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CULT OF LUNA (24 JANVIER 2013)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARDCORE
"L’idée de base de cet album est d’être un peu le contraste de son prédécesseur"
STRUCK - 11.03.2013
Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Thomas Hedlund : Probablement des questions relatives à Metropolis.


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Comment vous sentez vous à quelques minutes de rentrer sur scène ?

Thomas : Content !

Fredrik Kihlberg : Très excité !


Qui plus est un concert qui se joue à guichet fermé…

Thomas : Nous sommes humbles et honorés. C’est incroyable que les gens se déplacent si nombreux pour venir voir nos spectacles… Nous sommes vraiment impatients !


Votre album précédent "Eternal Kingdom" est sorti il y a 4 ans. Pourquoi avoir mis tant de temps pour sortir ce nouvel album, aviez-vous besoin d’une pause ?

Fredrik : Non, c’est surtout que nous avons tous plein de projets par ailleurs et qu’à ce jour, nous vivons tous dans des villes différentes… et quand nous décidons d’écrire de nouveaux albums, ça prend des années pour développer toutes les idées…


Et quand avez-vous décidé de commencer à travailler sur l’album "Vertikal" ?

Fredrik : Il y a 2 ans…


Ce nouvel album est basé sur l’expressionisme allemand et plus particulièrement "Metropolis" de Fritz Lang. Jusqu’à quel point avez-vous été influencés pour composer "Vertikal" ?

Thomas : Il faut dire que nous n’avons pas essayé de faire une nouvelle bande originale pour le film ou je ne sais quoi… C’est juste que nous avions besoin d’avoir une idée qui se visualise directement. En effet, comme nous avons tous des goûts musicaux très différents à l’intérieur du groupe, il faut trouver une source d’inspiration commune. Et effectivement, Metropolis traite des pleins de sujets qui nous intéressent tous : l’aliénation, le sentiment d’appartenance à une communauté…


Mais pourquoi et comment avoir choisi ce film en particulier ?

Thomas : L’idée de base de cet album est d’être un peu le contraste de son prédécesseur qui était plus centré sur la forêt, les bois… un album qui n’avait rien d’urbain. Le choix évident était la ville et donc nous avons choisi Metropolis…


Metropolis sorti en 1926 est un film prophétique qui traite de 2 mondes : celui des pauvres qui vivent sous les sols et les riches à la surface. Quel est votre avis sur ce concept, le message du film : pensez-vous qu’il soit encore d’actualité ?

Thomas : Oui, peut-être que l’Homme pense qu’il est impossible de faire changer quoi que ce soit, plein de gens ont renoncé à leur rêve d’un monde meilleur… C’est un sujet très approprié surtout avec la crise financière qui frappe des pays comme la Grèce en particulier mais aussi le monde entier de façon générale…


Comment adaptez-vous, intégrez-vous ce sujet à votre musique : ce film est une source d’inspiration initiale musicale qui vit sa propre vie ensuite ?

Thomas : Je pense que d’un certain point de vue, nous fonctionnons effectivement ainsi. Même si concernant les textes, intellectuellement parlant, nous essayons de respecter la trame, l’album vit sa propre vie assez rapidement ; nous ne nous sentions pas limité par le sujet.


Il y a des éléments électroniques sur des titres comme "The Sweep" ou "The One", pourquoi ce choix ?

Fredrik : Il y avait aussi des éléments électroniques dans les précédents albums mais effectivement, ils sont un peu plus en avant sur cet album pour des raisons… futuristes ! On peut même dire que cela a été inspiré par le concept de Metropolis.


Avez-vous regardé la version colorisée de Metropolis sorti en 1985 avec les musiques de Queen et Giorgio Moroder ?

Thomas : Non mais ce doit être effectivement amusant de constater la différence de style (Sourire) !


Peut-on dire que Cult of Luna soit un groupe progressif dans sa signification première à savoir de progression et d’expérimentation musicale ?

Thomas : Et bien, j’ai envie de dire que c’est aux autres de répondre à ça.

Fredrik : Mais j’aime l’idée que nous soyons considéré comme un groupe progressif.

Thomas : Effectivement, si certains le disent, j’ai envie de les remercier parce que je le prends comme un compliment… Cependant, nous cherchons avant tout à faire notre musique et ne pas être considéré comme un groupe faisant tel ou tel style…


[IMAGE2]


Une des définitions du progressif est le fait de faire de longues chansons. "Vicarious Redemption" est…

Fredrik : Une longue chanson (Rires) !


…Et c’est le plus long titre que vous ayez jamais composé (19 minutes). Comment avez-vous fait ?

Fredrik : (Rires) Et bien, c’est un des plus grands challenges que nous nous imposons en composant : faire en sorte que nos compositions ressemblent à des chansons. Cela nous prend du temps parce qu’à la genèse de l’écriture d’un titre, cela ressemble à des morceaux musicaux… Cela prend du temps pour se défaire de ce sentiment, il faut les jouer plusieurs fois, travailler dessus afin de faire en sorte que même un titre de 20 minutes ressemble à une chanson.


Peut-on penser que le prochain challenge serait d’écrire un album juste composé d’un titre ?

Fredrik : Nous n’avons pas évoqué cette possibilité ensemble. Je ne sais pas si nous en serions capables…


Mais après avoir fait un titre comme "Vicarious Redemption", on peut dire que oui…

Thomas : Merci (Sourire) !


Cult of Luna est un des groupes les plus importants de la scène post hardcore/post rock, quelle est votre opinion sur cette scène et son évolution ?

Thomas : Et bien, je ne sais pas si nous pouvons parler de ça…

Fredrik : … oui spécialement toi et moi !

Thomas : En effet, c’est étrange parce que même si nous faisons partie de cette scène, nous ne prêtons pas vraiment attention à elle.


Quel type de musique écoutez-vous ?

Thomas : J’écoute de la musique hip hop…

Fredrik : Moi aussi. J’écoute tout style de musique mais je ne suis plus très branché hardcore même si quand nous étions plus jeunes, nous écoutions plus ce style de musique.


"Vertikal" est influencé par l’expressionisme allemand comme nous l’avons évoqué, cela rappelle l’album "Panopticon" d’Isis basé sur les écrits de Michel Foucault. Cela signifie-t-il que le postcore/ post-rock est un style cérébral ?

Thomas : Non, ce n’est pas un but en soi, bien sûr que non (Sourire) !

Fredrik : Je pense que le concept "Panopticon" a été leur source d’inspiration au même titre que nous avec cet album ou "Eternal Kingdom"… C’est juste un point de départ conceptuel et inspirant pour composer un album.


Comment expliquez-vous que ce genre musical assez sombre développe ce genre de concept à l’inverse des autres genres comme le hip hop comme vous écoutez tous les deux… ?

Thomas : Tu as quand même des concepts dans le genre hip hop…


Très peu…

Thomas : C’est vrai (Rires) ! Ou du moins ils ne traitent pas des mêmes sujets. Et bien, je ne sais pas pourquoi…

Fredrik : Spéculons…

Thomas : Je dirais que c’est la façon dont nous avons été élevés (Rires)…


A propos de concept, votre musique est très cinématographique, basée sur les images… Dans le prolongement avez-vous pensé à travailler sur un film ?

Thomas : Johannes et les autres membres du groupe travaillent dans le cinéma… Mais composer une musique de film à proprement parler, je pense que oui, nous pourrions le faire : si le bon film vient à nous (Rires), nous pourrions faire du bon travail !


Peut-on penser que la musique n’est pas trop restrictive quand tu développes de tels projets ?

Thomas : Hum, je ne sais pas… Je veux dire qu’une partie du challenge est de transformer ce concept en musique et c’est également ce que nous faisons le mieux (Sourire)… Malgré tout, nous avions fait un livre qui accompagnait la sortie de "Eternal Kingdom" et c’était une façon pour nous d’exprimer nos idées par un autre biais…. Mais qui sait pour le futur (Sourire) ?


Comment jugez-vous l’évolution du son du groupe ?

Fredrik : Je ne sais pas, ce sont les personnes qui nous suivent et qui croient en nous depuis le début qui pourraient répondre à cette question. Personnellement, je ne sais même pas quand le groupe a commencé (Rires) !

Thomas : Nous essayons juste de faire en sorte de sortir le meilleur album possible. Nous essayons toujours de faire en sorte que le nouvel album soit meilleur que le précédent. Je veux dire par là qu’à ce jour, nous sommes très contents du travail effectué sur cet album mais dans un an et demi, il est très probable que nous pensions différemment à tel point que nous l’aurions fait d’une autre façon, si bien que pour le futur album, nous voudrons nous améliorer…


Comment jugez-vous votre premier album avec le recul ?

Fredrik : Je pense que je ne l’ai pas écouté depuis 10 ans…

Thomas : Nous ne jouions même pas dessus (Sourire).


Mais c’est limite plus intéressant car votre avis est plus objectif…

Thomas : Non mais effectivement, je ne l’ai pas écouté depuis très longtemps…

Fredrik : C’est un bon album, j’ai envie de dire (Rires)

Thomas : Consistant…

Fredrik : … mais pas dynamique, c’est plus un mur de son…


Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

Thomas : Wahou…

Fredrik : Je ne sais pas mais un de mes meilleurs souvenirs avec Cult of Luna a été de jouer à Paris.


Au contraire, quel pourrait être le pire souvenir ?

Thomas : Il y en a plusieurs, j’ai envie de dire (Rires)…

Plus nous jouons et côtoyons d’autres groupes, plus nous faisons des dates importantes et plus on constate que c’est une partie intégrante de notre personnalité. On apprend à s'exprimer et être plus relax… C’est un sentiment paradoxal, contradictoire à savoir que quand tu fais un mauvais concert, tu sais que ce n’est pas la fin du monde contrairement à il y 12 ans où j’aurais été dévasté… aujourd’hui, je courbe l’échine en me disant que ce n’est qu’un concert… mais dans le même temps, tu sais que tu joues pour des gens notamment des adolescents pour qui c’est très important…


On a commencé cette interview avec la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Thomas : (Rires)…

Fredrik: C’est une question vraiment difficile, je ne saurais pas te dire (Sourire)…

Thomas : Non, je ne sais pas quelle pourrait être la question (Sourire) mais j’ai juste envie de remercier les personnes qui viennent à nos concerts… A ce jour, c’est génial, nous avons beaucoup de chance, nous sommes bénis…


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Pour finir, avez-vous un mot de la fin à dire aux lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

Thomas : (En français dans le texte) "Au revoir"


Merci

Merci à toi…


Et un grand merci à Childeric Thor pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://cultofluna.com/
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