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PAIN OF SALVATION À L'ELYSÉE MONTMARTRE - 18/12/2009

LIVE REPORT - METAL PROGRESSIF - ZOSO - 21.12.2009
L'un des plus important groupe de la scène metal prog' faisait son retour en France, sous les yeux conquis de l'envoyé spécial de votre site favori !
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Les metalleux - et plus généralement les mélomanes - vivent quand même beaucoup dans leur bulle. Prenons Pain Of Salvation par exemple. Dans notre monde, sur nos webzines, sur nos forum, dans notre chambre, ils sont un peu le centre d'un monde. Tout ceux qui ont juré allégeance au metal progressif et qui s'ennuient à la cour de Dream Theater - Roi bouffi et immobiliste - suivent le preux chevalier Pain of Salvation. Lui est libre, et s'en fout de faire du prog ou pas. Il se contente d'abreuver nos oreilles avec ce qu'elles veulent entendre de mélodies, de raffinement, d'ambiances... Le groupe a d'ailleurs explosé avec "Scarsick", puis avec un DVD live exemplaire, passant dans le cercle fermé des très grands du metal. Mais Pain of Salvation n'a pas honoré la France en tête d'affiche (hors festivals donc) depuis le 3 mars 2007 (où votre serviteur les a ratés, bloqué dans un train).

L'annonce d'une date en décembre 2009, en plein milieu d'un pic d'activité pour le groupe (qui promeut "Linoleum" tout en préparant "Road Salt") aurait normalement du déchainer les passions, être l'un des concerts les plus important de 2009, mobiliser tout ce petit microcosme qui les a hissé à ce rang. Sauf que non. L'annonce du concert a l'effet d'un pétard mouillé. Personne n'en parle ou presque, pas de promo, vente tardive des places. La confidentialité de l'évènement fera même douter ("Ils passent en décembre, tu es sûr ?"). Et c'est là le retour sur terre, l'effrayante réalité: en gardant un œil sur ces hommes à travers la loupe de la dévotion, en posant des albums comme "The Perfect Element" ou "Remedy Lane" en meilleur œuvre de la décennie, on en oublierait presque que ces hommes là doivent vivre, gagner de l'argent comme tout le monde. L'amour ne suffit pas. Un Elysée Montmartre en petite configuration à moitié plein, ça ne suffit pas. Et pour des raisons très concrètes (discrétion du promoteur ou de je-ne-sais-qui), cette date à Paris ne rapportera pas à PoS tout ce que les Français avaient à donner.

Tout cela pour dire (oui, je ne vous impose pas ce pénible prologue en vain): attention. À l'heure d'internet, être fan est facile puisqu'il s'agit de s'exprimer gratuitement, de noter, de témoigner son admiration ("10/10, un chef d'oeuvre", "j'adooore Pain of Salvation", "j'ai écouté mille fois The Perfect Element"). Mais n'oublions pas de sortir un peu de notre bulle. Ces artistes que nous supportons ne sont pas des Johnny ou des Mickael Jackson. Pas question de se cacher derrière une masse, leur succès, leur vente. Le rôle déclinant des intermédiaire réduit la distance entre eux et nous, et le devoir d'un fan est de plus en plus crucial, important: permettre à l'artiste de continuer de tourner et d'enregistrer. Sortons donc de notre bulle et concrétisons l'amour qu'on leur témoigne si facilement via le net avec des actes un peu plus impliquant: acheter les disques, aller aux concerts. Ce noyau dur ne doit pas disparaitre.

Pendant cette parenthèse moralisatrice qui vous aura, j'en suis sûr, passionné, Zubrowska a déjà commencé à jouer pour réchauffer les pauvres ères qui attendaient dans le froid glacial depuis des heures. Zubrowska, c'est qui, c'est quoi ? Déjà, c'est du grind-death-core (ou quelque chose comme ça). Que font-ils ici ? Il s'agit tout simplement de l'ancien groupe de Léo Margarit, le nouveau batteur de Pain of Salvation. Ce même Léo se présente même au tout début de leur set pour faire deux trois vocalises. Niveau résultat on est sur de l'assez correct, avec un groupe qui envoie pas mal de bois et bénéficie d'un bon son, même si le second chanteur est parfois un peu sous-mixé. Au milieu de compositions parfois un peu linéaires pour le profane (le fan de PoS moyen), se détachent quelques gimmicks de guitare vraiment très à propos, avec des dissonances du meilleur effet ! Quelques têtes bougent bien, et le groupe semble prendre pas mal de plaisir à être ici, se risquant même à un peu d'humour du sud. Leur bonne humeur étant communicative et la performance très pro, on ne s'ennuie pas une seconde et c'est déjà ça.

[IMAGE1]

Après une courte attente, les lumières s'éteignent enfin, et le morceau 'Remedy Lane' retenti en guise d'introduction. les 500 personnes présentes donnent déjà de la voix et une fébrilité gagne la foule et explose en même temps que les premiers coups rageurs de 'Used'. Le groupe se met très vite en place après une minute de très léger flottement et entraine le public avec lui sur la montée en puissance irrésistible du morceau. Un 'Diffidentia' lancinant viens enfoncer le clou et propulser tout le monde au cœur de l'univers Pain of Salvation. Pendant le concert, la tension ne retombera presque jamais, grâce à une set-list superbement équilibrée, entre standards et bonnes surprises. Au niveau des classique l'enchainement 'Ashes' - 'Undertow' fait toujours sont petit effet, avec une version de cette dernière assez épurée depuis quelques tournées. Gros moment aussi sur 'Handful of Nothing', avec un refrain énorme et un Gildenlöw incroyable dans son rôle de frontman. Enfin, 'Nightmist' reste un énorme moment avec un solo exécuté à la perfection et des digressions du meilleur effet, laissant un public sur le carreau. Au rayon des surprise, la plus grosse surprise de la soirée vient de la suite 'Falling'/'The Perfect Element', interprétée dans une atmosphère religieuse de dévotion, et dont le final tonitruant se place comme l'un des moments les plus forts que j'ai vécu en concert. Le public sera aussi très réceptif au tubesque 'Inside', magistralement joué. Les quelques morceau de "Linoleum" confirment une qualité un peu en deçà du reste, compensée par le plaisir apparent du groupe à les jouer.

L'un des points forts du groupe et du show reste la proximité avec le public. À ce titre, les dialogues plein d'humour entre Gildenlöw et Halgren réchauffent l'ambiance, et le final sur 'Disco Queen' fait définitivement tomber les barrières entre le groupe et ses fans. Un groupe qui ne se la joue pas rockstar (pas de nom de groupe sur scène, pas d'esbroufe inutile). Le jeu de scène sent l'instinct et la spontanéité, avec même quelques ratés : Daniel tombe d'un fauteuil, Per (Schelander - Basse) retombe mal après un saut de cabri et casse même son relai (truc machin qui permet de jouer sans jack). Les problèmes techniques seront d'ailleurs la seule ombre au tableau, avec quelques soucis lors des changements de son, et surtout un sur-mixage de la guitare de Gildenlöw par rapport à sa voix d'une part, et aux autres instruments d'autre part. Ce dernier problème touchera surtout les premiers rangs.

[IMAGE2]

Setlist Pain of Salvation:
1. Remedy Lane
2. Used
3. Diffidentia
4. Linoleum
5. Ashes
6. Undertow
7. Falling
8. The Perfect Element
9. Fandango
10. Handful of Nothing
11. Drum Solo
12. Spirit of the Land
13. Inside
14. If You Wait
15. Nightmist
Encore:
16. Hallelujah (Leonard Cohen cover)
17. Conditioned
18. Disco Queen

Il est indéniable qu'un groupe comme Pain of Salvation, avec ce qu'ils avaient à proposer ce soir, mérite mieux que 500 personnes et des conditions techniques approximatives (quels que soient les responsables d'ailleurs, le sujet n'est pas là). Pour tout ceux qui étaient là, ce concert restera sans doute un souvenir fort, et le témoignage d'un groupe qui a plein de choses à prouver et à dire, sans se reposer sur ses acquis.


Merci à Gabriel pour les photos et pour la banderole sur place.


Plus d'informations sur http://www.painofsalvation.com/enter.htm
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