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Alcatraz Festival 2019 - Courtrai- Jour 3 - 11 Aout 2019


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
HEAVY METAL
Pour sa dernière journée, le festival Alcatraz fait aussi fort que pour les deux premiers jours avec en point d'orgue la venue d'Avantasia
NOISE - 05.09.2019
Un troisième jour de festival est toujours un peu plus fatigant, les jambes sont lourdes mais personne n’a envie de rater quoi que ce soit. Pour cette journée du 11 août, le festival Alcatraz a encore mis les petits plats dans les grands pour faire de cette journée une réussite. La météo est excellente et la journée va se dérouler normalement avec l’alternance entre la Prison et la Swamp.

Il n’est pas encore midi quand les hostilités débutent avec une formation très attendue qui fait le buzz au sein de la communauté métallique. Originaire de Nouvelle-Zélande, Alien Weaponry a vu sa cote grimper en flèche au point d’être déjà signé chez Napalm Records, un bel exploit pour des musiciens d’à peine 20 ans. Il faut dire qu’en agrémentant son thrash groovy de chant maori il a frappé un grand coup comme Sepultura l’avait fait avec "Roots". La foule est au rendez-vous avec un mélange de fans et de curieux. D’entrée avec un haka mené par le batteur le groupe attire l’attention et impressionne. En début de concert le groupe balance ses titres en anglais et fait un bel effet avec un groove pas loin d’un Soulfly ou de Pantera. Sans être révolutionnaires ‘Nobody Here’ ou ‘Holding MyBreah’ envoient la sauce avec rage et font remuer les têtes. Mais ce sont les titres en maori qui font un carton. ‘Kai Tangata’, ‘Raupatu’ ou le final sur ‘Ru Ana Te Whenua’ ont un côté exotique qui se marie à merveille au son thrash pour un résultat tribal percutant. Alien Weaponry a tout pour faire un carton. Chaque date lui permet de conquérir de nouveaux adeptes et celle de l’Alcatraz n’a pas fait exception, on les suivra de fort près.



Après avoir été remplacé la veille par Bury Tomorrow, les Belges de Carnation récupèrent le créneau initialement destiné à Off The Cross qui jouera plus tard sur la troisième scène. La formation évolue dans un death old school avec pour but de remettre le son d’un Bolt Thrower au goût du jour. Devant un public fourni il va donner une belle leçon avec tous les ingrédients que l’on aime. Il y a des riffs telluriques, un chant hargneux et ce côté gras qui nous replonge dans les années 90. Après une entame énorme, ‘Hellfire’ est tout aussi délicieuse, le rythme est intense et cette puissance de frappe met le feu à une fosse qui ne demande qu’à remuer. La suite va être intense et jouissive : ‘Plague breeder’ ou ‘Fathomless Depths’ collent de sacrées claques et confirment la classe du groupe pour ce death pur et dur. Carnation a fait parler la poudre avec rage. Il est un héritier parfait des anciens du genre et il a fait plaisir à un public très chaud. L’avenir semble lui appartenir et on ne peut que lui souhaiter d’aller loin.

Après la jeunesse, place à un premier grand nom avec Anvil. Le trio canadien continue de surfer sur la vague qui le porte depuis le célèbre documentaire sur sa carrière. Le duo Lips-Reiner tient bon la barre malgré le temps qui passe et plus de 40 ans de carrière. De manière habituelle le groupe lance son concert avec l’instrumental ‘March Of The Crabs’ issu de son légendaire album "Metal On Metal". Ce début fait son effet et permet de voir que le trio est en forme et que son heavy est toujours véloce et puissant. ‘666’ enchaîne et permet de constater que Lips ne change pas : toujours cet immense sourire et ce ton éraillé qui fait son charme. Bien rythmé, le titre est une claque heavy metal. Ensuite, Lips balance un speech sympa sur sa vie de metalhead puis on retrouve un extrait de Hard’n’Heavy avec ‘Ooh Baby’. Plus rock’n’roll, le titre est un plaisir qui permet d’admirer le feeling teinté de puissance d’un Reiner derrière ses fûts. ‘Badass Rock’n’Roll’ puis ‘Winged Assassins’ sont deux autres excellents moments de heavy avec des riffs et des soli ébouriffants et une basse qui se fait entendre. ‘Mothra’ va ensuite être un  grand moment, Lips va en profiter pour proposer son habituel solo avec un sex-toy. Même si le solo sera un peu long il reste un grand moment de fun de la part d’un groupe qui a su garder sa fraîcheur intacte. Le final se fait avec ‘Bitch In A Box’, ce titre du dernier album montre que le groupe sait encore faire parler la poudre heavy et ‘Metal On Metal’ et son refrain resté dans l’histoire du... metal finit la prestation de la meilleure des manières. Le temps, les modes, tout cela ne change rien, Anvil reste fidèle à lui-même, il a délivré un concert solide et a fait plaisir à ses fans.

Le plongeon dans le passé continue avec Unleashed. Avec 30 ans de carrière au service du death metal les Suédois ont mérité le statut de légende aux côtés de Dismember ou Grave. La Swamp est bien remplie et chacun attend de ce concert une raclée à la hauteur de la réputation du groupe. Après une intro majestueuse, Johnny Hedlund et ses hommes lancent la charge avec intensité. Ces 40 minutes vont sembler bien courtes aux fans mais ils vont se déchainer à l’écoute de ces titres taillés dans le meilleur du genre. ‘Blood Of Lies’ est une claque d’un impact énorme. Le chant de Johnny est excellent, l’homme éructe avec une conviction peu commune et à ses côtés est tissé le meilleur du son death metal. ‘Lead Us Into War’ et ‘The Longship Are Coming’ confirment l’excellente impression. Une force implacable s’abat sur le festival à grands coups de riffs et soli furieux et de son lourd et groovy. ‘The Dark One’ nous ramène en 1990 et ce titre antique est d’une rare puissance. Dans la seconde partie ‘Stand Your Ground’, ‘I Have Sworn Allegiance’ et ‘The Hunt For White Christ’ sont toutes aussi percutantes et mettent le public en ébullition. ‘Hammer Battalion’ puis ‘Into Glory Ride’ achèvent avec majesté un concert d’une rare intensité. Unleashed a donné la leçon aux jeunes formations en montrant qu’il restait un des grands noms du death à la suédoise.

Après cette tempête, place à Metal Church. En 2016 le groupe de heavy thrash américain avait enflammé le festival signant un retour réussi avec Mike Howe. Trois ans plus tard le groupe a confirmé sa forme avec un très bon "Damned If You Do", et est de retour pour une prestation que l’on attend aussi brûlante. Dès l’entame avec le morceau titre du dernier album chacun est épaté par le dynamisme de la bande. Le chant abrasif de Howe est parfait et on apprécie un bon riff et une bonne rythmique. ‘Needle And Suture’ et ‘Badlands’ confirment avec éclat. On apprécie la puissance de frappe mais aussi et surtout cette capacité à rester mélodique avec des passages typés heavy metal efficaces. La prestation est impeccable et le public apprécie ce parfait mix musical. ‘Start The Fire’ porte bien son nom et fait un carton. Le concert est court et approche déjà de la fin, ‘Beyond The Black’ et ‘By The Numbers’ sont d’autres parfaits représentants de heavy thrash avec un Howe en pleine forme qui monte dans les aigus avec aisance. ‘FakeHealer’ achève cette solide prestation de la meilleure des manières. Cet extrait du référentiel "Blessing In Disguise" reste un des classiques du groupe avec ce chant hargneux, un refrain efficace et des riffs et soli tranchants. Metal Church a été très bon et a fait plaisir à la foule, il a montré une forme olympique et montré que son retour n’était pas qu’un feu de paille sans lendemain.

Dans la Swamp, le public s’apprête à accueillir une référence qui épate depuis plus de 30 ans. Voivod fait partie de ces groupes cultes qui ne cessent de fasciner avec un techno thrash hors normes. La disparition de Piggy en 2015 a été délicate. Mais la dernière mouture du groupe avec Chewy à la guitare et Away et Snake a réussi l’exploit de proposer des disques inventifs et profonds. Ce concert s’annonce sous les meilleures auspices et on regrette que la Swamp ne soit pas plus pleine, certains ayant peut être peur du côté technique de l’ensemble. Les absents ont eu tort car ce concert va être d’une rare force. Dès l’intro on plonge dans un univers futuriste à part, comme si on écoutait la bande son de "1984". Puis ‘Post Society’ prend littéralement à la gorge. Il y a le chant si particulier de Snake, robotique et glacial, les riffs énormes, une rythmique en béton. Le niveau technique épate mais il y a la profondeur d’âme qui fait la différence et qui hypnotise de belle manière. Derrière ‘Psychic Vacuum’ puis ‘Obsolete Beings’ sont aussi impressionnants avec cette même force technique et une musicalité jamais mise de côté, avec un côté barré... Il faut rentrer dans ce monde mais une fois dedans il est difficile de s’en détacher. ‘The Prow’ ou ‘Iconspiracy’ font le même effet. Au détour d’un break ou d’un riff on peut qu’être scotché par l’intelligence de ces musiciens. Tout la suite de ce concert sera du même acabit et confirme que dans le genre le groupe garde une belle avance et un côté avant-gardiste intact. En fin de concert ‘Voivod’ nous ramène en 1984 et à la folie d’un premier album légendaire. Voivod a donné un concert formidable de classe, il a transporté son public avec ce côté extraterrestre qui a fait sa force et sa légende.



Après ce tourbillon, le festival accueille un grand nom du thrash américain qui vient en habitué des lieux. Sacred Reich a déjà joué deux fois en 2014 et 2017. Il revient avec un nouvel album sous le bras, Awakening, et un line-up sensiblement modifié avec Phil Rind au micro et avec le retour de Dave McClain à la batterie. La foule est au rendez-vous et va apprécier un concert dynamique et d’une belle intensité. Le concert débute par deux classiques, ‘The American Way’ et ‘Death Squad’ qui envoient la purée avec une puissance. On savoure un excellent thrash, bien en place avec un gros rythme et des soli furieux. La rage est là au détour de quelques accélérations qui ont fait mal aux gencives. Phil apprécie l’accueil et annonce un nouveau titre avec ‘Awakening’ qui fait son effet en étant bien plus percutant dans cette version live. Les autres classiques comme ‘Free’, ‘Love…Hate’ ou ‘Ignorance’ sont très bien accueillis. On apprécie outre le côté rentre-dedans une belle capacité pour des mélodies fortes. Deux autres nouveautés sont jouées,  ‘Divide & Conquer’ et ‘Manifest Reality’ et elles aussi impressionnent bien plus que sur album. Enfin ‘Surf Nicaragua’, le classique  du groupe, achève le concert de la meilleure des manières et fait un carton auprès d’un public ravi de cette prestation. Sacred Reich est de toute évidence taillé pour la scène, s’il a un peu déçu sur galette il a proposé un concert frais et dynamique qui a fait l’unanimité.



Le death metal est de nouveau à l’honneur dans la Swamp avec les Polonais de Decapitated. Le groupe est reparti sur les routes après avoir surmonté les épreuves. Entre death classique et groovy, le groupe a trouvé la bonne formule et fait des ravages partout - le concert de l’Alacatraz ne va pas faire exception. Après une courte intro, le groupe déboule sur ‘One-Eyed Nation’ et fait impression. Le titre déménage, avec côté bourrin qui fait mal mais aussi un groove moderne. Au chant Rafal montre une hargne certaine et ce joli début fait un carton. ‘Kill The Cult’ puis ‘Pest’ confirment la forme du groupe. La première est d’une sacrée efficacité avec un Rafal dynamique et emporte toute sur son passage tandis que la deuxième plus death remue la fosse de belle manière. Cette force de frappe fait plaisir à savourer et derrière ‘Homo Sun’ puis ‘Blood Mantra’ font aussi mal. Ce côté violent fait des ravages mais on apprécie également une facette plus mélodique qui permet de souffler. La fin de concert est un ouragan, le groupe est décidé à marquer son monde et avec ‘Never’, ‘Spheres Of Madness’ et le final sur ‘Winds Of Creation’ il met le feu et montre une sacrée énergie. Decapitated est revenu de l’enfer et ce retour en force a été savoureux avec ce concert brulant.



Dehors une légende s’annonce, Rose Tattoo est de retour en Europe à peine un an après y avoir ravagé les scènes. Personne ne se lasse de revoir Angry et ses boys venir donner une leçon de rock’n’roll avec son esprit à l’australienne. Le groupe joue bien tôt eu égard à son statut et dispose d’un temps de jeu court mais cela ne va pas gêner outre mesure. Angry est en forme et n’a pas encore été à la rencontre des bières locales. Il y a aura de plus un caractère urgent qui va donner à ce concert une sacrée pêche. Tout débute avec un énorme ‘Bad Boy For Love’, l’envie de taper du pied est forte avec l’impression d’avoir remonté le temps. Angry garde sa voix éraillée et cassée pleine de feeling et on savoure un solo bien rock.  La suite va être enthousiasmante, ‘Scarred For Life’, ‘Rock’n’Roll Outlaw ‘ou ‘Rock’n’Roll Is King’ mettent le sourire et enchantent un public qui ne perd pas une miette du spectacle porté par son côté boogie, son sens du rythme, sa gouaille, qui font de ce groupe un trésor du genre à chérir précieusement. Et il y a un côté blues, notamment dans le formidable ‘The Butcher And Fast Eddie’. Angry s’y fait conteur d’un ancien temps et à côté ses compères délivrent une formidable prestation tout en feeling.  Ces cinquante minutes ont semblé bien courtes. Mais avec ‘Nice Boys’  le groupe fait un carton. Ce hit absolu voit Angry se balader bouteille à la main dans un pur esprit rock pendant que le public chante le refrain. ‘Astral Wally’ achève le concert de la meilleure des manières avec ce même esprit blues de vieux baroudeur. Rose Tattoo a donné la leçon avec une classe folle, une énergie intacte et un feeling de dingue, on ne peut que souhaiter que cela dure longtemps encore.



Dans la Swamp un vent sataniste s’annonce avec Deicide. La bande de Glen Benton n’a plus l’aura qu’elle avait dans les années 90 quand le chanteur faisait peur mais elle reste un client en matière de death metal pur et dur. Elle va le prouver avec hargne et faire taire les dubitatifs. Dès l’entame sur ‘Dead By Dawn’ il n’y a pas de temps mort. Le groupe colle une raclée d’une intensité rare. Il prend à la gorge avec un Benton qui éructe avec son côté gargouille qui lui va si bien. La suite va être du même acabit, ‘When Satan RulesHis World’ et ‘Scars Of The Crucifix’ sont aussi poilues avec cette violence maitrisée. Car Benton a su s’entourer, ses deux guitaristes sont rapides et précis et délivrent une prestation remarquable. Cette fabuleuse capacité à tout démolir sur son passage va se confirmer avec la suite en forme d’ode au malin. ‘Once Upon The Cross’ et ‘Serpents Of The Light’ s’enchaînent avec férocité, ces deux titres restants des classiques du death metal. ‘Oblivious To Evil’, ‘Trifixion’ ou ‘Kill The Christian’ sont d’une puissance énorme avec une qualité technique remarquable. ‘Homage For Satan’ achève le concert en parfait hymne au côté obscur. Certes on peut douter de la sincérité d’un Glen Benton mais sur scène il reste un monstre froid impressionnant. Deicide a laissé plus d’une personne dans le public à genoux.

Dehors une autre messe s’annonce, moins brutale mais tout aussi prenante. Powerwolf est attendu par une armada de fans pour un manifeste heavy metal comme Attila et ses hommes savent en donner.  Le groupe ne cesse de prendre de l’importance et à l’image d’un Sabaton il est devenu une référence capable de fédérer des foules considérables. Bien sur le show est rodé et sans surprise mais le plaisir est total tant le groupe est sympathique. Dès l’intro le spectacle commence, le clavier va chercher le public puis ‘Fire And Forgive’ retentit. Il y a déjà des flammes et ce pur concentré de heavy metal au refrain épique fait un carton. Le groupe est en forme et au centre Attila attire tout les regards, il pousse sa voix avec facilité et montre un charisme énorme. Il est aussi très bavard et parlera entre pratiquement tout les titres, sachant y faire pour se mettre le public dans la poche. Porté par le clavier ‘Army Of The Night’ est de la même force épique. Puis ‘Incense & Iron’ avec son côté guerrier emporte l’adhésion du public. Attila s’amuse avec les spectateurs, l’ambiance est excellente et festive. Puis ‘Amen & Attack’ et ‘Demons Are A Girl’s Best Friend’ rencontrent le même succès avec leurs refrains simples et efficaces, leurs mélodies fortes aux guitares et un clavier qui apporte un réel dynamisme. Avant ‘Armata Strigoy’ Attila rejoue avec le public pour lui apprendre quelques paroles mais ce dernier le devance de manière rigolote en connaissant déjà le titre, qui est un hymne parfait, et derrière le final s’annonce, royal : ‘Blessed & Possessed’, ‘Resurrection By Erection’ et ‘Werewolves Of Armenia’ sont tous des hymnes fédérateurs. Enfin ‘We Drink Your Blood’ achève le concert en beauté dans un parfait esprit de communion avec un refrain repris en chœur. Powerwolf a fait un énorme carton, l’un des plus gros du week-end, il a largement la dimension pour être tête d’affiche et pas mal auraient bien repris quelques titres en rab.



Dans la Swamp on retrouve ensuite le premier acte d’un diptyque progressif avec Tesseract. Le groupe anglais s’est taillé une jolie réputation en matière de djent avec une riche discographie et surtout cette capacité à ne pas être trop technique en proposant des respirations. Le début du concert plonge les fans dans le bain avec les trois premières parties de ‘Concealing Fate’. Le voyage émotionnel est très fort avec ‘Acceptance’. Cette partie oscille entre force et mélodie avec une classe folle et une technique qui laisse pantois, il y a du growl, du chant à fleur de peau et un côté planant intense. Une fois pénétré cet univers il est dur d’en sortir et même si la tente n’est pas pleine les gens présents sont sous le charme. ‘Deception’ puis ‘The Impossible’ sont aussi énormes de force avec un chant émo intense, une force technique remarquable et un joli sens de la mélodie. Après ce début en tourbillon, le groupe voyage dans sa carrière, le petit dernier "Sonder" est à l’honneur avec quatre extraits. Avec ‘Luminary’, ‘Dystopia’ ou ‘Smile’ il épate son monde avec une incroyable capacité à mixer rage et émotions. ‘Juno’ achève le concert de manière ébouriffante et ravit les amateurs. Le djent est souvent inaccessible au commun des mortels mais Tesseract est un cas à part. Le groupe a donné un concert décoiffant mais qui a su être accrocheur et terriblement attirant.

Dehors nous retrouvons le groupe qui est à l’origine du mouvement djent, Meshuggah. Le second acte progressif s’annonce passionnant pour qui sait pénétrer l’univers technique et froid du groupe suédois. Là il n’y aura guère de respirations pendant plus d’une heure de haute volée. Cela a pu refroidir certains mais les amateurs sont là et vont se régaler sans en perdre une miette. La démonstration débute avec ‘Pravus’. Le groupe colle au mur le public avec un son puissant, leur technique hors normes et un chant impressionnant. Les premiers rangs sont bien chauds et répondent avec ferveur à ce monstre qui donne la leçon. ‘Born In Dissonance’ est aussi énorme de force, il envoie la sauce porté par des musiciens d’une folle dextérité. Au milieu de la technique il y a aussi le truc qui fait la force du groupe, un feeling à fleur de peau au service de la chanson qui fait voyager dans cet univers implacable de puissance. ‘The Hurt That Finds You First’ puis ‘Rational Gaze’ enfoncent le clou de manière incroyable. L’impact est énorme et cette virtuosité glaciale en laisse pas mal sans voix mais admiratifs d’un tel niveau d’excellence. La suite va être aussi marquante avec son lot de grands titres comme ‘Future Breed Machine’, ‘Clockworks’ ou ‘Bleed’. Parfaits représentants du genre, on devine à leur écoute à quel point ils ont pu influencer nombre de jeunes formations. Le spectacle se termine avec ‘Demiurge’ et chacun ressort comme sonné par l’intensité dégagée par un Meshuggah au sommet de son art et qui devance encore largement la concurrence.

Après ces deux actes, l’occultisme retrouve sa place avec Rotting Christ dans la Swamp. En matière de black teinté de death, les Grecs sont les maîtres du genre et sont très attendus. La tente sera remplie à ras bord au cœur de la prestation. L’intro glaciale est parfaite pour lancer les débats et donner à ce concert des allures de messe noire.  Le début avec ‘Hallowed Be Thy Name’, tiré du dernier album "Heretics", est parfait pour confirmer ce sentiment. Lancinant et déclamé par Sakis, le titre est d’une rare noirceur avec une montée en puissance prenante et un côté glacial qui prend à la gorge. ‘Kata Ton Daimona Eaytoy’ est aussi impressionnante avec son chant quasi parlé et sa force intense emprunte de satanisme. La pyro est au rendez-vous et l’ambiance est énorme dans une tente surchauffée. L’intensité ne fait que monter, ‘Fire, God And Fear’ et ‘Elthe Kyrie’ écrabouillent tout sur leur passage dans le pur esprit death black. Avec ‘Apage Satana’ et ‘Dies Irae’ le groupe nous plonge totalement dans son univers. Portés par la voix grave si prenante ces titres sont de purs manifestes occultes en forme de déclamations, d’une majesté certaine. L’ambiance dans la tente est à la fois recueillie et bouillante et avec l’antique ‘The Forest Of N’Gai’ elle ne va pas retomber. Plus cru et lourd, le titre nous renvoie en 1991 et fonctionne avec ce côté old school death metal savoureux. ‘Societas Satanas’ se pose en classique avec son refrain hypnotique et une force de frappe qui met le feu à la fosse. Le concert approche de son terme et le final va être royal. ‘ King Of A StellarWar’, ‘In Yumen-Xibalba’ et ‘Grandis Spiritus Diavolos’ font un carton avec classe et puissance, la première avec son riff parfait restant un classique du groupe. Rotting Christ a fait forte impression avec un concert sorti des cercles des enfers. Le groupe grec a montré qu’il restait une référence sur scène.

A peine le temps de souffler que la tête d’affiche de cette dernière journée se prépare. En 2016 Avantasia avait proposé un spectacle remarquable, Sammet et son opéra metal avaient mis le feu et on attend de ce nouveau show qu’il nous réjouisse de la même manière.  Le décor inspiré par le dernier album "Moonglow" est splendide avec un étage pour accueillir la troupe.  Le public est au rendez-vous mais force est de constater que certains sont partis et qu’il y a moins de monde que pour les autres têtes d’affiche. L’ambiance sera d’ailleurs assez feutrée, la fatigue pouvant expliquer ce manque d’enthousiasme. Malgré tout Sammet et sa bande vont tout donner, la symphonie n°9 de Beethoven en intro donne le ton et lance parfaitement le concert. Puis ‘Ghost In The Moon’ ouvre le bal. Sur pas loin de 10 minutes, le titre fait son effet avec un côté grandiloquent digne de Meat Loaf. Sammet est en forme, heureux d’être sur scène et chante avec une belle force, aidé par des chœurs et des musiciens de talent. Après ce début en fanfare ‘Book of Shallows’ est une claque heavy avec deux invités, Herbie Langhans et Adrienne Cowan. Ce trio impressionne, Adrienne est parfaite en chant hurlé tandis qu’Herbie compense avec talent l’absence de Ronnie Atkins.

Le concert est bien lancé et l’ambiance va monter d’un cran avec l’arrivée de Jorn Lande. Fidèle ami d’Avantasia, le Norvégien va épater sur ‘The Scarecrow’ et ‘Lucifer’. Il dégage un fort charisme et sa voix puissante est toujours impressionnante. On apprécie des soli brillants et un clavier bien utilisé. Sur ‘Lucifer’ le duo avec Sammet et parfait et la puissance dégagée en met plein les oreilles. Derrière entre deux speechs d’un Sammet toujours bavard on retrouve le hit absolu du projet avec ‘Reach Out For The Light’. Ce grand moment de speed mélodique est toujours savoureux, certes Kiske est absent mais Oliver Hartmann le remplace de manière efficace. Un autre invité de prestige débarque ensuite : Geoff Tate garde une aura forte et possède un charisme animal très puissant. Avec ‘Alchemy’ il balance une belle prestation avec une puissance vocale intacte. Puis sur la power ballade ‘Invicible’ il donne le frisson, parfaitement accompagné par Sammet et un air de piano délicat. Le concert est déjà bien avancé et l’arrivée de Bob Catley confirme le côté événementiel des concerts de la petite troupe. Le chanteur de Magnum est un vétéran en forme. ‘The Story Ain’t Over’ est un pur plaisir de hard rock mélodique classique qui rencontre un joli succès.  Puis c’est Eric Martin de Mr Big qui débarque. La voix puissante du chanteur force le respect avec un excellent ‘Dying For An Angel’ au refrain entrainant et à la mélodie parfaite. Il est ensuite accompagné de Tate pour une belle interprétation de ‘Twisted Mind’.

Le final approche et il va être royal comme dans un grand show de Broadway. Tobias Sammet ne ménage pas ses efforts malgré un public un peu froid. Avec Lande et Hartmann il propose un  ‘Let The Storm Descend Upon You’ marquant, qui donne le frisson. Puis Bob Catley revient pour ‘Mystery Of A Blood Red Rose’: mélodique et puissant le titre est un parfait concentré du meilleur d’Avantasia. Après un très bon ‘Lost In Space’ le groupe se retire sous les vivats d’une fosse qui n’aura pas perdu une miette de ce concert. Mais bien sûr rien n’est terminé et la troupe va proposer des rappels délectables. Ceux-ci vont même largement déborder sur l’horaire prévu, pour le plus grand plaisir des fans. ‘Farewell’ avec Adrienne Crowan’ est d’abord un excellent moment avec son refrain épique et entrainant, et la voix pure d’Adrienne qui fait son effet : cette ballade reste un immense moment d’émotion brute. Enfin la petite troupe revient en entier pour ‘Sign Of The Cross’ et ‘The Seven Angels’ avec un Sammet intenable, allant toujours chercher le public avec cette joie que l’on ressent chez lui de partager sa musique. Ce final est parfait avec toujours un côté metal-opéra prenant. Avantasia a proposé un excellent concert. Certes le public était moins chaud qu’en 2016 mais niveau musicalité et spectacle il a prouvé une fois de plus qu’il était un grand nom et qu’il méritait son statut de tête d’affiche.

Le festival n’est pas fini pour autant, il reste Soulfly. La bande de Max Cavalera va jouer l’essentiel de son concert en même temps que celui d’Avantasia mais cela ne va pas l’handicaper.  Les fans sont au rendez-vous et la chaleur dans la Swamp est intense. Sauvagerie sera le maître mot de cette heure de concert basée sur le répertoire de Soulfly. Le début sur ‘The Summoning’ fait mal, entre thrash et death metal  le titre est un pur concentré de violence. Max éructe comme un damné et à ses côtés ses compères font le taf avec efficacité. ‘Under Rapture’ est tout aussi sauvage, Max dégage un charisme certain et même si son jeu de guitare est minimaliste il attire tous les regards tel un gourou. Les circle pits s’enchainent et l’ambiance est torride. Il y a une jolie sensation de carnage que ‘Plato O Plomo’ et ‘Prophecy’ vont confirmer. La première possède l'esprit tribal qui a fait la force du groupe et la deuxième une puissance énorme qui explose au visage. Le côté roots va s’amplifier avec ‘Babylon’, Max aime toujours ce côté old school avec cet esprit tribu et l’effet est réussi. ‘Bleed’ précédé par un bout du ‘Get Ut, Stand Up’ de Bob Marley confirme cette idée de racines et de tiers monde chers au chanteur. Cela marche bien et la fosse explose encore de belle manière. En fin de concert le groupe enfile les perles taillées dans un néo thrash virulent. ‘Dead Behind The Eyes’ et ‘Back To The Primitive’ ne font pas de quartier et le final sur le medley formé par  ‘Jumpdafuckup’ et ‘Eye For An Eye’ fait méchamment sauter la fosse dans tout les sens. Ce dernier concert aura fait couler pas mal de sueur et montré un Soulfly en bonne forme, déchainé et avec l’envie d’en découdre.

Ceci achève une belle édition pour l’Alcatraz festival. Son affiche très riche lui a permis d’attirer un public varié et nombreux dans une ambiance sympathique et encore familiale. Le festival belge continue de grandir à son rythme et se place de plus en plus dans le top des meilleurs événements métalliques de l’été. Il nous reste à remercier Filip, Bernard et toutes leurs équipes pour leur accueil toujours parfait.



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