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PAUL GILBERT (21 DÉCEMBRE 2010)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
GUITAR HERO
Le lendemain de la fin de la tournée européenne dédiée à son album solo "Fuzz Universe", Paul Gilbert nous a accordé une longue interview où il est revenu longuement sur le retour de Mr. Big.
STRUCK - 20.01.2011
Bonjour Paul, tu as joué dimanche dernier au Trabendo. Comment était ce concert ? En général, comment s’est passé cette tournée ?
Cette tournée était super ! Le concert était super mais je dois te donner quelques détails. Voyons voir ! En fait, le concert à Paris était le dernier de cette tournée. Donc, d’un côté c’était un peu triste parce que c’était la fin. C’était une très bonne tournée. J’étais dans les coulisses, en pensant à toute l’équipe, pensant au groupe et en disant à tout le monde quel super boulot, ils avaient fait. La chose sympa est qu’à la fin de la tournée, nous avons eu plein de répétitions. Nous avons vraiment été capables de jouer les chansons plein de fois en live. Donc, en fait, je me rappelle de la chanson "Fuzz Universe" qui est le titre éponyme de mon dernier album… Finalement, je l’ai joué à la perfection, du début à la fin. Il y a toujours quelques petites parties que je ratais. Et finalement, à Paris, tout était parfait.

Donc, tu penses que ce concert parisien était une conclusion parfaite de cette tournée ?
Nous avons joué dans cette endroit la dernière fois (NdStruck : en 2008), et tout le monde dans le groupe, y compris moi-même, se souvenait quel super public c’était et à quel point l’endroit avait été super. Donc, nous étions excités par tout ceci, et c’est sympa de finir dans un endroit comme ça. C’est intéressant parce que, quand tu fais une tournée rock'n'roll, il y a pleins de moments dans ta journée. Bien sûr, le public te voit sur scène et c’est la meilleure partie de toute la journée, mais il y a aussi les coulisses. En France, les coulisses sont plutôt bonnes. Il y a souvent de la soupe, des baguettes et du bon fromage (Sourire).

Et du bon vin aussi ?
Du vin ? Oui… En fait, comme je chante, je reste éloigné du vin jusqu’à la fin de la tournée. Mais concernant les coulisses, certaines sont plus difficiles. Tu es en coulisses, et c’est très froid, il n’y a rien à manger… Donc, c’était cool de finir dans un endroit qui nous traitait si bien.

Super ! Concernant cette tournée, plein de guitaristes auraient adoré jouer avec toi. Pourquoi avoir choisi Tony Spinner pour cette tournée européenne ?
J’ai déjà joué avec Tony avant. Il a joué pour ma première tournée solo au Japon. C’était pour l’album "King Of Clubs", et il a aussi joué lors de la tournée “Flying Dog”. En fait, je voulais continuer de jouer avec lui mais il a arrêté pour rejoindre le groupe Toto et il a tourné avec eux pendant environ dix ans. Au final, Toto s’est séparé donc Tony était de nouveau libre et j’ai lui demandé à nouveau de me tourner avec moi.

Mais Toto s’est reformé pour une nouvelle tournée en 2011…
Oh ! Il faut que j’appelle Tony pour lui dire de rester éloigné (Rires) ! Quoiqu’il en soit, j’adore vraiment la façon de jouer de Tony. Il travaille très dur sur son style «blues, et je voulais vraiment travailler sur ce style moi-même. En fait, je voulais voler certains de ces plans (Rires), et je pensais que ça pourrait être bien d’avoir une sorte de conversations de guitares… et en plus, c’est un chanteur extraordinaire. Donc, je voulais faire des reprises de certains trucs de Mr. Big ou vraiment, faire des reprises de n’importe quoi… Je savais que Tony pouvait atteindre ces notes hautes. Et c’est un mec super sympa !

Le line-up pour cette tournée était très différent de celui de l’album, avec par exemple, l’absence d’Emi de cette tournée ?
Je ne sais pas s’il est si différent. La seule différence, vraiment, est qu’Emi n’a pas fait cette tournée et que Tony l’a faite. Mais c’est le même batteur et le même bassiste… Donc, c’est une petit peu différent pas tant que ça… Un peu. Emi a fait plein de spectacles avec moi par le passé. Elle a fait les deux dernières tournées et elle a aussi fait le G3 aux Etats-Unis. Donc je pense qu’elle a dû faire environ cent cinquante concerts avec moi, et je pense que cette tournée… Elle était vraiment intéressée pour la faire bien sûr… mais Emi est japonaise et je pense que le Japon lui manque vraiment. Nous vivons ensemble à Los Angeles et elle savait que cette longue tournée allait arriver. Et je lui ai demandé ce qu’elle en pensait, si elle voulait jouer avec nous… Et elle a décidé de faire une pause et revenir un peu au Japon.

Donc ce n’est un problème avec toi…
(Rires) Un peu quand même… Quelques fois, les coulisses ne sont pas aussi sympas. Mais elle assure ! Je veux dire par là qu’elle a survécu aux coulisses heavy-métal aussi bien que n’importe qui.

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Pourquoi avoir fait autant de changements dans ta discographie solo ? D’albums de rock gai avec des paroles amusantes, tu es passé à des albums instrumentaux…
C’est une question qu’on ne m’avait jamais posé… Il faut que je réfléchisse pourquoi. Bien sûr, quelque soit l’album que je fais, je n’ai pas de prévisions à long terme sur quels albums j’ai à faire pour le reste de ma vie. Je fais juste ce qui m’intéresse sur le moment. Mes groupes préférés sont Cheap Trick, les Beatles… et j’aimerais vraiment explorer mon chant. Et donc, il y a encore beaucoup de guitares, mais c’était combiné avec mon chant et une composition plus pop-rock. Donc, j’ai fait ça pour quelques albums et puis, bien sûr, j’ai reformé Racer X et nous avons fait quelques trucs plus heavy.
Et puis, j’étais en train de tourner et je jouais un peu de tout. C’était pendant une tournée solo mais je jouais des trucs de Racer X, des trucs pop, quelques trucs instrumentaux, et le public était vraiment réceptif aux titres instrumentaux, ce qui m’a un peu surpris parce que je pensais que le public préférerait plutôt les titres chantés. J’aurais fait "Scarified" et certaines choses comme "Technical Difficulties", les gens auraient été fous. Cela m’a beaucoup inspiré parce que j’adore quand le public devient fou ! C’est une explosion. Et j’ai pensé que ça serait bien d’essayer ça et j’ai fait "Get Out Of My Yard", mon premier album instrumental. Et aussitôt que je l’ai eu fait, j’ai fait la tournée G3 -avec Joe Satriani- et c’était vraiment amusant ! Encore une fois, c’était un défi sympa parce que je voulais faire de la guitare instrumentale à ma façon, et je voulais vraiment le faire dans une perspective d’une musique instrumentale pour quelqu’un qui aime la musique chantée parce que je n’ai jamais écouté la guitare instrumental plus que ça. Donc, j’ai essayé de penser, de recenser quelles étaient mes parties instrumentales préférées dans les albums chantés. J’adore Rush parce que Geddy Lee chante mais ils avaient plein de parties instrumentales cools. Même chose pour Van Halen, j’adore Van Halen parce que David Lee Roth chante mais ils avaient plein de parties instrumentales cools aussi. Donc, c’était de cette façon que j’ai approché cette démarche.

Tu as parlé de Rush. Il y a quelques années, tu as joué dans plusieurs albums rock prog, avec Neal Morse ou les albums hommages à Rush ou Led Zeppelin avec Mike Portnoy. En clair, quel est ton lien avec ce genre musical ? Peut-on espérer te voir jouer des trucs progressifs à l’avenir ?
Ces albums étaient purement pour de l’amusement. En fait, Mike Portnoy était l’organisateur de tous ces albums et la plupart n’était pas si progressif. Nous avons fait un album hommage aux Beatles et c’était génial d’entendre Mike Portnoy jouer comme Ringo… Nous en avons fait un autre pour les Who, un pour Rush et un pour Led Zeppelin, et c’était intéressant parce que, en tant que guitariste, les Who… En fait, l’album hommage aux Who était le plus grand défi pour moi parce que j’ai grandi en écoutant les chansons de Rush. J'ai à peine dû répéter ce spectacle parce que j'avais tellement appris ces chansons quand j'étais un adolescent. Mais je n’avais pas autant appris les chansons des Who. C’était un nouveau truc, donc j’ai dû faire plus d’efforts pour les apprendre, mais j’ai adoré ça ! J’ai adoré chacun de ces albums. J’adore tous ces groupes. Donc, quand tu me demandes pour le futur : je n’en ai aucune idée ! Je ne pense jamais à plus de trois mois dans le futur. Il y a tant de musique que j’aime. Mais les prochains mois seront beaucoup consacrés à Mr. Big.

A propos de Mr. Big, l’album "United States" est un album fantastique. Pouvait-on le voir comme un prélude au retour de Mr. Big ?
Chronologiquement, mais je voulais juste travailler avec Freddie (NdStruck : Nelson). En fait, j’ai toujours connu Freddie parce que nous venons de la même ville et en plus, tous mes amis ont jammé avec lui. En fait, quand j’ai déménagé à Los Angeles, je ne l’avais jamais rencontré mais j’avais entendu certaine démos récentes sur lesquelles il chantait et je me disais : "Oh mon Dieu, il sonne extraordinairement bien !". Donc, j’ai pensé que ça serait vraiment cool de travailler avec lui et l’album que nous avons fait s’avère super ! Mais c’est similaire à Mr. Big dans le sens où Eric est un super chanteur et Freddie est un super chanteur, mais pour moi, ce sont deux choses séparées dans mon esprit. Je ne pensais pas à Mr. Big, je pensais à Freddie.

Mais tu es conscient que les fans font souvent la comparaison entre ces deux groupes?
Et bien, je joue de la guitare dans les deux (Sourire). Je pense que plus je vieillis, moins je catégorise les choses comme j’avais l’habitude de le faire. Quand j’étais adolescent, c’était vraiment important pour moi de dire : "ceci est heavy-métal et ceci ne l’est pas". Mais maintenant, mes catégories sont beaucoup plus générales. S’il y a une batterie snare, c’est rock. Si ce ne l’est pas le cas, ce n’est pas rock.

Passons au nouvel album de Mr. Big, "What If…". Tout d’abord quel est le problème des membres de Mr. Big avec les animaux volants ?
(Rires) Et bien, cet album a un cochon volant mais je ne me souviens plus: Avons-nous d’autres choses volantes ?

Un chien volant sur ton album "Flying Dog"...
Oh, ouais !

… et des requins volants sur l’album "Destroy All Monster" d’Eric…
Oh, c’est vrai !

Vas-y allonge-toi et raconte-nous…
Ouais. Nous devrions nous allonger sur un canapé de thérapeute et analyser cela (Rires). En fait, je n’ai pas de réponse. Ce n’est définitivement pas un thème planifié (Sourire) c’est juste une coïncidence.

On peut aussi remarqué qu’Eric Martin a également appelé une chanson "What If…" sur un de ces albums solo. Comment faire du neuf avec du vieux ? De plus, comme "Fuzz Universe", le titre peut être interprété de plusieurs façons. Billy Sheehan a énormément répondu concernant le titre et l’album : quelle est ton histoire ?
C’est juste ! Bien sûr, c’est une phrase anglaise. C’est ce que tu dis ou ce que tu penses avant d’avoir une nouvelle idée, et donc, c’est vraiment à propos d’avoir de nouvelles idées ou de nouvelles choses qui n’ont jamais existées avant. C’est définitivement ça ! Et c’est ce qu’est cet album. Ce sont des nouvelles chansons, et l’idée même que Mr. Big puisse à nouveau se réunir, c’est une nouvelle idée parce que pendant longtemps, je pense que nous tous pensions que c’était fini et que ça ne pourrait pas se reproduire à nouveau. Donc pour moi, c’est une idée très directe de plein de trucs cools que nous ne pensions jamais pouvoir se produire mais en fait, si ! Et tout a commencé en pensant "Et si…" (NdStruck : traduction littérale de "What If…") : "Et si nous nous reformions ?", "Et si nous refaisions un autre album ?".

A ce propos, l’enregistrement de "What If…" a ressemblé à un tourbillon. Comment était-ce de travailler avec Kevin Shirley ?
J’ai adoré travailler avec Kevin Shirley ! C’était super ! Selon moi, c’était vraiment un luxe de travailler avec un producteur, parce que généralement, pour mes albums solo, je suis le producteur, et cela représente beaucoup de travail! Donc, que quelqu’un d’autre fasse ce travail et que je ne joue que de la guitare, c’était super ! J’ai profité des meilleurs moments, et j’aime vraiment son style de production. Il garde vraiment l’énergie du "live" et… une certaine décontraction, des vibrations confortables à enregistrer. J’ai apprécié chaque secondes. J’adore la façon dont il travaille.

J’ai lu que tu avais co-écrit au moins un titre du nouvel album de Mr. Big avec Linus of Hollywood. Tu as dit que cela lui a donné beaucoup de confiance de collaborer avec quelqu’un d’autre. Quelle(s) chanson(s) ont bénéficié de son apport créatif et du tien ? Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces chansons ?
Oh, bien sûr ! J’ai travaillé une tonne de fois avec Linus. Il a joué de la basse sur l’album et la tournée "Space Ship One". Il a produit mon album "Burning Organ" donc j’ai passé plein de temps avec lui. C’est vraiment un ami proche. C’est essentiellement Billy, Pat et moi-même qui avons beaucoup écrit ensemble. Nous avions tellement de riffs que nous ne pouvions pas les réunir ensemble sur des chansons complètes. Et je respecte beaucoup Linus en tant qu’écrivain donc je l’ai juste invité. Billy et Pat était en vacances ou je ne sais quoi… Je leur ai demandé s'ils ne voyaient pas de problème à ce que je fasse venir Linus pour que nous essayons de finir les trucs pendant qu’ils étaient partis. J’ai juste joué à Linus une petite partie de ce que Billy, Pat et moi-même avions écris et nous avons essayé de faire en sorte que ce soit dans un ton complet. Par exemple, sur "Undertow", le riff principal est quelque chose que Billy, Pat et moi-même avions, mais Linus et moi-même avons écris les cordes et le pont ensemble et avons en quelque sorte complété la chanson. Après ça, je l’ai passé aux mecs et ils l’ont aimé. Ils ont dit : "Oh, nous voulons encore changer quelques trucs". Donc, c’est une sorte de développement. Ca a commencé comme une chose entre Billy, Pat et moi et c’est devenu une chanson entière parce que Linus et moi-même sommes entrés dans le processus. Nous avons ensuite travaillé ça, Billy, Pat et moi une nouvelle fois pour rendre ce morceau "Mr. Big". Voilà la façon dont ça s’est passé.
Une autre chanson était «"All The Way Up" qui était à la base l’idée de Pat. Je suis venu avec une sorte de version et puis, Linus et moi-même, nous nous sommes réunis et avons finis la chanson en entier. Je ne me rappelle plus si ça a changé. C’est assez proche de la façon dont nous l’avons fait. Une autre dans laquelle Linus est intervenu est "As Far As I Can See". Linus a mis le refrain pour les arrangements. “Around The World” qui est une autre chanson que Linus et moi-même avons fini. Et puis, en fait, nous (NdStruck : les membres de Mr. Big) avons fini en changeant plein de choses après ça… Mais c’est une sorte de travail en parallèle.

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En regardant cette lueur dans tes yeux, la façon dont tu en parles, il semble que tu aies retrouvé la magie des débuts de Mr. Big ?
Le truc que j’aime bien dans cet album, c'est que nous avons travaillé ensemble dessus. J’ai fait beaucoup d’albums solo pour lesquels j’ai vraiment pris du plaisir, mais c’est énormément de travail. Nous avons tous travaillé dur sur cet album mais j’ai vraiment apprécié le fait de ne pas tout faire. Le producteur peut faire plein de travail que je fais normalement, les autres mecs peuvent aider pour l’écriture et je n’ai juste qu’à me concentrer sur la guitare et me concentrer sur une partie de l’écriture mais pas toute. J’ai également apprécié le fait que le résultat final soit quelque chose que nous ayons tous fait ensemble ! C’était super ! C’est ce que j’ai apprécié dans le fait d’être un membre du groupe. C’est incroyable d’avoir un groupe aussi populaire que ça. C’est ce dont tous les musiciens rêvent. C’était super !

Est-ce que pour autant cela va éclipser ta carrière solo ?
Je pense que je continuerais toujours à faire des trucs solo. C’est vraiment un truc extraordinaire. Je ne sais pas si j’appellerais ça un problème, c’est plutôt une situation extraordinaire dans laquelle je me trouve en tant que musicien. J’ai Mr. Big qui est un groupe fantastique, très populaire partout dans le monde, et j’ai ma carrière solo qui me donne la liberté de réaliser toutes les idées que je veux. C’est aussi populaire et je viens juste de terminer ma troisième tournée solo en Europe. Je peux jouer au Japon, en Asie, partout ! J’ai fait ce projet avec Freddie car je voulais collaborer avec un autre super chanteur. J’ai fait tous ces trucs, ces reprises cool avec Mike Portnoy. J’ai Racer X si je veux faire quelque chose de vraiment heavy. J’ai aussi fait un album avec mon oncle, "Raw Blues Power", et je suis sûr qu’il y a d’autres choses que je n’ai pas encore faites. Donc la seule préoccupation que j’ai vraiment, c'est que je risque induire les gens, les fans, en erreur. Tu vois, si je voulais être une maison de disques qui veut vendre, c’est mieux de se positionner sur un produit. Mais je fais tellement de choses différentes, je m’en fous un peu parce que pour moi, je suis plus heureux en tant que musicien que vendeur…

Comme tu l’as dit précédemment : tu ne veux pas être catalogué, catégorisé. Donc tu te diversifies...
Je suis un fan de musique, donc j’apprécie vraiment de jouer plein de styles différents.

Tu as dis il y a quelque temps que “si tu avais été meilleur chanteur, tu n’aurais pas été obligé de faire des albums instrumentaux". Est-ce que le fait de rejoindre à nouveau Mr. Big va t’apporter plus d’amusement dans ton travail et/ou te soulager de ce désagréable sentiment ?
Ce que j’apprécie vraiment dans Mr. Big, c'est qu’avant tout, nous avons une histoire incroyable. Nous avons passé quelque chose comme huit ans, entre 1988 et 1996, à tourner, écrire, travailler constamment ensemble. Donc, en tant que personnes, nous avons plein de supers souvenirs de choses que nous avons vécues ensemble. L’autre chose est que musicalement, je pense que plein de fans se focalisent sur ce que Billy et moi-même faisons ensemble, quelques passages de basses et guitares complètement folles, d’autres se focalisent sur la voix d’Eric. Une des choses que j’apprécie le plus, c'est quand tout le monde chante ensemble. C’est une chose vraiment unique, propre à Mr. Big. Tout le monde chante super bien. Et quand nous faisons des chansons comme "To Be With You" ou "Green-Tinted Sixties Mind", ou encore "Just Take My Heart", et plein de chansons du nouvel album, elles ont des harmonies. C’est quelque chose qui fait que Mr. Big a un son si unique, et même si je trouve trois autres supers chanteurs, ça ne sonnera pas comme Mr. Big. Tout le monde a une voix unique. Donc, quand j’ai rejoins à nouveau le groupe, ce que je préfère, c'est chanter encore et ressentir la puissance vocale.

Mr. Big prévoit une tournée mondiale en 2011. Quand on parle de tournée, un spectacle qui revient en tête à tout le monde est le Budokan. Justement combien de fois Mr. Big a rempli le Budokan ?
Voyons voir… Je ne sais pas exactement. Je sais que récemment nous avons fait un concert là-bas et il était complet. Et en fait, puisqu’il était complet, nous avons essayé d’ajouter un autre concert, mais la scène n’était pas disponible, donc nous avons joué à l’Yokohama Arena qui est même plus grande. Nous étions complet également ! Par le passé, je me souviens que nous avons fait trois concerts de suite et les trois étaient complets. Et puis avant… Je sais que nous y avons joué quelques fois par le passé, donc je ne pense pas que c’était plus de dix fois, mais c’est plus que j’en ai jamais rêvé !

A propos du Japon, quelle a été la réaction de vos fans japonais à la reformation de Mr. Big ?
Eh bien, c’était super ! C’était une tournée complète et c’était intéressant, parce que la première chose que nous ayons faite est une tournée promotionnelle. En fait, je venais juste de jouer là-bas avec Freddie : j’ai fait une tournée avec Freddie pour l’album aux Etats-Unis, et Freddie et moi-même étions dans un hôtel à Tokyo. Et aussitôt que nous avons annoncé que Mr. Big se reformait, l’hôtel était soudainement rempli de fans. En fait, c’était assez inhabituel parce que j’ai fait tellement de tournées solo là-bas... et quelques fois, il y avait des fans aussi dans l’hôtel, mais soudainement, il y avait comme une foule de fans à l’hôtel (Sourire) et, je leur demandais s’ils venaient vraiment nous voir. C’était vraiment surprenant. Il y a définitivement une sorte de magie entre Mr. Big et les fans.

Sans transition, Ronnie James Dio est apparu brièvement sur la page principale de ton site après sa disparition. Que t’a apporté ou que t’apporte encore la musique de Dio ?
J’étais un énorme fan de tout ce qu’a fait Ronnie : de Rainbow à Black Sabbath en passant par sa carrière solo. Tout était extraordinaire. Je l’ai rencontré brièvement. Il était incroyablement gentil. Et, juste après avoir entendu qu’il avait disparu, j’ai juste (émotion palpable)… j’ai senti dans mon cœur, tu vois ? C’était juste vraiment… C’est juste qu’il me manque, et je pense que j’ai toujours eu ce rêve qu’un jour, je pourrais jouer avec lui, et j’ai réalisé que ça ne pourrait plus jamais se faire, mais ça importe peu. La chose qui importe est que je me souvenais juste combien sa musique voulait dire pour moi et quelle super personne il était.

Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?
(Sourire) Voyons voir. Celles qui viennent à l’esprit sont que dans le passé de Mr. Big, les gens voulaient toujours savoir d’où venait le nom du groupe. Et malheureusement, notre réponse n’était pas très intéressante. En fait, nous avons pris ce nom d’une chanson de Free, et je pense que les gens s’attendaient à des réponses avec des connotations sexuelles, mais non, c’était une réponse tout ce qu’il y a de plus normal. D’un autre côté, me concernant, c’est une question concernant la guitare. Quand j’ai fais ces tournées, souvent, je donnais des cours VIP, ce que j’adore faire ! J’adore faire ça parce que je peux écouter d’autres guitaristes jouer. Cela m’apprend beaucoup. J’adore communiquer avec les guitaristes de cette façon. Je préfère plus jouer avec eux que leur parler, non pas parce que la parole est mauvaise, mais parce que jouer est si bon. Et je ne vois aucune objection à aucune de leur question parce-que c’est toujours quelque chose qui les intéresse. Je suppose que les gens sont toujours intéressés pour prendre des choses, mais ça ne m’embête pas.

Je suppose que beaucoup de questions tournent autour de "To Be with You". Justement tu n’en as pas marre d’avoir ta carrière résumée à cette chanson ?
Oh, j’adore jouer "To Be with You".

Un peu comme Extreme et…
Oh, "More Then Words" !

Exactement ! A ce propos, comment expliques-tu la reformation de ces deux super groupes des années 90 que sont Mr. Big et Extreme ?
Oh, je n’en ai aucune idée. Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est ce que fait mon groupe. Je n’étais à aucune session de composition ou répétitions d’Extreme pour voir ce qu’ils jouaient. Je pense que nous n’avons jamais eu de grandes attentes. Je veux dire, par exemple, que pour "To Be With You, nous étions presque un peu désolé, parce que notre image était un peu celle d’un groupe plus heavy. Nous aimions beaucoup cette chanson. Nous pensions que c’était une chanson cool, du genre "Mettons-la dans là et peut-être que certaines personnes l’aimeront", mais nous n’avions pas d’attente pour elle. Tu sais, nos attentes étaient pour les trucs plus heavy, comme «"Daddy Brother…" qui a eu du succès, et donc, c’était une surprise totale pour nous. Une très bonne surprise !

Toujours à propos d’Extreme, quel est ton avis sur la carrière solo de Nuno Bettencourt ? Comme lui, pourrais-tu jouer pour une chanteuse comme Rihanna ?
Eh bien, il faudrait que j’écoute. Je ne connais pas trop Rihanna. J’aime ce qu’elle a fait avec cette chanson, "Umbrella". J’aime cette chanson, c’est un air cool. J’adore tous les types de musique. Je veux dire que par exemple, il y a cette nouvelle chanteuse qui s’appelle Melody Gardot. J’adore le nouvel album de Melody Gardot. Il s’appelle "My One And Only Thrill". Et c’est très différent du genre de musique que je joue. Pour moi, jammer avec elle serait un grand honneur. Je pense qu’elle est une super musicienne et un super compositeur, et ça pourrait être super. Mais je ne sais pas si elle a besoin de moi (Rires). Sa musique n’a pas besoin de mon style, et je ne pense pas qu’elle veuille faire un album de heavy-metal ou un album avec des guitares blues.

C’est vrai, mais qui aurait prédit que Rihanna aurait besoin de Nuno ?
Ah ouais, peut-être… Tout est possible. J’aime ta philosophie.

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On a parlé de la question qu’on t’avait trop souvent posée. Au contraire, quelle est la question que tu souhaiterais que les lecteurs de Music Waves te posent ?
Oh voyons voir. Que voudrais-je dire aux gens du monde entier ? Je viens juste de finir une tournée, donc, j’étais très dans l’esprit tournée et c’est un état d’esprit très intéressant parce que le monde entier devient très concentré. Et je me souviens, j’étais dans le bus et tous les autres membres du groupe et l’équipe étaient dans le bus. Je me suis rendu à l’étage supérieur du bus et un des mecs du groupe -je ne sais pas comment nous sommes arrivés à ce sujet- mais il était en train de parler de comment arrêter les viols sur enfants. Il disait que violer les enfants était une chose horrible et si nous avions une loi, nous pourrions arrêter les viols d’enfants. Et c’était une conversation très sérieuse qu’il avait avec d’autres mecs du groupe. Je suis arrivé et j’ai pensé que c’était un sujet très sérieux et j’ai commencé à rire parce que je pensais que ma passion à ce moment-là était d’arrêter le bruit des cordes. Comme chaque jour, j’enseigne à des guitaristes et le plus grand problème que je vois est qu’ils jouent une note mais toutes les autres cordes font du bruit. Et donc ma passion pour le monde entier est –comme Bono de U2 de cesser la famine en Afrique- d’arrêter le bruit des cordes (Rires) ! Et bien que ce soit un si petit détail du jeu de guitare, c’est comme regarder à travers un microscope. J’adore ça ! J’adore ce travail quand je suis concentré sur les détails de mon art.

Une approche scientifique ? Tu es un scientifique de la musique ?
C’est de la science et de l’art combinés, et j’adore juste passer beaucoup de temps à ma passion. Je ne sais pas comment former ça en question, mais le message que je veux donner est que quoique tu fasses, tu n’as pas besoin d’être un musicien. Tu peux trouver de l’art dans n’importe quel travail, que ce soit de la musique ou que ce soit de la cuisine, ou que ce soit de la peinture au plafond. Tu peux trouver de l’art dans ça ! Et j’encourage vraiment tout le monde à faire ça parce que cela t’apporte vraiment de la joie et de la satisfaction à ta vie.

Avant de finir, une veille question: Peux-tu nous en dire un peu plus sur le titre "Straight Through The Telephone Pole" et "A Story About Beer" ? Est-ce une histoire d’accident de voiture comme on peut le voir dans le DVD "Get Out Of My Yard" ?
L’inspiration pour ce titre m’est arrivée quand j’étais adolescent. Je devais probablement avoir quinze ans et je ne pouvais pas encore conduire ; tu dois avoir seize ans pour avoir un permis de conduire. Mais j’étais dans un groupe et je voulais toujours répéter. Donc, je devais me rendre à une répétition mais je ne pouvais pas m’y rendre à pied, c’était trop loin. Donc, j’appelais toujours mes amis, mais en leur demandant de m’amener aux répétitions. Et un jour, le chanteur avait un ami, et cet ami devait me prendre pour m’emmener à la répétition. Cet ami m’a pris et il était en train de conduire et il était en train de boire une bière… Et bien sûr, tu n’es pas censé boire de la bière quand tu conduis. Et il était en train de boire plein de bière, un truc comme six cannettes… Donc, il y avait six cannettes vides et il voulait s’en débarrasser parce que si la police lui tombait dessus, elle verrait les cannettes et comprendrait qu’il avait bu et elle le mettrait en prison. Donc, il a dis : "S’il te plait, jette ces cannettes par la fenêtre qu’on s’en débarrasse !" et j’ai refusé parce que c’est comme jeter des détritus, des poubelles dans notre belle forêt ! Et il était très frustré et furieux et a dis "Donne-les moi, je vais le faire !. Donc, il a jeté les cannettes par la fenêtre, et pendant qu’il le faisait, il ne regardait pas la route et donc, il est rentré dans un poteau téléphonique… Et c’est la raison de cette chanson !

Enfin, dernière question, voudrais-tu dire un dernier mot aux lecteurs de Music Waves ?
C’est un magazine musical général ou un magazine de guitare ?

Un webzine général…
Ah oui ! C’est vrai, à propos de musique progressive comme Rush et ce genre de choses ?

Exactement.
Ah ! Voyons voir. Et bien, je respecte tout le monde qui lira cette interview et je respecte tout le monde qui regarde ton site parce que je pense que la musique progressive demande plus de compétence en tant qu’auditeur. Tu dois avoir une technique d’écoute plus avancée pour pouvoir entrer dans la musique progressive, et je pense que les gens qui adorent la musique progressive sont passionnés par la musique. Je suis vraiment content d’avoir pu faire cette interview et je vous remercie ! J’espère que vous êtes entrés dans les éléments progressifs de ma musique, que ce soit dans Racer X, Mr. Big, mes albums solo ou les plusieurs autres projets que j’ai fait. Et enfin, continuer à écouter de la musique et –si vous êtes un musicien- continuer à jouer !

Merci beaucoup
Merci (En français dans le texte) "Merci"…


Un grand merci à Roger de Replica, Nuno777, Loloceltic ainsi que Metal Jenn Random Chatter Music pour son inestimable contribution.


Plus d'informations sur http://www.paulgilbert.com/
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