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AMON AMARTH (03 AVRIL 2013)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL
"Nous commencions à ressentir le besoin de nous mettre en danger"
STRUCK - 19.07.2013
Les clichés ont la vie dure ! Même si ce n'est pas dans un drakkar mais au Centre Culturel Suédois que Music Waves a rencontré le chanteur géant d'Amon Amarth, cela n'a pas empêché ce dernier d'étancher sa soif dans un crâne comme tout bon viking qui se respecte…


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Johan Hegg : Ce que signifie Amon Amarth (Rires)… (NdStruck : qui signifie "Montagne du Destin" en sindarin, langue créée par J. R. R. Tolkien)


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Et bien nous ne la poserons pas… La première question concerne le rythme de sortie de vos albums. Ce nouveau sort exactement 2 ans après "Sutur Rising" si bien que vous n’avez jamais mis plus de 3 ans entre chaque album et ce en comptant une énorme tournée… Est-ce une volonté affirmée pour occuper la scène ou pour avancer musicalement ?

Hum, je pense que la raison est simple : nous voulons toujours aller de l’avant mais c’est aussi ce que nous adorons faire. Quand nous tournons, nous n’avons qu’une envie : écrire un nouvel album pour pouvoir à nouveau tourner (Rires) !


Le line-up actuel du groupe stabilisé depuis 1998 peut-il expliquer cette créativité ?

Je pense que ça aide forcément d’avoir un line-up comme le nôtre. Si nous étions un groupe qui n’arrêtait pas de changer de membres, ça affecterait le processus créatif : rien que le temps à prendre pour que le nouveau membre s’acclimate… Je pense que c’est le cas de tous les groupes qui vivent cela…


A l’inverse, certains groupes comme Opeth ont connu plusieurs changements de personnels sans que cela n’affecte le rythme des sorties…

C’est exact mais ils n’ont qu’un principal compositeur. Il écrit quoi qu’il se passe dans le groupe, les autres membres ne sont pas inclus dans le processus de création de toute façon.


Et ce processus est-il un travail d’équipe dans Amon Amarth ?

C’est effectivement beaucoup plus un travail d’équipe même si Olavi (NdStruck : Mikkonen) et Johan (NdStruck : Söderberg) écrivent la plupart de la musique pendant que je m'occupe des textes… je dirais même que j’écris tous les textes (Rires)… Je pense que nous sommes un de ces groupes qui travaille encore d’une façon traditionnelle quand nous entrons en studio de répétition pour composer.


Vu de l’extérieur, Amon Amarth donne l’impression d’un groupe uni et fort comme un groupe d’amis. As-tu vu une évolution de vos relations durant toutes ces années ?

Nous sommes effectivement un groupe d’amis, nous nous connaissons depuis très longtemps même Fredrik et Johan (NdStruck : respectivement Fredrik Anderson, batteur et Johan Söderberg, guitare dans le groupe depuis 1998) quand ils ont incorporé le groupe, nous les connaissions avant. Evidemment, nous avons tous travaillé hors du groupe avant mais nous sommes très proches les uns des autres. Cette proximité est également facilité par le fait que nous passons énormément de temps ensemble tout au long de l’année. Je te mentirais en te disant que la première chose que nous faisons est de s’appeler mutuellement dès que nous avons terminé une tournée mais nous sommes de très bons amis et nous aimons vraiment travailler ensemble.


D’un autre côté, même si Amon Amarth donne cette impression de "famille", avec le poids des âges s’ajoutent les responsabilités d’avoir une famille… N’avez-vous pas peur que pour de telles raisons certains membres quittent le drakkar ?

C’est le danger qui menace tous les groupes. Mais il faut profiter du moment présent : nous vivons à 100% de notre activité dans le groupe, nous n’allons pas devenir millionnaires mais l’essentiel est que nous puissions payer nos factures… Et il faut savoir que dans une tournée de deux années, nous sommes sur la route 10 ou 11 mois et pas forcément de façon constante… ce qui fait que pendant 13 ou 14 mois, nous sommes chez nous et nous pouvons profiter de nos familles.


Vous avez trouvé un certain équilibre en quelque sorte…

Tout à fait ! Sans compter que sur certaines dates, comme les festivals, nous pouvons faire venir nos petites amies : par exemple, pendant la tournée, mon épouse m’a rejoint sur deux jours… La seule règle que nous nous imposons est que nous pouvons être accompagnés dans le bus pendant deux jours mais pas plus… Et il faut prévenir à l’avance parce que nous vivons dans un espace vraiment très confiné. Il faut être respectueux envers les autres.


Pour ce nouvel album, vous avez travaillé avec Andy Sneap. Vouliez-vous casser une sorte de routine en cessant de travailler avec Jens Bogren qui a pourtant fait un super boulot précédemment ?

Il y a un paquet de raisons derrière ce choix mais je pense que la principale est que nous devions sortir de notre confort. Nous commencions à ressentir le besoin de nous mettre en danger. Nous devions casser tout cela et nous avons toujours agi ainsi tous les deux ou trois albums. Mais aussi je pense que nous ressentions le besoin d’avoir un nouveau son. Jens fait un son très clinique et nous voulions quelque chose de plus sale…


Inversement, Andy Sneap est un super producteur mais qui produit à tour de bras. Ne crains-tu pas que ce nouvel Amon Amarth sonne comme un énième groupe produit par Andy Sneap avec son son si spécifique ?

Je n’avais aucun doute sur le résultat. Il y a plusieurs raisons qui font qu’Amon Amarth sonnera toujours comme Amon Amarth. Premièrement, ce sont les accords, deuxièmement, c’est la façon de jouer et la façon d’écrire nos chansons : voilà ce qui fait Amon Amarth ! Peu importe comment et qui produira… Dans le cas de cet album, nous voulions que ce son soit plus agressif et sale que ce que nous avions l’habitude de faire.


Et êtes-vous satisfaits du résultat ?

Carrément. Je trouve qu’Andy a fait un super travail et c’est exactement ce que nous recherchions.


De façon générale, quelle est la recette d’Amon Amarth pour faire cette musique massive et mélodique en même temps ?

(Rires) Je pense que c’est surtout une question pour Olavi. Je pense que nous sommes capables de réussir cela parce que nous percevons la musique d’une façon assez similaire et assez différente en même temps. Quand nous composons, nous voulons sentir où nous allons. Quand nous avons un riff, nous nous ne posons pas la question de savoir si il convient mais plutôt ce que nous comptons en faire ensuite… C’est quelque chose qui vient de notre ressenti intérieur et non de l’apparence…


Et êtes-vous conscients d’être une source d’inspiration, une des raisons de l’explosion de la scène mélodeath et de certains groupes comme Insomnium ?

Non (Rires) !


Mais vous devez bien être conscients que vous avez inspiré plein de groupes…

Et bien, certains groupes disent que nous les avons inspirés mais ça peut sembler étrange parce que nous n’avons jamais entendu un groupe essayer de nous copier. A l’inverse, certaines formations comme In Flames ont en effet un son que d’autres groupes ont essayé de copier.


D’un autre côté, es-tu conscient que l’influence mythologique nordique est si forte que certaines personnes peuvent totalement passer à côté du groupe pour ces raisons ?

C’est quelque chose qui m’attire définitivement. Mais que veux-tu, c’est ainsi ! J’écris sur des choses que je connais, j’y prends du plaisir et je sais que le reste du groupe soutient cette démarche. En plus, ça colle à la musique, c’est le principal !


Tes textes font souvent l’apologie des guerres glorieuses…

Oui, oui…


… Ne penses-tu pas qu’il serait préférable de mettre en avant la protection des faibles ?

(Rires) C’est une question de point de vue. Je pense que la guerre est un élément dramatique, horrible et fascinant de l’Humanité. C’est la raison pour laquelle j’aime tant en parler. Ce que j’aime quand je lis la mythologie Vikings, c'est cette brutalité souvent couplée à un sens de l’honneur... Ce n’est pas une violence gratuite.

Quand je parle de guerre, je parle aussi d’autres choses : les termes guerriers sont souvent utilisés comme des métaphores… Pour autant, je suis conscient que plein de personnes pensent que je suis un pro-guerre alors que non. Cela fait juste partie des éléments dramatiques de l’Humanité. J’aime l’idée que les textes et la musique racontent une histoire comme dans un film, un film dramatique qui traite d’une guerre avec une musique heavy et brutale. Mais comme pour les films, les textes parlent d’histoires traditionnelles dont il ne faut pas prendre nécessairement les paroles au pied de la lettre (Sourire).


Tu as parlé de films. Aimerais-tu aller plus loin en faisant une bande originale d’un film ?

Je pense que nous pourrions le faire mais nous devrons probablement le faire sans voix (Rires) !


Pourquoi ?

Parce que je pense que personne ne fera un film avec une chanson death metal dans la bande originale apparaissant dans le film.


Cet album marque la présence du "retraité" et donc rare Messiah Marcolin -sur le titre "Hel"- depuis son second départ de Candlemass. Comment avez-vous vécu le fait de travailler avec une telle légende du metal ?

Extraordinaire ! C’est une légende, c’est notre héros de notre jeunesse et c’est quelqu’un de tellement cool ! Nous étions tous comme des groupies (Rires) ! Avant qu’il n’arrive, nous agissions comme tel mais ça a changé quand il est arrivé. Il a ce don pour mettre à l’aise tous les gens autour de lui… Par exemple, nous parlions ensemble en suédois mais quand il voyait arriver quelqu’un qui ne parlait pas le suédois et alors même qu’il n’était pas impliqué dans la conversation, il se mettait à parler en anglais pour ne pas qu’il se sente exclu… Ca m’a vraiment scotché ! Non vraiment, comparé à lui, nous ne sommes que des trous du cul ! Et pendant l’enregistrement, lorsqu’il a fait le premier refrain, tout le monde était fou dans le studio : c’était génial !


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Avec le recul, comment juges-tu vos premiers albums ?

Je dis la même chose à chaque fois - parce qu’on me pose quelques fois cette question - je suis très fier de tous nos albums. Ils représentent tous le meilleur de nous aux moments où ils ont été faits en tenant compte des circonstances. Je n’ai honte de rien ! Je ferais certaines choses différemment si nous devions les enregistrer aujourd’hui mais c’est le passé et j’en suis très fier !


Votre popularité a explosé avec "Twilight of the Thundergod". Penses-tu que le groupe peut être encore plus populaire ?

C’est dur de répondre ! Je pense qu’il y a des limites à la popularité que nous pouvons avoir dans ce style de musique et plus spécifiquement avec ce style de voix. En effet, si tu parles avec les gens, plein d’entre eux te diront qu’ils aiment la musique mais détestent la voix (Rires) !


Et nous avons évoqué Opeth tout à l’heure, penses-tu que ce soit la raison du changement de voie du groupe ?

Honnêtement, je ne connais pas très bien Mike Akerfeldt mais je ne pense pas qu’il se soucie de tout cela et qu’il cherche à être mainstream ! Je pense que c’est juste la façon dont il veut mener sa musique.


Et peut-on penser que Amon Amarth puisse suivre un tel chemin ?

Non, je ne pense pas ! Je ne sais pas… Je veux dire qu’Amon Amarth doit être brutal, heavy et agressif. Pour autant il peut y avoir certaines parties où éventuellement nous pouvons mettre du chant clair. Mais de la façon qu’Amon Amarth grandit, non… Peut-être pour certains titres bonus dans l'idée de s’amuser…


Justement dans cette idée, êtes-vous conscient que certains puissent reprocher à Amon Amarth de ne pas changer de recette depuis ses débuts ?

C’est vrai mais je ne vois pas de raisons sérieuses pour changer ! Si je regarde tous mes groupes préférés comme Judas Priest que j’adorais et j’adore encore aujourd’hui ou des groupes légendaires comme AC/DC, Iron Maiden ou Motörhead, ils restent tous fidèles à ce qu’ils font depuis leur début. Ils on tous gardé leur style…


Vous ne vous sentez donc pas prisonnier de votre recette ?

Non, au contraire, je dirais que c’est ce qui nous porte !


Si tu devais choisir un titre de la discographie d’Amon Amarth pour faire découvrir le groupe à quelqu’un qui ne le connaîtrait pas, quel titre choisirais-tu et pourquoi ?

(Il chuchote) Je sais que je devrais dire un titre du nouvel album (Rires) ! Non mais si je devais prendre qu’une seule chanson, je prendrais "Twilight Of The Thundergod". Tu as un peu de tout : les mélodies et les refrains catchy, un peu de brutalité avec de bonnes vibrations et une bonne fluidité…


Qu’attends-tu de ce nouvel album ?

Je pense que nous avons enregistré dans cet album les meilleures chansons que nous avons jamais enregistré c’est pourquoi je ne peux pas en prendre une seule. C'est une nouvelle étape, un nouveau grand pas dans notre carrière. Cet album est définitivement un autre grand album qui dépasse à mon avis de loin "Twilight of the Thundergod".


Quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Oh, j’en ai tellement ! Mais deux des souvenirs les plus cools de l’an dernier ont été quand nous avons joué au Wacken Open Air devant 80.000 personnes puis quelques semaines plus tard au Summer Breeze Open Air toujours en Allemagne. Nous étions en tête d’affiche et personne ne pouvait bouger tellement il y avait de monde. Nous avons joué "Pursuit of Vikings" et au moins mille personnes se sont assises et se sont mis à ramer sur cette chanson ! C’était génial (Rires) !


Au contraire, quel pourrait être le pire souvenir ?

La plus mauvaise expérience ? Nous sommes assez chanceux parce que même si nous avons vécu certaines mauvaises expériences, nous avons appris… Mais un des plus mauvais souvenirs était la tournée avec Halford en 2004 qui a été annulée… Mais en te parlant, je me souviens d’une chose pire encore quand nous tournions en Scandinavie avec un groupe qui s’appelle Evile. Leur bassiste, Mike (NdStruck : Alexander), est décédé durant la tournée…C’est vraiment horrible !


Nous avons commencé avec la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

(Rires) Oh mec, je déteste ce genre de questions parce que tu ne sais jamais comment répondre… Cela dépend ce que tu veux savoir… Mais par exemple, quand comptons-nous revenir en France ?


C’est une très bonne question…

(Rires) Nous reviendrons cet été à l’occasion du festival Sonisphere.


Avant de se quitter, un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves et peut-être en français ?

"Ca va bien", "Bonsoir Paris" (Rires) ! Nous espérons vraiment vous voir lors de notre prochaine tournée européenne qui comptera quelques dates françaises. Nous sommes vraiment impatients de revenir, nous avons vraiment eu de supers moments la dernière fois…


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Merci…

Merci à toi , c’était cool !


Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.amonamarth.com/
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MR.BLUE - 22/07/2013 16:19:20
Interview sympathique, intéressante et semblant plutôt sincère de notre géant viking ! Bravo Mw !
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