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THE TOY DOLLS (07 OCTOBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK ALTERNATIF
Music Waves a rencontré Olga, le chanteur à lunettes de Toy Dolls. Fêtant ces 40 années d'existence, The Toy Dolls nous régale avec son petit programme musical sobrement intitulé "Episode XIII"
ADRIANSTORK - 08.11.2019

Music Waves a rencontré Olga, le chanteur à lunettes de The Toy Dolls, de passage à Paris pour fêter ses 40 ans d'existence. Un nouvel album ''Episode XIII'' nous permet d'apprécier ce groupe de punk avec sa formule fraîche et férocement fédératrice. Nous allons parcourir ensemble ce faux programme télévisé sonore en compagnie d'Olga, qui nous révélera quelques larmes de clown...





Nous aimons débuter nos interviews par cette question : quelle est la question que l'on t'a trop posée et à laquelle tu n'as plus envie de répondre?

''Lorsque tu as commencé, est-ce que tu te doutais que 40 ans plus tard, tu serais encore là?''


Mais c'est une bonne question!

Oui en fait, c'en est une!


Pour nos lecteurs malchanceux qui ne te connaîtraient pas, tu es le chanteur et leader de The Toy Dolls, un groupe punk de Sunderland, fondé en 1979. Pour beaucoup le punk est mort en 1978, ce n'était pas un paradoxe de continuer le combat en 1979?

Ma vie a changé quand j'ai vu The Jam qui sont arrivés après les Sex Pistols. Ca a changé ma vie. Mais quand les Sex Pistols sont arrivés en 1976, ils ont détruit toutes les barrières. Tout le monde pouvait être musicien ou chanteur. C'était fantastique! Le monde de la musique est très snob contrairement au monde de l'art où on peut avoir ensemble John Constable et les impressionnistes. Beaucoup de groupes sont arrivés ensuite et nous étions l'un d'eux.


Tout le monde pouvait être musicien ou chanteur.




On vous a classé comme groupe d'Oi (du punk social) ou pathetic punk group (un autre sous-genre punk plus parodique mais engagé), est-ce que cela ne t'énerve pas ces étiquettes, laquelle considères-tu comme la véritable?

La véritable, on l'appelle The Toy Dolls Music. Bien évidemment, l'inspiration est punk. Mais j'écoute aussi du classique, du jazz... N'écouter que du punk 24 heures sur 24 me rendrait fou mais c'est mon style préféré. Ce punk pathétique a été inventé par un journaliste de Sounds, Gary Bushell. Mais pour moi The Toy Dolls Music est la meilleure façon de nous résumer.


Aujourd'hui, tu reviens avec 'Episode XIII' le treizième album de The Toy Dolls, qu'est-ce que cela représente pour toi, n'es-tu pas superstitieux? Et ce treize ne voudrait-il pas dire que c'est le dernier?

Ça pourrait être le dernier. J'ai longtemps vécu au Japon où les gens sont superstitieux, il n'y a pas de treizième étage dans les hôtels. En revanche, pas les Anglais. Eux ne nous aiment pas trop, ils pensent que nous sommes un groupe parodique. Alors il vont dire cyniquement : ''Enfin, le treizième, espérons que ça leur porte malchance.''


Tu es le seul membre original du groupe. Comment l'expliques-tu ? Es-tu un dictateur de travail (créateur du son et des chansons de The Toy Dolls) ou est-il difficile d'entrer dans ton univers?

Les deux! Je suis un control freak et je m'en rends bien compte. Mais notre batteur est là depuis 13 ans, notre bassiste depuis 15 ans. Ce sont des survivants. En revanche aux débuts, les gens ne faisaient que des passages. Ils en avaient marre de dormir dans le van. Les gens voulaient tout de suite palper des billets mais ce n'était pas possible lors de nos premières dix années. Il y avait la pression de la famille, de s'insérer dans la vie professionnelle. Beaucoup de gens ont défilé mais après 25 ans, ça s'est stabilisé. Je crois qu'aucun groupe ne garde les mêmes effectifs pendant 40 ans.


L'album commence avec 'Previously' comme si quelqu'un regardait une série de télévision qui résumait les précédents épisodes de The Toy Dolls avant qu'une voix ne dise “Let's move on” et que débute le générique enjoué. Est-ce que l'on peut considérer cette idée comme un concept album?


Tout à fait, le terme épisode nous a fait penser à une série télé. On a commencé comme un flash info. Je voulais garder cet esprit. J'ai même appris un peu à jouer des claviers à cette occasion.


Ah bon? Ce n'était pas Richard Clayderman qui jouait des claviers?

(rires) Oui, il aurait adoré!


La première véritable chanson est 'Arthur Clarke's Dark Horse'. Cette chanson pourrait être la bonne porte d'entrée pour découvrir The Toy Dolls : voix éraillée, refrain fédérateur, faux calme avant tempête, solo de guitare dévastateur : est-ce la raison pour laquelle vous l'avez placée aux avant-postes?

Oui, mais je ne l'ai pas écrite pour être la première chanson. Une semaine avant la fin de l'enregistrement, le batteur m'a dit que ça sonnait comme un classique de The Toy Dolls. C'est pour cela qu'elle a finalement été choisie comme première chanson. Il y a des harmonies, des voix, un solo de guitare, ce n'est ni trop rapide ni trop lent, ça permet de commencer sur une bonne note.


Le titre 'Benny The Boxer' qui lui fait suite est-il lointainement inspiré de 'Benny The Bouncer' d'ELP?

(rires) Non ! Mais je me suis inspiré d' un type qui s'appelait vraiment Benny et qui tapait vraiment sa petite amie.


Ce nouveau tube, 'Benny The Boxer' possède  un refrain anthologique. Cette chanson parle d'un boxeur qui aurait gagné tous les combats mais dont on ne voit aucun trophée chez lui (“He can't box/It's bollocks”). D'où vous est venu l'inspiration pour ce personnage vantard mais attachant?

Ce mec-là m'a piqué ma petite amie. Elle croyait que c'était un boxeur et qu'il était très fort mais il s'entraînait seulement. Il faisait partie de ces gens qui nous suivaient. Finalement elle s'est aperçu de la supercherie lorsqu'il il lui a montré toute l'étendue de sa force en lui laissant un œil au beurre noir. C'était il y a quarante ans.


Pourquoi en avoir fait une chanson maintenant?

Parfois, on aime se pencher sur son passé. La chanson n'était pas écrite mais l'histoire était là.


C'est la même chose avec Richard Clayderman. Pourquoi lui et pourquoi aujourd'hui?

Eh bien...


Il y a encore une histoire de copines derrière tout ça?


(Rires). Non ! Richard Clayderman a vendu 13 millions d'albums, un tout petit peu plus que nous. Cette chanson 'Ballade Pour Adeline' figurait dans une pub anglaise et je la détestais. Ce que je détestais le plus c'était sa tronche, ses yeux, son sourire,  on ne peut pas ressembler à ça! Ceci dit, je ne l'ai jamais rencontré.





En France, nous partageons le même sentiment. Mais Richard Clayderman n'est plus en activité et on ne l'entend plus.

Si, si, il est toujours très populaire. En ce moment, il fait une tournée au Japon jouant devant 15 000 grand-mères!


Cet album est une série de descriptions de personnages un peu excentriques. Par exemple nous avons vu Benny le crâneur. Il y a aussi dans Christine's Clothes, un travesti appelé Steven qui utilise les vêtements de Christine pour arpenter les rues. Dans cette chanson, tu ne te moques pas et observes de loin. Pourquoi?

Oui, car c'est exactement ce qui s'est passé. Nous ne sommes pas des transgenres, je n'en connais pas d'ailleurs. Steven en est un et a emprunté les vêtements de Christine pour voir un autre gars.


On dirait que tu aimes mettre tes personnages dans des situations critiques comme dans 'Knickers Off In Mykonos' qui semble être une chanson triste. Un homme suit une fille à Mykonos mais disparaît, le laissant seul et désespéré.

C'est une chanson triste qui m'est vraiment arrivée. C'était une fille avec qui j'étais. Nous avons eu une dispute pendant nos vacances à Athènes et elle s'est barrée.


'Waffle Woman' est autobiographique?

Oui, c'est une histoire vraie sauf que ce n'était pas ma femme. Cette fille énorme ne passait pas la porte, elle y est arrivée en marchant de côté. On a dû rajouter un peu de mélodrame donc, je l'ai fait rester coincée à l'intérieur du magasin de gaufres.


Dans chaque chanson, au-delà d'une dimension drôle et amusante se cache une part sombre et tragique.

Un de mes anciens bassistes m'avait dit : ''Ton écriture est au mieux de sa forme quand tu es en pleine dépression.'' C'est assez sain de chanter sur des évènements tristes et de les tourner en dérision. Une fois qu'on les as écrites et chantées, on peut à nouveau poursuivre sa dépression.


Un de mes anciens bassistes m'avait dit : ''Ton écriture est au mieux de sa forme quand tu es en pleine dépression.''




On pourrait dire cela de 'Benny The Boxer'. Est-ce que tu as besoin de temps pour digérer l'histoire pour être plus joyeux?

C'est possible. Je suis assez pessimiste en fait. A côté de l'ancien bassiste, vous êtes les seuls à l'avoir remarqué. Merci à vous!


Tu aimes essayer de nouvelles expériences pour relancer les chansons. Des soli de guitare, ralentir le rythme ou comme dans 'Laptop Lifters une chanson au sujet de nouvelles technologies, un passage a cappella. Tu n'aimes pas la routine?


Je pense que... (il s'arrête). Oui! Il faut répondre oui quand on nous pose ce genre de questions (rires). On ne peut pas écouter une chanson qui ait toujours le même rythme TIM TAM TIM TAM TIM TAM. Une chanson doit avoir sa propre dynamique on peut lui changer sa forme et lui apporter un peu d'analogique. Un de mes amis joue avec le groupe The Exploited en Ecosse  et c'est très bien sauf que les chansons ont toutes le même rythme. Si toutes les chansons ont le même rythme, on finit par s'ennuyer. Nous avons besoin d'autres desserts, on ne va pas manger de la glace toute la soirée.


C'est pour ça qu'on ne peut pas accoler d'étiquette sur ta musique. Punk c'est une idée, car tu joues des soli de guitare.

Pas trop longs! Les soli de guitare d'une demi-heure me rendent fou.


C'est pour ça que tu as raison, c'est la musique de The Toy Dolls. Ce serait réducteur de vous classer punk, vous n'êtes pas punk, votre musique est plus riche.

Si on parle de l'attitude, on est 100% punk sur scène et à la ville. Je pense que l'homme le plus punk au monde est Paul Weller des Jam, même s'il ne joue plus de punk mais de la soul music. Il fait exactement ce qu'il veut et ça marche - même s'il devient un peu pompeux.


L'instrumental 'El Cumbanchero' est comme une pub. On dit que les punkers sont de pauvres musiciens, mais tu es habile à la guitare, même si tes soli ne sont pas techniques, tu sais toujours où placer un riff dévastateur qui ajoute un peu de frénésie à ta musique. Quel est ton secret?

Si tu écoutes certains soli d'Eric Clapton ou Jeff Beck, les soli sont parfois simples mais ils envoient la chanson en orbite dans une autre dimension. J'aime aussi changer les accords comme dans 'Benny The Boxer'. Peut-être parce que mon frère m'a laissé une collection d'albums des 60's. Les gens ne s'en rendent pas compte mais ils peuvent sentir l'énergie renouvelée de la chanson.


A la fin de l'album on entend à nouveau le thème originel qui recommence avec du clavecin. L'album est donc construit sur une boucle qui nous invite à le réécouter encore et encore?


(rires) Oui, je vais dire oui. Nous avons terminé l'enregistrement en février et je ne l'avais pas réécouté, je ne savais pas si c'était bon ou mauvais. Très récemment, je l'ai réécouté et ça m'a plu. Il y a peu de mes albums que je puisse réécouter sans sauter de morceaux. Je suis très satisfait.


Il y a peu de mes albums que je puisse réécouter sans sauter de morceaux.




Est-ce que tu vois toujours en 2019 à travers tes lunettes des choses dont tu voudrais parler? Est-ce que tes lunettes permettent de filtrer le sérieux de tes thématiques?

Non, si on porte des lunettes, c'est parce qu'elles me permettent de ne pas voir le public. J'ai une trouille bleue. A l'école, il y avait un guitariste qui était impressionnant. Comme je ne pouvais pas lutter contre lui, j'ai mis des lunettes.


Tu es célèbre pour tes reprises punk de 'Toccata' de Bach, 'Duelling Banjos' du film "Délivrance" ou 'Livin La Vida Loca' de Ricky Martin. Pourquoi ne pas en avoir fait dans cet album?

'El Cumbanchero' en est une. En général, on ajoute des reprises aux albums lorsqu'on est en manque de chansons. Cela peut-être difficile quand les chansons écrites se révèlent finalement mauvaises et que le studio est déjà réservé. Alors, on change à la dernière minute.  C'est ce qui s'est passé avec 'El Cumbanchero' que j'ai entendue par hasard. Ce n'était pas un choix mais une survie de dernière minute comme pour 'Livin La Vida Loca'. Seule 'Duelling Banjos' était prévue pour figurer sur l'album. J'aime faire des interprétations plutôt que des copies conformes.


A l'époque le succès de 'Nellie The Elephant' (numéro 4 dans les classements de single anglais) t'a surpris?


C'est aussi une reprise. On a vendu 600 000 singles mais 500 000 ont été acheté pour des enfants, car c'est une nursery rhyme, une contine. Nous apprécions toujours de l'interpréter. C'est toujours drôle de voir des skinheads et des punks l'entonner en chœur.





Comme tu l'as dit, tu as vécu au Japon, Richard Clayderman est populaire au Japon mais aussi The Toy Dolls, comment l'expliques-tu?


Quand tu écris une chanson ou un album, le plus important, c'est la mélodie. On peut avoir 300 000 Japonais qui entonnent une chanson mais qui ne savent pas ce qu'ils chantent, parce que la mélodie leur plaît.


Tu vas jouer en live en France. Qu'attends-tu de ces concerts et de cet album même s'il a été enregistré il y a plusieurs mois? As-tu toujours des attentes?

Oui, j'espère que ça va ramener de belles grands-mères. (rires). Je ne sais pas si ça marchera, mais nous allons bien voir après l'Allemagne. Ça ne sera pas des salles comme à Wembley. ça sera bien de vous y voir.


Pour finir, on t'a demandé quelle était la question que l'on t'avait trop posée. A contrario, quelle est celle à laquelle tu aurais aimé répondre?


(sans hésiter) “A l'époque où tu as commencé, croyais-tu que tu serais encore là 40 ans après ?” Moi je n'y croyais pas, j'étais vraiment surpris après les 15 ans.





C'était un plaisir de te parler après ces 40 ans!

Merci beaucoup!




Plus d'informations sur http://www.thetoydolls.com/
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