qui me tiennent à cœur. Mais si on reste dans la musique, Aldrick, Guillaume et moi avons travaillé sur une pièce de théâtre ‘Inoxydables’ (expérience qu’on réitérera mi-décembre), et j’ai aussi quelques enregistrements en cours pour des featurings.


Il y aura dans un futur proche, des morceaux du nouvel album qui passeront à la sauce acoustique


Entre "Here Comes The Sun" et "Le Grand Voyage" il y a donc eu ce projet acoustique. Quel bilan tirez-vous de l’expérience ? Est-ce un projet que vous pourriez réitérer avec les compos de "Le Grand Voyage" qui sont assez proches dans le style de "Here Comes The Sun" ? 

On garde un super souvenir de cette expérience "Unplugged". C’était un challenge pour nous de jouer en acoustique, et ça s’est super bien passé. On a fait à peu près une centaine de dates, rencontré beaucoup de gens, et on a pu proposer notre musique sous un autre forme. C’est un travail très intéressant et à la fois délicat que de ré-arranger les morceaux façon ‘unplugged’. On en a déjà parlé et effectivement il y aura dans un futur proche, des morceaux du nouvel album qui passeront à la sauce acoustique !  


Avec "Here Comes The Sun", Klone a évolué par rapport aux premiers albums. Avez-vous observé une modification dans votre auditoire ? Quelles ont été les réactions des amateurs du Klone plus ancien ?

Le public est peut être un peu plus âgé, (ou il vieillit avec nous !) et la gent féminine plus présente. Dans l’évolution musicale d’un groupe, il y a forcement des gens qui te suivent et d’autres qui passent leur chemin.. Peut-être que le métalleux puriste ne se retrouve pas dans les morceaux du nouvel album. Je ne sais pas, et quelque part peu importe... Il en faut pour tous les goûts.





Une des nouveautés est votre changement de label, puisque vous ralliez Kscope. Comment s’est opérée cette collaboration ? 

C’est plutôt Guillaume qui a géré cette partie-là et c’est lui qui était au front pour le deal avec Kscope. On était déjà en contact avec eux car ils suivent l’actualité du groupe depuis un moment. Puis un jour ils nous ont contactés pour nous proposer une signature avec leur maison de disques. On était encore sous contrat avec Pelagic Records, mais un arrangement a été trouvé entre chaque partie pour que tout le monde continue à travailler sereinement.


Est-ce que l’orientation plus atmosphérique du groupe depuis "Here Comes The Sun" a joué un rôle dans le fait que vous soyez signé par Kscope ?

Oui, sûrement. "Here Comes The Sun" annonçait un virage plus rock prog et atmosphérique et avec cette étiquette-là on était d’avantage dans le sillon des groupes développés par Kscope (Anathema, Porcupine Tree, Katatonia , etc.). Et "Le Grand Voyage" a confirmé le tir. Kscope correspond d'avantage au style, à l’image et aux attentes du groupe.  C’est une maison de disques importante et les moyens mis en œuvre pour développer le groupe sont plus conséquents.
 

Quel sera l’impact sur Klonosphere ?

Difficile de le dire maintenant car nous sommes aux prémices de notre collaboration... Mais sûrement plus de poids et de rayonnement.


Nous avons été étonnés de ne voir que trois membres du groupe sur les photos promotionnelles. Pour quelle raison ? Qui se charge de la basse, du piano et des arrangements ?

Sur les photos promo nous sommes trois (Guillaume, Aldrick et moi) car il y a eu un changement de line-up. On a travaillé longtemps avec Morgan Berthet (qui a enregistré les parties batterie sur "Le Grand Voyage") et Julian Gretz pour les concerts. On avait là une super équipe mais ils habitaient tous les deux très loin de Poitiers et financièrement c’était une charge trop lourde pour le groupe. Ils sont aussi très pris par leurs groupes respectifs (Myrath et Kadinja pour Morgan, Psykup pour Julian) et logistiquement c’était aussi une contrainte. Alors on a décidé de s’entourer d’une équipe 100% poitevine. Aujourd’hui c’est Jonathan Jolly qui officie à la basse. Et pour ce qui est des samples /arrangements piano, etc., c’est toujours Matthieu Metzger qui depuis les débuts de Klone se charge de cette partie.  


Florent (Marcadet) a un jeu très écrit à l’inverse de Morgan (Berthet) qui va être plus spontané


C’est Morgan Berthet qui tient les baguettes dans "Le Grand Voyage", Morgan qui joue avec vous depuis 2015 il me semble. L’impact de Florent était tellement important, je pense par exemple à ‘The Drifter’, qu’il n’a pas dû être facile de le remplacer. Quelles ont été les différences avec Morgan dans l’interprétation rythmique par rapport à Florent ? Quel sera l’avenir de Klone au poste de batteur ?

Morgan et Florent sont deux excellents batteurs, mais avec un jeu et une approche de la batterie très différente. Florent a un jeu très écrit à l’inverse de Morgan qui va être plus spontané, par exemple. Techniquement ce sont des batteurs plus qu’armés, et le fait qu’ils aient un jeu différent n’a jamais entravé la musique de Klone, au contraire. Mais aujourd’hui c’est Martin Weill qui est au poste de batteur. Martin est un ancien élève de Flo, il a à peu près le même parcours scolaire (musical). Et techniquement il relève le défi sans problème.   





Avec "Le Grand Voyage" on est dans la continuité de "Here Comes The Sun". Est-ce un album dont l’origine de certains titres datent de l’époque d’écriture de "Here Comes The Sun" ?

Effectivement , on peut y voir une suite logique à "Here Comes The Sun" mais non… les morceaux ont été composés bien après celui-ci.


Est-ce que la démarche d’écriture a été similaire à celle de "Here Comes The Sun" ?

La démarche reste à peu près la même : Guillaume compose la plupart des morceaux, on travail en binôme sur les structures et les détails, puis j’écris les paroles une fois que j’ai composé mes lignes de chant. Notre méthode de travail est assez rodée maintenant, car on fonctionne comme ça depuis déjà un bon moment. Pour "Le Grand Voyage" on a peut-être plus renforcé l’aspect ‘concept album’. On voulait vraiment que la musique, les textes et le visuel rentrent en résonance et ne fassent qu’une entité.


L’évolution inaugurée par "Here Comes The Sun" se retrouve aussi au niveau du chant. Comment as-tu fait évoluer ton chant pour arriver à celui qui est contenu dans "Here Comes The Sun" ? Est-ce que tu as dû relever d’autres défis au chant pour "Le Grand Voyage" ou est-ce que tu l’as abordé comme tu l’as fait pour "Here Comes The Sun" ?

Sur "Here Comes The Sun" j’avais en tête d’épurer ma voix, de moins la saturer, d’alléger les arrangements et d’aller plus à l’essentiel, car c’est ce que je ressentais. Et finalement ça s’est fait assez naturellement. Pour "Le Grand Voyage" c’est à peu près la même manière d’aborder le chant. En tous cas je me suis moins posé la question, et ça paraissait plus évident. Et je l’assume surement avec plus d’aplomb aujourd’hui.


Avec "Here Comes The Sun" Klone avait atteint des sommets d’introspection et d’émotion. Suis-je dans le vrai si je dis qu’avec "Le Grand Voyage" il y a encore plus de densité et de pesanteur avec un côté épique qui s’installe dès le titre d’ouverture ?

Oui effectivement, le premier morceau ‘Yonder’ donne une tonalité forte à l’entame de l’album. On peut y retrouver le coté épique comme tu dis, mais le reste des morceaux propose aussi des ambiances différentes. Mais globalement je dirais que "Le Grand Voyage" est plus sombre que "Here Comes The Sun". Mais chacun se fera son opinion une fois que l’album sera sorti.


Un album à la pesanteur brute et charnelle? Je me retrouve dans ces adjectifs.


Dans "Here Comes The Sun" il y avait une mélancolie éthérée, une légèreté qui se retrouve moins ici et qui laisse plus de place à une pesanteur brute et plus charnelle. Est-ce une volonté de votre part ?

C’est difficile de diriger les émotions. Chacun les réceptionne à sa sauce. Tu parles d’une pesanteur brute et charnelle. J’aurais peut être utilisé d’autres adjectifs mais ça me va, je me retrouve dedans !





Lors de notre interview précédente nous pointions le fait que "Here Comes The Sun" permet une exploration visuelle importante. Avec "Le Grand Voyage" c’est encore le cas, et peut-être encore plus, et cela se vérifie avec la vidéo de ‘Yonder’ très scénarisée. Allez-vous exploiter plus loin cette dimension visuelle que Klone façonne d’album en album ?

On va essayer, oui. A vrai dire on a souvent eu la poisse concernant les clips. Il y a beaucoup de tests qui ont fini à la poubelle. Avec le clip de ‘Yonder’ on enterre un peu ce passé de chat noir ! En tous cas on va se donner les moyens sur ce nouvel album de proposer plus de visuels, que ce soit dans les clips comme sur scène.


Pourquoi avoir choisi un titre d’album en français alors que l’intégralité des textes est en anglais ?

J’avais trouvé le titre "The Great Journey" mais quelque chose dans la sonorité ne nous plaisait pas forcement et Guillaume a proposé de le tourner en français pour donner "Le Grand Voyage". Ça nous a paru plus fluide et plus évident et on a tout de suite validé. Ça nous a rappelé l’esprit un peu JulesVernien et toute la science-fiction qui peut aller avec. Et le fait que ça soit en français reste compréhensible pour les anglo-saxons. L’idée d’un grand voyage au sens large du terme, laissait aussi une porte ouverte et un champ d’action assez important dans l’écriture des textes.  


Il faudrait être aveugle pour ne pas voir toute cette folie destructrice qu’engendre l’homme en ces temps


Je trouve ce titre très bien choisi et en accord avec les textes. Est-ce que je travestis votre propos si je dis qu’une des idées fortes de l’album est que l’époque a atteint un point charnière de grand désordre (les textes de ‘The Great Oblivion’ bien appuyé par la couleur rock du titre) et que l’émancipation passe par un grand voyage intérieur (‘Breach’, ‘Sealed’) ?


On peut l’interpréter effectivement comme ça. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir toute cette folie destructrice qu’engendre l’homme en ces temps. On connait tous les situations actuelles. Et en parallèle il y a une forme de résistance, peut-être moins visible, qui s’organise, et des choses concrètes se mettent doucement en place. Mais je préfère ne pas m’aventurer à donner trop d’explication aux textes. Encore une fois, chacun se fera sa propre lecture à l’écoute de l’album. .


Il y a une grande homogénéité dans les titres de l’album mais malgré cela il y a trois titres qui se détachent selon moi. ‘Yonder’, épique, à la dimension cinématographique et très bien orchestré, ‘Keystone’ qui surprend par son orchestration, ses harmonies originales et sa rythmique et ‘The Great Oblivion’ qui est le morceau le plus puissant de l’album et qui aurait pu apparaître sur "The Dreamer’s Hideaway". Quelle place tiennent ces morceaux dans l’album ? Ont-ils un rôle particulier ?

Ces trois titres sont assez différents dans leurs ambiances et ce qu’ils dégagent. Ce sont peut-être les morceaux les plus épiques de l’album. Leurs structures sont également assez proches et ce sont des morceaux assez longs. L’ordre des chansons constitue une étape très importante car elle va déterminer le relief et l’histoire de l’album.  ‘Yonder’, ‘Keystone ‘ et ‘The Great Oblivion’ peuvent apparaitre comme piliers, c’est à dire qu’ils ont placés avec des endroits charnières dans le set, peut-être pour mieux le redynamiser.  





Nous parlions de continuité entre "Here Comes The Sun" et "Le Grand Voyage". Il y a une dimension qui ramènerait selon moi au Klone plus ancien, ce sont les montées en intensité comme dans ‘Yonder’, ‘Hidden Passenger’ ou ‘Indelible’. Ce type de construction parait plus aisée dans une forme metal que dans une forme plus rock atmosphérique comme celle de « Le Grand Voyage ». Et vous réussissez à créer ce relief. Partages-tu cet avis sur la difficulté de ce type de composition et comment avez-vous opéré pour rendre cette impression si tranchante ?

C’est vrai que ça peut rappeler des structures de morceaux plus vieux dans la discographie de Klone, un peu comme si il y a avait une histoire dans une histoire. Mais vu qu’on avait l’habitude d’établir ce schéma de structure, c'est assez naturel qu’on les retrouve sur des morceaux plus récents. En même temps on ne s'est pas trop posé de questions là-dessus, ça vient assez naturellement et sa fait sûrement parties de notre patte maintenant. Il y a de choses qu’on ne mentalise pas sur le moment, et qu’on voit après coup.


Vous venez de faire quelques festivals et notamment le HellFest. Comment ça s’est passé ?

Et bien cette participation au Hellfest 2019 s’est très bien déroulée ! On a joué vers 11h40 le vendredi et à cette heure-là il y avait déjà beaucoup de monde devant la MainStage 2. Merci encore au public qui s’est levé tôt ! Je te cache pas qu’on avait un peu la pression avant de monter sur scène, mais elle s’est vite dissipée au son des premières notes, et on a bien pris notre pied par la suite.  On a joué aussi ‘Yonder’ en fin de set, et il a été très bien accueilli.


Avez-vous déjà discuté des orientations d’un futur album ?

Non, pas encore. On va plutôt travailler sur notre nouveau set que l’on jouera à partir de septembre, enchaîner les concerts puis on verra par la suite…



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/kloneband/
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